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CHAPITRE III
EFFETS PRODUITS PAR LA NEURISATION
DIVISION DU SUJET
Les effets produits
par la neurisation du corps humain sont de deux ordres : 1° d'ordre
physiologique; 3° d'ordre thérapeutique, liais comme ces deux ordres
d'effets se confondent généralement, nous ne les étudierons pas toujours séparément.
Les modifications
fonctionnelles qui caractérisent ces effets portent : 1° sur la sensibilité générale des
téguments cutanés et muqueux accessibles;
2° sur la sensibilité spéciale, ou soit sur les organes des sens;3° sur la motilité;4°sur les fonctions cérébrales ou psychiques.
Ces modifications
peuvent s'obtenir dans deux états différents du sujet neurisable : 1° a
l'état de veille tantôt sans anesthésie ou hyperesthésie préalables
provoquées d'un point ou d'une région choisis du corps, et tantôt
avec anesthésie ou hyperesthésie préalables provoquées ou spontanées d'un point ou
d'une région choisis du corps; 2 à l'état
de sommeil, survenu spontanément ou provoqué par la neurisation.
I.
- EFFETS PRODUITS PAR LA NEURISATION
DANS L'ÉTAT DE VEILLE
SANS ANESTHESIE OU
HYPERESTHÉSIE PRÉALABLES
PROVOQUEES CHEZ LE SUJET
Comme la neurisation
se pratique tantôt par l'emploi de la force neurique rayonnante, à distance, on par contact et avec ou sans
intermédiaire, tantôt par l'emploi de la force neurique circulante avec ou sans intermédiaire il nous faut
distinguer nettement ces deux cas.
A. - NEURISATION A DISTANCE
OU SANS CONTACT
1
NEURISATION A DISTANCE PAR L'EMPLOI
DE LA FORCE
NEURIQUE RAYONNANTE
SANS LE
SECOURS D'AGENTS INTERMEDIARES
EMPLOI DES DOIGTS
neurisation
DIGITALE A DISTANCE 1. RADIATIONS DIGITALES FIXES
Les radiations
digitales fixes ou à l'état fixe, dans l'état de veille sans anesthésie ou hyperesthésie
préalables spontanées ou provoquées du sujet, peuvent produire l'anesthêsie(avec analgésie) et l'hyperesthésie des
téguments, l'anesthésie et l'hyperesthésie des organes des sens, la contraction,
la contracture ou tétanisa-lion d'un ou de plusieurs muscles,
d'une ou de plusieurs régions musculaires; elles peuvent aussi provoquer le sommeil
Mais avant d'aborder
l'élude des effets produits par la neurisation il convient d'avoir présentes
à l'esprit les principales notions d'anatomie et de physiologie qui se rapportent à la sensibilité
générale et spéciale.
DE LA SENSIBILITE EN GÉNÉRAL ET DE
LA SENSIBILITE GENERALE ET SPECIALE
La sensibilité envisagée dans sa
signification ta plus large est la propriété des corps vivants qui les met en
rapport d'une part avec le monde extérieur et d'autre part avec eux-mêmes
c'est-à-dire avec leur milieu intérieur.
Elle peut par conséquent se diviser en sensibilité
externe et en sensibilité interne.
Placée entre le monde extérieur et notre
milieu intérieur, la sensibilité est donc notre gardienne. Mais il faut
reconnaître que si elle nous renseigne d'une manière assez exacte et en
tous cas suffisante, dans son état d'intégrité, sur le monde extérieur, elle ne nous fournit que des notions vagues sur notre
milieu intérieur.
La sensibilité
externe a sur la sensibilité interne de très grands avantages par lesquels elle est la source
de toutes nos connais-naissances et qui par conséquent mérite une sérieuse
attention.
Ces avantages lui sont donnés par
l'adjonction d'organes des sens destinés à nous renseigner sur les
propriétés spéciales des corps ou mieux sur
les diverses modes d'activité dont ils peuvent étre le siège ou
la raison.
Dans la sensibilité
externe nous distinguerons, avec les ailleurs, une sensibilité générale et une sensibilité
spéciale.
SENSIBILITÉ GENERALE
La sensibilité générale se borne
à nous avertir de l'existence d'un monde extérieur, et au point de vue
de la pure physique à nous faire connaître l'existence delà matière qui nous entoure. Mais il faut avouer que cette distinction est
subtile, car il nous semble qu'on ne
peut avoir conscience de l'existence de la matière qu'autant que
celle-ci agit sur nous par ses propriétés.
SENSIBILITÉ SPÉCIALE
La sensibilité spéciale va plus loin, elle nous renseigne sur les
divers modes d'activité ou propriétés essentielles ou communiquées de la matière, selon que l'on
admet une force où dés forces activant la matière ou se
confondant avec elle.
DE LA
MATIÈRE EN GÉNÉRAL
Mais qu'est-ce que la matière? et
que sont ses propriétés? Grave question qui de tous temps n'a cessé d'occuper
les esprits les plus sérieux, les philosophes et les savants.
Qu'il nous suffise de dire qu'il est
généralement admis que la matière
existe partout et que les espaces considérés comme vides ne le sont
qu'en apparence parce que la matière y est plus ténue, et dilatée en quelque sorte. Aujourd'hui il
serait puéril de considérer la matière simplement comme une substance
plus ou moins dure et plus ou moins
opaque pouvant impressionner brutalement et visiblement nos sens. Elle
peut, a l'opposé, être extrêmement ténue, transparente, invisible
et intangible.
Mais quels que soient le mode et le degré
de condensation de la matière, nous devons reconnaître qu'elle ne se
borne pas à exister mais que surtout elle agit.
Activité de la matière. L'activité de la matière est sa
caractéristique selon les uns, et pour d'autres elle ne lui est communiquée
que par des forces.
En tous cas si la matière était
inerte elle ne pourrait pas se révéler
à nos sens et ceux-ci n'auraient pas d'ailleurs leur raison d'être.
Ce serait alors la mort partout, la mort générale.
Quoi qu'il en soit de toutes les
hypothèses les mieux établies disons que la matière est
essentiellement active, qu'elle se meut.
Ce mouvement a lieu ou en masse, par
déplacement, ou bien dans ses parties indivisibles, et sur place.
Déplacement en masse. Le déplacement en masse peut
avoir lieu de deux manières, c'est-à-dire tantôt dans une même
direction, tantôt dans deux directions alternativement opposées. Dans le
premier cas nous avons le mouvement de translation et de rotation, ce qui
arrive pour les planètes qui se meuvent dans t'espace, et qui consiste
dans la pénétration d'une portion de la matière plus ténue par
une portion de la matière plus dense. Dans le
second cas il s'agit d'un mouvement par vibration. Exemple : la vibration d'une
corde, d'un diapason, ete.
Le mouvement de
translation est sous la dépendance de l'attraction universelle, propriété générale de la
matière. La pesanteur, la cohésion sont des exemples de
cette force universelle.
Le mouvement de
vibration est lui-même sous la dépendance de la cohésion. En effet, c'est en vertu de la
cohésion que les éléments d'une corde qui exécutent des oscillations
régulières perceptibles autour de
leur position d'équilibre, tendent a reprendre leur position
première.
Mouvements intimes de la matière. Quant à ce genre de mouvements
que l'on est généralement convenu de désigner sous le nom de mouvements intimes
de la matière, ce seraient des mouvements des parties indivisibles ou
atomes de celle-ci, se transmettant de
proche en proche par voie de continuité sans que la masse qui en est le
siège subisse par cela même et forcément un déplacement dans sa
totalité. Nous aurions ainsi les mouvements ondulatoires qu'il faudrait placer
à côté des mouvements vibratoires et de translation. Mais je n'ignore
pas que cette théorie est sérieusement et sévèrement attaquée depuis
quelque temps, et que l'on semble revenir à la conception d'une force ou
de forces indépendantes de la matière.
Nous n'avons pas qualité pour trancher la question et nous dirons que tous
les mouvements connus de la matière, ou, si l'on préfère, tous
les modes d'activité qui ont pour siège la matière constituent
des forces.
Forces. L'action de l'attraction universelle se
manifeste à l'état de force dans le fait de la translation des
planètes, dans la chute des corps ou
pesanteur, dans la cohésion qui unit les molécules entre elles, dans les vibrations sonores.
D'autre part, tes
mouvements intimes de la matière ou les modifications intimes dont
elle est le siège se traduisent en forces sous forme de chaleur,
de lumière, d'électricité et de magnétisme, d'odeur et de saveur.
Diverses formes de la force.
Les diverses formes de la force prise danssonsensleplusgénéraletactuellement connuessontdonc:
1La pesanteur et la cohésion; 2°le sou; 3 la chaleur; 4la lumière ; 5 l'électricité; 6 les saveurs;
7 les odeurs (1).
En
rappelant les données de la physique qui précèdent, notre
1.
De la nature probable des odeurs, par M J. Leclerc,
professeur do physique an lycée de Rice (Voy. Annales de la Société des
lettres, sciences et arts des Alpes-Maritimes,
t. III, 1875, p. 205). M.
Leclerc dit que la théorie d'après laquelle les odeurs sont dues à des émanations gazeuses
ou vaporeuses qui sortent de certains corps dits odorants est inadmissible, et
qu'il faut substituer à cette théorie ancienne et généralement adoptée celle d'après
laquelle les odeurs sont dues a un mouvement vibratoires analogue à ceux qui produisent le son, la
chaleur ou la lumière.
Arguments :
1* Beaucoup de corps sont odorants sans être
volatils.
Il combat
l'exemple de l'odeur du mute donné comme preuve de la grande divisibilité
de la matière, parce que le grain de muse qui peut embaumer pendant plusieurs
années un appartement no perd rien ou presque rien de sou poids.
Le cuivre
et le soufre qui no sont pas odorants le deviennent s'ils sont
frottés. Le frottement no ferait qu'exciter les vibrations
odorantes de ces corps de même qu'il peut exciter leurs vibrations calorifiques.
L'acide
arsenieux jeté sur un charbon ardent produit une épaisse fumée grise et donne
lieu a une odeur d'ail ; jeté sur une brique rougie ilproduit la mémo
futaie mais ne donne lieu a aucune odeur.
L'odeur
n'est point due ici au corps lui-même mais à une action chimique.
Dans le premier cas le charbon enlevé l'oxygène a l'acide
arsénieux et l'amené a l'état d'arsenic. Cet
arsenic volatilisé s'oxyde au contact de l'air et en redevenant ainsi acide
arsénieux produit l'odeur d'ail. Dans le deuxième cas l'acide arsénieux
est volatilise sans décomposition, il n'y a pas d'odeur.
2 Les
insectes n'ont pas d'organe de l'adora!, pourtant » l'odeur de la viande
décomposée ou même de l'Arum macutatum les attire Ils doivent
percevoir les vibrations odorantes par les antennes.
3
Dans trois de nos sens, l'ouïe, la vue, le toucher, l'agent qui détermine
la sensibilité, c'est le mouvement.
Ne doit-il pas en être de mémo pour l'odorat et le goût?
«
Unité dans les moyens, diversité dans les résultats, tel semble, dit-il, devoir
dire dans un prochain avenir le couronnement des découvertes
scientifiques. »
M.
Leclerc a cherché a faire interférer les odeurs comme on fait interférer
tes sons et la lumière, mais ses expériences quoique
non absolument concluantes, dit-il, sont tres encourageantes. Il ne les
publie pas encore et se réserve de répéter les essais.
préoccupation a été de montrer qu'il doit
exister en nous autant de sens qu'il existe dans la nature de forces ou mieux
de formes ou modalités de la force.
La preuve absolue de
ce que nous avançons, en raison d'une logique aussi sévère que possible,
est difficile a donner aujourd'hui. Mais nous pensons que cette manière
d'envisager la question est une voie ouverte à des observations
ultérieures intéressantes et plus conformes à une méthode rationnelle.
Si la pesanteur et la cohésion, le son, la
chaleur, la lumière, l'odeur et la saveur ont actuellement leurs sens
correspondants, il n'en est pas de même de l'électricité (1).
Sens de l'électricité. Existe-t-il? Nous sommes forcés d'admettre que la
faculté de percevoir l'électricité n'est pas encore une nécessité
de notre organisme. On admet généralement que la nécessité d'une fonction crée
l'organe, de môme que l'inutilité d'une fonction annihile l'organe qui lui
correspond. 11 est donc permis d'espérer que si réellement et même dans
des cas exceptionnels l'organisme humain
n'est armé actuellement d'aucun organe spécial pour percevoir
l'électricité comme force particulière, un jour viendra où
à cette force de l'univers répondra dans l'organisme un appareil convenable qui en assurera la perception. Devons-nous
admettre d'autre part que les forces énumérées ci-dessus sont les seules qui
existent dans l'univers ?Je ne le pense pas. Pourquoi, en effet, les forces
seraient-elles bornées à celles que nous pouvons actuellement apprécier?
Et pourquoi, si nous croyons à un perfectionnement de toutes choses, par
évolution, rejeter cette possibilité? La
stricte observation des faits ne saurait condamner tout travail d'induction
de la part de l'esprit humain, car ce serait condamner tout progrès.
Nous avons fait plus haut des réserves
concernant l'existence d'un sens pour l'électricité, et ces réserves ont plutôt
porté sur le présent que sur l'avenir.
1. i. Ochorowicz, Essai
sur le sens du toucher et le uns du magnétisme, in Revue scientifique, 1885,3 série, 4 année, 1
semestre, t. XXXIII, p. 553.
Sens de la pesanteur. Existe-t-il? Existe-i-il un sens de la pensateur? Nous le croyons. On a appelé ce sens sens
musculaire; c'est un terme que l'on peut conserver.
Le sens de In
cohésion se confond avec celui de la pesanteur, car la force qui préside
à la pesanteur et a la cohésion est la même.
Le sens de la pesanteur s'exerce sur
nous-mêmes et sur les objets extérieurs.
Il s'exerce sur nous-mêmes
relativement aux parties que les muscles sont charges de soutenir et do
mouvoir. C'est bien une sensation particulière que celle qui nous permet
de nous rendre compte de l'attraction qu'exerce sur nous le centre do la terre.
Le sens de lu pesanteur s'exerce aussi sur
les objets extérieurs soit a l'égard de leur poids soit à l'égard do la
cohésion de leurs éléments. C'est en vertu
d'une sensation particulière que nous nous rendons compte du poids plus ou moins grand d'un
objet et de la cohésion plus ou moins grande de ses éléments, soit
lorsque nous voulons soulever, soutenir ou déplacer cet objet, soit lorsque
nous voulons le diviser ou le morceler en exerçant sur lui des tractions.
