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L'ALIMENTATION
« II faut veiller à la bonne santé du corps. Prends avec
mesure les aliments, les boissons et les exercices qui te sont nécessaires. Ta
juste mesure sera celle qui t'empêchera de t'amollir. Aussi, devras-tu
t'habituer à un régime pur et sévère. »
Pythagore (Vers d'or recueillis par Lysis).
« L'organisme est comparable à un moteur qui développe
habituellement telle puissance et atteint exceptionnellement tel maximum.
L'ignorance de la puissance du moteur humain a pour conséquence son utilisation
défectueuse au point de vue du rendement en travail. Dans certains cas, on
demande à l'organisme de fournir des efforts trop intenses pour sa
puissance, ce qui le détériore rapidement ; dans d'autres cas, au contraire, on
ne lui fait produire que des efforts trop faibles, c'est-à-dire on
l'utilise incomplètement. »
G. Hébert. — Le Code de la force.
« De tout ce qui regarde le corps, comme le manger, le boire, les
vêtements, la maison, les gens de la maison, n'aie que le strict
nécessaire. Tout ce qui est pour l'ostentation ou la sensualité, supprime-le
entièrement. »
Epictète
L'ALIMENTATION
Nécessité de soigner tous les rouages de la machine humaine. — La
plupart de nos maux proviennent d'une alimentation excessive en quantité,
mauvaise en qualité. — Les excès en quantité et leurs fâcheuses
répercussions sur notre organisme. — La qualité des aliments à ingérer.
Le danger que présentent les aliments concentrés. — Le foie, organe de
surveillance. Le signe d'alarme hépatique. — Intoxiqués maigres et intoxiqués
gras. — Les signes de fatigue d'origine alimentaire. — Les trois aliments
meurtriers: 1° La viande. — 2°. Le sucre. — 3°. L'alcool. — Cherchons à bannir de notre régime
tout excitant. Apprenons à vouloir. — Valeur nutritive des principaux
aliments. — La meilleure boisson est l'eau. — Les aliments défendus, à
surveiller et permis. — Un régime excellent pour quelqu'un peut être
mauvais pour le voisin. — L'ingestion des aliments est un acte qui mérite toute
notre attention: la mastication, le nombre et l'heure des repas. — Rations alimentaires
pour deux adultes sédentaires pesant 60 et 70 kg. — Ce n'est pas tout
d'absorber des aliments, il faut savoir les manger. — L'exercice après
le repas. — Le danger d'un brusque retour à la vie saine. — Comment on
s'accoutume progressivement à un régime sain. — Notre régime alimentaire
est celui qui convient le mieux à l'homme. — Ami lecteur, je veux
qu'aujourd'hui soit un jour qui marque dans votre vie. — Résumé.
Vous désirez tendre vers un parfait équilibre physique et moral ! Vous
voulez devenir un tout harmonieux
Soignez d'abord vos organes.
Rappelez-vous, en effet, que nous avons comparé votre corps à
une usine, où se trouvent d'abord des ouvriers : ce sont ces organes,
qui remplissent les fonctions essentielles de votre vie: digestion, circulation,
respiration, innervation. Ces ouvriers sont surveillés par un contre-maître:
votre inconscient, c'est-à-dire cette force qui, dans votre économie,
organise sans que vous vous en doutiez. Enfin, un directeur guide tout
l'ensemble: c'est la conscience.
Toute usine, pour produire un rendement maximum, doit posséder des
machines bien entretenues, un contre-maître bien dressé, un directeur habile et
prévoyant. De même, votre usine humaine doit avoir des organes qui
fonctionnent bien, un inconscient qui ait pris de bonnes habitudes, et une
conscience soucieuse de son rôle directeur.
Pour que vous teniez bien votre usine, apprenez d'abord à
entretenir en parfait état tous ses rouages. Afin d'y parvenir surveillez chez
vous:
1°. — L'alimentation;
2°. — La respiration;
3°. — Les exercices physiques.
Tous ceux qui ont cherché à définir la vie humaine normale,
à la rendre plus longue, ont trouvé que la plupart d'entre nous se
suicident sans le savoir en mangeant trop. Nous encrassons les
chaudières de nos machines à force de les alimenter.
Vous croyez qu'en mangeant beaucoup vous acquerrez plus de forces, plus
de bien-être, plus de santé. Quelle erreur ! Beaucoup se « gavent » comme
des bêtes à l'engrais. Ils ne font que s'intoxiquer. Nombre
d'aliments sont des poisons redoutables qui donnent une activité factice et
préparent les pires désastres organiques. Pis encore ! Vous vous donnez des
coups de fouet, et même des coups d'aiguillon. Un jour ou l'autre, vous
paierez ces imprudences. D'abord, vous aurez d'autant plus besoin de ces
stimulants dangereux que vous y aurez recouru souvent. Ensuite, à mesure
que ces coups de fouet se succéderont, votre volonté, qui paraîtra plus
puissante, parce que vous serez coléreux, emporté, diminuera, et votre inconscient
s'étendra toujours plus à l'aise sur un domaine de plus en plus vaste.
L'être humain qui se suralimente ne peut plus maîtriser les
forces obscures qui commandent à ses organes. Il s'affole en face du
danger. Il ne sait plus résister à ses désirs, même quand il les
sait funestes. Il devient impulsif; il prend ses emportements pour des actes
volontaires. Ses idées sont arrêtées; il croit trouver dans ses
entêtements la preuve qu'il juge sainement. Il se croit bien équilibré,
alors que tous ses actes montrent chaque jour, de plus en plus, qu'il est
l'esclave d'un organisme mal dirigé, qu'il est la victime des habitudes qu'il
s'est lui-même donné.
On peut dire que la plupart de nos maux proviennent d'une alimentation
excessive en quantité, mauvaise en qualité.
Vous mangeons trop.
Nous mangeons mal.
Notre nourriture est trop excitante, nous ne sommes pas faits pour
elle.
Pour l'excès en quantité, la punition de cet abus est facile
à prévoir. Les nourritures encombrent notre tube digestif, d'où
ces dilatations d'estomac, si fréquentes de nos jours. Les aliments s'entassent
dans l'intestin où ils sont peu, ou mal, ou point assimilés; ils
fermentent; ce phénomène amène la production de toxines, qui
passent dans l'organisme et y créent toutes sortes de misères.
Cet empoisonnement lent ne tarde pas à prendre une forme
générale et à troubler plus ou moins complètement toute
l'économie humaine. L'organisme surexcité par des excès de nourriture
devient nerveux et fébrile, apte à toutes les maladies.
Ecoutons ce que disent de ce gavage intensif et des troubles auxquels
il donne lieu, des médecins autorisés:
« Un fait incontestable, écrit le Docteur Noirot, c'est que l'homme
civilisé mange trop, et consomme presque toujours, surtout en matières
animales, beaucoup plus que n'exige l'entretien de la vie. La nature se
contente de peu; dans nos habitudes sociales, l'appétit est souvent factice. »
( Docteur L. Noirot. — L'Art de vivre
longtemps, Paris, s. d. ).
On rapporte que le Docteur Héquet, visitant ses malades aisés, ne
manquait pas d'aller à la cuisine et s'adressant aux cuisiniers: « Mes
amis, leur disait-il, je vous dois de la reconnaissance pour tous les bons
services que vous nous rendez, à nous autres médecins. Sans votre art
empoisonneur, la Faculté irait bientôt à l'hôpital. »
Le Docteur J. Laumonier signale le danger que présentent les nombreux
et copieux repas que nous nous croyons obligés de prendre. « En France, dit-il,
on fait d'ordinaire trois repas: l'un le matin avant le travail, le second
à midi, le dernier le soir. Cependant dans les grandes villes et parmi
les classes riches, où l'on se crée facilement des besoins factices,
certaines personnes ajoutent à ces repas un goûter dans
l'après-midi et même un souper la nuit. C'est là un abus —
non que le fractionnement des repas soit chose nuisible, bien au contraire, —
mais parce qu'alors les aliments sont trop abondants, eu égard au travail
produit, souvent lourds et qu'ils s'avalent sans appétit ou avec un appétit
artificiellement excité; d'où résultent assez vite des troubles plus ou
moins graves de l'appareil digestif. En outre, les repas sont toujours suivis
d'une élévation de température et d'une excitation qui, si elle se
répète trop souvent, comme c'est le cas pour les gens qui font
quotidiennement quatre à cinq repas, finit par aboutir à la
neurasthénie.
« Par contre, il est des personnes qui ne mangent vraiment qu'une fois
par jour. Le danger ici n'est pas moindre, car, la faim étant pressante, on
dévore, avec précipitation, sans prendre le temps de mastiquer; on se surcharge
l'estomac, tout en assimilant fort mal, et les accidents gastriques qui ne
tardent pas à éclater ne précèdent que de peu cet état
d'appauvrissement désigné sous le nom de misère physiologique.
« Par conséquent, l'alimentation des enfants et des convalescents mise
hors de cause, les adultes bien portants et même beaucoup de malades, les
diabétiques et les dilatés en particulier, doivent s'en tenir à la
coutume, c'est-à-dire deux grands repas et un léger déjeuner le matin au
réveil. »
Louis Lucas, qui a laissé d'importants travaux sur la médecine et la
chimie nouvelles, jette aussi un cri d'alarme: « Les grands mangeurs, écrit-il,
activent leurs fonctions végétatives, doublent leurs éliminations et leurs
excrétions; ils ont un moi moins conscient, moins actif et moins lucide, et le
mouvement en plus qu'ils donnent aux organes industriels du corps,
c'est-à-dire aux viscères, en allant frapper le cerveau,
amène des hallucinations et des dérangements intellectuels; les gros mangeurs
tendent à devenir hypocondriaques, inconscients, impuissants et idiots.
»
Le Docteur H. Michaud écrit: « Voulez-vous vivre vieux et rester sain,
soyez sobre: telle est la loi primordiale de toute hygiène de la
vieillesse. » (Docteur Michaud. — Pour vivre vieux, Paris, s. d. )
« Seule, dit le Docteur Monin, une sobriété de tous les instants jointe
à une activité physique jamais démentie, préservera de catastrophes
prématurées ces Damoclès si communs dans notre bourgeoisie
contemporaine. Qu'ils cessent de penser surtout par le ventre, et ils ne
creuseront pas, comme l'a dit James Eyre, leurs tombes avec leurs dents ! La
gastrolâtrie est mère de la dyspepsie... La surcharge alimentaire est,
il n'en faut pas douter, la raison majeure de la plupart des troubles digestifs.
»
Nous pourrions multiplier à l'infini ces citations.
Reste à déterminer la qualité des aliments à ingérer.
Ici, il faut encore rompre avec de longues et tenaces habitudes, si
l'on veut obtenir à la fois des résultats d'ordre psychique et une
certitude de longévité.
Un préjugé courant, c'est que ceux qui veulent activer la marche de
leur machine, aient recours à des fortifiants, à des extraits,
à des pilules, à des cachets, à des drogues, sous prétexte
qu'ils donnent, sous un petit volume, une suractivité heureuse. Quelle
grossière erreur !
Le Docteur Gaston Durville, nous dit dans son Art de vivre longtemps: «
Se nourrir d'aliments concentrés artificiellement, sous prétexte de se
fortifier, ou simplement de se mieux alimenter, c'est se tuer autant et plus
peut-être que lorsqu'on s'alimente avec des produits naturels
surabondants. » (Docteur Gaston Durville. — L'Art de vivre longtemps, 2e édit.,
Paris, s. d.).
Le surmenage alimentaire a les conséquences les plus funestes. Il
provoque des auto-intoxications. Il nous donne les insomnies, les migraines,
les cauchemars, les lourds réveils qui nous laissent plus fatigués que la
veille. C'est une des principales causes de la dilatation d'estomac, de la
constipation, de la diarrhée et de presque toutes les affections du foie, des
reins et de la vessie. Il encrasse et déforme nos articulations et voici les
douleurs intolérables de la goutte et du rhumatisme.
Si vous vous chargez inconsidérément de nourriture, vos urines
deviennent troubles et fétides, votre peau trop grasse. Vous avez des sueurs
abondantes. Vos cheveux tombent de bonne heure.
Le cœur, surmené, ne remplissant plus régulièrement son
travail de pompe aspirante et foulante, laisse les vaisseaux s'engorger. Il se
produit des troubles congestifs, des poussées de chaleur et un besoin de
somnolence après les repas, des lourdeurs de tête, des
palpitations, des battements de cœur au moindre effort, des rhumes, des
varices, des stases veineuses, des hémorragies (saignements de nez... et, chez
la femme, des règles abondantes et douloureuses), toutes manifestations
d'une mauvaise circulation.
Les voies respiratoires fonctionnent mal. L'essoufflement se produit
et, pour le plus petit effort, pour quelques centaines de mètres
à parcourir ou quelques marches à gravir, vous soufflez comme un
asthmatique.
Le système nerveux, qui a partie liée avec la circulation et la
respiration, est victime d'un état de chose si défectueux. L'intoxiqué devient
lourd, paresseux, faible, donc suggestionnable. Cette faiblesse ne peut que
s'accroître. Il devient irritable, emporté. Des colères sans motifs, ne
le manifestent que trop souvent. La neurasthénie, les idées noires s'emparent
de lui avec d'autant plus de facilité que le sommeil le fuit et le prive de sa
force réparatrice.
II est un moyen simple de vous rendre compte si vos acquisitions
alimentaires — solides et liquides — répondent aux besoins de votre organisme.
C'est de constater, par vous-même, l'état de votre foie; et ceci vous est
particulièrement facile lorsque votre gourmandise ou votre imprévoyance
vous ont poussé à vous gaver.
Le foie est un organe de surveillance extrêmement précieux. Il
neutralise, transforme, détruit ou accumule en lui les produits toxiques que la
digestion lui amène. Buvons-nous de l'alcool ? Cet alcool va passer par
le foie. Sous l’influence de ce poison, les cellules hépatiques vont être
fortement lésées; après s'être énergiquement défendues, elles vont
s'atrophier. Et les « petits verres », ajoutés quotidiennement aux « petits
verres », vont donner à l'alcoolique une lésion grave: la cirrhose
atrophique. Alors le foie ne remplit plus le rôle de protection organique
auquel il est destiné, et c'est bientôt tout un cortège de maux amenant
l'alcoolique, véritable épave humaine, à la folie, au délirium tremens,
à la mort.
