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Magnétisme expérimental et curatif
« L'âme peut agir non seulement sur son
propre corps, mais aussi sur les corps éloignés; elle peut, en conséquence, les
attirer, les fasciner, les rendre malades ou les guérir. »
Avicenne. — De la nature.
« II y a dans l'homme une énergie telle, que,
par sa seule volonté et son imagination, il peut agir hors de lui, imprimer une
vertu et exercer une influence durable sur un objet très éloigné. La
volonté est la première des puissances. L'âme est douée d'une force
plastique qui, lorsqu'elle a produit (au dehors) une substance, lui imprime une
force, et peut l'envoyer au loin et la diriger par la volonté. Les idées ainsi
revêtues d'une substance agissent physiquement sur les êtres
vivants par l'intermédiaire du fluide vital. Elles agissent plus ou moins, suivant
l'énergie de la volonté qui les envoie, et leur action peut être
arrêtée par la résistance de celui qui les reçoit. »
Van Helmont.— De magnetica vulnerum curatione.
« II n'y a qu'une maladie et qu'un
remède. La parfaite harmonie de tous nos organes et de leurs fonctions
constitue la santé. La maladie n'est que l'aberration de cette harmonie. Le
remède général est l'application du Magnétisme. »
Mesmer (CCCIXe
Aphorisme recueilli par le Dr Caullet de Veaumorel).
« L'homme a la faculté d'exercer sur ses
semblables une influence salutaire, en dirigeant sur eux, par sa volonté, le
principe qui nous anime et nous fait vivre. On donne à cette faculté le
nom de magnétisme ; »
Deleuze.— Instruction pratique sur le
Magnétisme animal.
« Qui fixera une limite à
l'influence d'un être humain ? Il est des hommes qui, par leur pouvoir
sympathique, entraînent des nations avec eux et dirigent l'activité de la race
humaine. Et s'il existe un lien tel que partout où va l'esprit de
l'homme la nature l'accompagne, peut-être est-il des individus dont
l'influence magnétique a le pouvoir d'attirer les forces matérielles et
primordiales, ds sorte qu'où ils apparaissent d'immenses ressources
s'organisent autour d'eux. »
Emerson.
« Le magnétisme est une de ces grandes et
sublimes vérités que l'intelligence de l'homme repousse d'abord; son immensité
lui cause autant d'effroi que de surprise, sa raison chancelle, et il
préfère nier que de chercher à approfondir ces mystères
qui semblent renverser les lois qu'il a déjà fondées, et qui lui paraissent
immuables, comme si la nature avait dit son dernier mot, comme si la science
devait se condamner à une éternelle immobilité. Le magnétisme est la
science des sciences ! »
Ch. Lafontaine.— L'Art de magnétiser.
« Avec le magnétisme appliqué selon les règles
de l'Art, le mari peut presque toujours guérir sa femme; réciproquement,
celle-ci guérir son mari et ses enfants. »
Hector Durville.
COMMENT AGIT LE MAGNÉTISME
Le magnétisme considéré comme agent physique. —
L'être humain générateur et accumulateur de force. — Le champ de
rayonnement de l'être humain. Analogie avec le champ magnétique de
l'aimant. — La polarité du corps humain. L'être humain comparé à
un assemblage de deux aimants en fer à cheval. — Polarité secondaire. —
Action de la volonté sur la force magnétique. Deux exemples pour faire
comprendre cette action.
Le temps est loin où l'on en était
encore à démontrer l'existence du Magnétisme. Non seulement il a fait
ses preuves — il les avait faites au moment où il subissait les plus
absurdes négations, — mais il est admis dans les milieux les plus réfractaires
et le magnétisme thérapeutique est même entré dans la médecine
officielle.