Les sens du toucher, de l'ouïe ou du
son, de la vue ou de la lumière, de l'olfaction ou des odeurs, du
goût ou des saveurs, et enfin le sens
thermique ou du chaud et du froid étant admis par tout le monde, nous n'avons
pas à tes mettre en discussion. Nous aurions peut-être quelques
observations à faire au sujet du sens thermique au point de vue
des derniers travaux qui nous le font mieux
connaître. Nous nous bornerons à renvoyer le lecteurà ces travaux (1).
Le sens du loucher donne lieu encore
à quelques discussions. Les uns en font un sens simple, d'autres en plus
grand nombre en font un sens complexe sous le nom de tact ou sens
tactile.
Le sens
du toucher pourrait être considéré dans sa simplicité, en ce sens que par lui nous aurions conscience de
la présence des objets extérieurs en contact avec nos téguments.
1. Voyez les travaux do Blix,
Eulenburg, Rerzen, Goldscheider, Donaldson, analyses dans
la Revue scientifique, année 1885, 3 série, 5
annee, 1 semestre, t. XXXV, p. 700,733 et 765.
Il ne deviendrait
complexe que lorsqu'il ferait appel, pour une parfaite connaissance de ces
objets, a d'autres sens tels que le sens musculaire ou de la pesanteur et de la cohésion,
et le sens thermique.C'est alors surtout que le toucher deviendrait le tact.
Mais cette distinction serait encore subtile puisque, semble-t-il, la
matière ne peut se révéler à nous que par suite de son activité reçue
ou propre.
Ainsi que nous venons de le voir, les
sens sont multiples parce que multiples sont les forces qui existent dans la
nature. S'il n'existait qu'une seule matière et qu'une seule force,
un seul sens suffirait pour les faire
reconnaître. Mais cette unité de la matière et de la force n'est
qu'une conception de haute physique et n'est pas une réalité reconnue.
APPAHE1LS DES SENS
Les organes des sens sont en réalité des
appareils formés d'organes.
Dans tout appareil d'un sens déterminé
nous trouvons trois organes principaux qui
sont : 1 un organe périphérique de réception;2 un organe central de perception; 3 un organe
intermédiaire de conduction.
Organe de réception. L'organe de réception dans les appareils
des sens se trouve à la périphérie des nerfs sensitifs, et est muni
souvent d'autres organes dits de renforcement, tels que la rétine pour l'appareil optique, l'organe do Corti
pour l'appareil auditif, les corpuscules de Meissner, de Krause, de Pacini pour
l'appareil tactile.
Organe de perception.
L'organe de perception se trouve dans les centres nerveux dont la
topographie n'est d'ailleurs pas encore faite complètement.
Organe
de transmission.
L'organe de transmission est cons-
tilué par les nerfs de sensibilité générale et les
nerfs de sensibilité spéciale.
SPÉCIFICITÉ
DES SENSATIONS
La spécificité des sensations est sous la
dépendance des connexions des nerfs sensitifs avec les organes périphériques
qui recueillent les impressions et avec les centres nerveux (centres ou
zones
sensitives) qui les convertissent en perceptions.
CONDUCTILITÉ
INDIFFÉRENTE DES NERFS SENSITFS
Quant
aux nerfs sensitifs ils ne seraient que les conducteurs
indifférents de telle ou telle impression ainsi qu'il résulte des
recherches de MM. Valpian et Philipeaux (1) et de celles de Paul
Bert(2), contrairement à l'opinion de Claude
Bernard3.
TOPOGRAPHIE
DE L'INNERVATION CUTANÉE
La sensibilité générale extérieure étant
la plus fréquemment et souvent la
première intéressée par les divers procédés de neurisation, nous devons tout d'abord rappeler
brièvement quels sont les nerfs qui y président, quelles sont les
origines de ces nerfs et surtout quel est leur mode de distribution et de
répartition à la surface du corps.
Nous ferons, en d'autres termes, la
topographie de l'innervation cutanée, et nous nous inspirerons pour celte
élude des renseignements si précis que
contiennent nos ouvrages classiques d'anatomie, notamment celui de
Beaunis et Bouchard.
1. Vulpian, Leçons sur la physiologie générale
et comparée du système nerveux, l'aris, 1885. 2. P. Dort, Soc.
de biologie, 1863 et1876. 3. Cl. Bernard, Rapport sur les progrès
de la physiologie.
Ces auteurs ont orné leur Traité de
figures très intéressantes sur lesquelles on petit facilement suivre
tous les détails qui forment la base d'unetopographie de
l'innervation cutanée (1).
Nous nous sommes
également inspiré de ces figures en traçant les nôtres (Voy. fig, 3 et 5); mais il est facile
de voir qu'elles ont subi quelques
modifications importantes rendues nécessaires par nos propres
recherches.
Nous apporterons, en
effet, dans cette étude, des documents nouveaux acquis au moyen d'une méthode
nouvelle.
NERFS RACHIDIENS OU SPINAUX
POSTÉRIEURS ET TRIJUMEAU .
La sensibilité
générale des téguments est sous la dépendance des nerfs rachidiens ou spinaux postérieurs, y compris
le trijumeau.
I. ORIGINE DES SERFS
RACHIDIENS POSTERIEURS
Ces nerfs naissent
par deux ordres de racines, les racines antérieures ou motrices, et les racines
postérieures ou sensitives, munies d'un ganglion*.
Il en résulte que les nerfs rachidiens
postérieurs forment un cordon mixte, sensitif et moteur à la fois.
Les racines motrices ou antérieures
s'insèrent dans le sillon collatéral antérieur, entre les cordons
antérieurs et les cordons latéraux.
Les racines sensitives ou postérieures
s'insèrent dans le sillon collatéral
postérieur entre les cordons latéraux et les cordons postérieurs.
Origine des racines sensitives dans la
moelle. Si nous
suivons les racines sensitives dans la
moelle nous voyons qu'elles s'y divi
1. Nouveaux elements
d'anatomie descriptive, par R. Beaunis et A. Bouchard» 1868, p.
920-921.
S.
Les ganglions nerveux sont considérés comme des multiplicateurs et des réservoirs do la force nerveuse
(Longet, etc.).
sent en deux groupes : 1° un groupe externe dit
fibres radiculaires externes; 2* un groupe interne dit fibres
radiculaires internes.
Ces fibres radiculaires internes se dirigent vers les cornes antérieures de substance grise et peuvent être
suivies jusqu'au groupe des cellules nerveuses motrices. (C'est la lésion des
fibres radiculaires internes qui,
d'après M. Charcot (1), serait la cause des
douleurs fulgurantes
de l'ataxice)
Les fibres radiculaires externes pénètrent
dans la substance gélatineuse de Rolando,
puis dans la substance grise, soit directement, soit après un trajet
ascendant et descendant.
Peut-étre ces deux
ordres de fibres radiculaires correspondent-ils à deux grandes régions de distribution
des nerfs sensitifs à la périphérie, régions qui seraient constituées
d'une part par toute la section antérieure, et d'autre part par toute la
section postérieure du corps (2) (Voy. fig.
2).
II. ORIGINE DU NERF TRIJUMEAU
Le trijumeau (cinquième paire) a
son origine apparente au bord externe de la protubérance. Comme les nerfs
rachidiens, il naît par deux racines, l'une
ganglionnaire (sensitive), l'autre non ganglionnaire (motrice).
La racine motrice provient
du faisceau antéro-latéral de la moelle (faisceau moteur). *
La racine sensitive peut être
poursuivie jusqu'au bulbe où elle présente trois racines l'une de
mouvement, l'autre de sensibilité générale et une de sensibilité spéciale.
Celle-ci s'anastomose avec le nerf auditif.
L'élude de la localisation
de certaines modifications de la sensibilité organique (anesthésie et hyperesthésie) et
celle de certaines
1. Leçons sur les maladies du système nerveux, t. II, 2 édition, p. 29.
2. «
La mosaïque que l'on trouve dans le système nerveux central doit
nécessairement correspondre à des expansions
nerveuses périphériques. Il nous faut d'abord connaître et
comprendre ta loi de ces expansions périphériques avant d'entreprendre avec
quelque chance de succès la tâche infiniment difficile de pénétrer dans
la texture du systeme nerveux central. » (Rosenthal, Traité clinique du
système nerveux, trad. par le Dr A. Lubanski, p. 423.)
modifications do la
sensibilité psychique (rire avec gaieté et pleurs avec tristesse), provoquées
par certains procédés de neurisation, nous a montré, ainsi qu'on le verra plus tard, que
le corps humain depuis le haut du crane
jusqu'aux extrémités devait etre divisé en deux grandes sections : celle
de la partie antérieure et cette de la partie postérieure séparées par une
ligne fictive que nous appellerons cranio-podale (Voy. fig. 2).
Aucun anatomiste ni aucun physiologiste
n'a encore proposé cette division. La suite de l'ouvrage nous montrera qu'elle
a sa raison d'être parce qu'elle est
basée sur le résultat d'expériences variées et nombreuses qui concordent
toutes entre elles.
APERÇU GÉNÉRAL SUR LE
TRAJET DE LA LIGNE DITE
CRANIO-PODALE DIVISANT LA SURFACE Ut) CORPS EN DEUX SECTIONS, L'UNE ANTERIEURE, L'AUTRE POSTÉRIEURE.
La ligne de
séparation de ces deux sections antérieure et postérieure du corps désignée
sous le nom de ligne cranio-podale est la suivante :
Au niveau de la tète,
du cou, du tronc et des membres inférieurs.
Elle pari,sur chaque
coté du corps, du sommet de la tête, tombe perpendiculairement sur la ligne zygomatique,
un peu en avant du pavillon de l'oreille (Voy. fig. 2, 3 et 4).
Ensuite elle se
porte en arrière, traverse le bord supérieur du pavillon de l'oreille à l'union de
son sixième supérieur avec ses cinq sixièmes inférieurs,
contourne plus en arrière la région de l'apophyse mastoide, descend le
long de la face latérale du cou à
l'union de ses deux tiers antérieurs avec son tiers postérieur, suit le bord
supérieur de l'épaule, le contourne, puis se porte encore eu arrière poursuivre la face
latérale du thorax et de l'abdomen, du tronc en un mot, à l'union de son tiers
postérieur avec ses deux tiers antérieurs.
Au niveau du bassin elle se porte un peu en avant et divise cette région
et ensuite les membres inférieurs en deux
Fig. 2.
Division du corps en section antérieure et en section posterieure par la ligne craoi-podale
bilaterale.
parties égales en suivant le
milieu de leur face externe. La face plantaire des pieds appartient ainsi à la
section postérieure et la face dorsale à la section antérieure du corps.
Au niveau des membres
supérieure.
La position naturelle des bras pendants de
chaque coté du corps est cette de la
pronation. Nos recherches spéciales nous ont montré que c'est d'après
celte position des bras qu'il faut diviser leurs téguments en deux
parts, celle de la section ou face antérieure et celle de la section ou face
postérieure.
La section ou face antérieure regarde
en réalité un peu en dehors et nous la
désignerons souvent par le nom de face antéro-externe; la face
postérieure est en réalité une facepostéro-interne. Il en résulte que la face
palmaire de la main fait partie de lu face postéro-interne et que sa face dite
dorsale fait en réalité partie de la face antéro-externe du membre supérieur (Voy. fig. 2, 3, 4, 5, 6, 11 et
12).
La ligne de
séparation de ces deux faces part de l'épaule, descend en arrière du bras à l'union de
son tiers externe avec ses deux tiers internes, se dirige vers le coude, se
porte un peu en dehors, suit le milieu du bord externe de la main, le long du carpe, du cinquième métacarpien et du petit
doigt, contourne tous les doigts en
suivant le milieu de leurs extrémités et de leurs faces latérales,
remonte le long du milieu du bord interne du pouce, du premier métacarpien et
du carpe. Elle atteint ainsi le bord interne
de l'avant-bras qu'il suit le long; du bord interne du radius jusque
vers son milieu, se dirige ensuite vers le milieu du pli du coude, et remonte jusqu'au bord antérieur de
l'aisselle le long du bras a l'union de son tiers interne avec ses deux tiers
externes (1).
Les deux parts en lesquelles cette ligne
divise le corps humain ne sont pas égales, aussi avons-nous désigné la part
antérieure sous le nom de face ou section antérieure et la part postérieure
sous le nom de face ou section postérieure.
1. Sur les
figures 3,4,5,
6, le bras droit est placé en pronation (vraie position) et le bras gauche en supination
(fausse position).
distribution
générale des nerfs rachidiens postérieurs
Les troncs de ces nerfs formés donc de la fusion des racines
antérieures (motrices) et postérieures
(sensitives, munies d'un ganglion) se divisent eux-mêmes en deux
branches, l'une antérieure et l'autre postérieure.
Les branches postérieures se
distribuent aux muscles et aux téguments de la surface postérieure du tronc,
à la peau du segment postérieur de
la téte et de la région fessiere. - Les branches antérieures se rendent
aux muscles et aux léguments des parties latérales et antérieures du
tronc, et des extrémités supérieures et inférieures.
DISTRIBUTION GÉNÊRALE DES BRANCHES OU TRIJUMEAU
Le trijumeau distribue ses filets
sensitifs a toute la tète excepté sa région postérieure,
c'est-à-dire à toute la face, à la cavité orbitaire et a
l'œil, aux fosses nasales, à la muqueuse buccale, a la langue, au
palais et aux dents, a la face externe du pavillon de l'oreille et au conduit
auditif externe ; de plus à la muqueuse de la base de la langue,
à une portion du pharynx, aux piliers du voile du palais, à la trompe d'Eustache et a la cavité du tympan.
NERFS
DE SENSIBILITE DANS LA SECTION ANTÉRIEURE OU CORPS (Voy. fig. 2, 3, 4, 9
et 10).
1 A la tête, nous
distinguerons les nerfs cutanés du crâne et de la face.
a. Au crâne nous ferons la
distinction de trois régions, les régions frontale, oculaire et temporale.
Les téguments
de la région frontale sont sensibilisés de dedans en dehors : 1° par les
filets frontaux du nerf nasal externe ;
2° par
les nerfs frontaux (nerfs
frontal interne et frontal externe ou sus-orbitaire, branche de l'ophthalmique
de Willis).

Fig. 3.
Topographie do l'innervation culanee de la face antérieure du corps (main
on pronation à droite et on supination à gauche).
Les téguments de ta région oculaire comprennent
la peau et la muqueuse des paupières, et la conjonctive oculaire.