Quand le poison est moins violent que l'alcool, il se produit au foie
une lésion d'aspect différent; emplissons-nous notre estomac d'une alimentation
trop abondante, nous « gavons-nous » ; alors le foie accumule en lui, sous
forme de substances diverses (glycogène, graisse) le surplus de ce qui
est nécessaire au renouvellement de nos cellules. En outre, de la graisse va se
fixer en différents endroits du corps; nous « prenons du ventre » ; les femmes
voient non sans inquiétude leurs formes prendre chaque jour des proportions
plus grandes; le double menton vient modifier l'harmonie de leur visage.
Cette surcharge de graisse, non seulement va se placer sous la peau du
ventre, des hanches, des seins, du cou..., mais elle envahit nos organes.
Vous connaissez sans doute comment les éleveurs s'y prennent pour
suralimenter les oies et obtenir le délicieux « foie gras »? Ils obligent ces
animaux à une suralimentation extrêmement abondante et comme la
bête se refuse d'instinct à cette pratique, ils la gavent de
force. Ces oies engraissent et leur foie, qui va s'encombrer lui aussi de
graisse, prend bientôt des dimensions énormes, à la grande satisfaction
du gaveur qui y trouve un large profit.
Ce que certains font pour les oies, beaucoup de nos contemporains le
font sur eux-mêmes. Ils se gavent à plaisir. Et la conséquence,
quoique plus lente, n'en est pas moins dangereuse. A nous gaver, nous
encombrons notre foie de cellules graisseuses et comme cet organe ne suffit
plus à son rôle, il nous prédispose bientôt aux maladies les plus
graves.
Quantité de gens, d'ailleurs, se gavent sans s'en rendre compte; ils se
rendent malades sans s'en douter; ils se croient simplement « bons » mangeurs
et se félicitent de leur appétit. La constatation de l'extraordinaire fréquence
de la suralimentation, chez nos contemporains à fait dire, non sans
raison, au Docteur Gaston Durville cette phrase: « Nous sommes tous des gavés.
»
Le travail anormal, la suractivité que vous imposez peut-être
à votre foie, vous pouvez vous-même les suivre, vous en rendre
compte. Le foie est situé à votre côté droit immédiatement
derrière, les côtes inférieures; lorsqu'il est en suractivité, il
grossit, et son lobe gauche déborde devant l'estomac. De plus, il est d'une
grande sensibilité. Il s'ensuit que si vous avez un foie congestionné,
pléthorique, il vous suffira d'appuyer vous-même avec l'extrémité des
doigts au creux de l'estomac pour provoquer aussitôt une gêne ou une
douleur, d'autant plus vives que votre foie sera plus surmené, plus atteint.
Les médecins naturistes, c'est-à-dire ceux qui veulent ramener
l'être humain à la santé en se conformant aux lois de la nature,
ont signalé ce signe d'intoxication alimentaire.
Le Docteur Gaston Durville, dans l'ouvrage déjà cité, déclare
nettement: « Le surmenage du foie se traduit par des poussées fébriles
douloureuses de cet organe. Le signe de cette pléthore hépatique réside dans la
sensibilité du creux épigastrique. » Le creux épigastrique correspond au lobe
gauche du foie, et non à l'estomac.
Le Docteur Pascault s'appesantit sur ces manifestations congestives du
foie. « C'est parfois, dit-il, dans le côté droit, une pesanteur sourde qui
dure plusieurs jours consécutifs. Mais un phénomène infiniment plus
fréquent, c'est une douleur localisée au creux épigastrique, exactement au
sommet de l'angle rentrant formé par le rebord des côtes ou un peu plus bas
à droite: douleur superficielle, souvent assez marquée pour forcer la
femme à se délacer où à adopter le corset bas (signe des temps
!), pour obliger l'homme à se desserrer et à porter bretelle.
Cette sensibilité épigastrique, généralement fugitive et ne se faisant sentir
que dans les heures qui suivent immédiatement le repas, est en relation, non
avec une souffrance de l'estomac (lequel est situé plus bas, à gauche et
plus profondément), mais avec la congestion d'une partie du foie, que nous
avons appelée le « lobe d'alarme », parce qu'elle dénonce les perturbations
digestives d'une manière très précoce et très sûre.
»
image
Fig. 5. — Schéma des principaux viscères abdominaux.
(D'après M. Letulle: Inspection, palpation...)
L'organe qui nous intéresse ici est le foie. C'est une masse charnue
très volumineuse, d'un brun rouge qui est placée à droite du
corps, contre le diaphragme immédiatement sous les dernières côtes (5e
et 10e ). Le lobe gauche du foie s'étend à la ligne médiane
du corps sur l'estomac qu'il recouvre en partie. Lorsque nous nous
suralimentons, notre foie grossit et devient douloureux à la palpation. —
On voit sur ce schéma, en dehors du foie: l'estomac, la rate (du côté gauche de
la poitrine, sous les dernières côtes) et le gros intestin.
Qui se refuserait, sachant les dangers auxquels il court
peut-être, à vérifier lui-même l'état de son foie ? Ne vous
effrayez pas surtout s'il est douloureux et ne vous croyez pas atteint des
pires maladies ! Que chacun le sache, cette sensibilité du creux de l'estomac
est un signe d'alarme. Il doit vous montrer si vous vous êtes éloigné des
lois de la nature.
Dans les cas peu graves, on se guérira soi-même en se mettant au
régime alimentaire sain, en faisant des exercices respiratoires, de la marche
active au plein air. Le massage manuel doux, s'adressant directement au foie,
et exécuté par un masseur habile, ainsi que l'air chaud (Des applications d'air
chaud sont faites à notre Fondation de Neuilly avec l'appareil breveté
du Docteur Marcel Viard: Le Mill.) ont rapidement raison des lésions plus
profondes.
image
Fig. 6. — La recherche de la sensibilité du creux épigastrique.
La précédente figure nous montre que le foie, normalement, déborde
devant l'estomac, au creux épigastrique. Lorsque nous nous suralimentons, notre
foie grossit et devient douloureux. Nous avons un moyen de nous rendre compte
de l'état de santé de cet organe en nous palpant nous-même à la
pointe du sternum, immédiatement sous les côtes. Si la pression des doigts fait
naître une douleur, c'est que notre masse hépatique est congestionnée. C'est
là un signe d'alarme qui doit nous décider à vivre plus
sainement.
Revenons encore aux troubles d'intoxication, car il nous faut en bien
montrer la cause réelle.
Il y a deux catégories d'intoxiqués alimentaires:
1°. — Les intoxiqués maigres
au foie souvent atrophié, à la figure pâle, jaunâtre, quelquefois
émaciée;
2°. — Les intoxiqués gras au ventre rebondi, à la démarche
lourde.
Voici un portrait précis que nous trace le Docteur Paul Carton des
intoxiqués gras, qu'il appelle des « intoxiqués florides » :
« II y a, dit-il, la légion des athlètes carnivores, des
souleveurs de poids, des lutteurs, boxeurs et batteurs de records. Ces lutteurs
monstrueux, masses de muscles hypertrophiés et de graisse croulante... ne
soulèvent pas mon admiration, parce que ce sont des cas
d'hyperfonctionnement morbide. L'hypertrophie de leurs tissus comme de leurs performances
est pathologique, parce que provoquée par des moyens anti-physiologiques qui
font rendre à leurs organes plus qu'il n'est dans la nature de donner et
parce que, selon la loi de la vie, toute surexcitation démesurée se paye d'un
épuisement et d'une ruine consécutives. L'apogée de ces athlètes est
d'ailleurs très passager, la plupart du temps; leur vigueur excessive
est un feu de paille qui ne se retrouve pas dans leur descendance. Ce sont des
anormaux, des plantes forcées, appelées à être brûlées un
jour ou l'autre par l'engrais violent qui est la cause de leur exubérance
déraisonnable. » ( Docteur Paul Carton.
— Les Trois aliments meurtriers, Paris, 1912, p. 21. )
Et le jugement du Docteur Gaston Durville n'est pas moins
sévère: « Que les gourmands, les gros mangeurs aient une face rubiconde
et un ventre saillant, je ne le conteste nullement, au contraire. C'est de
ceux-là qu'on a coutume de dire qu'ils ont bonne mine, qu'ils sont
pleins de santé, de force, et que sais-je encore ! II n'est pas moins vrai qu'à
brutaliser les organes digestifs on en tare les fonctions. Les bouchers qui
sont gavés de viande et que l'on voit à leur devanture avec leur figure
injectée et violette et leur ventre en besace, comptent parmi ceux qui meurent
les premiers. Congestion cérébrale et maladies de foie sont les tristes
résultats de leur gavage intensif. » ( Docteur Gaston Durville. — L'Art de
vivre longtemps, 2e édit., Paris, s. d., p.80 ).
La suralimentation est, nous ne craignons pas de le dire, un danger
social. C'est elle qui est le principal fléau à combattre, elle qui,
encrassant les rouages de notre machine, crée l'arthritisme, affaiblit
considérablement la résistance de notre organisme, qui ne peut lutter alors
efficacement contre les microorganismes. Nous devenons la proie, oh combien
facile ? des microbes qui donnent naissance aux maladies les plus graves, comme
la tuberculose et le cancer.
Les tuberculeux par arthritisme sont légion: neuf sur dix le sont
devenus par une alimentation vicieuse, c'est-à-dire grâce à l'arthritisme.
Le Docteur Carton ne craint pas d'affirmer que le plus sûr moyen de
contracter la tuberculose, c'est de consommer pendant quelques mois de la
viande crue.
Un grand maître ne s'est-il pas écrié, avec infiniment de raison, que
la suralimentation a tué plus de tuberculeux que la tuberculose elle-même
! Quelle erreur clinique, plus, quel crime, commettent les médecins qui
suralimentent les pauvres tuberculeux et les conduisent ainsi d'un pas rapide
au tombeau !
Les médecins naturistes nous le disent: l'arme thérapeutique la plus
efficace que nous possédions pour lutter contre la tuberculose, c'est un régime
sain, un régime sans viande, le régime végétarien. Et cette opinion résulte
d'observations journalières.
Nous ne saurions donc trop insister sur les dangers que présente une
alimentation surabondante et défectueuse. Ces troubles varient selon nos
résistances organiques, selon notre tempérament.
Le Docteur Gaston Durville a précisé de la façon suivante les signes de
fatigue d'origine alimentaire chez le sanguin et le bilieux.
C'est surtout le foie qui trahit chez les sanguins cet état
pathologique. Il amène d'abord, souvent sans fièvre, des poussées
congestives et douloureuses qui vont en s'aggravant, mais sans continuité,
aussi attribue-t-on à une indigestion passagère ce symptôme isolé
d'un état continu. Puis le malaise s'installe au creux de l'estomac. Si le foie
se fatigue à nouveau, on voit à la longue apparaître de gros
troubles congestifs : congestion hépatique non-seulement du lobe gauche, mais
de tout l'organe, avec débordement en dessous des côtes, phénomènes
douloureux, violents dans le côté droit, dans la vésicule biliaire, dans le
dos, l'épaule droite et le bras droit, débordements biliaires et évacuation ou
non de calculs.
« L'accident passé, dit plus loin le Docteur Gaston Durville,
l'individu revient ou semble revenir à la parfaite santé; la crise a été
un effort bienfaisant de la Nature pour rétablir l'équilibre rompu; celui qui
en a été la victime retrouve une énergie, une activité qu'on remarque et qu'on
envie; mais les crises se renouvellent puisque persiste la faute alimentaire
qui les produit et, à chaque assaut compensateur que fournit l'organe,
la résistance organique de celui-ci s'affaiblit. Alors se manifestent davantage
les signes de fatigue arthritique: le sujet se pléthorise, perd ses muscles qui
se remplacent par de la graisse, « prend du ventre » ; il s'essouffle au
moindre effort; transpire pour rien d'une sueur acide qui brûle son linge
et fait tomber ses cheveux. Il devient de plus en plus goutteux et rhumatisant,
fait des boutons, des eczémas, des furoncles, des pharyngites, des rhumes, des
angines, des palpitations; il devient incapable de penser ou d'agir
après le repas et s'endort ou somnole après le dessert. Bien entendu,
il considère ses douleurs pendant la digestion comme des
phénomènes normaux et attribue au froid tous les autres troubles
précités... » (Docteur Gaston Durville: La volonté et la fatigue. Journal du
Magnétisme avril 1917, janv. et févr. 1918. )
L'encombrement hépatique ne tarde pas à provoquer à
distance des troubles mécaniques de circulation par suite de la compression de
la veine cave et de la veine porte dans le foie. Il en résulte des varices, des
hémorroïdes et, chez les femmes, des fibromes et diverses autres
incommodités de l'utérus. II se produit fréquemment, dans ces cas, des
hémorragies utérines ou hémorroïdaires qui peuvent, si elles sont traitées
avec soin et en temps utile, décongestionner le malade. Comme, généralement, on
attribue ces malaises à toute autre cause qu'aux excès
alimentaires, on ne s'aperçoit pas que cette intoxication funeste crée des
inflammations chroniques des reins et que l'on prépare là place aux
coliques néphrétiques lesquelles ne se font point attendre. Heureux ce gastronome
impénitent, si une apoplexie mortelle ne vient pas le guérir définitivement de
toutes ses maladies !
Pour les bilieux, le danger de la suralimentation, s'il est différent,
n'est pas moins grave. Chez eux, la fatigue digestive se traduit par une irritabilité
nerveuse, prélude de l'insomnie. Une fois au lit, le bilieux est agité, il se
sent un irrésistible besoin de se remuer, le sommeil le fuit et, moins il dort,
plus l'agitation nocturne gagne du terrain .Il arrive souvent que le médecin ne
voit que ce symptôme et n'en cherche pas la cause: il prescrit une potion
calmante qui fait dormir vaille que vaille, d'un sommeil peuplé de cauchemars.
La langue demeure sale, le corps est courbaturé comme après une
excessive fatigue corporelle. Du côté de l'estomac, le mal se caractérise par
des « crises d'abord isolées et fugaces d'acidité, d'aigreurs, accompagnées de
nausées et de dégoût des aliments. Invariablement, dans ces cas, on
incrimine l'anémie, la faiblesse générale, la dyspepsie nerveuse, et on suralimente
le patient, ce qui ne fait qu'aggraver son mal. Si on palpe l'estomac avec
précaution on constate toujours qu'il est dilaté. Cette dilatation peut
être minime; mais généralement, elle est assez importante. On peut
trouver des estomacs dilatés et abaissés jusqu'à 3, 4, 5, 6 travers de
doigt au-dessous de l'ombilic et, ce qui est étrange, c'est qu'il est de ces
outres clapotantes, gargouillantes et fermentantes, qui ne sont aucunement
douloureuses. L'estomac est, peut-être, l'organe qui se laisse le mieux
martyriser sans rien dire. Il est néanmoins de ces estomacs dilatés et
clapotants qui sont douloureux.
