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CHAPITRE VIII: THERAPEUTIQUE MAGNETIQUE, HYPNOTIQUE ET SUGGESTIVE

Il n'y a pas que les maladies nerveuses qui soient justiciables du traitement magnétique, hypnotique ou suggestif, comme beaucoup de médecins le croient encore : Toutes les affections chroniques réfractaires aux agents ordinaires peuvent bénéficier de ce mode de traitement.

Assurément, la ou il y a solution de continuité, lésion, on ne peut espérer une guérison complete ; néanmoins, dans bien des cas désespérés, on peut obtenir une amélioration, un soulagement plus ou moins durable. Chez les tout petits enfants surtout, le magnétisme agit puissamment, contrairement a l'hypnotisme et a la suggestion, qui n'ont aucune action sur ces petits etres, ce qui prouve encore que réellement la force vitale d'une personne en bonne santé se transfuse dans le corps des malades et leur procure le plus souvent la guérison.

L'hypnotisme et la suggestion donnent, dans bien des cas, des résultats remarquables, mais nous soutenons encore que, dans certaines circonstances, le magnétisme a une supériorité indéniable la comme ailleurs. Le fait suivant en est un exemple. En 1887, nous fumes appelé a Digne (Basses-Alpes) par le docteur Romieu, pour nous soumettre une jeune hystérique, en traitement a l'hôpital de cette ville depuis de longs mois.

La patiente était aveugle et paraplégique. Ces phénomenes morbides étaient simplement dus a l'hystérie et, par conséquent, aisément curables par le magnétisme.

Le Dr Romieu avait essayé tous les procédés de suggestion sans le moindre résultat. Un pelerinage a Lourdes avait eu le meme succes. On ne pouvait songer a endormir cette malade avec un objet brillant, puisqu'elle n'y voyait pas, on eut donc, en désespoir de cause, recours a nous. Apres cinq ou six minutes d'imposition de nos mains : une appliquée sur le dos a la base du cou, l'autre sur le front, sans dire a la malade que nous allions l'endormir (on le lui avait dit tant de fois ! ...) elle était dans le sommeil nerveux le plus profond.

Nous la laissâmes dormir environ vingt minutes et, pendant ce sommeil, nous lui suggérâmes verbalement qu'au réveil elle verrait et elle marcherait, ce qui se réalisa ponctuellement.

Le docteur Romieu, sur nos indications, continua le traitement, et la guérison fut bientôt définitive.

Cette expérience eut lieu en présence de plusieurs médecins de la localité, de quelques professeurs du College et des sours de l'établissement.

Les journaux du département firent meme grand bruit autour de ce fait extraordinaire... pour eux.

Le magnétisme peut rendre des services dans les familles. Personne n'ignore que, souvent, au début d'une maladie, le médecin n'est pas appelé et que ce n'est que lorsque le mal s'aggrave qu'il est mandé. Eh bien, en attendant l'arrivée de l'homme de l'art, un parent robuste peut soulager le malade, le guérir meme s'il connaît le magnétisme. Mais, voila, on ne connaît pas ce moyen curatif si simple et a la portée de tous.

Qu'on le sache bien, le magnétisme peut, dans la plupart des cas, arreter le développement de la maladie et donner ainsi au médecin la possibilité de la combattre plus efficacement.

Il n'est pas nécessaire que la personne possede des connaissances approfondies sur le magnétisme ou sur l'hypnotisme, qu'elle soit au courant des symptômes d'une affection, pour qu'elle puisse l'améliorer ou la guérir. Le diagnostic est l'affaire des médecins. Il serait certes préférable que ces derniers seuls employassent ces méthodes ; mais, outre que le médecin occupé ne peut consacrer le temps nécessaire a ces opérations, beaucoup ignorent l'action bienfaisante du magnétisme humain, et ceux qui connaissent l'hypnotisme et la suggestion ne croient pouvoir agir que sur les hystériques : on voit combien, dans ce siecle de progres, la routine a encore de partisans.

Nous ne désespérons pourtant pas de voir un jour, et alors que ces connaissances feront partie du programme des études médicales, les docteurs envoyer leurs clients aussi souvent chez le magnétiseur ou chez l'hypnotiseur que chez le pharmacien, ce qui, bien certainement, ne sera guere du gout de ces derniers ; mais en attendant cette transformation de la thérapeutique, qui se réalisera sans doute dans un avenir plus ou moins éloigné, nous désirons voir entrer ces pratiques dans les familles.