La peau, la muqueuse des paupières
supérieures et une partie
de la conjonctive oculaire sont
sensibilisées de dedans en dehors
par des filets du frontal interne, le
frontal externe (sus-orbitaire)
et par une branche
palpébrale du nerf lacrymal (rameau de l'ophthalmique).
Lapeau, la maquese des paupieres inferieuresetune partie
de la conjonctive oculaire sont
sensibilisées par des filets nasaux.
du nasal externe, et les branches
palpébrales du sous-orbitaire.
Les téguments de la région temporale sont
sensibilisés d'avant
en arrière par des filets temporaux
du nerf lacrymal, par des
rameaux de l'auriculo-temporal anastomosés
avec les branches
temporales du facial. Quant aux rameaux directs
do l'auriculo-
temporal, ils se
répandent aux téguments de la moitié postérieure
du crâne immédiatement en arriére de la
ligne de séparation de
la moitié ou section postérieure et de la
moitié ou section antérieure de celle région.
b. A la face nous distinguerons la
face proprement dite, les cinq sixièmes inférieurs du pavillon des oreilles,
les régions mastoïdiennes, et un petit espace triangulaire situé de chaque
côté derrière la branche montante de l'os maxillaire inférieur.
A la face sa distribuent: 1 les
rameaux du nerf sous-orbitaire (branche du maxillaire supérieur); 2 les rameaux du nerf dentaire inférieur (branche du maxillaire
inférieur); 3* des rameaux du nerf auriculo-temporal (branche du
maxillaire inférieur).
Aux cinq sixièmes inférieurs du
pavillon des oreilles se distribuent des filets sensitifs qui proviennent : 1* de la branche
auriculaire ou ascendante moyenne du
plexus cervical ; 2 de l'auriculo-temporal (branche du maxillaire
inférieur) ; tous nerfs qui font précisément partie de la section antérieure du
corps comme la face.
Les téguments delà région de
l'apophyse mastoïde sont sensibilisés : 1 par des rameaux de la petite branche
mastoïdienne; 2 par des rameaux de la branche auriculaire (ascendante
moyenne), tous nerfs provenant du plexus cervical superficiel et appartenant a
la section antérieure du corps comme la face.
Les
téguments de l'espace triangulaire sont sensibilisés par des rameaux de la branche auriculaire (ascendante
moyenne). 2° Au cou, les téguments des faces antérieure et
latérales sont

Fig.
4. Topographie do l'innervation culanee de la section ou face antérieure de
la tôle, du tronc et des membres supérieurs avec l'indication des domaines des
nerfs ascendants et descendants et de la zone neutre raciale.
sensibilisés par les branches antérieure et descendantes
du plexus cervical.
3 Au thorax, les
faces antérieure et latérales reçoivent les ramifications cutanées des nerfs intercostaux qui sont
les branches antérieures des nerfs rachidiens dorsaux.
4 A l'abdomen, les téguments do la
face antérieure reçoivent les branches antérieures des nerfs lombaires.
5' Aux membres supérieurs, il faut
distinguer l'épaule, le bras, l'avant-bras et la main.
a.A
l'épaule, la face antéro-externe
reçoit les rameaux sensitifs cutanés des branches descendantes du
plexus cervical.
b.Au bras, les téguments de la face
antéro-externe sont sensi
bilisés par le nerf circonflexe.
c.A l'avant-bras, les téguments de laface antéro-externe
reçoi vent leurs filets
sensitifs extérieurement du nerf radial, et en
dedans du nerf musculo-cutané.
d.A
lamain, la face antero-externe dite dorsale est sensibilisée
par le nerf radial en dedans et par le nerf cubital en dehors.
6° Aux membres inférieurs, nous
distinguerons les nerfs de la cuisse, de la jambe et du pied.
a. A la misse, la section ou face
antérieure reçoit ses filets sensitifs : 1
en dehors, du nerf fémoral cutané, branche collatérale du plexus lombaire; 2 sur le milieu, des branches
perforantes supérieure et moyenne provenant du faisceau superficiel du nerf
crural; 3 en dedans, du nerf obturateur, branche du plexus lombaire.
h. A la jambe, la face on section
antérieure reçoit ses filets sensitifs, en dedans : du nerf
saphène interne, branche cutanée du faisceau
profond du nerf crural; et en dehors : du nerf sciatique poplité
externe qui est une des branches terminales du nerf sciatique.
c. Aupied, la face antérieure ou
dorsale est sensibilisée par le nerf saphène externe.
NEUFS DIS
SENSIBILITÉ DANS LA SECTION POSTÉRIEURE DU CORPS (Yoy. fig. 2,5,6, 9 et 10).
1 A la tête, font partie de la section postérieure du
corps la moitié postérieure du crâne et le sixième supérieur du pavillon
des oreilles.
a, Région cranienne postérieure. La peau
de cette région est
sensibilisée en arriére :
par le premier nerf cervical, et surtout

Fig. 5. Topographie de
l'innervation culanee de la face postérieure du corps (Main
en pronation à droite et en supination a gauche).
par le deuxième nerf cervical dit nerf sous-occipital; en dehors,
par
les rameaux de la branche mastoïdienne (occipito-auriculaire
de Chaussior) faisant partie des branches ascendantes du
plexus cervical
superficiel; sur les côtés, en avant, par les ramifications de
l'auriculo-temporal. b. Pavillon de l'oreille. D'une manière
generale les nerfs

Fig.
6. Topographie de l'inneration cutanée de la section ou face postérieure de
la tête, du tronc et des membres supérieurs, avec
l'indication des domaines des nerfs ascendants
et descendants et de la zone neutre intermédiaire post-cervicale.
sensitifs du pavillon de
l'oreille proviennent de la cinquième paire et du plexus cervical superficiel. Quant au
sixième supérieur du pavillon il reçoit plus spécialement sa
sensibilité : 1 en arrière, d'un
filet provenant de la branche mastoïdienne on occipito-auriculaire
de Chaussier qui est une branche ascendante du plexus
cervical superficiel; 2 en avant, de
rameaux provenant du nerf auriculo-temporal branche du nerf maxillaire
inférieur (trijumeau). Cette portion du pavillon de l'oreille est donc
sensibilisée par des filets nerveux qui font partie de la section postérieure du
corps.
2 Au cou, la section postérieure (tiers postérieur) est
sensibilisée par les branches postérieures des nerfs cervicaux, par les branches postérieures du plexus cervical
superficiel, par l'ascendante
postérieure ou branche mastoïdienne qui forme précisément la limite
en ce point entre la section antérieure et la section postérieure du corps;
par la petite mastoïdienne et enfin par une petite branche à direction transverse et ascendante.
3° Au thorax, la section
postérieure (tiers postérieur) reçoit ses rameaux
cutanés des branches postérieures des nerfs dorsaux ou rachidiens.
4° A l'abdomen la face postérieure
reçoit ses nerfs sensitifs des branches nerveuses abdomino-pelviennes.
5° Aux membres
supérieurs nous distinguerons quatre parties : l'épaule, le bras, l'avant-bras et la main.
a. A l'épaule, la
face supéro-postérieure reçoit les filets sensitifs des branches descendantes du plexus
cervical.
h. Au bras, la face postéro-interne
reçoit ses filets sensitifs du brachial cutané interne.
c.A
l'avant-bras, la face postéro-interne reçoit ses nerfs sensi
tifs du même nerf, le brachial cutané interne.
d.A
la main, la face postéro-interne (face palmaire) est sensi
bilisée par le nerf médian en dedans et le nerf cubital en dehors.
6° Aux membres inférieurs, nous
ferons encore une distinction entre la cuisse, la jambe et le pied.
a. A la cuisse,
la face ou section postérieure reçoit ses nerfs sensitifs de la branche
fémoro-cutanée en dehors; du nerf obturateur en dedans, et du nerf fessier inférieur ou petit
sciatique dans les autres points. Le nerf fessier inférieur ou petit
sciatique se trouve ainsi opposé aux
branches perforantes qui proviennent, en avant, du faisceau superficiel
du crural.
b.A la jambe, la face postérieure
est sensibilisée en dehors par lenerf sciatique poplité externe, une des
branches terminales du nerf sciatique, et en dedans par le nerf saphène
interne, branche cutanée du faisceau
profond du nerf crural.
c. Au pied, la face plantaire ou
postérieure reçoit ses nerfs cutanes du rameau plantaire du nerf tibial postérieur, du nerf plantaire
interne et du nerf plantaire externe.
DÉTAILS ANATOMIQUES RELATIFS AU
TRAJET DE LA LIGNE CRANIO-PODALE
Après avoir
découvert qu'il existait une grande ligne divisant le corps en deux parties ou sections
antérieure et postérieure, après avoir noté quels étaient les nerfs qui
donnaient la sensibilité aux téguments de chacune de ces sections, je voulus
savoir si le tracé de cette ligne, motivé
par certaines données de laneurisation, serait aussi justifié, au moins dans les parties
essentielles de son trajet, par une certaine
distinction apparente entre le champ de distribution des nerfs de la
sensibilité de la section postérieure et celui des nerfs de la section
antérieure du corps.
L'anatomie s'est
trouvée d'accord avec les résultats de l'expérimentation physico et
psycho-neurique(Voy. fig. 9).
Ainsi au crâne celle ligne passe
tout d'abord, au vertex, entre le champ
de distribution des nerfs frontaux en avant et le champ de distribution
des nerfs occipitaux en arrière; sur les côtés entre le champ de distribution des filets directs du nerf
auriculo-temporal et celui des branches temporales du facial qui reçoit
des filets anastomotiques en arrière
du même nerf auriculo-temporal et en avant du nerf lacrymal.
En réalité le nerf sensitif auriculo-temporal se distribue à la peau de toute la région temporale, soit
directement en arrière, soi par
voie d'anastomose avec le facial en avant. C'est précisétment parla ligne verticale suivant laquelle se fait celte
anastomose que passe la ligne de division que nous décrivons.
En avant de la région faciale la
ligne cranio-podale suit un trajet qui mérite toute notre attention.
Tout d'abord elle se détache à
angle droit de sa portion crânienne verticale au niveau de l'arcade
zygomatique et un peu en avant du pavillon
de l'oreille pour se porter vers celui-ci. Là elle coupe
transversalement le tronc de l'auriculo-temporal au point où il se
divise en rameaux temporaux et où il fournit un filet nerveux au sixième supérieur du pavillon
de l'oreille.
Ensuite elle
traverse la partie supérieure du pavillon de l'oreille à l'union de son sixième
supérieur avec ses cinq sixièmes inférieurs.
Nous avons dit que le sixième supérieur et les cinq sixièmes inférieurs
du pavillon des oreilles recevaient des filets nerveux distincts quoique de même provenance originelle.
Puis elle contourne la limite supérieure
et postérieure de l'apophyse mastoide un peu en avant d'une branche nerveuse
qu'elle suitparallèlement.
Cette branche nerveuse est formée par la branche occipito-auriculaire, ou
branche ascendante postérieure du plexus cervical superficiel ; elle fournit un rameau au
sixième supérieur de l'oreille.
Arrivée à la
limite inférieure du la région mastoïdienne, au point où finit en arrière la
limite inférieure de la face, elle descend entre
le tronc de l'ascendante postérieure (branche occipito-auriculaire) en
arrière et celui de l'ascendante moyenne du plexus cervical superficiel
en avant.
Puis elle passe
verticalement à travers le point d'émergence des branches du plexus
cervical superficiel, au niveau de la zone neutre post-cervicale, pour se diriger vers la
face postérieure de l'épaule en arrière de la branche la plus
postérieure parmi les branches descendantes du plexus cervical superficiel.
Durant tout ce trajet cervical cette ligne
laisse en arrière le champ de
distribution cutané des nerfs cervicaux postérieurs.
De la face
postérieure des épaules la ligne cranio-podale descend le long de la
limite extérieure du champ de distribution des branches postérieures des nerfs dorsaux et
lombaires.
Aux
membres supérieurs la ligne de séparation est assez nette-
ment indiquée, pourvu que
ces membres soient en pronation, position que nous avons reconnue être la
plus naturelle (Voy. fig.3,4,5,6).
Ainsi au bras et
à l'avant-bras elle se trouve à la limite du champ de distribution du brachialcutané interne qui
occupe toute la face postéro-interne
de ces deux régions.
Le long du bord
interne de la main elle sépare le champ de distribution du nerf radial, qui occupe la moitié
interne de la face dorsale de la main, du
champ de distribution du nerf médian qui occupe la moitié interne de la
face palmaire de cette portion du membre.
Le long du bord externe de la main elle
marque la séparation entre le champ de distribution dorsal et celui de
distribution palmaire de deux branches d'un
môme nerf, le nerf cubital.
Aux membres inférieurs cette ligne suit un
trajet assez bien indiqué anatomiquement a la cuisse et au pied, et moins nettement
à la jambe.
TOPOGRAPHIE DE L'INNERVATION MUSCULAIRE
Gomme la neurisation ne produit pas
seulement des modifications dans la sensibilité des téguments mais encore des
modifications dans la motilité musculaire, il semble qu'il y aurait lieu
d'établir une topographie des nerfs musculaires. Mais ce serait une tâche au moins superflue, parce que la
plupart des nerfs cutanés sont on même temps musculaires et que, d'autre
part, ainsi que nous le montrerons
plus loin, les modifications de la motilité musculaire sont toujours
consécutives à une modification dé la sensibilité cutanée. Ce qui semblerait prouver précisément que, tout au moins dans la majorité des cas, c'est par voie
réflexe, après une action sur les nerfs de sensibilité cutanée
que les nerfs moteurs entrent à leur tour en action pour faire
contracter les muscles.
ACTION DES RADIATIONS
DIGITALES FIXES
SUR LA SENSIBILITÉ GÉNÉRALE
DES TEGUMENTS
ET SUR
LA SENSIBILITÉ SPÉCIALE
ANESTHESIE
Lorsque, avec un doigt et a plus forte
raison avec plusieurs doigts, par exemple les cinq doigts réunis en faisceau,
on vient a viser, a la distance de quelques
centimètres à quelques décimètres et plus
même, un point du corps, la sensibilité cutanée disparaît au point visé
sur une étendue qui est égale à celle de la surface de section du doigt
ou des doigts neurisateurs réunis.
L'anesthésie ou insensibilité tactile
s'accompagne d'analgésie ou insensibilité a la douleur, et d'insensibilité a la
température. L'analgésie peut etre telle qu'une aiguille transperçant la peau
n'est pas sentie.