« Le foie, qui est passé, antérieurement, par une phase d'hypertrophie,
tend à diminuer: il y a insuffisance et souvent en même temps,
rétention biliaire, celle-ci produisant la teinte de peau jaunâtre
caractéristique des individus bilieux. Le surmenage intestinal se révèle
par des diarrhées généralement fétides, alternant avec des périodes de
constipation opiniâtre. La fosse iliaque droite est sensible à la
pression profonde; cette sensibilité traduit des lésions du colon; ces
dernières vont souvent jusqu'à provoquer l'appendicite. La peau
est sèche, les dents se carient et tombent, souvent sans faire beaucoup
de mal. L'intoxication générale se manifeste par des troubles de la
circulation, et spécialement de la circulation des extrémités des membres. Un
signe a une grande valeur au point de vue du diagnostic, — j'ai proposé de
l'appeler signe de Carton, du nom du premier qui l'a décrit, — il consiste dans
une teinte carminée foncée des ongles des mains, due à la toxicité
arthritique, et qui tranche sur la pâleur des téguments voisins. »
C'est l'un des indices les plus sûrs de la maladie hépatique par
faute alimentaire.
On le voit, les troubles qui peuvent naître dans l'organisme d'une
alimentation surabondante et mal comprise sont assez graves pour devoir
être pris en considération. Il nous faut d'autant mieux y songer que le
danger est méconnu. Ces troubles portent, à notre santé physique, une
atteinte qui a nécessairement sa répercussion sur nos facultés intellectuelles
et morales. Le sanguin, endormi et colérique, ainsi que le bilieux, à la
figure émaciée, au teint jaunâtre et qui, sous l'exaspération nerveuse causée
par sa mauvaise alimentation, devient constamment irritable, doivent tous deux
modifier leur tempérament en se donnant une nourriture plus saine et mieux
appropriée à leurs besoins physiologiques.
Nous ne devons pas considérer notre corps comme le but de notre travail
et de nos recherches, mais comme un animal au service de notre esprit; il a
donc droit aux soins, aux bons traitements que l'on doit à tout
être à qui l'on demande une certaine somme de travail. Nous lui
sommes beaucoup plus funestes par une alimentation exagérée et mal comprise que
par des privations même excessives.
Nous venons de signaler les dangers que présentent, d'une façon
générale, les aliments pris en trop grande quantité. Il nous faut maintenant
envisager les dangers que nous courons en recherchant un excès de
qualité.
Non seulement, d'une façon générale, nous mangeons trop, mais nous
mangeons trop bien. Régler, même strictement, la quantité des aliments
ingérés n'est pas tout, si nous voulons acquérir une santé robuste. Il faut
déterminer quelle doit être leur qualité.
Nous ne saurions trop insister sur les dangers auxquels nous exposent
certains aliments si on les prend en abondance et sur les tares qu'ils laissent
après leur passage dans l'économie. Ces tares nous font souffrir,
inconvénient sérieux, mais surtout elles offrent l'inconvénient plus grave de
se transmettre à nos descendants et de créer, sinon des malades, du
moins des candidats tous désignés à la tuberculose, à
l'artériosclérose, et même, si nous parlons de l'alcool — comme nous
serons obligés de le faire — à la folie, au vice, à tous les
malheurs physiques, moraux et sociaux.
Il ne faut pas croire que ce tableau soit chargé. Nous ne nous laissons
pas entraîner par des théories. Des citations d'auteurs connus, des faits
cliniques, prouvent que nous nous trouvons en présence de cas pathologiques,
malheureusement trop réels. Ce sont ces constatations journalières et
ces faits nombreux qui feront aisément comprendre à ceux qui désirent
développer leur Volonté, leur Magnétisme personnel qu'ils ne doivent pas, par
une alimentation surabondante et mal comprise, perdre les fruits de leur
entraînement.
La viande, le sucre et l'alcool, sont, dit très justement le
Docteur Paul Carton, des aliments meurtriers.
Nous commençons par le premier de ces aliments, la viande, qu'il faut,
sinon condamner complètement, du moins restreindre le plus possible et
considérer non comme un aliment indispensable, mais comme un simple excitant,
bon à suractivé nos forces, quand nous nous trouvons dans la nécessité
de donner une somme inaccoutumée de travail, que ce travail soit manuel ou
cérébral. Mais, en thèse générale, elle ne nous est pas utile, au
contraire. Les ordres religieux qui ont fait les plus rudes travaux de
défrichement, d'assainissement, les Trappistes en particulier et les
Pères Blancs de la région saharienne, ne mangent jamais de viande et
vivent fort âgés. On peut objecter pour les nations végétariennes en majorité,
comme l'Inde, que l'activité n'y est pas grande. Mais ce n'est pas un reproche
qui puisse être fait au Japon. Et pourtant les japonais
considèrent la viande comme une nourriture rarement usitée et ne s'en
servent que comme d'un excitant momentané, dans les cas où nous
employons l'alcool et le café.
La conformation de l'homme ne l'assujettit nullement à une nourriture
carnée: Flourens, Cuvier, Buffon lui-même, constatent que sa structure au
point de vue digestif apparente l'homme aux grands singes et le prédispose
à se nourrir de fruits, de racines succulentes, en un mot de végétaux.
Buffon, que l'on ne saurait taxer de modernité excessive et qui vivait à
l'époque des festins à 5 services de 8 à 10 plats chacun, n'en a
pas moins dit expressément: « l'homme pourrait, comme l'animal, vivre de
végétaux... La nature entière semble suffire à peine à son
intempérance et à l'inconstante variété de ses appétits. L'homme
consomme, engloutit lui seul plus de chair que tous les animaux ensemble n'en
dévorent, et c'est plus par abus que par nécessité. »
image
Fig. 7. — Les trois aliments meurtriers. La viande Le sucre
L'alcool
Cette opinion des naturalistes est corroborée par la physiologie. Les
excitations que donne la viande sont suivies de dépressions qui rendent
nécessaire l'usage constant des aliments carnés ou de l'alcool. Ce mal est grave
: la viande, passée dans l'intestin, perd toute valeur d'excitation et ses
déchets ne servent plus qu'à provoquer des fermentations putrides qui
intoxiquent l'économie. Par cet abus, nous rudoyons nos organes, nous
contrarions le travail de nos viscères digestifs.
Mais, dira-t-on, la viande contient une grande quantité d'azote. Elle
en contient bien moins que certains légumes, les lentilles, par exemple. De
plus, cet azote ayant été déjà assimilé par l'animal dont nous mangeons
la chair, a perdu une partie des forces vives qu'il avait puisées dans la terre
et dans l'influx solaire. Enfin, la viande est dépourvue des sels minéraux
indispensables à la vie de nos cellules, alors que les végétaux en sont
si riches. Ces sels minéraux, dans les animaux, sont localisés dans le
système osseux et, si nous voulions être logiques avec
nous-même, comme le remarque très justement le Docteur Gaston
Durville, en nous adonnant à l'ingestion de la viande, nous devrions,
comme les vrais carnassiers, ingérer aussi les os. Enfin, nous sommes mal
organisés pour neutraliser les violents
poisons contenus dans les viandes: ptomaïnes, leucomaïnes, qui
s'attaquent aux cellules nobles de nos organes.
La viande est donc un produit dangereux et son abus à pour notre
organisme, les plus tristes conséquences.
Qu'on en juge par ce que disent des médecins.
« La viande, écrit le Docteur Paul Carton, est un excitant a digestion
gastrique pure: elle engendre une brusque saccade de stimulation qui a le
défaut d'être une irritation anti-physiologique. L'euphorie qu'elle
procure, en plus de sa nocivité, est passagère et nécessite, pour
être entretenue, la répétition de prises d'aliments carnés ou d'alcool. »
(Docteur Paul Carton. — Les Trois aliments meurtriers, Paris, 1912, p. 12.).
Et plus loin, le même auteur ajoute: « La pratique médicale est
là, d'ailleurs, pour nous mettre en pleine évidence les méfaits de la
viande. Elle atteste qu'elle est la cause presque exclusive des affections du
tube digestif. C'est elle qui crée les dyspepsies, les entérites,
l'appendicite. C'est elle qui favorise l'éclosion de la fièvre
typhoïde, des dysenteries. C'est elle qui forme le véritable point d'appel
pour la fixation des parasites de la tuberculose et du cancer. La meilleure
preuve nous en est fournie par les succès thérapeutiques que sa
suppression détermine dans les cas d'affections du foie, de l'estomac, de
l'intestin, et même de la tuberculose. A tel point, que les prescriptions
de médications à base de jus ou d'extraits de viande ne peuvent
être considérées que comme autant d'attentats à la vie des
malades. » (id., p. 14).
De son côté, le professeur Bouchard déclare: « Les carnivores ont la
langue sale, l'haleine mauvaise, les selles irrégulières et fétides, des
dérangements gastro-intestinaux fréquents, des affections cutanées habituelles,
des migraines, des rhumatismes, de l'obésité ou de l'émaciation. »
Le Docteur Jules Grand ne craint pas d'affirmer que « les personnes qui
continuent de manger de la viande par goût, ou qui se croient obligées de
le faire, sous le prétexte que leur santé ne leur permet pas d'en supprimer
l'usage, sont victimes d'une erreur dont elles devront forcément subir les
conséquences à une échéance plus ou moins lointaine suivant le cas. »
A cette opinion s'ajoute celle du Docteur Gaston Durville. Il dit dans
son Art de vivre longtemps:
« Je considère la viande comme dangereuse surtout parce qu'elle
apporte à nos cellules une trop grande quantité de principes nutritifs
albuminoïdes que l'organisme est impuissant à rejeter au dehors
sous forme d'ammoniaque. Ces matières albuminoïdes en trop grande
quantité intoxiquent nos cellules; en outre, elles les excitent brutalement et
nous donnent, comme conséquence, cette impression de bien-être
extraordinaire, d'euphorie que nous avons tous éprouvée après un repas
carné. En réalité, ce bien-être, cette euphorie ne sont que trépidation
artificielle; la conséquence en sera usure et dépression. »
Beaucoup croient que la viande est indispensable à l'économie
humaine, sous prétexte qu'elle contient des principes albuminoïdes.
Pourtant l'organisme, même actif, consomme extrêmement peu de
substances albuminoïdes pour la réparation de ses protoplasmes usés: trois
à quatre grammes par vingt-quatre heures, au maximum. « Or, constate
très judicieusement mon frère, le Docteur Gaston Durville, le
moindre mangeur de viande absorbe au moins deux cents grammes de substances
albuminoïdes par jour, c'est-à-dire de quoi réparer les
protoplasmes usés de cinquante individus. Nous nous livrons donc à une
vraie débauche de matières albuminoïdes.» ( Docteur Gaston Durville. — L'Art de vivre
longtemps, 2e édit., Paris. s. d., p. 106. ).
Souvenons-nous que la viande est un excitant, rarement utile, souvent
dangereux. Il ne faut en user qu'avec modération et le mieux est évidemment de
s'en abstenir totalement. Les travailleurs manuels ont tort de dire que sans un
estomac gavé de viande, ils « crèvent de faim. »
Le sucre ne cause pas moins de ravages que la viande. Nous parlons du
sucre industriel, du sucre en morceaux ou cristallisé qui se consomme seul ou
mêlé aux aliments.
Le sucre industriel est un aliment mort qui a perdu, dans les
opérations auxquelles il a été soumis, les qualités qu'il avait dans le
protoplasme végétal. A l'état de concentration où nous le mangeons, le
sucre est une sorte de drogue, un produit chimique, un puissant excitant, plus
nuisible qu'utile.
Les ouvriers manuels, les athlètes, les coureurs qui ont une
grosse somme d'efforts à donner, trouvent dans le sucre une excitation,
une dose d'énergie qui les aide pour accomplir leurs performances. N'est-ce pas
un moyen de surexciter les chevaux de course que de leur donner, quelque temps
avant le départ, une certaine quantité de sucre ? Mais cette suractivité
artificielle, produite par l'absorption d'un corps chimique concentré, ne peut
être que dangereuse pour l'organisme qui ne le brûle pas.
Le sucre industriel est un excitant d'autant plus dangereux qu'il se
présente sous une forme attrayante, bénigne. C'est une pratique détestable qui
pousse les parents et les nourrices à donner du sucre aux nouveaux nés,
de même qu'aux enfants de tout âge, sous prétexte de les gâter. Il en
résulte, pour les premiers, ces diarrhées qui les emportent avec une si
terrible rapidité et dont on cherche les causes partout ailleurs que dans leur
véritable motif. Pour les enfants plus âgés, le sucre présente un danger d'une
autre forme: il crée chez ces jeunes organismes une excitation sans aucun
rapport avec la dépense musculaire ou cérébrale qu'ils ont occasion de fournir.
Certains cas d'exaltation nerveuse et de très pénibles insomnies, chez
des enfants aussi bien que chez des adultes, ont été guéris par la simple
suppression du sucre, dont une tendresse maladroite leur faisait une récompense
et un plaisir. Si l'enfant, doué d'une bonne santé, échappe à ces
traitements absurdes, il n'en demeure pas moins prédisposé aux maladies
congestives, aux troubles hépatiques, au diabète et à toute
espèce d'incommodités, moins graves peut-être, mais tout aussi
désagréables, en particulier les maladies de la peau. Les petits chiens
d'appartement terminent prématurément leur existence et sont obèses
à un âge encore peu avancé parce qu'on les sédentarise et que,
très souvent, on les gave de sucre et de viande.
Il est, d'ailleurs, absurde de penser que nous ne pouvons nous passer
de cet aliment soi-disant d'épargne. Il y a cent ans à peine, la
consommation du sucre en Europe n'était pas le dixième de ce qu'elle est
actuellement. Nos aïeux n'en vivaient pas moins beaucoup plus longtemps
que nous. Ils ne connaissaient de sucre que celui des fruits et le miel,
excellents ceux-là parce que dilués et naturels. Il suffit de lire les
anciens livres de cuisine pour voir combien était restreinte la consommation du
sucre en pains ou en morceaux. On sucrait la tisane et autres infusions surtout
avec du miel; en tout cas, il n'y avait jamais de sucre en morceau sur la
table. Ces petits rectangles que notre épicier nous débite présente encore un
danger: leur découpage cause chaque année la mort d'un grand nombre
d'ouvrières; en respirant la poussière de sucre, elles deviennent
rapidement tuberculeuses. Si le sucre avait pour l'organisme la parfaite
innocuité du miel, il ne causerait pas ces maux.