Cette force de la nature est connue depuis la
plus haute antiquité, ainsi que mon père, Hector Durville l'a prouvé
dans son Histoire raisonnée du Magnétisme ( Hector Durville. — Histoire
raisonnée du Magnétisme et du Psychisme pratique. ). Son action peut être
constatée à l'aide d'appareils de laboratoire, contrôlée par les
méthodes d'investigation les plus sévères. Dans d'autres travaux, nous
avons montré que cette force magnétique est visible dans des conditions qui
excluent toute fraude ou hallucination; qu'elle a une action physiologique
incontestable, indépendante de toute suggestion ou auto suggestion; que son action
vitale ne se limite pas à l'être humain, mais qu'elle agit
nettement, sans aucun doute possible, sur les plantes, les animaux et les
microbes. Dans le présent Cours nous ne reviendrons pas sur ces faits; il nous
paraît plus utile de nous appesantir sur les lois qui régissent les actions
magnétiques et ces actions elles-mêmes.
L'être humain est un générateur et un
accumulateur de force. D'où nous vient cette énergie mystérieuse ?
Nous la possédons tous en naissant, comme nous
possédons de la force musculaire, mais notre hérédité influe sur son intensité,
de même qu'elle influe sur notre santé et sur notre constitution.
Quelques-uns, sans étude préalable, possèdent cet influx à un
puissant degré et peuvent, même à leur insu, exercer autour d'eux
une action qui attire, équilibre, réconforte, guérit.
II ne faut pas croire, cependant, que
l'influence de l'hérédité soit inattaquable et que nous devions pâtir
jusqu'à la mort des tares de nos ascendants ou bénéficier, quoi qu'il
arrive, de leur heureuse santé. Notre tempérament n'est pas immuable; il peut
être modifié profondément, surtout si nous nous en préoccupons de bonne
heure et si nous continuons à nous conformer aux lois de vie saine avec
une inlassable persévérance. Nous avons montré la voie à suivre au début
du présent travail. Si, sans insuffisance ni excès, nous donnons
à nos organes, ce qu'il leur faut pour réparer l'usure
journalière; si, maîtrisant nos impulsions, nous économisons notre force
nerveuse, nous arrivons bientôt à être riche en vitalité, en force
nerveuse, en magnétisme.
L'équilibre organique, le « self » contrôle, le
développement rationnel des facultés de l'esprit tels doivent être les
buts que se propose d'atteindre celui qui veut acquérir le pouvoir magnétique.
Nul ne peut espérer conquérir cette force souveraine s'il ne se préoccupe de
l'usine humaine, s'il oublie que tous les rouages réagissent les uns sur les
autres. Un fonctionnement parfait et durable ne saurait provenir que de soins
égaux — ou du moins équivalents — aux trois composants de l'usine: le corps, le
conscient et l'inconscient.
Certains êtres malingres, en possession
d'un organisme délabré, ont pu, à certains moments, laisser croire
qu'ils disposaient d'une force magnétique abondante. Peut-être même
ont-ils donné l'impression d'être doués exceptionnellement. Mais la
source qui apparaissait devoir couler abondamment s'est vite tarie. C'est que
la production de l'influx magnétique est intimement liée à notre état
physique et moral.
Quiconque veut devenir un centre de forces doit
donc, avant tout, conquérir la santé, la maîtrise. La volonté intervient
ensuite pour disposer utilement des réserves nerveuses accumulées. Mais il faut
une volonté puissante, calme, persévérante, toujours égale à
elle-même. L'impulsif qui se laisse emporter par la colère, le
timide qui se laisse griser par un moment de courage, né d'une cause
extérieure, ne sont pas des volontaires: que l'excitation disparaisse, ils
retombent aussitôt dans l'inertie. Avant de commander aux autres, il faut commander
à ses nerfs. Avant de songer à distribuer des forces, il faut
sentir en soi-même une surabondance d'énergies.
Il ne faut pas croire que, pour une personne
bien développée, le fait de magnétiser soit une fatigue qui épuise les réserves
nerveuses. C'est, au contraire, un excellent exercice. De même qu'un
athlète qui s'entraîne puise de nouvelles forces dans des exercices
journaliers bien compris, de même, le magnétiseur augmente sans cesse son
pouvoir. La dépense d'énergie vitale occasionnée par la magnétisation fait une
sorte d'appel et la réserve loin de s'épuiser se renouvelle incessamment. Le
magnétiseur n'a donc pas à craindre de voir diminuer ses forces vives.