Celle anesthesie,
qui peut être produite à des degrés divers suivant la durée de
l'opération, persiste ensuite plus ou moins longtemps, mais nous n'avons pas
de données suffisantes pour en évaluer la durée moyenne. Elle existait encore
dans un cas après cinq heures de temps écoulé et dans un autre cas
après quinze heures.
TRANSFERT DE L'ANESTHESIE
Supposons
que l'anesthésie ail été ainsi produite sur le milieu de la face dorsale de la main droite du sujet. Si après cette
opération on vient à explorer
l'étal de la sensibilité sur l'autre main, la main gauche, on trouve qu'elle y a aussi disparu précisément sur le milieu de sa face dorsale et sur une même
étendue. En un mot la région homologue de la main gauche a perdu sa
sensibilité. Il y a eu transfert de l'anesthésie (1).
Pendant ce temps
l'anesthésie a persisté sur la face dorsale de la main droite primitivement visée.
Mais si alors on vient à viser le
milieu de la face dorsale de la main
gauche» puis de nouveau la région homologué de la main droite, et si ensuite on
vient a explorer la sensibilité de ces deux régions on constatera
facilement que la sensibilité y est complètement revenue (2). (Cette expérience a été
faite le 15 septembre 1880, époque alaquelle le malade, étant beaucoup
mieux, réagissait beaucoup
moins bien.)
Reprenons cette
expérience. La sensibilité est intacte, normale aux deux mains. Les cinq doigts de ma main réunis
en faisceau sont dirigés à une petite distance vers un point choisi de
la face dorsale de la main droite du sujet.
En quelques secondes la région visée se trouve anesthésiée. Mais si au
lieu d'éloigner mes doigts dès que cette anesthésie est produite je les
maintiens un certain temps dans leur
position, à l'anesthésie ne tarde pas & succéder de l'hyperesthésie. Si alors j'explore la sensibilité
de l'autre main, je trouve non pas de l'hyperesthésie mais de
l'anesthésie, comme dans la précédente expérience. Si alors je transporte mes
doigts ou les rayons digitaux en regard de cette région anesthésie par transfert, a cette anesthésie produite par le
transfert succède
1.
La commission de la Societe de biologie, chargée do faire un rapport sur les
decouvertes du D Burq concernant la métalloscopie, a
constaté un phénomène qui avait échappé a la sagacité du D Burq lui-méme. Ce
phénomène auquel elle a donné le nom de transfert consiste dans l'apparition de
l'anesthésie sur une région ou sur un organe symétrique de celui sur lequel l'anesthésie
préexistante de nature hystérique
ou mémo causée par une lésion organique du cerveau, à disparu à
la suite d'une application
métallique. ,
En d'autres termes c'est
en apparence, le transport sur une moitié latérale du corps, de l'anesthésie qui existait sur l'autre
moitié et qu'une application métallique en a en quelque sorte chassé.
D'autre
part si l'application métallique au lieu d'être faite sur le coté
insensible est laite sur le coté sensible il se produit une anesthésie locale,
limitée au point d'application, et coincidemment l'apparition de la sensibilité
dans le point symétrique du cote où siège l'hémianesthésie.
Dans
le premier cas le transfert ou transport s'est fait du point d'application au point
symétrique. Dans le second cas il s'est fait en sens inverse, c'est-à-dire
du point symétrique au point d'application, par une sorte d'appel.
1. J'ai
pu par les mêmes radiations digitales alternes opérer le transfert de
l'anesthésie et déterminer le retour de la sensibilité sur les
deux tempes.
l'hypcresthésie et en môme temps
l'hyperesthésie de la main droite primitivement visée est remplacée par de l'anesthésie. Si ensuite je vise
de nouveau cette dernière région (le dos de la main droite la
sensibilité redevient normale sur l'une et l'autre main.
Si les radiations digitales ont lieu en
regard d'une région très musculeuse,
l'hyperesthésie s'accompagne ordinairement de contracture musculaire,
à moins que ces radiations ne soient de très courte durée.
Mais alors méme que
cette contracture se produit on peut la résoudre en malaxant la
région, sans faire disparaître l'anesthésie cutanée.
L'hyperesthésie, telle que nous l'avons
provoquée dans celte expérience, se traduit par de ta douleur perçue et accusée
par le sujet, mais l'anesthésie persiste pour nous, c'est-à-dire qu'en explorant la région siège de douleurs,
nous ne découvrons que de l'insensibilité.
Nous verrons plus loin que ce genre d'hyperesthésie subjective diffère d'une autre hyperesthésie à la fois subjective et
objective.
DIFFUSION DE L'ANESTHÉSlE
Si la légion visée par les rayons digitaux
est le siège d'un ou plusieurs nerfs
importants, l'anesthésie, après s'être produite sur la partie
visée, peut se propager plus loin par diffusion.
Si par exemple je
dirige les doigts de ma main vers le creux sus-claviculaire du sujet au niveau du plexus brachial
et près de la colonne vertébrale, la peau de la région visée devient
insensible, puis l'anesthésie gagne rapidement tout le bras, qui en même
temps devient immobile par raideur musculaire et peut garder toutes les positions dans lesquelles on le place
et que comporte le mouvement de ses articulations (catalepsie).
En même temps,
et parce que selon toute probabilité il y a diffusion dans l'autre sens jusqu'à la moelle,
toute la moitié correspondante du corps se trouve anesthésiee
(hémianesthésie).
Il arrive parfois dans ces cas que
l'anesthésie, s'étendant plus loin et gagnant ainsi le cerveau, le sujet
s'endort (1).
HYPERESTHESIE
Nous avons dit plus
haut que les radiations digitales prolongées Taisaient succéder l'hyperesthésie
à l'anesthésie. Cette hyperesthésie s'accuse par une douleur plus ou moins
accusée, sous l'influence de laquelle le sujet relire vivement la partie du
corps qui en est affectée, la main par
exemple, si c'est la main que les rayons digitaux ont viséc. C'est une hyperesthésie subjective et elle persiste
plue ou moins longtemps après l'opération qui la fait naître.
Fréquemment, durant cette expérience, je
priais la malade de fermer les yeux ou de détourner la tête, et alors
elle pouvait compter le nombre de doigts que j'employais, d'après le
nombre de piqûres qu'elle ressentait.
ACTION SUR LES MUQUEUSES
La muqueuse des
lèvres, de l'intérieur de la bouche, la muqueuse ocuto-palpébrale ou
conjonctive peuvent perdre leur sensibilité, par l'action a distance des rayons
digitaux fixes.
La sensibilité
tactile du bout de la langue notamment peut être abolie.
On peut aussi anesthesier la muqueuse de
l'entrée des narines de telle manière que le sujet n'a pas conscience de
l'entrée ou de la sortie de l'air, sans que pour cela on ait porté atteinte au
sens de l'odorat.
1. La
commission de ta Société do biologie, chargée do faire un rapport sur les phénomènes
métalloscopiques signales par M. leD
Burq, a constaté que l'application faite sur une hystérique
autrefois sensible aun métal mais dont la sensibilité était actuellement
normale, produisait l'anesthésie autour du métal, qu'ensuite cette anesthésie
s'etendait progressivement jusqu'à se généraliser et
qu'enfin il pouvait y avoir des effets d'hypnotisme.
On peut
anesthésier isolément les paupières et la muqueuse | conjonctivale.
ACTION DES RADIATIONS DIGITALES A L'ÉTAT FIXE
SUR LA
SENSIBILITE SPÉCIALE
SENS
DU TOUCHER
En traitant de l'anesthésie en
général, nous avons vu comment l'abolition du sensdu toucher
accompagnait celle de la sensibilité à la douleur et a la température sur les
téguments.
SENS DE LA VUE
L'appareil qui
préside au sens de la vue est un appareil complexe dans lequel, comme pour tous les appareils
des sens spéciaux il faut distinguer la sensibilité générale au toucher, A la
douleur et à la température, et la sensibilité qui, précisément,
caractérise l'appareil.
Dans l'appareil de
la vision, nous l'avons vu plus haut, l'anesthésie a pu porter sur la peau et
la muqueuse des paupières, et la muqueuse oculaire proprement dite. Mais elle peut
porter aussi sur la vision elle-même en l'abolissant. Dans ce cas, c'est
le nerf optique, nerf de sensibilité spéciale, qui se trouve directement
intéressé.
Cet effet, je veux
dire l'abolition du sens de la vue, peut être obtenu soit avec un seul doigt, soit mieux
encore avec plusieurs doigts, par exemple
les cinq doigts d'une main réunis en faisceau et placés à une
petite distance de la cornée et la visant.
Avec un seul doigt l'expérience est plus commode et
l'anesthesie peut mieux se circonscrire au nerf optique et à la rétine
& travers la
pupille. Voici ce qui se passe alors : le
globe oculaire devient insensible,
la pupille dilatée et l'iris immobile ensuite. En
mémo temps la vue se trouble de plus en plus
jusqu'à la cécité complète.
Puis, si on persiste a viser ainsi
l'œil, le sujet y accuse une douleur
plus ou moins vive. Il se passe ici ce que nous avons constaté au sujet des téguments : à
l'anesthésie succède l'hyperesthésie
DIFFUSION DE L'ANESTHSSlE
RETIENNE
Diffusion à
l'oreille correspondante et aux centres. Habituellement, à la cécité de l'œil
neurisé succède la surdité de l'oreille correspondante si les radiations
digitales fixes se prolongent un peu, et le
sommeil, plus ou moins profond, peut survenir à la suite si
surtout la neurisation a intéressé les deux yeux et, par suite de la
propagation de l'anesthésie, les deux oreilles.
Si l'opération est de très courte durée, la
rétine seule est anesthésiéeet il n'y a
pas de propagation à l'oreille correspondante.
SENS DE L'OUIE
Ce que nous avons
dit de la vue peut s'appliquer à l'ouïe. Si, réunissant les doigts
en forme de faisceau conique, on dirige leurs extrémités vers le conduit
auditif de l'une des oreilles du sujet et qu'on les maintienne ainsi
durant un très court espace de temps, l'ouïe peut être supprimée de ce côté
sans que la vue soit supprimée ou seulement diminuée du même côté.
DIFFUSION
DE L'ANESTHESIE AUDITIVE
Diffusion à
l'œil correspondant et aux centres. Mais si l'opération dure quelques secondes de plus,
l'œil correspondant perd la faculté de voir.
On peut obtenir ces
effets soit en opérant simultanément, soit en opérant séparément sur l'une et
l'autre oreille.
Lorsque l'ouïe et, par propagation de
l'anesthésie auditive, la vue, sont
supprimées des deux côtés, le sujet tombe dans un sommeil plus ou moins
profond suivant la durée et l'intensité de la neurisation.
Un jour, ayant agi
sur l'ouïe des deux côtés par des radiations digitales fixes de courte durée, Mlle C... déclara
qu'elle n'entendait plus ni d'un côté ni de l'autre. Elle se plaignit d'avoir
les oreilles bouchées. Je lui parlai, je la questionnai, elle ne répondit jamais. Comprenant enfin mon insistance, elle me
dit qu'elle voyait remuer mes lèvres, mais qu'elle n'entendait
rien. Plusieurs fois elle porta son doigt
dans le conduit auditif comme pour le déboucher. Lui ayant rendu l'ouïe
par le procédé qui sera indiqué plus loin, je pus répéter ensuite
plusieurs fois celte expérience.
RELATIONS
PHYSIOLOGIQUES PATHOLOGIQUES ET
ANATOMIQUES ENTRE LES YEUX ET LES OREILLES
Nous avons vuqu'il existait une relation fonctionnelle étroite, directe et réciproque
entre les yeux et les oreilles, c'est-à-dire entre chaque œil et
chaque oreille correspondants.
Rappelons
brièvement les faits. Le sujet, étant éveillé, si je dirige les doigts durant un temps très
court vers l'un des yeux, il perd la vue de ce côté sans que l'ouïe
soit atteinte ni d'un côté ni de l'autre. Mais si j'insiste,
c'est-à-dire si je prolonge la durée des radiations digitales fixes, il
perd aussi l'ouïe du môme côté.
Si j'agis sur les deux yeux l'effet est
double et subit les memes variations
suivant que les radiations digitales fixes sont de courte ou de longue
durée. De plus, le sommeil peut se produire.
Les radiations digitales fixes peuvent
être remplacées par les radiations digitales mobiles descendantes.
Si, au lieu d'agir d'abord sur l'œil,
j'agis sur l'oreille, et si les radiations
digitales fixes sont de courte durée, je ne fais que supprimer l'ouïe de ce côté, mais si je persiste
la malade perd aussi la vue de ce
même côté. Si j'agis sur les deux oreilles simultanément
le sujet perd l'ouie et la vue des deux côtés, et
il peut s'endormir, La relation fonctionnelle ainsi établie réciproquement entre
l'oeil et l'oreille correspondants trouve sa
confirmation dans l'nnatomie, dans certains faits pathologiques ou
physio-pathologiques, et dans certains faits physiologiques.
FAITS
PATHOLOGIQUES
Réaction de
l'œil sur l'oreille.
1° Je connais une
dame qui, jeune encore, dut subir l'opération de la cataracte. La vue n'a guère été
améliorée par cette opération, et depuis elle est devenue sourde du même
côté, l'œil opéré (le gauche) continuant a fonctionner tres
imparfaitement.
Voici
un autre fait.
2 Me trouvant à Milan dans les
premiers jours de septembre 1880, à l'occasion du congres de
laryngologie qui y eut lieu à cette époque, je fis la connaissance d'un
jeune professeur de l'école suisse de Gènes, M. A. B... J'avais été frappé
de ce que M. A. B... cherchait toujours & se placer a ma droite pendant que
nous causions en nous promenant. Je m'aperçus bientôt que lorsqu'il était placé
à ma gauche j'avais de la peine à me faire entendre de lui. A un
certain moment il s'excusa de devoir se placer
a ma droite, ajoutant qu'il n'entendait pas bien de l'oreille droite. Il me raconta alors que la surdité de
l'oreille droite remontait à plusieurs années et qu'elle était
survenue a la suite d'une blessure qu'il
avait reçue à l'oeil ; il combattait sous les ordres de Garibaldi et il fut frappé d'une balle morte au
rebord inférieur de l'orbite à droite. Je m'expliquai alors la
signification ou la cause de la présence
d'une dépression cicatricielle, en ce point, quej'avais précédemment
remarquée sans y attacher une importance particulière. A là suite de celle blessure
il perdit la vue du côté droit et en même temps l'ouïe du même
côté.
3 Je me rappelai alors des faits analogues qui, un mois
aupara-
vaut,,
avaient été communiqués au congrès de Reims par notre excellent confrère
et ami, le DrDransart (de Somain) (1).