Le médecin consciencieux ne doit rejeter aucun moyen de guérison, et si ses loisirs ne lui permettent pas de les appliquer tous, il doit indiquer aux gardes malades ceux qu'il juge convenables ; c'est ce que nous faisons depuis longtemps et avec grand succes.

Nous tenons pour certain que la magnétisation pratiquée sur des enfants en bas âge, atteints d'affections dont le diagnostic et le traitement sont particulierement difficiles, assurerait la guérison de soixante pour cent de ceux qui, avec les méthodes actuelles, sont fatalement emportés.

Dans les névroses, la médecine officielle avoue sinon toujours, du moins tres souvent, qu'elle est impuissante. Eh bien ! Contre ces maladies aux aspects si variés, l'hypnotisme donnera toujours les résultats les plus merveilleux.

Nous avons essayé le magnétisme dans presque toutes les maladies et, huit fois sur dix, le succes a couronné nos efforts. Nous croyons fermement qu'on peut avoir, avec ce systeme, une action favorable sur toutes les maladies, en faisant pourtant cette restriction, qu'on ne peut guérir tous les malades.

Il faut, pour réussir, avoir du dévouement et vouloir fermement guérir le malade ; il faut avoir en quelque sorte le feu sacré et ne pas reculer devant la fatigue, parce que dans toutes les maladies aiguës ou le patient court le risque d'etre enlevé a chaque instant, il faut actionner longtemps : ce n'est qu'au prix de grands efforts que l'on peut arracher a la mort un etre qui périrait peut-etre sans notre secours.

A diverses reprises, nous avons vu des malades revenir a la vie, apres quelques bonnes magnétisations. Combien de fois aussi avons-nous vu des symptômes alarmants disparaître, apres une seule séance. La, ou tous les remedes pharmaceutiques avaient échoué, le magnétisme avait réussi a apaiser la douleur, a équilibrer les forces médicatrices de la nature. Par notre action, nous abrégions considérablement la convalescence, le malade oubliait bientôt le danger couru et revenait a la vie comme par miracle.

Notre méthode de traitement est tres simple et peut etre employée par n'importe qui.

Dans les maladies aiguës, qu'elles soient bénignes ou graves, nous appliquons les mains, une sur la nuque et l'autre sur le creux de l'estomac, pendant 1/4 d'heure ou 20 minutes ; puis nous faisons des frictions légeres sur tout le corps du malade, pendant le meme laps de temps, en insistant sur la partie la plus douloureuse.

Dans les cas graves, il ne faut pas craindre de répéter l'opération plusieurs fois par jour.

Il nous est arrivé souvent, apres une dizaine de minutes d'imposition de nos mains, de provoquer chez le patient une abondante exsudation. Mais le magnétisme agit de bien des manieres différentes, ce qui rend difficile une regle a établir. Chez les uns, il agit d'une façon et détermine certains phénomenes ; chez les autres, il agit autrement et produit des phénomenes contraires. Il agit tantôt comme émollient, tantôt comme excitant, tantôt comme calmant, tantôt comme astringent, tantôt comme laxatif, tantôt comme soporifique, etc. ; en un mot, ses effets varient avec les tempéraments, et nous croyons qu'il n'agit pas deux fois pareillement.

Chez les personnes atteintes de maladies chroniques, l'action du magnétisme est beaucoup plus lente et l'opérateur doit s'armer de patience, s'il veut réussir. N'oublions pas, qu’ici, généralement, toutes les drogues ont été essayées sans résultats et que le malade est ordinairement impatient, qu'il voudrait etre guéri de suite, qu'un miracle, en un mot, se fît en sa faveur. Nous devons déclarer que, s'il y a solution de continuité ou ankylose, le magnétisme est impuissant a produire la guérison. Inutile aussi d'ajouter que certaines maladies chroniques ne sont point du ressort du magnétisme.

Les chroniques n'ont nul besoin d'etre soignés plusieurs fois par jour, une magnétisation d'une demi-heure, répétée chaque jour, est suffisante. Il faut prévenir les malades de la longueur du traitement, car, s'ils doivent etre guéris, ce ne sera qu'apres des mois de soins journaliers.