Ses plexus nerveux se chargeront à mesure des dépenses. Evidemment,
surtout dans les débuts, il ne faut pas se laisser entraîner par un zèle
inconsidéré. Si vous marchez avec exagération, vous éprouvez de la courbature;
vos muscles, encombrés de cellules usées, deviennent durs et douloureux. Il se
passe quelque chose de comparable pour le magnétiseur novice qui veut abuser de
son pouvoir: il agit à tort et à travers, donne sans compter et
bientôt il se sent en dépression. Mais cet état n'est nullement inquiétant:
quelques minutes d'isolement, une série de respirations profondes, et l'opérateur
se sent bientôt en possession de nouvelles forces. Bien souvent, même
après cette « recharge » des centres nerveux, il se trouve beaucoup plus
fort que précédemment; il éprouve une sensation inconnue de bien-être,
d'équilibre, de puissance, de liberté physique et inorale. .
La meilleure preuve de l'innocuité du
magnétisme, c'est le grand âge où sont morts la plupart des magnétiseurs
célèbres: Mesmer vécut 81 ans, le marquis de Puységur, son disciple
direct, 74, Deleuze 82, le baron du Potet 85 et le grand magnétiseur Lafontaine
89. Et, fait à considérer, plus ces grands maîtres avançaient en âge, et
plus leurs cures étaient rapides et nombreuses. Nous pouvons encore citer
l'exemple de Hector Durville: mon père n'a jamais obtenu d'aussi belles
cures que dans sa robuste vieillesse; il est mort en 1923 à l'àge
de 75 ans; sa vie fut un modèle de labeur obstiné. Ces exemples
suffisent à prouver que le magnétisme ne saurait nuire à la santé
de l'opérateur.
Les plexus de notre système grand
sympathique — et spécialement le plexus solaire — paraissent être les
centres où se tient en réserve la force magnétique. Mais cette force
rayonne autour de ces accumulateurs, pénètre tout notre corps et, se
répartissant suivant des lois immuables, se polarise, c'est-à-dire que,
suivant les régions du corps où elle se manifeste, elle se présente avec
une modalité positive ou négative.
La force magnétique ne se limite pas à
la forme exacte du corps; elle la dépasse et forme tout autour d'elle une
atmosphère, une « aura », un champ de rayonnement qui est toujours
beaucoup plus intense aux pôles.
L'aimant nous révèle cette loi de
polarité. Faisons l'expérience suivante: prenons un barreau aimanté, posons sur
ce barreau une large feuille de carton, et, sur cette feuille, répandons avec
une passoire une couche très régulière de limaille de fer.
Frappons doucement ou, mieux, faisons vibrer la feuille de carton. Nous voyons
aussitôt toutes les particules de limaille se grouper en formant la figure
ci-contre.
Cette figure doit retenir toute notre attention
car elle est profondément instructive. Que voyons-nous ? Ce qui saute aux yeux
des moins avertis, ce sont ces lignes — appelées lignes de forces par le
physicien. Elles sont constituées par les particules de limaille de fer que
nous avons déposées sur le carton. Ces particules attirées par une puissance
invisible, se sont groupées selon un plan invariable grâce à l'énergie
magnétique qui émane de l'aimant. Et fait curieux: ce sont les extrémités de
cet aimant — les deux pôles — qui se montrent actifs.
Il en est de même chez nous. Le
magnétisme humain est soumis à des lois identiques à celles qui
régissent le magnétisme minéral. En dehors de tout acte volontaire, nous sommes
constamment des émetteurs d'énergie. Et c'est par analogie avec la force émanée
des aimants que le dynamisme humain a pris nom de magnétisme (de magnes,
aimant). L'analogie est parfaite avec cette différence toutefois que le corps
humain n'est pas comparable à un barreau, mais à un assemblage
d'aimants en fer à cheval; le barreau aimanté et le corps humain ont
tous deux leur atmosphère, leurs pôles négatifs et positifs, leurs
lignes de forces et leurs points neutres. Tous deux, par la présence de
polarités inverses ou semblables, créent des attractions ou des répulsions.