Le travail du DrDransart est basé sur l'observation de huit cas
d'affections oculaires parmi lesquelles deux étaient d'origine traumatique et six d'origine organique et
dyscrasique. Ces affections intéressaient la cornée, l'iris, ou la conjonctive
oculo-palpebrale, et dans toutes il y avait
eu consécutivement surditédu même côté. Trois de ces malades ont été opérés (deux
iridectomies dont une double, une opération de l'entropion). Chez eux
l'opération, en améliorant la vue, avait amené une amélioration manifeste du
côté de l'ouïe.
Sur les cinq autres non opérés et sur
celui qui a été opéré de l'entropion, le Dr
Dransart a remarque que toutes les fois que l'affection oculaire
s'aggravait il se produisait en même temps une aggravation dans la
surdité, et que toute amélioration de l'affection
oculaire provoquait une diminution de la surdité.
Explication anatomique. Voulant expliquer ces faits le Dr Dransart rappelle les relations anatomiques
qui existent entre l'œil et l'oreille par l'intermédiaire du
trijumeau qui fournit à l'œil d'une part et a l'oreille d'autre
part par le ganglion otique. Mais M.
François Franck, discutant cette communication, se demande si on est en
droit d'attribuer au trijumeau les troubles observés par M. Dransart; il ne
voit pas quelle peut être l'action du trijumeau sur l'appareil nerveux de
l'audition; il croit plus prudent
d'invoquer, sans préciser autrement, l'influence du système nerveux
se manifestant surtout par une suspension fonctionnelle de l'appareil auditif.
Aujourd'hui on dirait
avec M. Brown-Sequard qu'il y a eu inhibition de la fonction auditive.
1. Considérations cliniqeus
et pathogéniques sur les rapports pathologiques entre l'oeil et l'oreille. Communication
par le Dr Dransart au congrès de Reims dansla séance du 13 aout
1880 (Voy. p. 903 du volume).
Voy.
aussi le Bulletin médical du Nord (1880) dans lequel la communication du
Dr
Dransart se trouve in extenso.
Réaction de l'oreille sur
l'oeil.
Notons que dans ces
cas cités par M. le Dr Dransart et dans les nôtres c'est l'œil qui est lé premier
intéressé, l'oreille ne l'étant que postérieurement dans ses fondions
spéciales.
Or il étaitintéressant de savoir si jamais la vue avait
pu subir quelque trouble à lu suite d'une affection auditive. Le Dr
Dransart, examinant lui-même cette question, cite tout d'abord Sichel qui en 1865 publia dans les Annales
d'oculistique (t. LIII, p. 187) un travail intitulé: De la coexistence de la cécilé avec
la surdité, et surtout avec la surdi-mutité. Il rappelle ensuite une
communication que le Dr Coppez (de
Bruxelles) fit en 1878 au congrès de Genève, se rapportant à une série de faits dans lesquels
l'affection oculaire avait son
origine dans un traumatisme ou dans une affection de l'oreille.
Ainsi donc M. Coppez établissait en 1878
que l'oreille réagit sur l'œil et M. Dransart prouvait en 1880 que
l'œil à son tour réagit sur l'oreille.
FAITS PHYSIOLOGIQUES
Réaction de
l'oreille sur l'œil.
AUDITION COLOREE
A l'appuides faits
de lésions del'oreilleconsidérées comme
causes d'une
altération de la vue du même côté, ainsi que de l'influence de la neuricité sur l'oeil par l'intermédiaire de
l'oreille correspondante, nous pouvons citer les faits d'excitation de
l'ouïe, physiologiques pour
les uns,pathologiques pour les autres,qui chezcertaines personnes provoquent des sensations
lumineuses et colorées.
Ce phénomène extrêmement
curieux porte le nom d'audition colorée (hearing colour des Anglais).
Le Dr Pedrono a publié en 1882 un article
pleint d'intérêt sur ce phénomène.
1. De
l'audition coloree par le Dr Pedrono (Voy. Annales d'oculistique do
Warlomont. Nov. et déc. 1882, 5 et 6 livres, t. LXXXVIII,
12 série, T. S., p. 224).
L'auteur définit l'audition
colorée un fait dans lequel deux sens distincts sont mis simultanément en activité par
une excitation portant seulement sur l'un d'eux.
Pour donner une définition plus directe et
plus explicite on peut dire que l'audition colorée est l'audition d'un
son accompagnée immédiatement. d'une sensation
lumineuse et colorée.
Les premières
observations sur ce phénomène ont été publiées par les Allemands qui ont créé d'ailleurs le
nom d'audition colorée (Nussbaumer, 1873.; Bleuler et Lehman).
Le Dr
Pedrono, qui a lui-môme étudié ce phénomène, dit que la première
sensation perçue est une sensation lumineuse, que la sensation colorée,
lorqu'elle se produit vient après et dépend de l'intensité du son ou du bruit.
En
effet tout son et tout bruit produisent chez quelques sujets (disons-les
privilégiés) une perception chromatique. Si c'est un son, son d'un instrument
ou son de la voix humaine parlée ou chantée, il s'accompagne de la perception
d'une couleur qui varie peut-être
avec les notes mais sûrementavec les instruments
et avec les personnes,
tout en étant toujours ta même pour la même personne. Celle couleur est plus ou moins brillante
suivant que le son est plus ou moins haut et plus ou moins
intense. Les voix bleues seraient les plus communes, les voix vertes les plus
rares, et les voix jaunes les plus agréables. Si c'est un bruit les couleurs
sont toujours sombres. L'auteurajoute que les
sensations colorées n'ont rien d'objectif; qu'elles sont extériorisées et que
leur extériorisation est purement subjective.
Il nie que l'image colorée soit dans le champ
visuel. Elle est pour lui dans le champ auditif et siège là
où le son retentit.
Abordant l'explication duphénomène ilcroit qu'il existe un centre chromatique, que ce centre
chromatique est en communication avec le
centre auditif, soit par continuité soit par contiguïté. Cela étant
admis le phénomène se produirait de la manière suivante : un son
ou un bruit après avoir impressionné l'organe de l'audition est transmis parle nerf acoustique
(conducteur indif-
feront) au centra
auditif, là il excite telle cellule auditive qui serait en rapport avec telle cellule centrale
chromatique. Il en résulte une perception lumineuse et colorée qui est
extériorisée dans le champ auditif.
Le Dr Baratoux partage la
manière de voir sur ce point du Dr Pedrono. Le Dr Grazzi (de Florence)
incline pour la même interprétation dans un travail original
qu'il a bien voulu nous envoyer*.
Nous pensons, nous, que les communications
établies par le trijumeau entre l'oreille et l'œil peuvent suffire pour
expliquer l'audition colorée.
Dans le phénomène de l'audition
colorée c'est l'oreille qui est la première en cause, la première
impressionnée, et l'impression qu'elle reçoit serait donc transmise aux
cellules centrales auditives et se
propagerait de là aux cellules centrales chromatiques, ou bien
elle divergerait après un certain trajet : une partie serait portée
directement au centre auditif et l'autre au centre chromatique par les
anastomoses.
Réaction de l'œil sur
l'oreille.
VISIONSONORE
Le 0' Pedrono dit qu'on a observé, chez
quatre personnes, des sensations auditives résultant de sensations de
lumière et de couleur.
Ici l'impression
transmise d'un centre à l'autre ou d'un nerf de sensibilité spéciale à un autre
suivrait donc un trajet inverse de celui suivi dans le phénomène de l'audition
colorée. Ce serait le phénomène de la vision sonore.
De même que certaines personnes
verraient par les oreilles d'autres entendraient par les yeux.
1. L'adizione colorata (Bolletino
delle malattie dellorecchio, dellagola e del naso, anno 1, n 3, 1880).
APPENDICE
VOIX DE JEANNE D'ARC ACCOMPAGNEE DE CLARTE
En lisant le Procès de
condamnation de Jeanne d'Arc publie par Joseph Fabro (2 edition, 1884,
p. 55 et 56) j'ai ete frappe par ce passage du deuxième
interrogatoire publié où il est dit que, répondant à ses juges, Jeanne d'Are déclare qu'elle avait treize
ans quand elle eut une vois et que cette voix vint vers l'heure de midi,
en été, dans le jardin de son père; qu'elle entendait celle voix
à droite, vers l'église; que rarement elle l'entendait sans
clarte, que celle clarté se manifestait du même côté par où elle
entendait la voix, ajoutant qu'il y avait communément une grande clarté.
Ici l'excitation du
centre auditif ne partait pas de l'extérieur, elle était le produit d'une
hallucination, mais elle n'en était pas moins réelle pour cela. Or celte
excitation du centre auditif, quoique de provenance interne, ne se
propageait pas moins au centre qui préside aux perceptions lumineuses.
Telle est l'explication que la science
moderne me semble pouvoir donner de ce phénomène particulier survenu
dans la vie de Jeanne d'Arc et qu'aucune
auteurne parait avoir fourni avant moi, On remarquera que non seulement la voix
était entendue par elle avec une grande
clarté mais que cette clarté se manifestait du
méme côté par où elle entendait cette voix.
L'extérioration de la perception lumineuse
semblait se faire dans le champ auditif le premier impressionné quoique
subjectivement.
SENS DE L'ODORAT
Le sens de l'odorat
a pu être aboli en dirigeant les doigts d'une main réunis eu
faisceau vers l'ouverture de l'une ou de l'autre narine ou séparément
vers l'une d'elles si l'on voulait ne supprimer que d'un côté la faculté de percevoir les odeurs.
L'épreuve et la contre-épreuve ont été laites avec de l'eau de Cologne que nous
avions sous la main.
SENS DU GOUT
Il aurait pu être supprimé
complètement en anesthésiant tout l'intérieur de la bouche, mais nous ne
l'avons pas fait pour des raisons de convenances. Nous nous sommes borné
à agir sur les deux tiers antérieurs
de la langue en nous servant pour le contrôle de diverses substances
amères et sucrées. A ce propos nous rappellerons que le nerf lingual
donne la sensibilité générale et spéciale
aux deux tiers antérieurs de la langue et le glosso-pharyngien au tiers
postérieur.
En finissant l'étude
des modifications produites par les; radiations digitales fixes sur les fonctions des
organes des sens, nous ferons remarquer que
de même que l'anesthésie et l'hyperesthésie des téguments avaient pu se montrer a des degrés
divers, do même la cécité, la surdité, la suppression de l'odorat
ont pu se montrer à des degrés plus
ou moins accusés suivant la durée des radiations digitales fixes.
EFFETS THERAPEUTIQUES DE L'ANESTHÉSIE PROVOQUÉE
La propriété qu'ont
les radiations digitales fixes d'anesthésier une région donnée du corps a
été souvent mise à contribution par nous pour calmer des
douleurs chez mademoiselle G,.. Très souvent elle se plaignait de vives
douleurs épigastrique, c'était même le symptôme prédominant parmi
les phénomènes douloureux observés chez elle. Ces
douleurs disparaissaient en quelques secondes lorsque, nous dirigions nos doigts vers la région
qui en était le siège. Le calme s'annonçait toujours par un soupir
profond et une exclamation de grande satisfaction.
Mais je dois dire que celle radiation
digitale intéressant sinon le diaphragme, tout au moins les muscles
thoraciques voisins, causait parfois de la gène dans le jeu mécanique de
la respiration.
TOUX
J'ai pu calmer la toux plusieurs fois en
visant avec mes doigts la région du larynx
au-devant du cou. Cette toux de nature nerveuse dans un cas se
trouvait, dans d'autres cas, liée à une légère laryngé-trachéite
et était accompagnée de coryza.
NEVRALGIE DENTAIRE
J'ai de même réussi a calmer des douleurs
provoquées par la carie d'une dent en neurisant la dent malade avec les rayons
digitaux.
DISPARITION DE LA NEVROLOGIE
DENTAIRE EN RENDANT LA MALADE SOURDE
Nous pûmes cependant calmer cette
douleur plus sûrement et plus complètement en neurisant les oreilles
de manière à amener la surdité.
Voici les faits.
C'était le 5 novembre 1880; comme notre
jeune malade se plaignait de souffrir des dents, j'examinai sa bouche et je
découvris une dent molaire très cariée à gauche; je dirigeai mes
doigts vers cette dent, mais la douleur ne fut que très peu diminuée. Ayant répété cette expérience, dans le désir de
calmer complètement la douleur, la malade s'endormit. Je la
réveillai, mais elle accusa de nouveau de
la douleur. De nouveau je dirigeai mes doigts vers la dent malade et de
nouveau elle s'endormit. Je la laissai alors reposer un instant espérant
qu'à son réveil elle continuerait à ne plus souffrir comme dans
l'étal de sommeil. Mais l'ayant réveillée
elle se plaignit de nouveau de souffrir. Mon but était de calmer la
douleur sans déterminer le sommeil.
J'eus alors l'idée de
supprimer l'ouïe isolément, en un mot de la rendre sourde. J'anesthésiai
d'abord une oreille dans sa profondeur en présentant mes doigts
réunis en faisceau devant le conduit auditif du même côté;
mais la douleur dentaire ne fut qu'atténuée. Je fis la même
opération pour l'autre oreille et aussitôt la malade ne souffrit plus;
seulement elle n'entendait plus, elle était complètement sourde, elle
voyait remuer les lèvres des personnes qui lui parlaient et
cherchait à deviner ainsi, de même qu'à leurs gestes, ce qu'on lui disait ou
demandait; elle affirmait ne pas souffrir de lu dent si douloureuse un instant auparavant.
Je rendis alors
l'ouïe à l'oreille droite (en soufflant dans le conduit auditif droit) et elle entendit
faiblement mais se plaignit en même
temps d'une légère douleur à la dent. J'agis ensuite de
même sur l'oreille gauche et elle entendit très
distinctement et complètement mais
aussi elle souffrit complètement de la dent.
Je lui proposai de là rendre sourde
et de la laisser ainsi quelques heures mais elle préféra souffrir de sa carie
dentaire.
RELATION ANATOMIQUE ENTRE LE NERF
AUDITIF ET LE TRIJUMEAU
Le résultat remarquable que nous avons
ainsi obtenu trouve son explication dans
l'anastomose qui existe entre le nerf auditif et le trijumeau.
La racine
ganglionnaire ou sensitive du trijumeau présente a son origine dans le bulbe une anastomose avec le
nerf auditif (racine de sensibilité spéciale).
Or c'est évidemment
par l'intermédiaire de celle racine anastomotique que l'anesthésie de l'oreille s'est
propagée au nerf dentaire ou souffrance (dépendance du trijumeau).
