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Conclusion
« Pourquoi annoncerais-je au monde ce que
j'ai conquis au prix de tant d'efforts ? — La vérité restera cachée pour ceux
qu'emplissent le désir et la haîne. — C'est une chose pénible à
atteindre, profonde, inaccessible à l'esprit grossier. — Ils ne pourront
la voir ceux dont les désirs terrestres enveloppent l'esprit de ténèbres. »
Paroles du Bouddha,
« Vous n'êtes vraiment sage que si
votre sagesse se transforme sans cesse de votre enfance à votre mort.
Plus le sens que vous attachez au mot sage devient beau et profond, plus vous
devenez sage; et chaque degré que l'on gravit en s'élevant vers la sagesse
augmente aux yeux de l'âme l'étendue que la sagesse ne pourra jamais parcourir.
»
Maeterlinck. — Sagesse et Destinée.
« Tout homme a soif de bonheur et cherche
satisfaction. Il se trompe aussi longtemps qu'il s'imagine la trouver dans l'abandon
à ses désirs, aussi longtemps qu'il fait de lui-même le centre et
le but de son effort. Son esprit s'épuise en vain sur lui-même. Ce n'est
pas dans l'action pour l'action, ni dans le « plaisir », qu'il trouvera la
satisfaction de ses désirs, mais dans la conscience qu'il est dans le droit
chemin, qu'il emploie ses forces d'une haute et noble manière. »
Woodrow Wilson,
Quand un homme se trouve lui-même.
CONCLUSION
Ce Cours marque une première étape. — Un
terrain nouveau offert à l'adepte. — La recherche du moi transcendantal.
— La vie est une marche continuelle en avant. — La Loi de l'Evolution. — Tout
ce qui arrive, arrive justement. — La vision bienheureuse du Sage. —
L'irréductible paix du cœur.
Le présent Cours avait pour but de mettre le
néophyte en face de lui-même, de lui faire découvrir ses faiblesses, ses
inconséquences, mais en lui faisant sentir tout aussitôt que rien n'est
irréparable, en lui montrant la voie qui conduit vers les hauts sommets. Celui
qui nous a suivi, récoltera une ample moisson. Mais, dans notre pensée, ce
n'est là qu'un début, le premier stade de notre enseignement.
« Une seule chose importe, a dit Novalis, c'est
la recherche de notre moi transcendantal. »
C'est ce moi supérieur qu'il importe de libérer
en soi, qu'il faut aider à s'épanouir et ceci est un travail supérieur
à celui que nous venons de terminer. C est un terrain tout nouveau que
doit défricher l'adepte, mais qui le comblera des plus hautes joies. Cette
nouvelle partie du problème, cette sorte de couronnement de l'édifice
intellectuel a fait l'objet de notre Science secrète. C'est à cet
ouvrage que nous renvoyons le néophyte soucieux de parfaire son développement.
Les sages, les philosophes, les penseurs de
toutes les époques se sont retirés du monde pour méditer et tous se sont rendu
compte que le hasard n'est pas la cause des événements terrestres, moins encore
de notre naissance dans ce monde. L'homme ne vient pas ici ou là; il
n'est pas un isolé; il est lié à des parents, à une famille,
à une patrie, à une race, à une époque antérieurement
fixés pour le mieux de son Evolution. Mais si le cadre extérieur de sa vie est
fixé par des lois inéluctables, il lui est loisible de s'en libérer par
l'esprit, de s'élancer par la pensée, hors de ce monde, à la
conquête d'autres cieux.
De grands courants régissent les événements de
ce monde. Il ne nous est pas possible de les vaincre, mais il nous est permis
de les connaître et de leur demander appui. Plus fort que tous les courants qui
tombent habituellement sous nos regards et rectrice de notre Devenir, la Loi de
l'Evolution domine les êtres. Nul ne peut y échapper. Elle nous entraîne
vers le complet épanouissement de notre personnalité.
Comme l'a dit Mulford: « La vie est une marche
continuelle en avant. Si nous avançons ainsi, mieux vaut regarder devant nous.
Et tout avance, tout évolue, même les choses les plus grossières
et les plus simples en apparence. Une force toute puissante, éternelle et
incompréhensible nous tire en Avant. Mais pendant que tout s'en va ainsi de l'avant,
nombreux sont les traînards qui continuent à regarder derrière
eux. Inconsciemment, ils constituent un obstacle à la force
bienfaisante. Agir ainsi équivaut à s'attirer du mal, de la souffrance,
de la maladie et du désespoir. » (
Prentice Mulford. — Les Lois du Succès. )
Cette connaissance est à la fois une
force et une consolation. Nous n'avons aucune raison de nous révolter contre
des événements que nous avons mérités. L'être humain accomplit son cycle.