Le sucre chimique que nous ajoutons à nos aliments, ou que les enfants
sucent sous forme de bonbons ou de sucre d'orge est donc dangereux.
Voici ce que dit à son sujet le Docteur Gaston Durville:
« Le sucre industriel est un des aliments meurtriers pour nos
organismes, un des aliments incendiaires. Absorber, comme le font tous nos
contemporains, en plus de leur ration alimentaire quotidienne déjà
surabondante, la valeur de quatre, cinq, six morceaux de sucre, et plus,
souvent, c'est condamner son organisme à un hyperfonctionnement morbide
et tuant. » (Art de vivre longtemps, 2° édit., p. 98)
Le Docteur J. Lépine signale également le danger du sucre industriel.
La voix du Docteur Paul Carton est encore plus énergique. Il
considère, avec un sens très précis des réalités, que le sucre
industriel, le sucre « dévitalisé », est, pour lui, une des principales causes
de la mortalité infantile.
« Je suis persuadé, écrit-il, que des 80.000 enfants de un jour
à un an que la France perd chaque année, plus de la moitié meurent
victimes du sucre qu'on ajoute à leurs biberons. C'est ce sucre maudit,
plus encore que les microbes contenus dans le lait, qui est la cause réelle des
malaises digestifs, des entérites, des diarrhées foudroyantes, des troubles de
nutrition, des insomnies, des crises de nervosisme, qui s'abattent sur les
enfants en bas âge (certains auteurs ont même décrit, chez l'enfant, «
une fièvre de sucre » — Schaps, Molhausen, Finkelstein et Meyer). C'est
lui qui est la cause indirecte de l'éclosion des maladies infectieuses qui
s'acharnent sur les petits enfants avec la fréquence que l'on sait. Il partage
avec la viande la responsabilité des affections du second âge. A saturer les
enfants de sucre, de bonbons, de chocolat, de confitures, on détruit leur santé
avec une lamentable inconsciente. »
Et pour l'adulte, le danger n'est pas moindre. « L'arthritisme, déclare
le Docteur Carton, avec ses manifestations graves tardives le guette. C'est le
sucre surtout, qui favorise à ce moment la tare congestive, qui provoque
la surcharge sanguine, l'œdème du sang, qui mène aux
congestions viscérales, aux hémorragies cérébrales; c'est lui qui contribue
puissamment à l'éclosion des rhumatismes, de la goutte, de la
tuberculose; c'est lui qui dégrade le foie et le pancréas et influe ainsi,
d'une façon capitale, sur la production du diabète. Plus la consommation
du sucre s'accroît, plus la mortalité diabétique s'élève. »
Le sucre meurtrier, c'est, ne l'oublions pas, le sucre industriel, en
morceaux, cristallisé ou en poudre, ou donné sous forme de bonbons. Le sucre,
ainsi préparé, sucre mort physiologiquement, devient une véritable drogue, un
produit pharmaceutique dangereux si on en abuse.
Il n'en va pas de même, nous ne saurions trop le répéter, du miel
et du sucre naturel qui se trouve en suspension dans les fruits. Celui-ci est
vivant, d'une assimilation plus facile et ne saurait causer, à dose
normale, aucun trouble organique.
Arrivons maintenant à l'alcool.
Dire ses méfaits paraîtra presque une redite, mais c'est une certitude
que l'on ne saurait trop faire pénétrer dans la masse. Nos élèves
devront éviter toute boisson fermentée.
Notre intoxication par l'alcool est aussi de date récente,
D'après les travaux très documentés du Docteur Gourmont, la
consommation de l'alcool a triplé depuis 1850, ou plutôt depuis 1860, date
à laquelle le néfaste perfectionnement des appareils de distillation a
permis de tirer l'alcool non seulement: des fruits de nos climats: raisins,
pommes, poires, prunes, cerises, mais des betteraves, des pommes de terre, des
grains, des figues sèches et même du bois. On pense que, en dehors
des inconvénients que nous allons énumérer et qui sont ceux des alcools les
plus parfaits, ces produits chimiques, faits avec des substances aussi
imprévues que le bois, ont, en outre de leur nocivité naturelle, la
complication de la déformation industrielle de l'alcool. Ces alcools ainsi
faits ont généralement un goût spécial que l'on dissimule par des
essences violentes et particulièrement toxiques. Les absinthes à
bon marché — les chères ne valent mieux que sous le rapport de la qualité
de l'alcool — se font avec des alcools bons tout au plus a mettre dans des
réchauds ou tout autre moyen de chauffage. C'est cependant ce « tord boyaux »
qui est devenu le poison de notre pays. Il est des provinces, la Normandie
notamment, où les patrons donnent une forte proportion des salaires en
jetons d'alcool: aussi la taille des conscrits, ainsi qu'on peut le vérifier
facilement est-elle devenue la plus petite dans tout le pays, après
avoir été l'une des plus grandes.
A ce régime, les maladies qui proviennent de l'alcool ont doublé,
triplé, décuplé d'intensité. En 1830, il y avait 10.000 fous dans les asiles,
il y en avait 71.547 en 1910 et, sur ce nombre, une forte proportion
d'alcooliques: 25 0/0 en ce qui concerne les hommes, 10 0/0 en ce qui regarde
les femmes. En ajoutant les alcools aggravés par des essences comme l'absinthe,
le Docteur Legrain arrive à 28 0/0 d'alcooliques sur le nombre total et
considérable des fous. Depuis la guerre, la vente de l'absinthe est interdite
en France, mais, malheureusement, il reste en vente quantité d'autres boissons
toxiques.
L'alcool commet bien d'autres ravages. Les Docteurs Abramovski et Kuhne
ont démontré que, même ingéré à petite dose, il diminue la
mémoire. Il rend l'organisme sans défense contre les lésions pulmonaires: en
1870, il y avait à peine 23 0/0 de pneumonies mortelles, maintenant — ou
plutôt en 1898 — en nous rapportant aux statistiques des Docteurs Fernet et
Massart, ce pourcentage s'est élevé à 47. Les enfants d'alcooliques meurent
très souvent en bas âge et les statistiques démontrent, nous dit le
Docteur Gourmont, que, si la France réagissait contre l'envahissement toujours
croissant de ce dangereux produit, nous aurions un excédent moyen de 275.000
existences par an.
Enfin, la folie de l'alcool est bien loin d'être une folie douce,
et on a le plus grand tort de rire de l'ivrognerie. Le pochard inoffensif et
grotesque peut, sous une dose plus forte de poison ou sous la même
quantité de poison plus violent, devenir un criminel. En tout cas, il devient
un impulsif, incapable de résister à aucune suggestion; c'est un malade,
un dégénéré de l'esprit, une véritable loque qui se laissera entraîner au
crime, au vol par celui qui saura le dominer dans ses moments de faiblesse
intellectuelle et morale. Le Docteur Lannelongue estime que, si la vente de
l'alcool rapporte 300 millions à l'Etat, il doit, par le fait
même, dépenser ou perdre 2 milliards par diminution de salaires, frais de
répression, d'incarcération et de maladies.
Il est certain que l'alcool industriel est une des causes de cet état
de choses: il se répand facilement, sa production est illimitée et son prix peu
élevé. Il est non moins évident que l'alcool, sous toutes ses formes est un
poison, un véritable danger social.
Boire de l'eau rougie à ses repas comme on mettrait dans son eau
du citron ou du sirop — en éliminant la question du sucre — ne saurait
constituer un procédé d'intoxication, mais on n'imagine pas généralement la
quantité de vin que beaucoup de personnes peuvent absorber, tout en ne se
croyant nullement alcooliques, parce qu'elles ne boivent pas d'alcool à
l'état pur. Cette quantité peut aller de 2 à 14 litres par jour. Or,
comme le vin, même naturel, contient 100 grammes d'alcool à 100°
par litre, au minimum, la dose de toxique absorbée par ces « non-alcooliques »
est de 200 à 1.400 grammes d'alcool à 100° ou de 400 à
2.800 grammes d'alcool à la dose moyenne de 50°, ce qui dans le dernier
cas, fait plus de 3 litres. On comprend aisément que dans une proportion telle,
le poison corrode l'estomac, brûle le foie qui ne suffit plus à le
neutraliser, sclérose les artères, surexcite les nerfs, blesse les
poumons et endommage les reins qui n'arrivent pas à l'éliminer. Il en
résulte que, suivant la statistique du Docteur H. Martin, sur 304 enfants de 60
familles d'alcooliques, 132 moururent en bas-âge, 48 eurent des convulsions, 60
devinrent épileptiques, et il y en eut 64 qui parurent sains, mais prédisposés
naturellement à toutes les inflammations, à toutes les épidémies.
On conçoit maintenant, nettement, le danger que présentent les trois
aliments meurtriers: la viande, le sucre et l’alcool.
Méditons ces sages paroles du Docteur Paul Carton: « A faire usage
d'alcool, à faire usage de viande, à faire usage de sucre préparé
industriellement, on surexcite ses forces pour mieux les abattre ensuite, on
épuise sa vitalité, on prodigue ses réserves de vie, on détruit ses résistances
à la maladie, on aggrave toutes ses prédispositions morbides, ses tares
viscérales, et on accélère sa décrépitude. En une phrase, c'est
l'alcoolisme, le carnivorisme et le sucrisme qui forment, à l'heure
actuelle, les plus larges plaies dont souffre l'humanité. » (id., p. 5).
Il est antinaturel pour ceux qui veulent étonner la foule par leurs
performances physiques, de recourir à des produits toxiques.
L'expérience le prouve.
Le Docteur Haig dit nettement: « II résulte de mes recherches qu'un
régime entièrement débarrassé de viande, ainsi que de thé, de café et
d'autres substances végétales similaires contenant des alcaloïdes, est de
loin le meilleur pour former des athlètes. »
Et si nous faisons appel à l'opinion des psychistes, elle est
non moins éloquente.
M. Albert Caillet dit très judicieusement, parlant des aliments
meurtriers: « Le stimulant est une substance étrangère qui se substitue
à la Volonté pour fouetter le subconscient (ou inconscient) : c'est une
personne interposée, en quelque sorte, entre deux parties de nous-mêmes
et qui les divise de plus en plus, qui les sépare, tandis que notre but doit
être au contraire l'union la plus intime, la coordination la plus
parfaite de tous nos éléments constitutifs. » ( Albert Caillet — La Science de
la vie, Paris, 1913, p. 156. )
Nous pourrions multiplier ces exemples à l'infini, mais
n'avons-nous pas suffisamment souligné le danger que présente une alimentation
mal comprise ?
La vie moderne — surtout dans les villes — va à l'encontre des
lois de la nature. Nous sommes sans cesse comme des machines à l'état
maximum de tension, sans nous soucier de la répercussion de ce surmenage sur
notre organisme. Nous vivons au milieu de bruits qui surexcitent notre
système nerveux.
Quand nous allons quelque temps en pleine campagne, loin de toute
trépidation et que nous rentrons dans une grande ville, le bruit, l'activité
mal comprise, l'atmosphère empestée nous dérangent. Puis, bientôt, nous
voici repris par la suggestion puissante de la cité. Nous retrouvons nos
affaires. Nous revivons cette vie de fièvre au grand détriment de notre
santé physique et morale, du parfait contrôle sur nous-même.
Mais puisque la société est ainsi faite et que nous ne pouvons rien, ou
presque pour la modifier, cherchons au moins à connaître le danger
qu'elle présente, à l'étudier de près et à nous mettre
dans les meilleures conditions pour en souffrir le moins possible. C'est un
devoir vis-à-vis de nous-même et vis-à-vis de notre race.
Cherchons à bannir de notre régime tout excitant.
Sachons mieux nous diriger.
Apprenons à vouloir.
Le Docteur Paul Carton rappelle que, lorsque Rome voulut enrégimenter
ses gladiateurs, elle fut surprise de voir combien ses sportifs, ses colosses
offraient peu de résistance à une fatigue continue.
Il en fut de même au cours de la dernière guerre. Le
Docteur Gaston Durville a pu constater que les brancardiers qui « duraient » le
plus au rude métier qu'il leur fallait faire étaient des intellectuels
délicats, des séminaristes, des jeunes gens de la ville que leur volonté et le
sentiment du devoir soutenaient beaucoup plus que n'auraient pu faire la force
musculaire et tous les excitants du monde.
Nous avons donc en nous de quoi remplacer, par un usage judicieux de
nos efforts, le sucre, la viande, l'alcool. Il n'est pas besoin, pour augmenter
une production que, par nôtre entraînement, nous saurons rendre plus normale,
de détruire notre santé et d'hypothéquer à l'avance le trésor de force
que nous devons à nos fils.
Le stimulant auquel vous aurez recours sera une volonté puissante,
réfléchie, soutenue, toujours égale à elle-même. Elle sera
éclairée par un jugement sain, par une meilleure compréhension des lois de la
Nature. Vous vous sentirez chaque jour plus calme, plus maître de vous, plus
heureux.
Pour nous conformer très rigoureusement aux lois de la nature,
il nous faudrait mener une vie calme et paisible, manger peu et sainement,
vivre à la campagne, respirer un air toujours pur, loin des usines et
des villes, nous revivifier au contact des rayons bienfaisants du soleil,
centre de la vie universelle. Notre conception du bonheur en serait différente.
Notre esprit serait charmé de retrouver partout, dans le ruisseau qui coule, la
plante qui pousse, l'oiseau qui gazouille ou fait son nid, des exemples d'une
activité harmonieuse. Et nôtre cœur s'épanouirait comme la fleur aux
caresses du soleil; il deviendrait meilleur, plus grand, plus généreux ! Mais
combien peu, parmi nous, sont à même de réaliser ce rêve !
image
Fig. 8 — Diagramme représentant la valeur nutritive de quelques
aliments.
Les aliments sont considérés à poids égal. Plus la partie
teintée de noir est grande, plus l'aliment renferme de parties assimilables. On
voit donc, par ce diagramme, qu'à poids égal, la noix est plus nutritive
que le froment, celui-ci plus utile à notre organisme que les dattes,
etc... Le chou est le moins nourrissant parmi les aliments représentés ici.
Nous sommes esclaves de la société. Puisque nous ne pouvons
guère échapper à sa tyrannique emprise, cherchons au moins
à y vivre plus sainement. Quant au reste, faisons de notre mieux pour
nous adapter. Armons-nous de patience, de courage. Efforçons-nous de sourire
malgré le temps maussade. Attendons avec foi l'heure de notre affranchissement.
Et viennent les difficultés, elles nous trouveront prêts à
l'effort.