Ainsi s'explique l'action favorable des
divers calmants placés dans le conduit auditif dans le but de faire cesser les
douleurs dentaires, qu'il s'agisse d'une
simple névralgie ou de douleurs liées à la carie des dents.
ACTION DES RADIATIONS
DIGITALES FIXES SUR LA MOTILITÉ
Les radiations digitales fixes dirigées
vers un muscle en déterminent la
contraction après quelques secondes et celte contraction est tantôt continue et tantôt intermittente. Mais
pour que la contraction du muscle visé ait lieu il faut que préalablement la
région visée soit anesthésiée. Or celle anesthésie a lieu forcément par
le seul fait de viser avec les doigts une
région choisie des téguments.
Quand on vient à diriger les doigts
maintenus immobiles vers une région
musculeuse du corps, il se produit d'abord de l'anesthésie sur la
région visée puis bientôt la contraction du muscle ou des muscles
sous-jacents,si l'opération dure un certain temps. A l'anesthésie devrait en réalité succéder tout d'abord l'hyperesthésie,
mais comme la contraction musculaire survient rapidement, cette phase de l'hyperesthésie passe inaperçue parce qu'elle est
très courte. Celle hyperesthésie consécutive à l'anesthésie n'est
bien perçue que dans les régions ou dominent les tissus fibreux.
Aussi, bien que l'anesthésie préalable
soit la condition nécessaire de la contracture musculaire dans l'emploi des
radiations digitales fixes, dans l'étal de veille, et comme précisément cette anesthésie est inévitable, nous maintiendrons
à cette place l'élude
1. Voy. p. 90 les
relations établies entra tes yeux et tes oreilles.
de la contracture musculaire qui la suit
lorsque les radiations digitales fixes sont
maintenues durant un laps de temps suffisant.
ACTION DES RADIOATIONS DIGITALES FIXES SUR
LES MUSCLES DE LA VIE VEGETATIVE
Les radiations digitales
fixes ont toujours porte leur action
sur les muscles de la
vie de relation, et nous n'avons pas le souvenir de cas dans lesquels ces radiations aient impressionné les muscles de
la vie végétative. Pourtant celle dernière influence nous parait possible.
ACTION DES RADIATIONS DIGITALES FIXES SUR LES
MUSCLES DE LA VIE DE RELATION
Plus haut (p. 45 et 46), nous avons
raconté comment à trois reprises différentes nous avions pu déterminer
la résolution d'une contracture des musclesde la jambe qui plaçait les pieds dans l'attitude du pied bot varus.
Le 1" novembre 1880 nous avions, dans
la matinée par des passes appliquées déterminé pour la deuxième fois la
résolution de la contracture musculaire qui
tordait les pieds en dedans.
Après celle opération qui avait
pleinement réussi, la malade restant éveillée et assise sur un canapé, je m'assis
en face d'elle à la distance déplus de deux mètres.
Jelui demandai alors si elle avait encore les pieds tordus, et pendant
ce temps, accompagnant la parole du geste, j'avais ma main dirigée vers son
pied gauche. Comprenant que je lui demandais de me montrer le pied gauche elle
voulut le porter en avant et le dégager des
vêtements qui le recouvraient mais elle ne put le mouvoir. Alors m'étant approché je constatai que la jambe était raide
dans la position qu'elle occupait lorsque je m'étais assis en face
de la malade, c'est-à-dire dans la flexion à angle aigu de la
jambe sur la cuisse et du pied sur la jambe.
J'avais dès le
principe pris l'habitude de ne jamais passer outre lorsqu'un fait nouveau et
jusque-là inexpliqué se présentait à mon
observation. Cette contracture, cette
raideur musculaire, qui n'existait pas un
instant auparavant et qui s'était produite depuis que m'étant assis en face do
la malade j'avais, tout en la questionnant, dirigé mes mains vers son
pied, fixa mon attention, et je pensai
qu'il pourrait bien y avoir quelque corrélation entre elle et le geste que j'avais fuit. Je m'abstins de faire
la moindre remarque sur ce point encore obscur qui en excitant ma
curiosité exigeait une vérification ou une contre-épreuve. D'ailleurs je m'étais
fait une régle de ne jamais manifester, dans
la mesure du possible, soit par la
voix, soit par le geste, soit par l'expression de ma physionomie le
sujet de mes préoccupations, ni de montrer le but que je poursuivais lorsque
je cherchais la solution des problèmes qui dans le cours de mes visites
s'offraient a moi si fréquemment.
Le fait que je venais
d'observer fortuitement et dont j'avais cru deviner tes conditions essentielles de production,
exigeait donc une vérification.
Devant donc me placer dans les mêmes
conditions essentielles d'expérimentation
je commençai par résoudre la contracture. Il me suffît pour cela de
malaxer le pied et la partie inférieure de la jambe.
La jeune fille resta assise sur le canapé
maîtresse de tons ses mouvements; je m'assurai du reste que tous les muscles
étaient dans la résolution et qu'il
n'existait de l'anesthésie nulle part, qu'en un mot elle se trouvait dans les conditions habituelles de l'état de veille.
Je repris ma place ; je priai alors la
malade de se pencher en avant pour regarder son pied que je désignai d'ailleurs
du geste avec ma main ouverte, les doigts légèrement écartés. Dés que sa
tête fut sur le prolongement de l'un de mes doigts elle ne put plus la
mouvoir malgré toute mes sollicitations. Je cessai un moment alors de viser
son pied avec mes doigts et lui dis de porter sa
main droite vers ce mémo pied, ce qu'elle fit, et ayant porté de nouveau
ma main en avant et dans la direction dela main droite du sujet je vis que je l'avais immobilisée, car sur mon
invitation la malade ne put la mouvoir.
Toutes ces
opérations furent exécutées en moins d'une minute peut-être. Je cessai de nouveau do viser
quelque point du corps que ce fût.
A ce moment donc elle
avait la tète et le bras droit immobilisés; je m'approchai et je
constatai une raideur des muscles du cou, de l'avant-bras droit et de la main droite et aussi
desmusclesde la jambe et du pied qui conjointement avaient été visés.
En portant doucement
la tête et les membres, ainsi rendus immobiles, dans les divers sens de leurs mouvements,
je redonnai aux muscles contractures toute leur souplesse et la malade reprit
sa position naturelle et put exécuter
spontanément tous les mouvements qu'elle voulut ou que je lui
conseillai de faire.
Je repris ma place, puis visant tantôt un
bras tantôt l'autre, je pus immobiliser chaque fois les régions musculeuses
visées, et m'assurer en môme temps qu'il suffisait do cinq secondes pour cela
faire.
Ainsi donc à
la distance d'environ 2 mètres et en cinq secondes de temps je pouvais provoquer la raideur
d'une main en la visant
avec mes doigts.
J'ai varié plus tard l'expérience, car
j'ai eu l'occasion de la répéter souvent, aussi bien devant l'entourage
habituel de la malade que devant des confrères.
Un jour j'invitai la
malade à prendre son mouchoir et à se moucher, ce qu'elle fit; puis dès
qu'elle eut saisi son nez, je dirigeai vers
cet organe les doigts de l'une de mes mains; sa main resta comme adhérente et dans la position exacte
qu'elle avait au moment où je
dirigeai vers elle l'extrémité de mes doigts.
Je répétai plusieurs fois cette expérience
et comme on peut le supposer elle excitait
toujours une grande hilarité chez la malade et surtout chez les
personnes présentes.
J'avais employé fréquemment la malaxation
de la région ainsi raidie pour faire cesser la contracture. Fréquemment
aussi j'employai un autre moyen très
commode et très prompt dans ses effets, je veux dire le souffle. Il en sera longuement question plus lard.
La contracture une
fois produite, j'ai à peine besoin de le dire, ne pouvait être
combattue par les moyens ordinaires. On aurait plutôt brisé les os ou déterminé quelque grave
lésion du côté des ligaments et des surfaces articulaires. Ce danger était
d'autant plus a craindre que plus on
faisait d'efforts pour redonner aux membres contractures et fléchis ou étendus
leur souplesse et leur position naturelle, plus les muscles se
contractaient.
Les personnes dénuées
de pouvoir neurique et qui intervenaient se consumaient en vains efforts
quelles que fussent les manœuvres employées, aussi bien les manœuvres
ordinaires que celles méthodiques spéciales de la neurisation résolutive.
Moi-même je devais recourir à
celles-ci, malaxer la région, souffler dessus, ou faire certaines passes ainsi
qu'il sera dit plus loin.
Je pourrais citer ici un de nos maîtres
les plus éminents en physiologie qui ne put réussir a faire cesser une raideur
musculaire de toute la main et du poignet
que par des radiations digitales fixes je venais de produire à
distance sous ses yeux. Et comme je liens à être précis en tout,
je dirai que c'était le 20 février 1881, à deux heures et demie de
l'après-midi.
Tout le monde peut disposer d'un courant
électrique et l'employer avec plus ou
moins d'à-propos suivant les circonstances et suivant les connaissances acquises. Mais tout le
monde, semble-t-il, n'a pas à sa disposition celle force
particulière dont j'ai étudié plus
haut les propriétés physiques si remarquables et dont j'expose en ce moment les propriétés physiologiques et
thérapeutiques non moins importantes. Désignez cette force qui émane du
corps humain du nom qu'il vous plaira, peu importe; faites-la naître, se
développer, circuler dans l'organe ou les organes qu'il vous conviendra le
mieux, assimilez-la à telle ou telle force connue, distinguez-la de telle ou telle autre force, vous
ne sauriez empêcher qu'à
des effets certains ne réponde une cause toute aussi certaine malgré
l'obscurité qui peut encore entourer sa nature.
Surpris sans doute et peut-être
stupéfait de ce qu'il venait de constater,
l'éminent professeur ne consentit pas à reconnaître que
cette sorte de tétanisation des muscles, ainsi
produite à distance par le seul fait de tes avoir visés avec le bout de
mes doigts, pût être causée par
Faction de quelque force particulière émanant de mes
doigts memes. Selon lui, ce devait être en tous cas un agent connu : la
chaleur, par exemple, a un degré très bas, ou dans des conditions non
encore déterminées. Mais personne n'ignore qu'il n'y a pas différentes espèces ou qualités de chaleur, et par
conséquent n'importe qui, avec la
chaleur naturelle de son corps ou avec la chaleur artificielle d'une
lampe, d'un foyer de chaleur quelconque, aurait pu obtenir les effets que je
suis forcé d'attribuer, moi, a une force
particulière. Or aucun effet de l'ordre de ceux obtenus avec
l'emploi de la force neurique n'a jamais été obtenu par l'emploi de la chaleur
(1).
La force particulière que j'appelle
neurique, car il fallait bien
la baptiser, semble
être nulle chez un grand nombre de personnes,
extrêmement faible chez d'autres, et
plus ou moins intense chez
quelques-unes. Jusqu'à ce jour le
nombre des personnes qui en
seraient douées à un haut degré
parait rare. Mais il convient de
faire remarquer que beaucoup parmi celles
qui en sont douées
réellement l'ignorent et ne s'en
aperçoivent souvent un beau jour
que par suite de
circonstances fortuites. A quel âge se montre celte
force, quand disparaît-elle, quelles sont
les conditions de santé ou
de maladie qui la renforcent ou
l'affaiblissent? ce sont autant de
questions qui méritent des recherches
sérieuses. J'espère bien
qu'un jour la
lumière se fera sur tous ces points encore enveloppés
d'obscurité, et ce sera peut-être
grâce à la confection de quelque
appareil, avec lequel il sera possible de
mesurer la force neurique
de chacun, quel que soit d'ailleurs le nom
donné à cette force,
qu'elle soit dite électro-neurique,
zoique, thermique ou thermo-
neurique.
i. Je
me bornerai a mentionner à ce propos que le Dr Azam (de fardeaux) a
fait intervenir, pour l'interprétation de certains
phénomènes, l'hyperesthésie du sens thermique. Grâce a cette
hyperesthésie, les plus faibles traces do chaleur seraient vivement perçues.(Cité
par M. Mathias Duval : Leçons sur la physiologie dusystème
nerveux (sensibilité.)
D'ailleurs peu importe ici le choix des
mots, et je fais pour ma part volontiers
abandon de toute théorie, jugeant qu'il convient de tenir avant tout aux faits. Faut-il rappeler ici
que les théories avant qu'elles ne soient définitivement adoptées ou
rejetées ne sont que de simples
hypothèses destinées a servir de guide aux chercheurs dans les nombreux tâtonnements auxquels ils sont
exposés?
Le chercheur consciencieux, respectueux de
lui-même et des autres, a pour
principal objectif l'observation rigoureuse des faits, et quand il les a
exposés tels qu'il les a observés, il ne saurait admettre qu'on les rejette
sans contrôle. Aussi, pour que cette tache
puisse être remplie, il a toujours soin de bien indiquer dans quelles
conditions il a opéré en poursuivant ses recherches.
J'ai toujours pris grand soin, pour ma part, de me conformer à ces préceptes.
Celte discussion un peu longue me sera
pardonnée, je l'espère, car elle
trouvait bien ici sa place à côté d'un des faits qui peut être invoqué
comme l'un des plus démonstratifs de l'existence réelle d'une force particulière dans le corps humain et de la propriété
qu'elle a d'en émaner pour produire, suivant les circonstances et dans un autre corps humain, certaines
modifications de fonctions. On peut opposer, il est vrai, et c'est une tendance
bien marquée du jour, qu'il ne s'est agi que d'un fait de suggestion.
Je ne le crois pas, car le fait de la suggestion ne pouvait certainement
pas être invoqué le jour où,
pour la première fois et bien inconsciemment, je provoquai la contracture musculaire à
distance. D'ailleurs les faits démonstratifs
ne manqueront pas d'être variés et nombreux dans le courant de cet
ouvrage.
Pour mettre fin à cette digression,
nous n'ajouterons qu'une simple remarque :
c'est que la science n'est pas basée toute entière sur des
procédés de recherches qui ont la vivisection pour condition essentielle. Je
reprends maintenant la suite de l'exposé de nos recherches. J'ai varié mes expériences tout en leur
conservant les caractères essentiels qui les distinguent. Un jour que la malade était assise et éveillée
sans anesthésie sur
aucun point du corps et sans
contracture d'aucun muscle, je l'engageai à relever son pied au-dessus du sol
on étendant horizontalement la jambe, ce qu'elle fit. Après m'etre
assuré que les muscles n'étaient pas
contractures, je dirigeai aussitôt mes doigts vers le milieu de la
jambe; au bout de quelques secondes, les muselés de la région étaient comme tétanisés
et te membre se maintenait ainsi immobile
dans la position horizontale. Je fis la môme opération pour l'autre jambe et les deux membres inférieurs restèrent ainsi parallèlement
immobiles dans la position horizon-laïc.