La photographie montre nettement le rayonnement
humain et l'analogie qu'il présente avec le magnétisme de l'aimant. Les deux
clichés ci-contre, obtenus par le Docteur Narkiewicz Jodko, sont significatifs
à cet égard.
Notre magnétisme suit donc cette loi physique:
il est polarisé. D'autre part, il se répand autour de notre corps et un peu
au-delà, formant une ambiance, une atmosphère d’autant plus vaste
et puissante que notre santé est meilleure, que notre maîtrise est plus
parfaite, que notre volonté est plus puissante.
Si notre état général, est excellent, nos
effluves sont puissants; au contraire, en cas d'anémie, de neurasthénie, de
prostration notre émission est presque nulle.
image
Fig. 119. — Champ magnétique de l'aimant.
Nous sommes polarisés et nous possédons un
champ de rayonnement en rapport avec notre santé physique et morale. Ce
rayonnement a lieu en raison d'une loi naturelle et sans que nous fassions quoi
que ce soit pour cela. Mais il nous est possible de diriger ou de régler
l'émission de cette force magnétique. Nôtre volonté a prise sur elle; elle peut
la diriger comme il lui plaît sur telle ou telle partie du corps; une
concentration mentale, une auto suggestion puissante peuvent grouper ces forces
au plexus solaire (situé derrière l'estomac) et de là, les faire
rayonner dans une direction déterminée. Nos gestes, s'ils sont combinés en vue
de cet effet, peuvent également faciliter la projection de notre influx nerveux
vers le but à atteindre, et notre regard — qui peut être considéré
comme un geste des yeux — peut donner à ces émissions volontaires la
plus efficace des impulsions. Enfin, certains corps: la cire, l'eau, l'ouate
entre autres, se chargent de ces radiations, les conservent, comme certaines
substances absorbent la lumière et d'autres l'électricité. Ils
deviennent ainsi de véritables accumulateurs de dynamisme humain.
Ces différents points méritent quelques
développements. Etudions tout d'abord la polarité du corps humain.
image
Fig. —120 Effluves de deux mains de nom
contraire (homme et femme) se repoussant
Cliché obtenu par le Docteur Jodiio.
La Polarité du corps humain.
Dès le XVIe siècle, des
hermétistes: Paracelse, van Helmont, Robert Fludd, considèrent que le
corps humain est un émetteur de forces; que ces forces présentent des vertus
particulières; que ces vertus varient selon l'endroit du corps
d'où elles émanent. Puis, après un long oubli, le magnétisme
renaît avec Mesmer qui affirme dans sa 9e proposition: « II se
manifeste particulièrement dans le corps humain des propriétés analogues
à celles de l'aimant. On y distingue des pôles également divers et
opposés qui peuvent être communiqués, changés, détruits ou renforcés. »
Cette conception est reprise par Deslon, élève direct de Mesmer, mais
elle ne fut approfondie que par le baron Reichenbach. Après plus de
trente années d'expériences poursuivies avec des sujets sensitifs, ce psychiste
autrichien établit:
image
Fig. — 121 Effluves de deux mains de femmes de
même nom s'attirant. Cliché obtenu par le Docteur Jodko.
1°. — Que le corps humain est polarisé;
2°. — Que les pôles opposés brillent de
couleurs différentes;
3°. — Que les sensations éprouvées au contact
ou simplement à l'approche d'un pôle sur une partie quelconque du corps
ne sont pas les mêmes que sous' l'action de l'autre pôle;
4°.— Que ces particularités s'observent non
seulement avec le corps humain mais avec presque tous les corps ou agents de la
nature.