II est indiscutable que le premier problème à résoudre
est celui de notre alimentation.
Tout d'abord, il nous faut considérer la valeur nutritive des
différents aliments. Question primordiale. Les diagrammes ci-contre, que nous
empruntons à M. Otto Carqué (
Otto Carqué. — La Base de toute reforme.), donnent approximativement,
mais d'une façon suffisante pour nos lecteurs, une représentation graphique de
la valeur nutritive des principaux aliments.
image
Fig. 9 — Graphique représentant quatre diners de même poids, mais
de composition différentes.
Dîner n°1 — Huitres, soupe, poisson, roti, volaille, pikles, pomme de
terre, patisserie, pain blanc, beurre, glace, gâteaux, vin, café, moutarde,
vinaigre, povre, sucre.
Dîner n°2 — Soupe, viande, pomme de terre, épinards, laitue, pain
blanc, pudding, café, fromage.
Dîner n°3 — Haricots, laitue, pain de froment complet, fruits étuvés.
Dîner n°4 — Fruits crus, noix, céréales.
Le repas le plus utile à notre économie est le
quatrième ; le plus toxique est le repas n°1.
Dans le premier de ces diagrammes, les cercles, de même grandeur,
correspondent à un même poids, et les secteurs noirs indiquent la
partie assimilable par notre organisme. On voit que les aliments les plus
nourrissants sont les noix, puis viennent le froment complet, les dattes, le
fromage... L'aliment le moins nourrissant, dans ce tableau, est le chou, mais
son utilité est grande, car tenant beaucoup de place dans notre tube digestif,
il contente notre appétit, nous oblige à mettre un frein à notre
gloutonnerie, nous empêche d'absorber des produits toxiques, balaie nos
intestins et facilite ainsi les évacuations.
Dans le second diagramme, les grands carrés représentent quatre dîners
de même poids, mais de composition très différente. Les carrés
noirs intérieurs traduisent, pour chaque repas, la partie utile à notre
économie. On voit immédiatement que le menu le plus utile à notre
organisme, non seulement parce qu'il est le plus nourrissant mais aussi parce
qu'il encombre le moins nos intestins de déchets, c'est celui qui comporte
seulement des fruits crus, des noix, des céréales. Le moins nourrissant et le
plus toxique, c'est le dîner n° 1 qui, à côté d'aliments d'une valeur
alimentaire secondaire, comporte des excitants plus ou moins nocifs: pickles,
café, moutarde, vinaigre, poivre, sucre.
Les produits végétaux conviennent donc mieux à notre organisme.
Les œufs, pris sans excès — car l'excès en tout est un
défaut, — sont excellents.
Le Docteur Pascault écrit, au sujet de la valeur nutritive des produits
végétaux, du lait et des œufs : « Le raisonnement, les expériences
physiologiques et la pratique prouvent que nos besoins peuvent en toutes
circonstances être satisfaits par les amidons, les sucres, les graisses,
les albumines et les sels minéraux contenus dans les produits végétaux, le lait
et les œufs. Quelles que soient les conditions d'existence où nous
soyons placés, ces aliments sont ceux qui s'adaptent le mieux au fonctionnement
de la machine humaine, ceux qui entretiennent la vie avec le maximum
d'avantages et le minimum d'inconvénients; à tous les âges, dans toutes
les professions, et on peut même dire dans tous les pays, ces aliments
sont les aliments essentiels. » ( Docteur Pascault. — Les Aliments essentiels.).
Les fruits, parfaitement mûrs, sont très utiles à
notre organisme. Ils sont d'une telle valeur nutritive, sous un faible volume,
que beaucoup de naturistes conseillent un régime fruitarien absolu.
M. Albert Caillet n'hésite pas à écrire: « Parmi tous les
aliments, ceux qui sont le plus favorables à conserver à la
Volonté le plein pouvoir de la direction, du corps, sont les fruits: ce sont
eux qui communiquent au corps matériel le moins d'autonomie si l'on peut dire.
» ( Albert Caillet. — La Science de la vie, Paris, 1913, p. 158. )
M. Otto Carqué conseille de « revenir immédiatement à un régime
simple et frugal, ne comprenant que les fruits, délicieux et vivifiants,
consommés dans l'état où la Nature nous les offre. »
Mangeons en abondance des fruits, mais qu'ils soient parfaitement
mûrs. On préférera toujours les fruits nouvellement cueillis ou le sucre
est vitalisé, aux fruits secs. Toutefois les noix et les dattes sont parmi les
fruits les plus nourrissant. Ce serait, à notre sens, une faute de
vouloir vivre uniquement de fruits, mais faisons-leur une large place dans
notre alimentation journalière.
La meilleure boisson est l'eau, l'eau de source pure, sans propriété
médicamenteuse spéciale, prise en petite quantité, II est indispensable qu'elle
soit claire et limpide, sans goût. On la boira telle qu'elle vient
d'être tirée, pas trop fraîche. Ne la filtrer que si elle est trouble.
C'est commettre une erreur que de faire bouillir l'eau destinée à notre
table, car l'ébullition détruit les micro-organismes et, s'il en est de mauvais
— contre lesquels, d'ailleurs, notre organisme saura lutter — beaucoup sont
indispensables à la bonne élaboration des produits alimentaires que nous
ingérons.
L'eau, est, de toute évidence, la boisson idéale. C'est elle qui fait
croître la plante et qui désaltère l'animal. C'est elle qui, de l'avis
de tous les hygiénistes, convient le mieux à l'homme.
Le professeur Bouchard dit à son sujet: « L'eau prise en
boisson, l'eau absolument pure et simplement filtrée, est indispensable en
certaines proportions pour accélérer les actes de la désassimilation et
favoriser les métamorphoses organiques; elle est malheureusement bannie
actuellement de la table du riche et du pauvre; personne ne boit plus
aujourd'hui d'eau naturelle et cependant le manque d'eau fait que les produits
de la dénutrition s'accumulent dans le sang, les conditions de l'osmose sont
suspendues, et les produits excrémentiels accumulés viennent vicier les tissus
et les humeurs. Pour bien se porter, il faut boire au moins de un litre
à un litre et demi d'eau pure par vingt-quatre heures. »
Toute eau pure et sans goût convient à nos besoins et, quant
à nous, pour un organisme en bon état, nous ne voyons pas la nécessité
de recourir à des eaux minérales à concentration chimique marquée
(l'eau de Vichy, par exemple), dont la vogue est due surtout à une
habile et continue publicité. Encore une eau minérale n'a-t-elle de réelle
valeur curative qu'à la sortie même de la source. Une fois en
bouteille, elle perd très rapidement ses propriétés vitales ou radio
actives. L'usage de certaines eaux constitue à nos yeux un traitement qui
n'a d'utilité spéciale qu'en vue de supprimer certains troubles organiques.
Ceux-ci guéris, la belle eau de source ordinaire, prise modérément — et la dose
d'un litre à un litre et demi par jour est celle que nous conseillons —
nous paraît être la boisson la meilleure. Suivons, encore en cela,
l'instinct des animaux, eux qui, domestiqués, ne deviennent malades que par les
efforts souvent trop considérables que nous les contraignons à fournir
et aussi par l'alimentation mal comprise auxquels nous les soumettons. Au
contraire, quelle vigueur, quelle bonne santé présentent les animaux sauvages
qui ne bénéficient pas de la civilisation telle que la conçoivent les hommes !
L'eau est un excellent régulateur: elle nous est d'une grande utilité
pour aider notre organisme à se débarrasser des déchets alimentaires.
Notre intestin, paresseux parce que surmené, s'est-il laissé encombrer ? Il
nous est un moyen simple — et je dirai infaillible — de guérir une
constipation, même la plus opiniâtre, d'origine alimentaire: c'est de
boire à jeun, le matin de bonne heure, un grand verre d'une eau
naturelle, fraîche et pure. Ajoutez-y, pour augmenter son effet, quelques
grains de gros sel, si l'effet tarde à se manifester.
Dans tous les cas, on aura toujours avantage, surtout dans les cas
chroniques, à réveiller le travail intestinal par quelques effleurages
à nu sur le ventre, que l'on pratiquera soi-même, sans autre moyen
que la main. On se déshabillera et on s'étendra sur le lit, la tête
légèrement relevée par un oreiller, les genoux fléchis, les muscles du
ventre bien détendus. Pour exécuter cet effleurage, il suffit de poser, bien
à plat sur le ventre, sa main droite. Aucune raideur. Ne déployer aucune
force. La main étant dans cette position, décrire autour de l'ombilic (nombril)
une série de cercles réguliers. Partant du côté droit de votre ventre, votre
main passe sous les côtes, effleure le côté gauche et arrive au bas-ventre pour
retrouver le point de départ. Vous continuez ainsi, d'un mouvement peu rapide,
régulier. Que votre main épouse bien, de toute sa surface, les masses
musculaires. Et surtout, ne déployez aucune force: plus votre massage sera
léger et plus il sera efficace. Cinq à dix minutes — contrôlées avec une
montre près de soi, car on a tendance à abréger toujours les
soins ! — suffisent, en renouvelant chaque jour l'opération, pour remettre
bientôt en bon état les intestins les plus constipés.
Il est indispensable de libérer son intestin avec régularité. Vous vous
présenterez donc à heures fixes, de préférence le matin dès le
réveil et le soir, avant de vous mettre au lit. Vous vous présenterez
même sans en éprouver le besoin. Ce n'est que par l'accoutumance que vous
rétablirez le jeu de toutes vos fonctions.
Autant l'eau pure est excellente, autant déconseillons-nous l'usage des
« siphons », des « sodas », de toutes les boissons dites hygiéniques
travaillées chimiquement. On devra modérer l'ingestion de boissons fermentées
comme la bière et le cidre. Le vin, que d'aucuns recommandent en petite
quantité aux personnes âgées, est néfaste à l'organisme lorsqu'il est
pris de façon immodérée; il contient de l'alcool dont nous avons signalé les
dangers et, trop souvent, il a subi des préparations, des additions de produits
chimiques qui le rendent toxique. Le mieux serait de vous mettre à
l'eau, uniquement à l'eau. Mais si vous ne pouvez rompre dès
aujourd'hui avec vos habitudes et supprimer immédiatement tout excitant, mettez
au moins au fond de votre verre une faible quantité d'un vin aussi pur que
possible et remplissez le reste d'eau. L'effet excitant, nocif du vin sera
ainsi atténué.
L'usage du lait est à conseiller surtout aux enfants et aux
vieillards. Etant lui-même un aliment complet, il ne doit pas être
pris par l'adulte comme boisson aux repas, car il suralimenterait.
Si nous écoutions la voix de la sagesse, nous ne devrions introduire
dans notre tube digestif que des végétaux et de l'eau pure, pris en quantité
modérée. Mais nous nous sommes accoutumés à des excitations et celles-ci
nous sont devenues nécessaires. Nous ne pouvons rompre avec le passé que
progressivement. Si, du jour au lendemain, nous supprimions tous excitants,
nous serions incapables de faire un grand effort et une apathie, une gêne
même de nos organes accuseraient la nécessité des besoins factices que nous
nous sommes créés. L'intoxiqué a besoin de sa morphine, l'ivrogne ne peut se
passer de son alcool. Le retour, à la vie saine exige des ménagements,
sinon bien des à-coups sont à craindre. Tout au contraire, en
procédant méthodiquement, on rompt les plus fortes chaînes, on se libère
de toutes les habitudes morbides, si ancrées soient-elles. On marche d'étape en
étape, sûr de la victoire qui couronnera nos efforts.
Il nous a donc paru utile, nécessaire même, d'indiquer à
nos élèves une gradation à suivre dans leur cure de
désintoxication. Toutes les viandes, à poids égal, ne sont pas aussi
dangereuses à notre organisme: le gigot, les côtelettes, le jambon, le
lapin, le pigeon, le poulet, par exemple, sont moins toxiques que le chevreau,
les rognons, l'agneau, le foie (de veau, par exemple); ceux-ci encore moins
nuisibles à notre santé que le gibier (très toxique lorsqu'il est
faisandé), les viandes grasses, le foie gras, les charcuteries (à
l'exception du jambon), les tripes.
Une même classification s'impose pour le beurre, les œufs et
les laitages; les poissons, les crustacés et les coquillages; les végétaux et
les fruits; les sucreries, les entremets et les gâteaux; les boissons, les
potages, les sauces et les corps gras.
Nous ne saurions mieux faire, à ce sujet, que de reproduire les
tableaux ci-contre des aliments défendus, à surveiller et permis, que
donne le Docteur Gaston Durville dans sa-Cure Naturiste. Ces indications
s'adressent à la très grande majorité de nos lecteurs (troubles
nutritifs moyens). Seuls les malades gravement atteints ont besoin d'un régime
approprié à leur état ( L'établissement d'un régime nécessite un examen
médical qui peut être: fait à notre Fondation de Neuilly. ).
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Défendus
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A surveiller
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Permis
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Viandes (Boucherie, Charcuterie)
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Foie gras. Porc chaud. Pieds truffés. Cervelles. Ris et abats.
Triperie. Viandes très jeunes. Gibiers. Viandes grasses. Saucisses.
Saucisson. Boudin. Cervelas. Tête de veau.
|
Canard. Pintade. Oie. Foie. Rognons. Dinde. Mortadelle. Porc froid.
Veau (pas trop jeune).
|
Bœuf (filet, faux-filet,
rumsteak, beafteck, etc.) Cheval, Mouton. Côtelettes.
Gigot. Agneau. Lapin. Pigeon. Poulet. Jambon.
|
Poissons
|
Poissons salés, sèches, conservés, et fumés. Poissons en boîte
métallique (sardines à
l'huile, maquereaux en boîte, etc.) Morue. Raie. Anchois
|
Tout poisson ayant voyagé est dangereux pendant la
saison chaude. Poisson en
Sauce
|
Tous poissons de rivière
très frais et n'ayant
voyagé qu'au minimum. Parmi les poissons de mer, les poissons maigres
très frais : sole, merlan, harengs frais, les petits
poissons plats. Cuire à l'eau,
faire griller, ou frire à
l'huile. Hareng et Maquereau grillés
|
Crustacés et Mollusques
|
Tous sont mauvais;
homard, langouste, écrevisse, crabe, crevette. Tous les coquillages, sauf l'huître
(moule, coquille St Jacques, coque, palourde, etc.) Escargot.
|
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Huître.
|
Pains, Pâtes, Céréales
|
Pain complet.
|
Pain bis, pain de seigle.
|
Les pâtes sont toutes bonnes (vermicelle. macaroni, coquilles,
nouilles, semoule, tapioca, etc.). Il n'est jamais utile qu'elles soient aux œufs. Farines : blé,
sarrasin, avoine, orge, maïs.