Nous les laissames dans cette position le temps qui nous parut suffisant
pour acquérir un surcroît de preuves de la réalité des phénomènes provoqués. Puis nous déterminâmes le relâchement des
muscles et la chute des membres, au moyen du souffle.
Dans une autre
circonstance,et plusieurs fois depuis, nous fîmes une expérience qui paraissait frapper
beaucoup l'esprit des personnes qui en étaient témoins.
La malade étant
éveillée, debout» dans les conditions ordinaires, je lui dis de prendre ses dispositions pour me
donner un bon soufflet sur la joue. Je passe sur la surprise que lui
causa celle proposition et sur ses hésitations premières. Mais comme je
la priais avec beaucoup d'insistance de me frapper a la figure, elle se mit en
mesure d'obéir. Elle leva son bras, le porta un peu en dehors horizontalement, comme pour prendre l'élan, puis le porta vivement
vers moi la main ouverte dans la direction de ma joue. De mon côté, je me tenais prêt à opérer, et dirigeant
brusquement ma main ouverte et les doigts tendus en cercle vers son
bras, à une certaine distance, je l'arrêtai en l'immobilisant.
Nous avons vu plus haut en traitant de
l'anesthésie provoquée par les radiations digitales fixes que la tétanisation
des muscles suivait fréquemment l'anesthésie de la région.
Dans ces expériences, où la
tétanisation est déterminée par les radiations
digitales fixes, il arrivait souvent que l'action neurisante gagnant les
centres nerveux par diffusion, probablementle long des nerfs, le sommeil survenait.
CONTRACTIONS INTERMITTENTES
Jusqu'à présent il n'a été question
que des contractions continues ou
contractures, ou tétanisation, provoquées par les radiations digitales
fixes. Mais j'ai pu parfois provoquer des contractions intermittentes ; cela
n'advenait, me semble-t-il, que lorsque je
n'agissais que sur un muscle, et en réalité ce fait ne s'est produit bien nettement que lorsqu'il s'agissait des
muscles qui font mouvoir les doigts. Soit un muscle extenseur d'un dos
doigts : si je dirige fixement l'extrémité des doigts de ma main réunis en
faisceau ou celle de deux ou trois doigts
seulement vers un point de la longueur du
muscle ou de son tendon, le doigt correspondant auquel se rend le muscle
devient le siège de mouvements intermittents; les mouvements cessent de
se produire dès que mes doigts se sont éloignés.
SPASME PROVOQUEE DES MUSCLESLARYNGÉS
Précédemment j'avais
pu, par des radiations digitales fixes faites en regard du larynx au-devant du
cou, faire cesser la toux sans supprimer la voix. Dans ce cas
l'anesthésie de la muqueuse laryngée ou laryngo-trachéale n'avait pas été
suivie de contracture des muscles de la région parce que l'opération avait été
très courte. Mais si les radiations digitales se prolongent un peu plus, les muscles se contractent d'une manière continue et la
voix se trouve supprimée.
Nous n'avons pas
fait d'examen laryngoscopique parce que nous craignions d'agir trop profondément par les rayons
oculaires réfléchis sur le miroir. D'autre part, lorsque nous supprimions ainsi la voix, nous n'avions pas a côté de nous
un confrère qui pût faire sans inconvénient possible des
examens pour nous. Mais si nous jugeons de ce qui s'est passe profondément par
les effets obtenus dans d'autres régions,
sous l'influence des radiations digitales fixes, il est légitime de conclure
qu'il s'est produit un spasme des muscles qui concourent aux mouvements
des cordes vocales
et que leur immobilité
spasmodique est la vraie cause de l'aphonie. D'ailleurs, sur cette même région, nous
pourrons juger de ce qui s'est passé profondément du côté du larynx
lui-même par ce que nous avons pu
constater superficiellement. Les muscles superficiels du cou,
accessibles au toucher, étaient contractures, et la
respiration était unpeu gênée par suite de l'immobilisation des premières côtes. J'ai
saisi alors la tète dela malade et t'ai inclinée doucement dans les divers sens jusqu'à
ce que la souplesse fût revenue au cou. La jeune fille continua a
être aphone; je n'avais fait que
relâcher les muscles qui entourent ou avoisinent le larynx au cou et
n'ont aucune action sur les mouvements des cordes vocales. Je rendis la voix à la jeune fille par
l'emploi du souille.
Celle expérience si intéressante a été répétée dans la même
séance
et plusieurs fois depuis avec un égal succès.
RADIATIONS DIGITALES FIXES REFLECHIES
Au lieu de suivre une ligne droite, les rayons
digitaux peuvent se briser sur leur parcours en se réfléchissant soit sur une
surface plane, telle qu'une glace ou même un mur, soit sur une surface
courbe. Nos premières expériences nous avaient montré qu'une force
particulière ou si l'on préfère des ondulations
particulières, partaient de l'extrémité de nos doigts pour se propager
dans l'espace ambiant. Or, considérant que les ondulations sonores, que les
ondulations lumineuses ou calorifiques avec lesquelles, la force neurique ou zoïque,
peu importe le nom, a les plus grandes analogies pouvaient se réfléchir
sur les faces planes, telles que les glaces, je pensai qu'il pourrait en
être de même de laneuricite ou zoïcité.
Le 3 novembre 1880, étant auprès de
la malade, je fis apporter
une petite glace de forme carrée. Je la pris
dans ma main gauche
et tournai le dos à la jeune fille
qui se trouvait éloignée de l'objet
de 2,50 environ. Puis ayant cherché son
visage dans cette glace, je dirigeai les
doigts de ma main droite restée libre dans la direction de l'imago formée et je réussis a produire,
tout d'abord, dans cette première séance, l'exagération ou le réveil de
l'hyperesthésie du cuir chevelu en
visant précisémentsa tête. Plus tard, complétant l'expérience,je produisis sur elle
par réflexion tous les divers effets que comporte l'emploi des rayons digitaux fixes, y
compris le sommeil.
J'obtins les mômes
résultats en visant un point choisi do l'image formée dans la grande glace de la cheminée, lu
malade étant à 3 mètres de distance de celle-ci. De môme, en me
servant du mur de la chambre comme surface de réflexion.
Le lendemain 4
novembre j'utilisai comme surface de réflexion le plafond, le sol, la concavité d'un petit
chapeau de feutre dur, la concavité d'un petit miroir servant de réflecteur en
ophthalmoscopie.
Toutes ces expériences furent répétées souvent
depuis, et toujours avec succès, du
moins tant que l'amélioration de la santé de ta jeune fille ne fut pas très prononcée et que par cela
même la sensibilité à l'action de la neuricité persista
chez elle.
A la date du 3 novembre 1880 je trouve la
note suivante qui prouve que les radiations digitales fixes réfléchies
n'agissent pas seulement sur la sensibilité mais qu'elles ont aussi une
influence sur la motilité :« J'ai remarqué que
dans la réflexion des rayons digitaux je ne provoquais pas seulement des sensations douloureuses dansle cuir chevelu
visé, mais que je provoquaisencore de la raideur musculaire dans
d'autres parties du corps que les rayons neuiques réfléchis atteignaient, telles que le cou
ou bien la main du sujet au moment où elle se portail inopinément
à la tete. »
1.
Ainsi le 7 mars,à
7 heures du soir, j'ai endormi Mlle C... de la manière suivante: Pondant
qu'elle était au lit, j'ai dirigé l«s doigte do mes deux mains sur sa figure rèflèchie
sur la glace de l'armoire qui setrouvait au pied de son lit. Au bout
d'une demi-minute environ la jeune fille était endormie.
TIUNSIUDIATION DIGITALE
FIXE
Nous avons pu aussi
employer la radiation digitale fixe avec tons ses effets connus a travers une lentille et un
prisme en cristal, ainsi qu'à travers divers obstacles apparents, tels
qu'une porte, une plaque de carton épais,
un mur en maçonnerie plus ou moins profond, etc,
RADIATIONS DlGITALES FIXES REFRACTEES
Les effets provoqués par les radiations
digitales fixes à travers une lentille biconvexe en cristal sont les
mEmes que ceux obtenus
directement, mais plus intenses. Les circonstances
ne nous ont pas permis de réaliser le projet que nous avions formé d'opérer
avec une très forte lentille biconvexe, capable d'augmenter d'une
manière très notable l'intensité d'action des rayons neuriques.
Cet appareil dans notre pensée aurait servi
à révéler le degré même le plus faible de force neurique chez
une personne donnée, à utiliser la force neurique réunie d'un nombre
déterminé de personnes et à employer ainsi la force neurique en la
graduant et en proportionnant son degré d'action à celui des effets
qu'on se proposait d'obtenir. Nous avions déjà tracé dans notre esprit
une ébauche de cet appareil. 11 consistait en un cylindre fait avec quelque
substance isolatrice de la force neurique. Ce cylindre aurait été muni
à l'une de ses extrémités d'une forte lentille disposée de
manière à obtenir un foyer de concentration de rayon à une
distance voulue, et à l'autre extrémité d'une sorte d'entonnoir de môme
substance que le cylindre. L'extrémité munie de la lentille étant dirigée vers
un point choisi du corps sur lequel on se propose de déterminer certains
effets, on placerait à l'autre extrémité qui est munie d'un entonnoir
une ou plusieurs mains, les doigts disposés dans la direction de l'axe du
cylindre. L'idée
fondamentale de ce projet, que nous avions conçue dès le début de nos
recherches en 1880, a, précisément durant celte même année, conduit de son
côté M. Martin Ziegler (de Genève) à construire un appareil composé de plusieurs
lentilles. Avec cet appareil, qui donne une forte tension au rayonnement
magnétique . terrestre qui le traverse, M.
Martin Ziegler a pu utiliser le rayonnement humain émané de
l'extrémité des doigts et même du creuse de la main et obtenir les mémes effets
qu'arec Je rayonnement magnétique terrestre, déterminer des mouvements
péristaltiques violents dans l'intestin de lapins, irriter telle ou
telle partie du cœur de cesanimaux, etc.
Des expériences relatées dans le mémoire du môme
auteur paru en 1861 et intitulé : Le rayonnement magnétique, et de
celles brièvement indiquées dans
celles de ces lettres qui sont rapportées plus loin il résulte :
1° Que M. Martin
Ziegler admet l'existence d'un rayonnement humain : < Depuis 1874, dit-il dans sa brochure, j'ai eu
très souvent l'occasion de constater qu'une rayonnement irritant émane
d'une manière constante de l'homme
et des animaux »;
2 Qu'il peut au
moyen d'un appareil formé de lentilles combinées, localiser le rayonnement
humain dans tel ou tel viscère ou dans telle ou telle partie d'un viscère
d'un animal et même de l'homme.
Nous transcrirons
maintenant ici, à titra de documents, quelques extraits de lettres reçues de M. Martin
Ziegler en date des 8, 16 et 18 juillet 1883.
Extrait
d'une lettre de M. Martin Ziegler du 8 juillet 1883
« En 1880, j'ai fait
une expérience qui peut vous intéresser. J'ai mis dans un panier un lapin chez
lequel on ne remarquait pas les mouvements péristaltiques des intestins. Latéralement, à la distance de la longueur du foyer magnétique, j'ai
placé verticalement une forte lentille, puis j'ai placé ma main gauche
ouverte dans le
foyer opposé. En moins d'une minute de violents
mouvements péristaltiques ont soulevé les flancs de l'animal.
» Cette expérience a été en plusieurs
séances répétée et contrôlée par le
professeur Schiff, le professeur Yung, le docteur Silvestre fils et M.
de Môle.
» A la mêmeépoque, j'ai construit un appareilcomposé de huit lentilles. Cet appareil donne une forte
tension au rayonnement magnétique qui
revient, dans ce nouvel état de tension, réagir sur la personne
même de laquelle il est émané. »
Extrait
d'une lettre de M. Martin Ziegler du 16 juillet 4883
a 11 y a dix-sept ans que j'ai commencé
mon étude et je lui ai
voué tout mon temps pendant dix ans. J'ai
employé les quatre
réactifs suivants :
1° ma propre personne; 2°des hommes robustes ;
3° quelques centaines
de lapins ; 4°les drosera et d'autres plantes.
Enfin j'ai traité et
guéri cent deux fiévreux.
» En ce moment je n'emploie que mon appareil à aimant arec deux de
ses angles seulement (appareil perfectionné cette année). Je localise l'action en faisant passer le courant
par mes cartouches graduées et cette localisation est tellement correcte
que je peux porter l'action à
volonté sur l'oreillette droite ou gauche du cœur ou sur l'un des
deux ventricules. Preuves : le mois dernier j'ai préparé un coeur de
lapin destiné à l'école de médecine. Après avoir irrité plusieurs jours de suite l'oreillette
droite pendant deux heures, j'ai tué l'animal, j'ai lié les gros
vaisseaux du cœur et j'ai extirpé cet organe avec les poumons. Puis en
présence du Dr Prévost j'ai lavé le tout a grande eau sous le robinet et j'ai
introduit cœur et poumons dans un verre à boire; il était trois
heures de l'après-midi. L'oreillette droite a continué à battre
et battait avec force a cinq heures quand
M. Prévost s'est retiré. Enfin celle oreillette, après avoir
battu toute la nuit, a encore battu jusqu'à midi et a servi à dix heures du matin à M. Élernod pour
expliquer à ses étudiants la théorie mécanique de ces mouvements. En
hiver la décomposition étant retardée la survie est encore plus longue.
» Si je localise l'irritation dans une
autre direction, la survie n'est que de
quelques minutes, de 5m à 45 minutes.
» Si j'irrite le
cœur droit d'un étudiant ou d'une autre personne, et si avant et
pendant l'opération je trace avec le sphygmographe les courbes des pulsations,
j'obtiens des tracés dans lesquels aucun physiologiste ne pourrait reconnaitre des
pulsations humaines.
» J'ajouterai pour votre gouverne que j'obtiens les
mêmes résultats en localisant dans le cœur le rayonnement humain,
à travers mes lentilles combinées, même celui qui émane du creux
de la main.
» En agissant sur le
foie et sur la partie cervicale, je peux ou favoriser ou empecher totalement la formation du sucre
dans le foie.
» Enfin j'ai le plaisir do pouvoir vous dire que
je ne manque plus aucune expérience depuis que je sais comment mes agents agissent dans l'organisme. Tout cela se passe
selon une loi physique physiologique. Cette loi n'a rien de choquant
dans la physique , officielle
et académique.