Sans connaître les recherches du baron de
Reichenbach, mon père, Hector Durville, est parvenu à des
résultats analogues dont il a fixé les détails dans sa Physique magnétique et
ses Théories et procédés du Magnétisme. Nous renvoyons à ces ouvrages
ceux qui désirent connaître très à fond les lois physique du
magnétisme.
image
Fig. 122. — Schéma de la polarité du corps humain
Le grand aimant représente la polarité
latérale, le petit aimant la polarité antéro-postérieure. Dans la figure de
gauche le dispositif est vu de face, tandis que dans celle de droite il est
aperçu de profil.
Ici, nous sommes contraints à nous
borner à des vues générales:
Au point de vue magnétique, nous l'avons dit,
l'être humain peut être schématiquement comparé à un
assemblage de deux aimants en fer à cheval. Ces deux aimants sont de
grandeurs différentes. Ils sont placés l'un dans l'autre comme le représente la
figure ci-dessus.
Les deux branches du gros aimant figurent les
deux bras et les deux jambes, faisant tout le côté droit positif (+) et tout le
côté gauche négatif (—). Le point neutre de cet aimant est à la partie
courbe, au sommet de la tête. Le second aimant, qui est beaucoup plus
petit, est placé en sens inverse: la partie courbe (point neutre) au périnée
(entre les jambes); la branche positive remonte le long du ventre et de la
poitrine pour se terminer au front, rendant ainsi positive toute la partie
antérieure du corps. La branche négative remonte le long des reins et du dos,
suit la colonne vertébrale et se termine à la nuque. La figure ci-dessus
fait comprendre très exactement la répartition générale de notre
magnétisme.
image
Fig. 123. — Polarité d'ensemble du corps
liumain, d'après Hector Durville.
La polarité humaine souffre très
rarement des exceptions. Toutefois, chez les gauchers, la polarité latérale est
presque toujours inversée, la polarité antéro-postérieure suivant la loi générale.
Les gauchers ont donc leur main gauche — qui est la plus active — polarisée
positivement, leur main droite polarisée négativement, le front restant positif
et la nuque négative. Rarement, chez les gauchers, la polarité des membres
inférieurs est modifiée. Il est d'ailleurs facile aux gauchers, avec un sujet
suffisamment sensitif, de contrôler leur polarité. Chez les ambidextres
(personnes qui se servent indifféremment de la main droite ou de la gauche) la
polarité suit, à de très rares exceptions près, la loi
générale.
Mais, nous le répétons, les exceptions sont
assez rares et ne modifient en rien la loi générale. Celle-ci fait le devant du
corps positif ainsi que tout le côté droit, l'arrière du corps et le
côté gauche négatifs.
De même que l'électricité s'échappe par
les pointes, les mains et les pieds sont les principaux organes d'émission de
notre force magnétique. La main droite émet donc une force positive, la main
gauche une force négative. Ces indications sont de toute première
nécessité pour l'application du magnétisme au double point de vue expérimental
et curatif.
En envisageant la répartition du magnétisme
dans le corps humain, nous nous en sommes tenu jusqu'ici à une vue
d'ensemble. Mais la question est plus complexe. A côté de la polarité générale
que nous venons de préciser, il existe une polarité de détail. Considérons, par
exemple, une main droite. Sa polarité est positive avons-nous dit. Ceci est
exact en ce sens que c'est cette polarité qui prédomine, mais cette partie du
corps contient cependant des traces de polarité négative.
Prenons maintenant le membre supérieur dans
toute son étendue. Nous constatons dans chaque segment: bras, avant-bras et
main les deux modalités de l'agent magnétique, négative du côté du pouce,
positive du côté du petit doigt. Ceci, bien entendu, ne modifie en rien la
polarité générale car, dans le côté droit, la modalité positive domine, de
même que du côté gauche c'est la modalité négative qui se trouve en plus
grande abondance. Hector Durville dit à ce sujet: « II est à
remarquer que les membres de droite sont plus positifs que négatifs; car dans
leur ensemble, quand nous agissons avec la main toute entière, cette
polarité secondaire ne se montre pas. Comme elle n'apparaît que sous l'empire
de faibles actions, ils conservent donc, dans une très large mesure, la
modalité du côté auquel ils appartiennent. » ( Hector Durville. — Physique
magnétique. )
Si nous poussons encore plus loin la recherche
de polarités secondaires, nous voyons dans chaque doigt, pris isolément, les
deux modalités de l'agent magnétique; la force positive se trouve toujours du
côté le plus proche du petit doigt, la modalité négative du côté du pouce.