Pain blanc et de ménage.
|
Sauces et Graisses
|
Saindoux. Lard. Beurre cuit. Margarines. Tip. Toutes
sauces compliquées, épicées.
Ragoûts (sauf ceux à l'huile, de temps en temps). Roux. Fritures
à la graisse et au beurre.
Epices: poivre, moutarde, piment, carry, pickles, cannelle, vinaigre
et tous acides.
|
|
Toutes graisses végétales: huile blanche, d'olive, d'arachide, de
noix. Cocose. Beurre végétal.
Fritures à l'huile.
Sauce blanche. Sel.
|
Légumes farineux
|
Toutes les légumineuses sèches: fève sèche,
haricot sec noir ou rouge. Pois sec, cassé ou décortiqué. Toutes les
conserves en boîtes métalliques.
|
Haricot blanc sec. Topinambour. Rave.
|
Toutes les légumineuses fraîches : haricot vert en gousses ou
écossés. Haricot blanc ou noir frais. Pois vert en gousses ou écossé.
Lentilles. Pomme de terre. Riz. Carotte. Salsifis. Crosne. Céleri.
Choux-rave. Rutabaga. Choux-navet.
Navet. Julienne. Betterave. Panais
|
Légumes verts
|
Rhubarbe. Aubergine. Oignon cru. Ail. Echalote. Choux de Bruxelles.
Choux gras. Tous légumes en boîtes métalliques.
|
Choux sans graisse. Radis. Oignon en sauce. Choucroute.
|
Epinard. Toutes salades crues ou cuites: laitue, romaine, mâche,
escarole, chicorée, pissenlit. Cresson cru ou cuit. Oignon rôti au four.
Blette. Poireau à l'huile. Asperges. Artichaut. Haricot et pois verts.
Endive. Tétragone. Arroche.
Cardon. Persil. Cerfeuil.
|
Œufs
|
|
|
Très frais: 2 à 3 par semaine. L'albumine (blanc) est plus digestive si l’œuf est bien cuit
|
Beurre et Laitages
|
Beurre cuit ou noir. Lait pur pris comme boisson aux repas. Fromages
forts: Roquefort, Cantal, Pont-Lévêque.
|
Camembert. Crème fouettée.
|
Beurre cru ou juste fondu, versé sur le plat, en servant. Lait au
petit déjeuner. Lait fermenté (képhir, yoghourt). Gruyère. Hollande.
Port-Salut. Petit Suisse (un petit suisse égale 2 œufs).
Double-crème. Crème. Fromage blanc. Brie. Coulommiers.
|
Potages
|
Tous potages gras et concentrés, même s'ils étaient végétaux.
Tous bouillons de viandes ou à extraits de viande (Liebig, etc.).
|
|
Tous potages aux légumes,
aux pâtes, ou aux céréales
(flocons d'avoine, etc.) Tapioca. Parfois soupe au lait.
|
Sucreries, Entremets, Gâteaux
|
Toutes les sucreries: bonbons,
caramels, chocolats, cacao,
fruits confits. Confitures, marmelades très sucrées, Tous entremets
très sucrés. Puddings.
|
Brioche. Miel.
|
Tartes aux fruits. Crèmes
renversées. Gâteaux aux amandes. Pain d'épiée. Beignets à
l'huile. Biscuits secs (à
la cuiller, petit beurre,
fours). Croissant. Petits pains. Gâteau de riz (y ajouter des fruits frais).
Gâteau de semoule. Meringue. Crêpe à l'huile.
|
Fruits
|
Fruits pas mûrs. Marmelades trop sucrées.
Confitures.
|
Tomate. Groseille.
|
Pruneau. Melon. Citrouille.
Châtaigne. 0live. Champignons Tous beaux fruits de saison très
mûrs, frais ou secs, naturels ou en marmelades à peine sucrées:
pomme, poire, cerise, pêche, prune, orange, amande, abricot, noisette,
ananas, framboise, banane, datte, figue.
|
Boissons
|
Tous alcools, apéritifs, amers,
vins toniques, pharmaceutiques, fortifiants.
Vins vieux. Vins sucrés. Sirops. Thé fort. Café fort.
|
|
Eau. Eaux minérales (bues
à leur source). Vals. Bières légères. Cidre. Vin avec
eau. Tisanes (Camomille, fl. d'oranger, tilleul). Café de Malt.Malt Kneipp
|
En s'inspirant de cette classification des aliments — en défendus,
à surveiller et permis — chacun pourra modifier de façon heureuse son
régime alimentaire. Mais, nous le répétons, dans les cas graves, un avis médical
s'impose.
Savoir ce qui convient très exactement à la machine
humaine, quel combustible nous devons y introduire, quelle activité est bonne
ou mauvaise, quel rythme optimum nous ne devons pas dépasser est une tâche
essentiellement délicate.
En médecin qui connaît bien des secrets de la nature humaine, en
psychologue habitué à suivre le jeu des forces psychiques, notre ami et
collaborateur, le Docteur Marcel Viard, dont nous sommes heureux de reconnaître
ici la grande conscience professionnelle, écrivait dernièrement ces
lignes qui s'adressent à tous ceux qui veulent se guérir et se
perfectionner:
« II faut bien faire ce que l'on fait. Il y a un abîme entre une chose
bien faite et la même chose mal faite. C'est dire assez qu'au point de
vue naturiste, il ne faudra pas se contenter d'un à peu près. Un
régime excellent pour quelqu'un pourra donner les pires résultats chez le
voisin. Certains exercices physiques donneront de beaux muscles et une belle
santé à certains sujets et les mêmes exercices en tueront d'autres,
D'où il résulte qu'un contrôle médical sévère est indispensable.
Pour conserver sa santé, il est nécessaire de connaître quelles sont les
ressources de son organisme, ce qu'il est capable de supporter, ce dont il a
besoin pour résister à l'infection. Toute institution de régime
doit-être précédée d'un examen minutieux de tous les organes. C'est en
visant à la perfection absolue qu'on arrivera à un équilibre
parfait. L'effort doit être rythmé, que cet effort soit physique,
intellectuel ou moral. A tout effort doit succéder un repos qui lui est
proportionnel. Telle est la loi du rythme ! C'est la seule façon d'éviter la
maladie, autant que faire se peut et la méthode psycho-naturiste nous en donne
le moyen. » (Docteur Marcel Viard. — La Fondation Henri Durville: le but
qu'elle se propose. Journal du Magnétisme, juin 1923.)
Sages paroles à méditer. Cette méthode psycho-naturiste est
précisément celle qui est appliquée à notre Fondation de Neuilly
où, sous la direction médicale du Docteur Marcel Viard, les malades
retrouvent, s'il est temps encore, la santé, la sérénité, le bonheur.
S'il est indispensable de s'inquiéter de la qualité de nos aliments, la
question se pose ensuite de savoir comment il faut introduire dans notre tube
digestif — en quelle quantité, sous quelle forme, à quelles heures
notamment — les éléments qui vont servir à fabriquer la force nerveuse
et réparer tous nos rouages à mesure de leur usure. Il faut tenir compte
de la résistance de notre poche stomacale qui, surmenée, se dilaterait; il est
nécessaire de se préoccuper des sécrétions internes qui aux différents étages
de l'usine digestive — bouche, estomac, intestins — ont pour but de transformer
les produits ingérés.
Notre alimentation journalière peut être prise en
trois-repas: repas léger du matin, repas de midi, repas du soir. Vouloir
supprimer une fonction aussi essentielle que la digestion ou la réduire
à sa plus simple expression, comme certaines méthodes orientales le
préconisent, est aussi illogique qu'exiger d'une chaudière qu'elle
fonctionne sans lui donner de combustible. En tout, méfions-nous des
excès. Mais ce serait aussi commettre des errements, autant
préjudiciables à notre santé, que de s'astreindre à un seul repas
par jour. Des troubles graves de l'estomac, de l'intestin, du foie, entre
autres sont toujours les justes conséquences de telles erreurs physiologiques.
Tout écart des lois de vie saine, tout acte qui tend su perturber le rythme de
nos fonctions se paie. La nature reprend toujours ses droits. Heureux, le jeune
présomptueux qui espère commander en maître aux forces conservatrices de
la vie si une lésion irréparable n'est pas la conséquence de sa témérité.
L'expérience nous montre la nécessité de prendre nos aliments, au cours
d'un jour, en plusieurs fois. Et l'habitude française de fixer les repas le
matin au saut du lit, à midi au milieu des travaux de la journée et le
soir après l'effort nous paraît excellente. Quant à la quantité
moyenne à ingérer à chacun de ces repas, les tableaux suivants
donneront au lecteur des indications suffisantes. Ces documents, que nous
empruntons à l'Art de vivre longtemps du Docteur Gaston Durville,
indiquent les rations de base pour deux adultes sédentaires pesant 60 à
70 kilogrammes.
Le Repas du Matin
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ration
POUR adulte SÉDENTAIRE
|
pesant
60 kg.
|
pesant
70 kg.
|
|
Lait
|
200 gr.
|
250 gr.
|
|
Pain à croûte, ou
rassis ou grillé.
|
70 gr.
|
80 gr.
|
|
Beurre
|
20 gr.
|
25 gr.
|
|
ou mieux:
|
|
|
|
Pruneaux crus, trempés dans
l'eau
|
|
|
|
depuis la veille (Carton)
|
10 à 12
|
12 à 15
|
|
|
|
Pain
|
60 gr.
|
80 gr.
|
|
ou encore:
|
|
|
|
Fruits frais (pomme, poire,
poche,
|
|
|
|
figue, raisin, cerise)
|
150 à 200 gr.
|
200 à 250 gr.
|
|
|
|
Pain
|
60
gr.
|
80
gr.
|
|
|
Le
Repas de Midi
|
ration
pour adulte sédentaire
|
pesant 60 kg.
|
pesant 70 kg
|
|
I. — Hors d’œuvre végétal
(Artichaut concombre, rave, céleri,
radis, tomate).
|
50 gr.
|
50 gr.
|
Ou bien
|
Légume vert (haricots verts, pois
verts, poireau, salade cuite, julienne).
|
3 cuillerées
|
4 à 5 cuillerées
|
|
II. — Aliment azoté, viande (voir
la liste)
(on peut très bien s'en
passer)
|
50 à 60 gr. (la valeur d'une petite côtelette)
|
70 à 80 gr.
|
Ou mieux
|
Aliment farineux (riz, pâtes,
carotte, pomme de terre, céréales, haricots frais blancs, etc.)
|
3 à 4 cuillerées
|
4 à 5 cuillerées
|
|
III. — Salade à l'huile.
(peu de vinaigre, ni citron) une assiettée
une assiettée
|
une assiettée
|
une assiettée
|
|
IV. — Dessert:
Fromage
(Gruyère, Brie, Hollande,
Suisse, Coulommiers, fromage
blanc)
|
morceau moyen (25 gr.)
|
un bon morceau (35 gr.)
|
Ou mieux
|
Fruits (pomme, poire, pèche,
prune, raisin, etc.)
|
150 à 250 gr.
|
200 à 300 gr.
|
|
V. — Pain
|
90 à 110 gr.
|
110
à 120 gr
|
|
VI. — Boisson (eau, vin et eau,
cidre, bière)
|
un verre
|
un verre 1/2
|
Le
Repas du Soir
|
ration
pour adultE sédentaire
|
pesant 60 kg
|
pesant 70 kg.
|
|
I. — Potage aux légumes (avec 20
gr. de pain) ou aux pâtes.
|
Assiettée moyenne
|
Bonne assiettée
|
|
II. — Aliment farineux (à
choisir parmi ceux de midi)
|
2 ou 3 cuillères
|
3 ou 4
cuillères.
|
|
III. — Légume vert.
|
3 bonnes cuillères
|
4 bonnes cuillères
|
Ou bien
|
Salade
|
assiettée
moyenne
|
bonne
assiettée
|
|
IV. — Dessert (fromage ou fruit).
|
comme à midi
|
comme à midi
|
|
V. — Pain
|
60 à 90 gr.
|
90 à 110 gr.
|
|
VI. — Boisson
|
un verre
|
un verre 1/2
|
Ces
menus, nous l'avons dit, sont des menus-type s'adressant à des personnes
à peu près normales, mais sédentaires, donc ayant besoin de peu.
Pour les travailleurs manuels, ces rations paraîtront insuffisantes, mais il
faut se méfier de tout excès. Le mieux, pour la majorité de nos
lecteurs, est d'adopter une ration intermédiaire entre celle qu'ils absorbent
actuellement et celle que donnons comme base.
En, cas de maladie, demander toujours l'avis
d'un spécialiste.
Absorber
des aliments bien choisis en qualité et en quantité n'est pas tout. Il faut
encore savoir manger.
Tout
travail exige pour être exécuté au mieux, des conditions
particulières. Pour s'accomplir selon le rythme prévu, notre digestion a
besoin de calme. Vous discutez, peut-être, activement en mangeant, sans
songer le moins du monde à l'importance de vos fonctions digestives.
D'autre part, si vous êtes seul à table, le désir de retourner
précipitamment à vos affaires, vous fait dévorer en quelques instants,
un repas qui devrait demander un temps sensiblement plus long. Dans l'un et
l'autre cas, vous mâchez mal vos aliments. Comment vous étonner ensuite qu'ils
produisent en vous de grandes perturbations ? En agissant de la sorte, vous
oubliez qu'une partie de la digestion s'accomplit dans la bouche. C'est
là que, sous l’influence de la ptyaline ou amylase qui est un ferment
soluble que renferme la salive, les féculents commencent à se modifier
chimiquement. La première opération transforme les féculents en sucre de
maltose. Ce sucre ne devient assimilable que grâce au suc intestinal et au suc
pancréatique qui, dans l'intestin, le dédoublent en glucose. Mais ces
opérations ne s'accomplissent que si les féculents ont été, dans la bouche,
suffisamment écrasés et imprégnés de salive. Les avaler sans les mâcher, c'est
donc leur retirer toute utilité nutritive; c'est encombrer vos organes sans en
tirer aucune utilité.
Pour les
autres aliments, une mastication insuffisante présente d'autres inconvénients.
D'abord vous ne savez pas jusqu'à quel point vous pouvez répondre de
votre estomac et der votre intestin. Ensuite, pourquoi leur imposer un travail
pour lequel ils ne sont pas faits ? C'est les détraquer à coup
sûr. C'est vous créer des maladies. Enfin, il ne faut pas croire que les
aliments de facile déglutition puissent sans inconvénient être avalés
sans être mâchés. Il n'y a rien de moins exact: les purées farineuses,
par exemple, pour les motifs indiqués plus haut quand nous parlions des
féculents, doivent être soigneusement triturées par les dents. Faute de
ce soin, cette préparation recommandée aux malades, avec raison, comme légère
et bienfaisante, devient sur l'estomac un poids inutile.