Dans n'importe quel cas, on doit toujours essayer d'obtenir le sommeil nerveux, cet état accélérant considérablement la marche de la guérison, mais il n'est pas indispensable.

Tout le monde sait combien les névralgies, les migraines sont douloureuses et tenaces. Or, que fait d'efficace contre elles le médecin ? Rien ou presque rien, car les divers cachets antinévralgiques ne calment qu'un moment ; il nous a été donné bien souvent de faire cesser instantanément des douleurs violentes. Nous avons également réussi a guérir radicalement des affections nerveuses qui duraient depuis plusieurs années, apres une seule magnétisation.

Une névrose rebelle au magnétisme, comme aux autres agents, est l'épilepsie. Nous avons cependant obtenu quelques succes sur des enfants; sur les adultes, une simple amélioration, mais jamais la guérison.

Le fait suivant mérite d'etre cité :

Au mois de juillet 1903, on nous amena un petit brésilien, âgé de huit ans, fils de M. D'A..., établi a Manaos, mais d'origine portugaise.

Les D'A... sont tres connus en Portugal et une des grandes rues de Lisbonne porte le nom d'un des ancetres du jeune malade.

Vers l'âge de quatre ans, le petit D'A... fut pris d'attaques d'épilepsie, et les parents, gens fortunés, ne négligerent rien pour guérir leur enfant.

On consulta d'abord tous les grands médecins de Rio-de-Janeiro ; mais, le mal continuant, on vint le faire examiner et soigner par les célébrités médicales européennes, qui ne guérirent point le malade.

Au moment ou nous entreprîmes le traitement de cet enfant, il était soigné par un célebre spécialiste de Paris, professeur et membre de l'Académie de médecine.

Dire la quantité de drogues absorbées par cet enfant est impossible... Tous les traitements imaginables avaient été essayés sans le moindre résultat.

La premiere fois que nous le vîmes, le pauvre petit était dans un état lamentable : depuis plusieurs mois il ne pouvait marcher et meme se tenir debout, et il avait de dix a quatorze crises par 24 heures.

Un mois nous suffit pour faire disparaître entierement tous les désordres nerveux. L'enfant était alors méconnaissable.

Par précaution, nous continuâmes nos soins quinze jours encore.

Depuis lors, il y a quatre ans de cela, le petit D'A... se porte a merveille ; il n'a jamais eu de rechute et il est devenu un superbe et intelligent garçonnet.

Nous savons fort bien que, dans nombre de cas, l'hypnotisme et la suggestion peuvent remplacer le magnétisme, mais nous savons aussi que le magnétisme a son efficacité propre.

Comment expliquer ces effets curatifs ? Cela ne nous parait possible que par l'hypothese suivante :

Le systeme nerveux et l'organisme contiennent sans doute des forces dont un certain état d'équilibre est la condition meme de la santé. Toutes les fois que cet équilibre est rompu, soit par la concentration ou la dispersion excessive de ces forces, il survient des désordres et la maladie apparaît. Il faudrait donc, pour guérir, rétablir l'équilibre.

Le systeme nerveux, ce grand régulateur de toutes les fonctions, tend plus ou moins a opérer ce rétablissement, mais il a besoin d'etre aidé, et cette stimulation, cette action peuvent lui etre apportées soit du dedans par la suggestion, soit du dehors par le magnétisme. On ne peut, en effet, comprendre l'influence de la suggestion, si on ne voit dans celle-ci qu'une pure idée abstraite enfermée dans la conscience de l'individu ; elle doit correspondre objectivement a un processus cérébral et nerveux, par suite a une dépense de force qui se traduit finalement par un phénomene de dynamogénie ou d'inhibition.

Mais lorsque l'organisme d'un individu est trop affaibli, trop perturbé pour que cette action intérieure soit possible, pourquoi le secours ne viendrait-il pas d'un autre organisme ?

Il se produit alors d'un individu a un autre une sorte de transfusion nerveuse.

Bien des personnes sont portées a croire que les guérisons obtenues par ces moyens ne sont pas durables, qu'elles ne sont qu'éphémeres : c'est une profonde erreur.

Certains meme, qui ignorent tout a fait la question, affirment qu'on reste toujours sous l'influence de l'opérateur, qu'il faut se faire magnétiser indéfiniment.

Les faits ci-dessous vont servir de réponse.