»On peut calmer ou irriter
individuellement chaque organe. »
Extrait d'une lettre
de M. Martin Ziegler du 18 juillet 1983
» Je
pourrais très facilement vous prouver que le rayonnement magnétique
émane do tous les points du corps avec la mêmeabondance,
comme le calorique.
» Un physiologiste italien a supposé dans
le temps que l'émission magnétique se faisait par les nerfs tactiles des doigts.
Moi j'ai de sérieuses raisons de croire que ces nerfs ont tout
simplement la propriété de donner au fluide
magnétique plus de tension, comme on peut augmenter la tension de
l'électricité sans en augmenter la quantité. La rétine peut avoir la méme
propriété. Je possède des appareils qui décuplent la tension du fluide
magnétique pris à une faible source et qui pourraient faire croire
à une émission dix fois plus grande. il y a plus, la structure des nerfs
tactiles est telle que je ne peux pas m'empêcher de les comparer à
de petits multiplicateurs. J'ai vu des oiseaux saisir
des mouches comme un moineau saisirait un grain de
blé. Les oiseaux ont des nerfs tactiles dans le bec et les insectes en question
ont tout l'air d'avoir subi une fascination, car vous ne réussirez pas souvent
a saisir un moucheron avec une petite pince. Le chat, qui est si magnétisable
et qui sait si bien fasciner un petit oiseau, a le péritoine garni de nerfs
tactiles qui ne se rencontrent pas dans le péritoine du chien.
»En résumé, le
rayonnement magnétique qui émane de l'avant-bras, de la poitrine ou d'une partie quelconque du
corps, peut être poussé à une
tension supérieure à celle que possède le magnétisme qui
émane spontanément des doigts.
» L'homme neutre n'existe pas; s'il ne
communique rien, c'est que chez lui la tension est un peu inférieure.
» Si je neutralise un lapin autant qu'il
m'est donné de pouvoir le faire, il meurt
anémique le septième, le neuvième ou le vingt et unième
jour, sans avoir donné le moindre signe de malaise. Ce n'est que Pavant-dernier
jour qu'il cesse de prendre de la nourriture, puis il s'endort pour ne plus se
réveiller. L'autopsie plusieurs fois faite avec Schiff et Zahn n'indique que de
la maigreur et une anémie extrême. »
« P.-S. L'expérience prouve que
tous les points d'un corps qui peuvent recevoir du magnétisme peuvent aussi en
émettre.
» Mes
lentilles vous prouvent que je suis parfaitement d'accord avec vous sur la question de la réfraction. Et
depuis longtemps je constate la réflexion. »
RADIATIONS
DIGITALES FIXES
REFRACTEES A TRAVERS UN PRISME
Un prisme interposé sur le trajet des
rayons digitaux non seulement les laisse passer, mais en rend encore les
effets plus intenses, et ces effets ne
cessent d'être ceux obtenus directement par les radiations
digitales fixes, c'est-â-dire l'exaltation de la sensibilité.
Mes premières expériences avec le
prisme eurent lieu le 18 novembre 1880.
RADIATIONS
DIGITALES, FIXES A TRAVERS DIVERS OBSTACLES APPARENTS
Nous savons
déjà qu'une porte, un morceau de carton, un coussin garni de laine, un châle plié en huit,
un mur épais de 0,50 a 0,80, etc., n'interceptent pas le passage des rayons
digitaux fixes. Il en est de môme des vêtements qui recouvrent le sujet. Nous avons pu agir aussi, les mains étant
gantées. Mais tout en se laissant
traverser par les dits rayons, ces objets en diminuent légèrement le degré d'action ainsi que la vitesse
relativement à ce qui se passe à l'air libre. Les effets
obtenus n'en sont pas moins certains et en tous points les mêmes que
ceux obtenus directement : anesthésie, hypéresthésie, tétanisation et sommeil
consécutifs.
Étant donné par exemple un mur en
maçonnerie de 0,50 d'épaisseur, je plaçais la malade à 0,40 ou 0,12 de
celui-ci, et de mon côté, passant dans la pièce voisine, je plaçais ma
main à 0,50 ou 0,60 de ce même mur, les doigts dirigés vers tel ou
tel point du corps de la malade.
J'ai pu ainsi tétaniser par, exemple
là main et le poignet du sujet. Nous ne reviendrons pas ici sur
l'interception produite par certains papiers colorés, etc.
Nous reviendrons par contre avec de plus
amples détails sur tes radiations neuriques fixes a travers les obstacles
apparents lorsque nous aurons à nous occuper des radiations oculaires et
pneumiques fixes ou mobiles. Nous dirons alors quelles précautions nous avions
prises pour que la malade ne pût en aucune façon connaître ce qui se
passait derrière le mur de mon côté autrement que par les effets par
elle éprouvés.
Les premières
expériences au moyen des radiations neuriques à travers une porte ou
un mur furent faites le 3 et le 6 novembre 1880.
Tour que l'étude de la transradiation digitale fixe
fût complète,
il aurait fallu la
poursuivre aussi dans ses effets relativement aux divers liquides et aux divers gaz interposés. Mais
nos observations n'ont porté que sur l'air ambiant et l'eau.
Les variations
hygrométriques, électriques ou autres, de l'air ambiant ont-elles quelque influence pour faire
varier le degré d'émission ou de tenaient de la force neurique? Nos
observations étant incomplètes sur ce point, nous ne pourrions rien dire
de précis pour le moment et il est facile de prévoir qu'on sera forcé de s'en
tenir a certaines conjectures jusqu'au jour où quoique instrument, neuro-dynamomètre ou zoo-dynamomètre,
permettra, avec l'aide des
instruments météorologiques déjà connus, d'établir, quelle
corrélation il peut exister entre les variations atmosphériques et les variations
neuriques.
Muni de tous ces
instruments de précision il sera possible alors de rechercher dans des
conditions d'expérimentation rigoureuses quelles modifications pourrait
apporter dans les effets des radiations neuriques digitales et autres l'interposition
d'un des nombreux gaz connus.
En ce qui touche aux
liquides, nos observations n'ont porté que sur Veau commune. Nous nous
bornerons à rappeler ici que l'eau ne se laisse pas traverser par les rayons
neuriques quels qu'ils soient, mais les
emmagasine, s'en imprègne, les absorbe, sauf à les restituer
lorsqu'elle est mise en contact avec le sujet choisi pour la neurisation.
La solution de ces
divers problèmes appartient aujourd'hui aux savants qui se sont voués à la recherche
d'un instrument capable de mesurer la force neurique ou magnétique.
EFFETS THERAPEUTIQUES DU POUVOIR
CONTRACTURANT DES RADIATIONS DIGITALES
FIXES
Les douleurs épigastriques dont se
plaignait la malade s'accompagnaient
fréquemment d'un gonflement sonore de la région, symptomatique de pneumatose
stomacale et par conséquent d'une
sorte de relâchement ou de
paresse des parois de l'estomac et des muscles droits du l'abdomen.
Il me suffisait alors de diriger les doigts d'une seule main vers la région
épigastrique plus ou moins soulevée par les gaz pour qu'aussitôt ou presque aussitôt il se produisit un
affaissemement, indice du retour de l'estomac à ses dimensions normales sous l'influence d'un retour
de sa contractilité et de celle des
muscles droits, en môme temps que la cessation des douleurs et le calme
parfait a la suite.
CONSIDÉRATIONS
GENERALESSUR LES VARIATIONS
DANS LES EFFETS DE LA NEURISATION PAR LES RADIATIONS DIGITALES FIXES
Les modifications de
la sensibilité générale périphérique et centrale, de la sensibilité spéciale et de la
motilité, les plus faibles, les plus
superficielles, les moins étendues, les moins rapides et les moins
durables, consécutives a l'emploi de la radiation digitale fixe, ont été celles
qui, a la plus grande distance possible, avec le plus d'obstacles interposés mais dianeuriques, avec un seul doigt, durant
le temps le plus court possible et sur une région la moins riche en troncs nerveux sensitifs importants,
étaient provoquées par le sujet doué du pouvoir neurique le plus bas, chez le
sujet neurisable au moment où il était doué de la réceptivité
neurique la plus faible.
Les modifications de la sensibilité
générale périphérique et centrale, delà sensibilité spéciale et de la motilitélesplus intenses,
les plus profondes, les plus étendues et les plus durables, consécutives
à l'emploi de la radiation digitale fixe, ont été celles qui, à
laplus petite distance possible, sans obstacle interposé, avec le plus grand nombre de doigts, durant le temps
le plus long possible et sur une région la plus riche en troncs nerveux
sensitifs importants, étaient provoquées
par le sujet doué du pouvoir neurique le plus élevé, chez le sujet au
moment où il était doué de la réceptivité neurique la plus grande.
Entre ces conditions
extrêmes on pouvait observer tous les degrés intermédiaires.
J'ai dit que le sujet
neurisateur était doué tantôt d'un degré de pouvoir neurique très
élevé et tantôt d'un degré très inférieur.
Je représentais
habituellement le sujet neurisateur, et mon pouvoir neurique que je crois
très prononcé n'a jamais varié, autant quej'aipu enjuger.
Mais j'ai eu l'occasion plusieurs fois do
charger de mon rôle d'autres personnes d'un
âge adulte, douées d'une bonne santé, Or les unes ne parvenaient à exercer aucune action sur la jeune
fille, d'autres n'en exerçaient
qu'une très faible, d'autres enfin avaient une action assez
accusée quoique bien inférieure à la mienne.
Je n'ai pas pu faire des recherches sur
l'influence de l'âge, du tempérament et de la santé sur le pouvoir neurique de
chacun. C'est une étude beaucoup plus
générale que celle à laquelle je me suis consacré, mais qui
mériterait une sérieuse attention.
11 serait intéressant de savoir à
quel âge commence à se développer
le pouvoir neurique d'une personne et a quel âge il s'affaiblit et
s'éteint;quelle est l'influence du tempérament
nerveux, de la capacité intellectuelle, des
maladies en général et spécialement de celles du système nerveux.
D'autre part, j'ai
dit que le sujet neurisable, que nous traitions et observions, était doué d'une
réceptivité neurique dont la puissance variait.
Chez cette jeune fille, la faculté
d'être impressionnée par la force neurique, très prononcée au
début de sa maladie, s'était affaiblie
graduellement jusqu'à disparaître presque complètement an
fur et à mesure que je la traitais.
J'ai aussi remarqué
que le degré de réceptivité ou d'impressionnabilité neurique augmentait
chez elle après chaque série de pratiques neuriques faites en vue de la traiter et de
l'étudier. Mais cette impressionnabilité
ainsi augmentée ne dépassa jamais le plus haut degré auquel elle avait
atteint dès le début, et, en général, comparée
à celle d'époques antérieures, elle lui était certainement inférieure.
RÉSUMÉ DES PRINCIPALES
MODIFICATIONS DE LA SENSIBILITE
ET DE LA MOTILITÉ PROVOQUÉES PAR LES
RADIATIONS DIGITALES FIXES
tes
radiations digitales fixes employées dans l'état de veille et sans anesthésie
préalable, spontanée ou provoquée, du sujet sur un point
quelconque de ses téguments peuvent :
1°
Anesthésier momentanément les téguments, quand elles sont de
courte durée; produire cette anesthésie sur place ou plus loin par transfert ou par
diffusion ;
2°
Hyperesthésier momentanément les téguments si elles persistent ;
3°
Provoquer la contraction intermittente ou continue, de durée variable,
des muscles de la région visée, si elles persistent davantage;
4°
Endormir à des degrés divers, si elles persistent encore davantage,
ou si elles intéressent quelque tronc nerveux important ou une région voisine du
cerveau;
5°
Affaiblir ou abolir momentanément ta vue, l'ouïe, l'odorat, la sensibilité tactile de la
langue;
6° Calmer des
névralgies, la toux, etc. ;
7° Supprimer la
voix;
8° Faire cesser la pneumatose stocamale, etc.
L'intensité
des effets produits est proportionnelle a la durée de l'opération et au nombre
des doigts employés.
La réflexion
sur les surfaces planes ou courbes, la transradiation simple
ou réfractée parles lentilles et dispersée
par les prismes n'entravent pas les effets produits
directement par les radiations digitales fixes, excepté dans
le cas où l'on interpose des corps ou substances aneuriques telles que
l'eau, des feuilles de papier jaune ou violet, etc.
2. RADIATIONS DIGITALES MOBILES OU PASSES PROMENENT DITES
TRAITE
DES PASSES MAGNETIQUES OU NEURIQUES
Les radiations digitales mobiles employées
dans l'état de veille et sans anesthésie préalable spontanée ou provoquée chez
le sujet en un point quelconque de son corps peuvent, comme les radiations
digitales fixes, et suivant leur mode d'emploi, produire tantôt l'anesthésie, tantôt l'hyperesthésie, tantôt
la contracture musculaire ou tétanisation, tantôt le sommeil
neurique à des degrés divers, et tantôt enfin une crise nerveuse dite
hyperesthésique ou du petit veau.
Inversement aussi
elles peuvent, suivant le mode d'emploi, faire disparaitrel'anesthésieou l'hyperesthésie, déterminer
la résolution des muscles contractures, réveiller le sujet
hypno-neurisé, calmer ou faire
cesser la crise hyperesthésique.
DIVISION DE LA SURFACE DU
CORPS EN REGIONS D'APRÈS LE SENS DE LA DIRECTION DES NERFS
Nos recherches nous ayant appris que les
effets des passés ne dépendent pas seulement de leur étendue, de leur
siège et de leur direction, mais
encore du sens dans lequel se distribuent les nerfs qu'elles
influencent, nous devons rappeler ici quelques notions très simples d'anatomie dont l'importance toute spéciale devait nécessairement échapper jusqu'à cejoura l'attention des
médecins.
Ces notions
d'anatomie ne portent que sur la direction affectée en général par les nerfs
périphériques et basée sur le sens de leur distribution.
Une observation attentive du système
nerveux périphérique, nous montre que certains nerfs se distribuent de bas en
haut et d'autres de haut enbas, plus ou
moins verticalement ou plus ou moins
obliquement.
Les nerfs qui se
distribuent do bas en haut occupent précisément une région distincte de
celle occupée par les nerfs dont la distribution se fait de haut en bas.
DOMAINES DES NERFS ASCENDANTS ET DESCENDANTS
Nous distinguerons donc ala surface du corps deux régions particulières : 1° la
région ou le domaine des nerfs ascendants; 2° la

Fig. 7.
Domaines des nerfs ascendants et des |