La même répartition se rencontre dans les
membres inférieurs: la cuisse, la jambe et le pied sont négatifs à leur
partie interne (côté du gros orteil) et positifs à leur partie externe
(la modalité positive dominant du côté droit, la modalité négative du côté
gauche). Les orteils, considérés seuls, suivent la même loi de répartition
que les doigts: ils sont positifs du côté du petit orteil et négatifs du côté
du gros orteil.
image
Fig. 124. — Polarité du bras
Cette polarité secondaire ne se rencontre pas
seulement sur l'axe latéral. Hector Durville a noté une particularité assez
curieuse relative à la bouche. Il l'observa la première fois dans
une chambre obscure; un sensitif vit ses lèvres briller de couleurs
différentes, la lèvre supérieure d'une couleur bleue (+), la
lèvre inférieure d'une teinte jaune-orangée (—). De nombreuses
expériences lui confirmèrent ensuite cette première constatation.
Enfin, signalons que, considérés dans leur
ensemble, l'homme et la femme n'ont pas les mêmes modalités magnétiques:
chez lui, c'est la modalité positive qui domine; chez elle, au contraire, la
modalité négative est en plus grande abondance.
Envisageons maintenant l'importance de la
volonté et des gestes dans l'émission et la projection de l'influx magnétique.
Action de la Volonté sur la Force magnétique
C'est la volonté qui nous permet d'utiliser nos
forces magnétiques au gré de nos désirs. C'est elle qui les harmonise, les
dirige dans un sens déterminé, leur donne des qualités particulières.
Comment se propage le magnétisme ? Sous forme
d'ondes, d'émissions. Que se passe-t-il lorsque vous jetez une pierre dans
l'eau ? Il se produit des cercles qui vont s'élargissant et s'affaiblissant
à mesure qu'ils s'éloignent du point de chute.
image
Fig. 123 — Polarité des doigts
Mettez en présence un corps chaud et un corps
froid. Que se produit-il ? La chaleur qui rayonne par ondulations atteint le
corps froid et lui communique une partie de sa température. Un équilibre tend
à s'établir entre les deux.
Tous les êtres rayonnent ainsi, mais
d'une puissance différente. Deux personnes de forces inégales en présence l'une
de l'autre sont comme deux corps dont l'un est chaud, l'autre froid. Chacune
dégage un champ d'influence qui, pour n'être visible qu'aux yeux des
sensitifs, n'en est pas moins réel. L'atmosphère de chaque personne
rayonne suivant son degré de force et, lorsque les deux atmosphères se
rencontrent, elles s'interpénétrent et tendent à un équilibre. La
personne affaiblie, dont le potentiel est inférieur à la normale, puise
dans l'énergie de l'autre une force nouvelle, dont sa propre vitalité
s'accroît. Comme entre les deux températures, un équilibre tend à
s'établir entre les deux magnétismes.