M. S..., coiffeur, demeurant a Avignon, rue Philonarde, âgé de 53 ans, avait totalement perdu la vue.

Les médecins qui l'avaient examiné hésitaient sur le diagnostic exact. Les uns attribuaient sa cécité a une irido-choroidite, les autres a une atrophie des nerfs optiques : nous n'étions pas apte alors nous-meme a diagnostiquer son cas. Quoi qu'il en soit, les divers traitements essayés n'ayant point amélioré son état, il était aveugle depuis 4 mois - il s'adressa a nous en désespoir de cause.

Nous essayâmes notre procédé, la premiere fois, le 10 mai 1879. A la premiere séance, il put distinguer vaguement la couleur des rideaux qui ornaient les fenetres de notre cabinet. Nous continuâmes nos opérations les jours suivants, et l'amélioration se manifestait chaque fois. Huit jours apres, il pouvait venir chez nous, sans guide, et trois semaines nous suffirent pour le guérir entierement. Le malade put donc reprendre son métier et, l'ayant revu 5 ans apres, nous le trouvâmes en aussi bon état que lorsque nous l'avions quitté.

Chez M. S... le sommeil nerveux ne fut jamais produit et ce n'est pas la foi qu'il avait en notre procédé ou a la suggestion qui le guérit, car sa confiance était plus que limitée.

M. Ch. C..., professeur au lycée de X.... 35 ans, atteint d'anémie cérébrale lente, ne pouvait plus faire sa classe. S'il était obligé de lire un instant, il était aussitôt pris de vertiges violents et si a ce moment il ne s'asseyait pas ou s'il ne se maintenait pas a un meuble quelconque, il tombait par terre - cela lui était arrivé plusieurs fois. Il ressentait les principaux symptômes de l'anémie cérébrale lente : vertiges, nausées, défaillance, trémulation musculaire, grande impressionnabilité des sens, et surtout une torpeur physique et intellectuelle considérable. Cet état de chose durant, il était obligé de quitter l'enseignement et par conséquent de perdre sa position.

Apres avoir en vain, pendant plusieurs mois, suivi diverses médications, il eut recours a l'hypnotisme.

Nous le soumîmes a notre procédé, et, apres deux mois de traitement, il était guéri.

M. Ch. C... put ainsi rester dans l'enseignement et faire ses cours sans la plus légere fatigue.

La suggestion ne paraissait pas avoir de prise sur lui ; il n'éprouvait, sauf une légere chaleur a la nuque, aucune sensation bien déterminée : malgré cela la guérison fut durable et aujourd'hui, apres plus de 20 ans, M. Ch. C... continue a etre dans un excellent état de santé.

A l'asile Saint-Robert, pres de Grenoble, un jeune homme, âgé de 24 ans, le nommé T..., interné depuis environ deux ans, était atteint d'une affection nerveuse mal déterminée avec délire des grandeurs : il s'imaginait etre colonel d'un régiment de ligne et, a ce titre, s'affublait d'un grand nombre de « décorations bizarres » faites, soit avec des sous troués, soit avec des morceaux de carton. Ce malade avait été impliqué dans une affaire d'anarchisme et condamné a quelques mois de prison : il était déja déséquilibré.

Au point de vue physique, c'était un beau jeune homme, un Antinoüs doublé d'un athlete.

M. le docteur Dufour, médecin en chef de l'établissement, que nous connaissions déja, nous invita a essayer notre procédé sur quelques-uns de ses pensionnaires. A la premiere séance, le jeune T... éprouva tous les effets que présentent ordinairement les personnes tres impressionnables : attraction irrésistible, contracture musculaire et paralysies diverses, etc.