« Manger
trop vite, a dit Brillat Savarin, est un défaut et un défaut grave, car il
annonce un homme qui ne sait pas vivre et il compromet la santé en apportant
après lui des digestions difficiles et pénibles. »
Horace
Fletcher nous recommande de mastiquer très soigneusement les aliments,
de les mâcher, de les triturer quatre fois plus longtemps que nous n'en n'avons
l'habitude; il nous recommande aussi de mastiquer longuement, non seulement les
bouillies et les purées, mais aussi les boissons afin que notre salive s'y
mêle intimement. Il est certain que lorsque nous engloutissons hâtivement
des aliments, les trois quarts et même les quatre cinquièmes ne
sont pas digérés. En fletchérisant (livre page 92)
notre nourriture, nous assurons à nos aliments une assimilation
parfaite; nous diminuons les fermentations intestinales, causes de tant de
maux; nous supprimons radicalement tout encombrement intestinal. Qui ne
voudrait s'efforcer de suivre ? ces sages recommandations ?
Si votre
gloutonnerie vous a donné des troubles, même graves, vous pouvez y
remédier par une hygiène de votre digestion. Les Docteurs Pascault et
Monteuuis insistent sur le rôle de la mastication dans le traitement des
maladies chroniques liées à l'arthritisme, et on sait qu'elles sont
nombreuses. Ils conseillent, à ceux qui veulent se guérir
eux-mêmes,. de faire l'expérience suivante:
«
D'abord prenez le temps de manger, leur disent-ils, et si, a midi par exemple,
vos occupations ne vous permettent pas de rester à table, réduisez la
quantité d'aliments, quitte à vous rattraper le soir. Au petit déjeuner
du matin, vous avez plus de loisirs ? Alors, mâchez votre lait, la bouche
fermée, en le brassant avec la langue et les joues, dix, vingt fois de suite;
mâchez votre pain (lequel sera grillé et non trempé) pendant dix secondes,
montre en main, puis pendant quinze, vingt, trente secondes, jusqu'à ce
qu'il soit absolument réduit en bouillie; ne comptez pas y arriver du jour au
lendemain, sachez attendre et persévérer. Faites de même aux grands
repas; cassez du pain dans votre soupe (c'est peut-être incorrect, mais
c'est très salutaire); mangez vos purées avec des croûtons; entre
chaque plat, toujours pour apprendre à mâcher, croquez une ou deux noix
ou noisettes; en somme, mastiquez méthodiquement tout, principalement les
potages, les purées, le pain et tous les mets dans lesquels entre de l'amidon
sous une forme quelconque.
Vos
dents, incisives, canines et molaires sont des couteaux, « des crocs, des meules.
Ils doivent accomplir leur besogne. La nature les a mis dans votre bouche pour
que vous puissiez couper, déchirer et broyer les aliments. Travail préparatoire
indispensable aux mystérieuses combinaisons chimiques qui vont s'opérer dans
les profondeurs de vos organes. Ce premier : acte est intimement lié à
ceux qu'il précède. Vous devez donc maintenir vos dents en bon état, les
préserver de toute carie, de toute altération.
Vous
pouvez éviter tous ces inconvénients:
1°. — En
diminuant l'ingestion d'aliments et de boissons sucrés (cidre doux) et surtout
le sucre et les sucreries;
2°. — En
lavant vos dents à la brosse énergiquement à votre lever et
à votre coucher et aussitôt après chaque repas; en garnissant
votre brosse, de temps en temps, de craie menthée qui nous paraît être un
dentifrice des meilleurs; cette craie menthée se trouve chez tous les
pharmaciens et est d'un prix modique;
3°. — En
recourant au dentiste dès que vous apercevrez le moindre point noir sur
vos dents. Faites les plomber si elles ne sont pas trop cariées. Et si votre
dentition est par trop mauvaise, faites-vous faire, par un dentiste compétent,
une pièce dentaire; elle vous est indispensable pour la parfaite
mastication de vos aliments.
Buvez le
moins possible aux repas. C'est une très mauvaise habitude que de boire
beaucoup en mangeant; c'est elle qui nous pousse à déglutir des
nourritures insuffisamment mastiquées. Un verre à un verre et demi par
repas est une quantité que nous ne devrions pas dépasser. Certains hygiénistes
conseillent même de supprimer toute boisson pendant l'ingestion des
aliments et de boire le verre d'eau, soit aussitôt le repas terminé, soit dans
le courant de la journée, mais manger sans boire paraîtra difficile à
beaucoup.
Ne lisez
jamais au cours d'un repas. Détendez votre esprit. Evitez toute dépense
d'énergie psychique. La plus grande partie de vos forces nerveuses doit se
concentrer autour de vos centres digestifs où elle est indispensable.
Que vos
repas soient toujours pris aux mêmes heures. La régularité dans toute
votre conduite, — repas, travail, repos, — est indispensable si vous voulez
parvenir à la parfaite maîtrise. Observez la nature, et vous trouverez
en elle un rythme merveilleux auquel vous vous conformerez de plus en plus.
Tout y demeure soumis: le jour succède à la nuit; la mer, sous
l'influence lunaire, manifeste une activité régulière avec son flux et
son reflux; les astres gravitent majestueusement sur leurs orbes; les saisons
se succèdent dans un ordre immuable; la plante, toujours aux mêmes
époques, germe, croît, fleurit et meurt; les animaux se lèvent et se
couchent aux mêmes heures, se reproduisent à des saisons
déterminées. C'est la loi du Rythme et du Cycle que nous avons développée dans
nôtre ouvrage: La Science secrète.
Les
anciens hermétistes ont soutenu cette théorie que l'être humain ou petit
monde (microcosme), n'est qu'un reflet du grand monde (macrocosme) et qu'il est
soumis aux mêmes lois. C'est là une profonde vérité pour qui
observe et réfléchit. Mais il faut sortir du brouhaha du monde pour atteindre
les hautes cimes. Là haut, le regard étreint le panorama enchanteur...
Ce
rythme, cette palpitation sont visibles en nous: nous les constatons dans notre
activité nerveuse (à une période de veille, d'activité, succède
une période de sommeil, de repos) dans notre fonction circulatoire (contraction
et détente du cœur, systole et diastole), dans notre jeu respiratoire
(aspiration et expiration de l'air). Cherchez donc à vous conformer
à cette cadence qui est une des Lois de la Vie. Travail et repos bien
proportionnés. Réveil et sommeil aux même heures »
Prenez
vos repas avec régularité. Le matin au saut du lit et le soir avant de vous
mettre au lit, présentez-vous même sans; en éprouver le besoin. Vous nous
avez compris.
Les
médecins se sont posé la question de savoir si nous devons prendre de
l'exercice aussitôt après le repas. Il est certain que tous les
suralimentés éprouvent, après avoir mangé, une pesanteur d'estomac, une
lourdeur générale, des poussées de chaleur, une sensation désagréable de trop
plein, et qu'ils n'ont qu'une hâte, celle de s'enfoncer dans un fauteuil et d'y
attendre une délivrance que leur organisme fatigué ne leur donne pas avec toute
la célérité qu'ils souhaiteraient. Mais nous sommes là en présence de
cas pathologiques, et: l'être qui se nourrit logiquement et sainement
n'éprouve jamais aucun trouble.
Le
mouvement stimule toutes nos fonctions. Il s'ensuit donc que l'exercice
aussitôt après le repas — un exercice doux, modéré, comme la marche, —
ne peut être qu'excellent et nous le conseillons à ceux dont les
fonctions digestives ne sont pas trop profondément troublées. Marche
régulière, d'un pas assez actif sans être cependant rapide,
pendant un quart d'heure à une demi-heure. Durant cette promenade,
respiration ample et bien rythmée et dérivation de l'esprit vers des idées plus
calmes. Cette stimulation sera de la plus grande utilité aux nerveux, aux
agités, aux hommes d'action, aux travailleurs de l'esprit, aux surmenés; elle
permettra à tous ceux qui surproduisent de rejoindre leur bureau avec la
tête dégagée, un cœur plus joyeux, un esprit plus lucide, un corps
plus souple. Aux tournants de la vie, aux heures de crises, avant de prendre de
grandes décisions, ces promenades aident le dolent à se ressaisir,
à lutter, lui donnent une conscience, plus nette de la direction
à prendre, de l'ordre à donner, du geste à accomplir..
Stimulant
de la digestion, la marche est également un excellent apéritif. Nombreux sont
ceux qui, une fois leur travail terminé, s'empressent de courir au café et y
absorbent, en guise d'apéritifs, des drogues novices ! Les amis arrivent et les
« tournées » se succèdent ! Ils se condamnent eux-mêmes, ces
imprévoyants, aux pires maladies. Si ces épaves de cabaret, au lieu de chercher
au fond de leurs verres une excitation factice, se décidaient à lui
substituer une marche de quelques minutes, non seulement ils ne
brûleraient plus leurs entrailles, mais ils trouveraient dans cette
habitude un appétit normal, la maîtrise d'eux même, le mieux-être,
le bonheur.
Toute
personne soucieuse de sa santé, de son équilibre physiologique et moral, peut
rompre aisément avec certaines habitudes si elles ne sont pas trop invétérées.
Si vous vous laissez tenter par quelques apéritifs, réagissez contre cette funeste
suggestion et, dès aujourd'hui, prenez la résolution de vous en passer.
Cet acte volontaire sera déjà un premier succès et le
bien-être que vous en éprouverez vous engagera à persévérer dans
la voie que nous vous traçons. Mais il n'est pas facile — il est même
dangereux — d'abandonner du jour au lendemain un régime mal compris pour en
adopter un meilleur. Il faut bien vous représenter que la viande, l'alcool, le
sucre que vous absorbez journellement sont des excitants. Ils font mouvoir
votre machine, remplissent vos centres nerveux d'une surabondance de forces,
d'où, chez beaucoup, une activité débordante, une exubérance de paroles,
des emportements sans motif. Cette excitation viendrait-elle à vous
manquer subitement que votre organisme en profiterait pour se débarrasser
immédiatement des poisons que vous y avez entassés, d'où crises aux
formes multiples: abattement profond, crampes d'estomac, douleurs plus ou moins
vives, idées noires, difficulté et quelquefois impossibilité de faire le plus
petit effort mental ou physique, diarrhée abondante, poussée de boutons et tant
d'autres désordres !
image
Fig. 10.
— Type d'homme normal physiquement.
Considéré
sous son aspect physique, l'être humain doit présenter une musculature
puissante. Il doit se tenir à égale distance de la maigreur et de
l'embonpoint. Des muscles capables de produire un effort, des articulations
souples se prêtant à la marche active, une poitrine bien
développée, un port noble, voilà les caractéristiques essentielles de
l'être sain physiquement. Ajoutons à cela une volonté calme et
persévérante, un cœur toujours prêt à donner lu meilleur de
lui-même et voici brossé le portrait de l'être magnétique.
Du jour
au lendemain, supprimez à l'alcoolique ses petits verres et il subit une
crise pouvant le conduire aussitôt à la mort. Le morphinomane, privé
brusquement de son poison, qui s'était substitué entièrement à sa
volonté, devient une loque humaine incapable du moindre effort; son organisme
profite aussitôt de ce répit pour drainer tous les éléments toxiques,
d'où ces diarrhées profuses, ces abcès énormes. Ces réactions de
défense occasionnent chez l'intoxiqué une grande dépense d'énergie qui se
traduit par un affaiblissement psychique considérable: le malade est
asthénique, sa raison le fuit et il ne voit la délivrance que dans un honteux
suicide.
image
Fig. 11
et 12. — Type d'intoxiqué au foie proéminent.
Comparez
la silhouette de ce gérant de café au type d'homme normal physiquement que nous
reproduisons ci-contre. On voit aussitôt quelles perturbations profondes
amène dans l'organisme l'abus prolongé des apéritifs, des digestifs et
autres drogues toxiques. Ce gérant de café — que nous représentons nu, à
droite, pour mieux montrer sa déchéance morphologique — au foie hypertrophié
qui lui donne ce ventre débordant, à la démarche lourde et pesante,
incapable d'un effort physique et mental, mourra brusquement.
Pourtant,
toutes ces victimes de la drogue peuvent être guéries — par une
désintoxication progressive, sagement comprise et par une éducation de leur
volonté. Mais c'est une tâche délicate qui exige, pour être menée
à bien, une connaissance profonde de tous les facteurs psychiques. Ce
n'est pas la place de dire comment nous ramenons au parfait contrôle
d'eux-mêmes éthéromanes, opiomanes, cocaïnomanes, morphinomanes et
autres toxicomanes. L'exposé de ces méthodes fera l'objet de travaux
ultérieurs.
Ce qu'il
importe de noter ici, c'est le danger que présente le brusque retour à
la vie saine. Le mécanisme est le même pour tous les intoxiqués, mais
à des degrés différents. L'alcoolique a besoin de son poison. Le
morphinomane ne peut se séparer immédiatement de sa drogue sans en souffrir
cruellement dans son corps et dans son esprit. Celui qui se gave à
besoin, durant quelque temps encore, de sa viande, de son sucre, de son alcool.
Il ne faut pas méconnaître cette vérité. Nous devons donc, doucement, modifier
les conditions de fonctionnement de l'usine humaine afin que son rendement
s'améliore sans cesse.
«
Supprimer brusquement les deux tiers ou les trois quarts de la ration d'un gros
mangeur, dit le Docteur Gaston Durville, c'est l'amener à des troubles
certains. De même qu'une maladie vient lentement, de même le
traitement qui rendra la santé ne peut être que doux et progressif. Il
est dangereux de priver brutalement un gros mangeur de son poison, car ce
poison, en même temps qu'il le tue, le fait vivre. » ( Docteur Gaston
Durville. — L'Art de vivre longtemps, Paris, s. d., 2e édit. p. 126. ).