Hector Durville, dont nous ne saurions trop
nous inspirer, dit à ce propos dans ses Théories et procédés du
Magnétisme:
« Un magnétiseur, amateur ou professionnel,
doit être fort, robuste, maître, de lui-même et aussi bien
équilibré que possible, tant au point de vue physique qu'au point de vue moral:
car non seulement le praticien faible, déséquilibré s'affaiblirait, se
déséquilibrerait davantage encore en magnétisant; mais on comprend assez
facilement qu'il aurait tendance à communiquer au magnétisé l'affection
cause de sa faiblesse ou de son déséquilibre, car il ne saurait transmettre
autre chose que le ton de son mouvement maladif. »
Notre volonté agit sur notre propre influx et
peut lui communiquer un mouvement spécial, ce « ton de mouvement » dont parlent
les magnétiseurs. Hector Durville, dit à ce propos dans ses Théories et
procédés du Magnétisme: « On croit comprendre que l'intensité de l'action
magnétique doit tenir au nombre des vibrations que les atomes — disons les
parties constitutives de l'organisme — exécutent par seconde,
c'est-à-dire à leur mouvement plus ou moins précipité et plus ou
moins régulier. En effet, à certains moments, on manque de courage, de
force, d'énergie: on ne vibre pas assez pour magnétiser utilement. Lorsque, au
contraire, on est énervé, surexcité, on vibre énergiquement et l'on a
conscience de cette augmentation d'activité par une agitation intérieure bien
caractérisée; alors, on peut obtenir, pour certains cas, des résultats beaucoup
plus importants que dans un état de calme relatif. Donc, pour augmenter son
énergie ordinaire et pour être en état d'agir d'une façon plus
appréciable que dans les circonstances ordinaires de la vie, le magnétiseur
doit se mettre dans une disposition physique et morale spéciale, disposition
analogue à celle qu'il veut obtenir chez le malade. Dans tous les cas,
il doit se mettre dans un état actif pour donner, par rapport au malade qui
reste dans un état passif pour recevoir. »
II est aisé de constater que notre volonté
donne à notre influx psychique cette vibration particulière, et
l'expérience le prouve. Si nous avons des pensées de colère, nos
vibrations seront modifiées et elles agiront avec plus de force sur des
vibrations plus calmes qui seront dans notre champ de rayonnement. Au
contraire, sommes-nous calme ? Nos vibrations apaiseront le malade ou le sujet
sensitif qui seront près de nous. En raison de cette loi d'équilibre, il
est indispensable à quiconque veut magnétiser d'avoir acquis une grande
maîtrise de soi. Les nerveux, les sujets sensitifs sont sensibles aux moindres
impressions; ils perçoivent les plus petites variations de notre état
psychique.
On peut donc donner à sa force
magnétique une qualité particulière. Pour y arriver, il suffit de se
concentrer, de s'auto suggérer, doucement mais avec continuité, sur
l'impression à produire. Ne se laisser distraire par quoi que ce soit.
La volonté doit être calme, soutenue;
elle ne doit pas se refléter extérieurement par des gestes, des crispations.
Bien loin de là. C'est une volonté décidée, mais intérieure qu'il nous
faut.
Voici deux exemples qui feront mieux comprendre
notre pensée:
Voulez-vous donner à un sujet un
sentiment de colère ? Vous créez en vous-même, par concentration
mentale, cet état d'âme. En procédant ainsi, vos pensées agissent sur votre
magnétisme et lui donnent des vibrations correspondantes. Point n'est besoin de
vous crisper, de tendre le poing, de vous contracter, de gesticuler, de crier.
Les expériences démontrent que le seul effort mental, doux mais continu, agit
directement sur notre force psychique.
Voulez-vous, au contraire, mettre votre sujet
dans un état de calme, de détente ? Votre sujet étant assis, bien détendu, les
mains reposant sur les cuisses, vous vous asseyez devant lui et placez vos
mains sur les siennes. Détendez vos muscles le plus complètement
possible et, par une concentration mentale appropriée, efforcez-vous de
réaliser ce calme, ce bien-être que vous voulez transmettre. Après
entraînement, il vous suffira de quelques minutes pour réaliser aisément tel
état d'âme. Mieux vous le vivrez en vous et plus vous le ferez éprouver aux
autres.