Pendant l'expérimentation, on voyait le sujet surpris, ahuri meme, par les phénomenes que nous produisions sur lui ; il résistait pourtant de toutes ses forces, mais il était forcé d'obéir a toutes nos suggestions. Lui ayant, a un moment donné, appliqué une de ses mains sur le bureau de M. Dufour et l'ayant immobilisée, fixée sur ce bureau, comme il ne pouvait, malgré ses efforts, retirer sa main, d'un mouvement rapide de sa main libre il ouvrit le tiroir du bureau, croyant qu'il y avait dedans une machine électrique et que la paralysie de sa main était due a cette machine. Ne trouvant pas dans le tiroir ce qu'il cherchait, il resta un moment tout pensif : il essayait de chercher la cause du phénomene nouveau et incompréhensible pour lui. Le voyant ainsi préoccupé, nous voulumes agir sur son esprit et lui rendre la raison. En conséquence, nous lui suggérâmes de se rappeler ce qu'il était et de nous le dire. Apres quelques instants de réflexion, il parut sortir d'un reve et il nous dit: « Mais je m'appelle T... et je suis mécanicien... » Mais, n'etes-vous pas soldat, colonel meme d'un régiment ? Il nous regarda étonné et il nous demanda si notre question était sérieuse. Nous répondîmes affirmativement et, lui désignant ses « décorations » nous lui demandâmes ce qu'elles signifiaient et ou elles avaient été gagnées, s'il n'était pas colonel ? Il regarda sa poitrine et vivement arracha ses « pseudo-décorations », demandant pourquoi et comment ces « choses » étaient la ; il paraissait reveur. Nous le tirâmes de sa reverie par de nouvelles expériences.

M. le Dr Dufour continua les suggestions et, un mois apres, le malade sortait guéri de la maison dans laquelle il avait séjourné deux ans.

Ici encore, le sommeil nerveux ne fut jamais produit, et c'est avec notre simple procédé que la malade recouvra sa raison.

Nous pourrions aisément multiplier les exemples, mais ces résultats sont trop connus - qu'ils soient dus a un procédé ou a un autre - pour que nous en citions un plus grand nombre.

Toutefois, nous croyons devoir ajouter une lettre qui nous fut adressée et qui a quelque valeur édifiante :

« A l'occasion de votre séjour a Vichy, permettez moi de venir vous remercier de la guérison de ma femme, en faisant l'historique le plus succinct possible de sa maladie. Si je suis un peu long, malgré mon désir d'etre bref, vous voudrez bien m'excuser et publier ma prose dans un des numéros de votre intéressante revue. Or, comme chaque abonné a le droit d'y collaborer, sans vouloir en abuser, je sollicite une petite place dans vos colonnes, parce que j'ai la ferme conviction que ma narration pourra etre de quelque utilité, en donnant l'espoir aux personnes qui souffrent depuis longtemps et qui ont usé et abusé des drogues médicales sans résultat. C'est donc un service a rendre a bien des malades, tout en vous rendant hommage, car vraiment les hommes qui, comme vous, se consacrent au soulagement et a la guérison des malades, avec un semblable dévouement, sont bien rares, et je ne saurais le dire assez.

« Antérieurement a 1884, jamais ma femme n'avait souffert d'aucune affection ; elle n'avait meme jamais eu un malaise sérieux. Nous nous mariâmes en 1883 ; dix mois apres elle eut une fausse couche, et c'est de cette époque que date sa maladie. Cette fausse couche, a cause des soins mal compris, occasionna une péritonite qu'on ne put soigner, ma femme se trouvant, deux mois apres, dans un nouvel état de grossesse. Pendant les neuf mois de cette deuxieme gestation, elle dut garder le lit. L'accouchement fut bon, mais tout de suite apres la péritonite se déclara a nouveau, accompagnée de fievre puerpérale, compliquée d'une fluxion de poitrine. Les médecins qui la soignaient, durent, pour dégager les poumons, provoquer des vomissements de sang.

« Il se déclara en outre un abces dans le côté gauche de l'abdomen. A ce moment, les médecins qui la voyaient désespérerent de la sauver et pronostiquerent meme sa fin prochaine. Elle resta environ six semaines sans connaissance et sans prendre le moindre aliment ; en un mot, entre la vie et la mort.

« Pour comble de malheur, des phlébites se formerent dans la jambe droite ; quinze jours apres, les phlébites envahirent la jambe gauche, et elle resta ainsi pendant trois mois sans pouvoir faire le plus léger mouvement. Lorsqu'elle put supporter le voyage nous la transportâmes en Bourgogne, a Avallon, chez ses parents, ou elle resta six mois, marchant avec des béquilles.

« Habitant Paris, ou j'étais employé, comme typographe, au Moniteur universel, nous dumes, de l'avis des médecins, quitter la capitale, la campagne étant absolument nécessaire a ma femme, pour venir habiter Vichy, mon pays natal. La premiere année que nous passâmes ici fut assez bonne : ma femme pouvait avec peine vaquer a ses occupations, malgré cela les rechutes furent fréquentes.