Nombreux
sont ceux qui, d'emblée, ont voulu passer d'un régime carné abondant à
un régime végétarien absolu. Alors qu'ils croyaient en retirer immédiatement
plus de bien-être, plus de santé, plus de calme, ils n'y ont trouvé que
faiblesse, abattement et maux nouveaux. Ils ont cru faire leur essai dans les meilleures
conditions; cependant, leurs habitudes antérieures les ont poussés à se
gaver encore et, craignant secrètement en eux-mêmes que la
quantité de légumes qui leur était conseillée ne leur apportât pas toute
l'énergie qu'ils en attendaient, ils ont forcé la dose. Leur estomac a cédé
à cet entassement et s'est dilaté. Heureux si leur excès s'est
arrêté, avant que se produisent de douloureuses crampes stomacales ! Cette
inquiétude qui nous laisse supposer, avant même que nous commencions tout
essai de désintoxication, que notre nouvelle ration sera insuffisamment
nourrissante, nous devons la combattre. Sachons nous dégager de toute idée
préconçue et mettons-nous dans les conditions qui faciliteront notre
succès.
Ceux-là
qui ont échoué, par suite de leur empressement, avaient sans doute une volonté
très développée, mais elle a été insuffisante à surmonter la
crise. Ils sont revenus déçus, désemparés peut-être, à leurs
aliments meurtriers ! Ils ont incriminé le régime végétarien, alors que leur
précipitation est seule responsable de leur échec.
Le
régime le plus sévère est le régime fruitarien. Il est
particulièrement difficile de s'y accoutumer et les troubles qu'il
suscite au début sont des plus importants. Un médecin naturiste, dont le nom
nous échappe, les signale ainsi:
image
Fig. 13.
— Le martyre de l'obèse.
Suralimentation
et sédentarité voilà deux grands fléaux dont souffrent bien des gens.
Sous l'influence d'un gavage intensif, le foie s'hypertrophie démesurément et
donne au ventre l'aspect d'un tonneau bien rebondi; le corps s'empâte
lourdement. Un véritable désastre pathologique. Quelle déchéance ! La
modification morphologique entraîne tout un cortège de troubles
organiques et psychiques: dyspnée, somnolence après les repas, impossibilité
de se mouvoir, d'accomplir un acte volontaire. La fatale apoplexie guette ces
intoxiqués florides qui meurent toujours brusquement.
« Beaucoup de patients éprouveront, lors de
leur première expérience du régime fruitarien, l'impression que leur
état, loin de s'améliorer, empire. Mais les symptômes désagréables, qui si
souvent se manifestent au début et empêchent tant de gens malades de
persévérer sont en réalité le prélude d'un heureux changement. Le corps,
à cause des anciennes habitudes diététiques pernicieuses, est encombré
de matières morbides; le régime alimentaire naturel lui donne toujours
une recrudescence de vigueur, et alors il cherche à se débarrasser de
tous les éléments surabondants et nuisibles accumulés pendant des années dans
tout le système. L'activité croissante du système nerveux, du
tube digestif et de toutes les autres parties de l'organisme, provoquera
fréquemment une lassitude temporaire, physique et mentale. Mais celui qui
persévérera dans son nouveau régime, verra bientôt ces malaises céder la place
à un bien-être, que jamais auparavant il n'avait connu. Point de
victoire sans lutte ! »
Nous ne
saurions donc trop vous mettre en garde contre le danger que présente un
changement brusque de régime. Ce qu'il faut, c'est procéder méthodiquement, sans
précipitation, avec une volonté décidée, calme, soutenue. Pour arriver au but,
vous mettrez quelques semaines, peut-être quelques mois. Mais ne
serez-vous pas encouragé à persévérer, quand chaque jour vous apportera
un mieux-être et que se précisera au loin au merveilleux horizon de
santé, de puissance et de joie ?
Puisqu'on
a pu dire avec un sens très précis des réalités que la plupart de nos
concitoyens sont des « gavés », étudions le moyen pratique de nous accoutumer,
sans dommage, à un régime plus sain. La marche à suivre nous est
indiquée en ces termes par le Docteur Gaston Durville:
« Un
gros mangeur mange-t-il, par exemple, à chaque repas, deux plats de
viande, ou un gros plat de viande et un plat trop nourrissant, remplacer le
plat de viande en trop, ou le plat trop nourrissant par une assiettée de
légumes verts (la salade crue en est le type). Diminuer d'abord la qualité
nutritive du repas et laisser intacte la quantité. Les légumes verts, par la
cellulose qu'ils contiennent en grande abondance constituent, même sous
un gros volume, une ration limitée, car la cellulose est à peine
absorbée. L'appétit, de la sorte, est satisfait; le malade ne souffre pas.
«
Quelque temps après, je limite la quantité d'aliments, et je commence
par la ration de pain (le français mange beaucoup trop de pain; l'excès
de substances amylacées absorbé peut fermenter dans l'intestin). La quantité de
boisson aux repas doit diminuer en même temps que la ration solide. Boire
trop en mangeant, c'est laver le contenu stomacal, c'est refroidir la
chaudière stomacale, c'est diluer à l'excès les sucs
digestifs. Pourtant l'intoxiqué à soif. Il a même d'autant plus
soif qu'il est intoxiqué; chez lui, le besoin de liquide est une défense de
l'organisme, un effort de la nature pour diluer les poisons. L'assoiffé devra
donc boire à sa soif, mais il boira aussi loin que possible des repas.
En mangeant, un verre et demi de boisson doit suffire. Une mastication
méthodiquement surveillée aidera puissamment à limiter l'appétit. »
(.Art de vivre longtemps).
La
limitation de la quantité des aliments à ingérer une fois obtenue, on
fera un choix parmi les aliments, et on éloignera les plus toxiques.
Vous
chercherez donc à bannir de votre table les aliments qui conviennent le
moins à votre organisme et que nous avons défendus, pour leur préférer,
dans l'un de nos tableaux, les aliments « à surveiller », et ne
conserver finalement que ceux qui sont permis et qui assurent le parfait
fonctionnement de l'usine humaine.
Voilà
de sages conseils qui permettront, à la très grande majorité de
nos élèves, de quitter seuls, sans surveillance médicale et sans crainte
de troubles, ni de difficultés insurmontables, un régime mal compris. Pas de
défaillances surtout ! Le but à atteindre est un soleil tout radieux dont
les rayons éclairent votre route, réchauffent votre cœur, réconfortent
votre âme ! Courage, ami !
Le
régime que nous conseillons est celui qui convient le mieux à l'homme.
L'expérience journalière le prouve. S'il nous fallait chercher d'autres
témoignages qu'il nous serait facile d'en réunir !
Bornons-nous
à l'un d'entre eux. Nous en trouvons un, oh combien éloquent ! dans ce
fait qu'en recourant directement à la nature, à une alimentation
saine, à l'air pur et aux rayons bienfaisants du soleil, on guérit les
maladies les plus graves; voire même la tuberculose.
Ecoutons
ce que dit à ce sujet le Docteur Jules Grand:
« Ce
qu'il faut donner pour aliments aux tuberculeux, ce sont des fruits, des
céréales, des végétaux choisis avec soin, parmi ceux qui s'adaptent le mieux
à l'état de leurs fonctions digestives; du lait; en un mot un régime
capable de calmer l'ardeur de la fièvre au lieu de l'exciter.
«
L'alimentation végétale, composée de céréales, de fruits et de légumes
herbacés, dit-il encore, est la seule qui convienne aux tuberculeux. Les sucs
des végétaux alimentaires, outre qu'ils sont de puissants microbicides, peuvent
fournir à l'organisme tous les éléments phosphatiques ou autres,
nécessaires à la réparation et les lui offrir, non plus extraits de corps
en décomposition, mais dans des formes où s'est condensée la radiation
solaire, hautement vitalisant et encore tout imprégnée de forces cachées.
«
Lorsque la maladie, est déjà déclarée, l'alimentation végétarienne est
encore la seule qui convienne à toutes les périodes. Elle ranime
l'appétit, soutient les forces digestives défaillantes et cela par une
incitation douée et toute physiologique, nullement comparable à
l'excitation violente provoquée par la viande et qui, dans un organisme déjà
aux prises avec un état de fièvre plus ou moins continu, ne peut
qu'aggraver le désarroi préexistant et avancer l'heure où la déroute de
cet organisme sera complète. »
De son
côté, le Docteur Carton mène, depuis plusieurs années, une active
campagne pour que, dans le traitement de la tuberculose, soit substitué au
régime dit fortifiant, à la suralimentation meurtrière, un régime
sain, surtout végétal et fruitarien. Un régime alimentaire pur est une des clés
de la santé.
« Quand
je soutiens, dit le Docteur Paul Carton que la cause principale de la
tuberculose réside dans les erreurs et les excès alimentaires et que par
conséquent l'alimentation rationnelle, aboutissant peu à peu au
végétarisme, apparaît comme son seul remède, j'ai conscience du heurt
violent que mes idées vont provoquer. Je sais à quels préjugés
invétérés, à quels errements enracinés, elles vont se buter, mais j'ai
foi dans la force et la vérité des idées que je défends. »
Ces
efforts ne resteront pas vains et nous voyons chaque jour revenir de leur erreur
de nombreux médecins qui, il y a quelques années encore, gavaient à
outrance leurs pauvres tuberculeux. Les voici maintenant actifs propagandistes
de la cure naturiste ! Et il grossit chaque jour, le nombre des malades guéris
par un retour graduel et logique à la saine nature !
Une
alimentation sérieusement vérifiée, mise au point est une nécessité
individuelle, une nécessité sociale. Nous ne saurions trop le répéter : c'est
une profonde erreur de croire qu'en se gavant de viande, en surchargeant son
estomac de stimulants, on obtiendra un meilleur rendement physique, un travail
cérébral plus intense. Faut-il vous citer encore quelques faits pour étayer nos
dires ? En voici quelques-uns et nous pourrions en ajouter des milliers:
Pour les
performances physiques: marche, course, natation, bicyclette, etc... les
athlètes végétariens ont obtenu les meilleurs résultats.
Le
lieutenant de vaisseau Hébert, créateur d'une méthode de culture physique, vit
de légumes et de fruits. C'est un athlète complet. Encore mange-t-il ses
légumes crus, après les avoir fait tremper toute une nuit dans l'eau
salée. Voici ses menus de la journée. Le matin: une orange, une pomme, 200 grammes
de lait ou de cacao; à midi, 4 ou 5 pommes de terre en robe de chambre,
5 à 6 amandes, autant de noisettes, 2 châtaignes crues, 4 dattes, 2
figues, pain noir et beurre; le soir 4 châtaignes crues, 6 amandes, 6
noisettes, fromage, pain et beurre, demi-assiettée de riz au sucre et au miel.
Le tout lui revenait — en 1917 — à 0 fr. 75 ou 1 fr. par jour. Malgré
l'augmentation du coût de la vie, on vivrait encore ainsi à un
prix très réduit, on vivrait sainement, se sentant le corps alerte,
l'esprit dispos, en possession de forces physiques et morales considérables.
Quant au
point de vue cérébral, il n'y a qu'une alimentation légère et saine,
d'où seront exclus les excitants, qui puisse vous donner une force,
continue de travail, un équilibre merveilleux qui vous fasse sentir, à
tous les instants, la joie de vivre.
Le grand
Newton, pendant qu'il découvrait les principes du calcul infinitésimal, vivait
de pain bis et d'eau.
Notre
expérience personnelle, déjà longue, nous prouve chaque jour combien
nous sommes dans la bonne voie ! La direction de vie que nous suivons nous
permet de sentir chaque jour en nous une stabilité plus parfaite, des forces
toujours renouvelées, une volonté plus calme, plus décidée, plus maîtresse
d'elle-même; elle nous amène sans cesse à une compréhension
plus haute et plus nette de nos devoirs.
Ami
lecteur, je vous le crie bien haut, de toutes mes forces, du plus profond de
moi-même, avec l'ardeur enthousiaste de ma conviction, avec toute la
sincérité de mon cœur, avec toute la chaleur de mon âme. Je veux, je veux
qu'aujourd'hui soit un jour qui marque dans votre vie. Un jour béni qui
décidera de votre bonheur. Si vous étiez près de moi combien il me
serait facile de vous décider ! Pourtant, bien qu'éloigné, vous lisez ces pages
que j'ai composées pour vous avec toute ma ferveur. A cette heure, vous
êtes donc un peu devant moi-même. Ne sommes-nous pas face à
face comme deux amis ? C'est toute ma pensée que vous retrouvez dans ces
lignes. Malgré la distance, mon pouvoir n'est pas moins réel. D'invisibles
radiations vont émouvoir votre être, une suggestion puissante va pénétrer
votre cœur. Allons, c'est décidé ! C'est pour vous-même, c'est pour
augmenter le bonheur de votre famille, c'est pour vous rendre plus utile aux
autres, c'est pour le bien-être de votre race ! Vous décidez aujourd'hui
de vivre une vie plus logique, plus saine, plus harmonieuse. Peut-être la
route sera longue ! Mais qu'importent les obstacles ? Avec mon aide, vous en
saurez triompher. Dès ce jour votre ligne de conduite; est de vous
perfectionner.
Résumé
Voici
les vérités essentielles que vous ne devez pas oublier.
Une
alimentation, rationnellement comprise vous est nécessaire pour obtenir un
parfait équilibre organique, psychique et moral.
La
plupart des maux proviennent de deux erreurs que nous commettons en nous
alimentant:
Nous
mangeons trop;
Nous
mangeons mal.
Lorsque
vous violez ainsi doublement les lois de la nature, vous encrassez vos
machines, vous perturbez vos fonctions, vous diminuez votre contrôle sur
vous-même.
Une sage
direction ne doit provenir que de votre conscience, de votre volonté calme et
réfléchie. Point n'est besoin de stimulants. Redoutez donc l'alcool.
Méfiez-vous de la viande et du sucre industriel.
Arrêtez-vous
à un régime sain et sachez vous y conformer strictement.
Vous
faciliterez le travail de votre digestion en suivant ces sages conseils :
Mangez
avec calme, avec bonne humeur, sans précipitation;
Mâchez
longuement vos aliments et si vos dents ne sont pas en parfait état, recourez
aussitôt aux soins éclairés d'un dentiste;
Buvez
peu: un verre et demi au déjeuner et au dîner, c'est une quantité suffisante;
Que
votre boisson préférée soit l'eau, l'eau pure, limpide, sans goût et sans
propriété chimique spéciale;
Ne lisez
jamais à table;
Aussitôt
après le repas, si vous vous sentez en parfait état, marchez environ une
demi-heure d'un pas assez actif, sans cependant être précipité;
Ayez en
horreur tous les apéritifs qui tous coupent l'appétit et empoisonnent lentement
votre organisme;
Prenez
vos repas toujours aux même heures;
Assurez
le parfait fonctionnement de votre intestin;
Surtout,
que votre retour à un régime normal soit progressif.
Telle
doit être votre discipline alimentaire. Observez-la et-vous vivrez
heureux.
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