Pareil à la graine qui est jetée en terre, il germe, croît, se
développe, fructifie. Chaque graine qu'il a produite donnera une plante
nouvelle pareille à la plante dont elle dérive. Telle est la loi qui
gouverne toutes choses. Tout est cycle. Tout est soumis à des matins
incertains, à des midis éblouissants, à des soirs qui sombrent,
à des nuits qui semblent éternelles et qui ne sont cependant que le
berceau d'une nouvelle aurore. Cette règle est celle des hommes, des
civilisations, des mondes. Rien ne meurt. Tout se transforme pour renaître sous
une forme plus pure.
Et cette Loi est juste; c'est la seule qui
satisfasse pleinement notre besoin de justice et d'espérance. Qu'importent
alors nos peines ici-bas si elles sont la rançon d'une plus haute évolution !
L'Inde antique nous a transmis cette connaissance
qu'elle tenait elle-même de civilisations précédentes.
On lit dans le Dhammapada:
« Ni dans les airs, ni au milieu des océans, ni
dans les profondeurs des montagnes, nulle part il n'existe d'endroit où
l'on soit à l'abri des conséquences de ses actes. »
Cette loi, c'est celle du Karma, celle qui nous
fait dès cette vie, nous libérer des fautes commises, à la
condition que nous n'appesantissions pas leur poids, nous préparant ainsi de
nouvelles et pénibles purifications. C'est ce qu'exprime le livre sacré des
hindous appelé Majjihima Nikaya, dans ces termes:
« Comme les arbres sont différents suivant la
variété de leurs semences, de même la destinée des hommes est diverse
selon la diversité des œuvres dont ils subissent les effets. »
Marc Aurèle dit plus brièvement
encore: « Tout ce qui arrive, arrive justement. »
Puisque tout est juste, puisque les faits de
cette vie sont la conséquence des actes antérieurs, il faut donc employer la
vie actuelle à nous perfectionner pour atteindre le plus vite possible
au sommet lumineux de notre Evolution. C'est notre esprit d'abord qui
s'élèvera jusqu'à ces sommets ensoleillés. C'est lui qui, dans
une vision lucide, se rendra compte de nos imperfections et tâchera de les
guérir — s'il domine l'inconscient. Une fois mis en la droite voie,
l'inconscient suivra son maître et le devancera parfois. Pour ce faire, il faut
ouvrir son cœur, le faire épanouir de telle sorte qu'il prête
à l'esprit, toujours un peu froid, les ailes de l'amour et de l'enthousiasme.
C'est la Loi que Jésus a exprimée et par laquelle il a changé le monde:
Aimez-vous les uns les autres.
Si nous étions pénétrés de cette divine morale,
si elle se répandait chaque jour davantage, il n'existerait plus de conflits en
ce monde et les maux de cette vie se réduiraient à ceux que la Nature
impose: morts, maladies, séparations. Encore seraient-ils allégés par la
conscience que nous avons de la nécessité de ces traverses. Si nous comprenons
la Loi de l'Evolution, notre vie est droite, bien remplie d'actes utiles, noble
en elle-même et digne de nous conduire vers les nouveaux horizons d’une
Evolution supérieure.
Telle est la voie du sage, de l'adepte. Et le
premier fruit qu'il y cueille est l'irréductible paix du cœur. Il sait que
tout est nécessaire dans la vie. Il a remonté des effets aux causes. Il sait
que, sous des apparences parfois dures, les Lois qui le régissent sont justes
et bienveillantes. Il accomplit son devoir sachant qu'il en sera rétribué.
Tat, fils d'Hermès, ayant reçu
l'initiation, dit à son père ces paroles que le Pimandre nous a
transmises:
« Tu nous a conduits, ô père, à
la contemplation du bien et du beau, et cette contemplation a presque sanctifié
l'œil de mon intelligence, car elle n'est pas comme les rayons de feu du
soleil qui éblouissent et font fermer les yeux; au contraire, la contemplation
du bien augmente d'autant plus la puissance du regard qu'on est plus capable de
recevoir les flots de la splendeur idéale. C'est une clarté vive et pénétrante,
inoffensive et pleine d immortalité. Ceux qui peuvent s'en abreuver entrent
souvent, en quittant le corps, dans la vision bienheureuse. »
Cette vision bienheureuse est le but de
l'initiation, tel que nous le précisons dans notre Science secrète.
Il faut, avant toute chose, se révéler à
soi-même, s'étudier sans vaine complaisance pour connaître ce qui nous
manque, ce que nous devons acquérir pour aller vers la perfection. Mais, avant
même d'y atteindre, nous avons la vive joie de posséder et de connaître
ce « moi transcendantal » dont parle Novalis. C'est lui qui nous arrache
à la matière et à ses contingences et nous permet de nous
élever jusqu'à la contemplation des régions sereines où nous
aborderons un jour.
Celui qui a entrevu cette lumière
commence une nouvelle vie. Bien que tendrement penché sur les misères de
ses frères, il possède en son cœur un trésor de contentement
qui le rend peu accessible à ses propres ennuis. Il n'aperçoit plus les
épines d'un chemin qui conduit à la joie parfaite.
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