« En 1888 nous eumes la douleur de perdre la mere de ma femme ; la secousse morale qu'elle en éprouva fit reparaître la péritonite avec toutes ses suites, mais cette fois la situation se compliqua d'une métrite aiguë ; ma pauvre femme resta encore deux mois et demi entre la vie et la mort, abandonnée a nouveau par plusieurs médecins.

« A peine un peu rétablie que survint l'affection nerveuse qui devait la faire tant souffrir. Cette affection se manifesta par des troubles cérébraux avec idée fixe et constante de suicide, accompagnés de mouvements choréiformes, qualifiés par les médecins traitants de paralysie agitante générale.

« Cet état se prolongea pendant trois mois, agrémenté de violentes crises nerveuses, suivies de faiblesse extreme et de douleurs dans les reins.

 « C'est a ce moment que j'eus la bonne fortune de vous connaître, monsieur Moutin ; mais lorsque je vous parlai de l'état de ma femme, la réponse que vous me fîtes, apres avoir dit qu'elle était hydropique, qu'elle souffrait du cour et qu'elle avait les jambes enflées, me fit bien du mal, je vous l'assure. Le magnétisme, me dites-vous, ne peut avoir d'action sur ces maladies. Mais voyant mon insistance, - on m'avait tant parlé de vous et des miracles, je maintiens le mot, que vous accomplissiez, - que tout notre espoir était en vous, et dans le magnétisme; n'avions nous pas tout essayé !... Aussi quel bonheur pour nous, le jour ou, apres avoir vu ma femme, la trouvant assez impressionnable a votre action, vous nous dîtes que vous vouliez bien tenter de la soulager, que vous aviez meme quelque espoir de la guérir...

« ... Je dois cependant vous dire, en toute franchise, que, lorsqu'elle partit pour Paris, j'avais des doutes sur l'efficacité de votre traitement ; elle était si malade et depuis si longtemps !... Et puis, vous le savez, les uns me traitaient de naif et cherchaient a me décourager ; les autres me contaient un tas d'histoires plus impossibles les unes que les autres, etc. bref, apres deux mois de magnétisation, ma femme revint guérie, entierement guérie, et, depuis lors, et il y a un an de cela, elle n'a pas eu la plus petite rechute ; elle se porte a ravir, et tous nos amis s'extasient, chaque jour, sur sa force et sa bonne mine. Ma femme, vous le savez bien, ne pouvait marcher ; aujourd'hui elle court et elle marche mieux que moi : tout dernierement nous avons fait une course de sept kilometres ; elle était moins fatiguée que moi.

« Vous voyez votre ouvre monsieur Moutin, vous pouvez en etre fier, car je doute fort qu'il vous soit arrivé souvent de guérir, en si peu de temps et si radicalement, des personnes aussi malades que l'était ma femme. Ah ! Si vous aviez vu, lorsque ma femme revint de Paris... tout le quartier était en émoi ; c'était une procession, et la maison ne désemplissait pas ! Tout le monde voulait la voir, lui parler. Et si vous aviez entendu les réflexions de ces bonnes gens... vous auriez certes ri de grand cour pour plusieurs vous étiez surement le diable ; le diable seul pouvant faire des tours semblables, pour masquer son jeu, etc., etc.

« J'ai tenu a écrire tous ces détails, afin que, si cet article tombe sous les yeux de quelque pauvre malade abandonné, il puisse espérer, car vous etes la, et le magnétisme est le plus puissant et le meilleur des remedes.

« Vichy, le 20 septembre 1890.

« J. ANDRIEUX

« Route de Cusset. »

Il nous est impossible de rapporter ici une foule de guérisons qui ont fait quelque bruit ; ce travail exigerait un volume entier.

Nous donnons tous les procédés, et nous engageons les gens de bonne volonté a les essayer. Nous sommes sur de recruter ainsi de nombreux partisans au magnétisme et de ne plus voir autant de monde hausser les épaules, quand nous affirmons que nous avons fait marcher des paralytiques, rendu la vue a des aveugles, l'ouie a des sourds, guéri et soulagé un tres grand nombre de malades par ces simples procédés.

Nous répétons que toutes les méthodes sont bonnes, que l'hypnotisme et la suggestion donnent d'excellents résultats, exemple les remarquables expériences du Dr Bérillon sur les enfants vicieux. Le lecteur n'a donc que l'embarras du choix et il adoptera le procédé qui lui donnera le plus de satisfaction.

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