Celui qui sait se commander, réunit donc les
meilIeures chances de succès en magnétisme, que ce soit au point de vue
expérimental ou curatif. Si vous soignez un neurasthénique, un anémié,
incapable de réactions, de décisions, vous devez chercher à le stimuler
: en pensée, vous vous représenterez ce malade comme s'il était en possession
d'une énergie, d'une vitalité normales. Par une attention soutenue, créez en
vous cet état d'âme, de force, d'activité, de volonté, de pleine possession de
soi-même et votre force magnétique ira porter dans l'ambiance de
l'organisme débile ce « ton de mouvement » qui le réconfortera. Au contraire,
soignez-vous un agité, un choréïque (malade atteint de la danse de Saint
Guy) ? C'est le calme que vous vous efforcerez de ressentir en vous et ce calme
bienfaisant se transmettra à votre malade. Il ne faut pas croire qu'il
n'y a ici qu'un jeu de l'imagination: l'expérience prouve que la pensée, la
volonté, agissent profondément sur nos émissions magnétiques, les concentrent
ou les extériorisent à notre gré, leur donnent la vibration requise par
le cas présent
image
Fig. 126 — Effluves magnétiques vus dans
l’obscurité à l’état de veille et peints par un sujet sensitif étudié
par le Reichenbach. — a, aimant en fer à cheval ; b, tête
humaine ; c, d, d, fleurs ; e, cristal ; f, main.
Une comparaison fera encore mieux comprendre ce
mécanisme. Sir William Crookes, ce grand savant anglais qni s'est passionné
pour les recherches psychiques, a montré que les agents de la nature: son,
électricité, chaleur, lumière, etc.,
sont dûs à des mouvements vibratoires différents. Pour en
apporter la preuve il a pris pour point de départ le pendule battant la
seconde. Puis, il a augmenté continuellement le nombre des battements. Il a
constaté ce qui suit: à partir de 32 vibrations à la seconde, le
son apparaît: c'est la note musicale la plus basse, mais, à mesure que
les vibrations augmentent, le son devient de plus en plus aigu. L'oreille
humaine perçoit le son jusqu'à 32.768 vibrations à la seconde. En
multipliant les vibrations, se produisent, au-delà du son, la chaleur,
la lumière, l'électricité, etc. Dans cette échelle de vibrations, Hector
Durville pense que se trouve le magnétisme humain. S'il en est ainsi, ce
magnétisme humain doit, comme le son, qui va de 32 vibrations à 32.768
à la seconde, du son le plus bas au son le plus aigu que puisse
percevoir l'oreille humaine, avoir une zone assez étendue, du magnétisme dont
les vibrations sont les plus faibles et — relativement — les moins rapides,
jusqu'à un magnétisme dont les vibrations sont les plus rapides et les
plus fortes. La volonté aurait justement le pouvoir d'intensifier ou d'apaiser
le jeu de ces vibrations.
Nous ne saurions affirmer cette
hypothèse, faute de preuves, mais elle a le très grand mérite de
nous suggérer des idées claires et de nous permettre de mieux comprendre cette
influence de nos désirs et de nos pensées sur notre influx magnétique.
Non seulement la volonté communique à
notre force magnétique une vibration particulière, mais elle peut
l'extérioriser au loin, la projeter dans une direction déterminée. C'est
pourquoi il importe tant, lorsqu'on magnétise quelqu'un, que ce soit un malade
ou un sujet, de le regarder au milieu du front, à peu de distance
au-dessus de la racine du nez — centre phrénologique de l'attention — ou au
creux épigastrique (région du plexus solaire). Outre que cette fixation permet
de mieux fixer notre attention, elle contribue à diriger notre force.
La volonté a donc une action énorme sur
nous-même, au point de vue de l'intensification et de la direction de
notre force magnétique. Certains magnétiseurs très puissants ne croient
pas nécessaire de faire des gestes: il leur suffit de regarder pendant un
certain temps leurs sujets ou leurs malades avec une volonté déterminée, pour
que ceux-ci ressentent les effets désirés. Cette action est possible en dehors
de toute suggestion verbale, de toute auto suggestion, car le sujet récepteur
peut très bien n'être pas mis au courant de notre expérience et en
ressentir les effets, quelquefois à grande distance. Mais, pour réussir,
il faut, d'une part, des sujets d'une grande sensibilité ou des malades en état
de grande dépression nerveuse, d'autre part, un magnétiseur véritablement doué.
C'est un résultat que l'expérimentateur ne peut obtenir qu'après des
années de pratique journalière.
Avant d'atteindre cette puissance, le mieux est
de s'aider de gestes. Ceux-ci permettent d'extérioriser notre force magnétique
et de la diriger plus facilement vers un point déterminé.
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