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LES PROCÉDÉS MAGNÉTIQUES
Les passes: I, passes longitudinales. — II,
passes transversales. — Les impositions palmaires, digitales et perforantes. —
Les applications. — Les effleurages. — Les frictions traînantes et circulaires
— Souffle chaud et souffle froid. — Action des yeux. — Magnétisation
intermédiaire. — Les objets magnétisés. — Le magnétisme minéral. Les aimants en
thérapeutique. — Lois qui régissent les actions magnétiques. — Procédés pour
surcharger et procédés de dégagement. — Les actions isonome et hétéronome.
Les Passes magnétiques.
On distingue deux sortes de passes: les passes
longitudinales et les passes transversales.
I. — Passes longitudinales
Pour pratiquer les passes longitudinales, dit
Hector Durville « on commence sur le sommet de la tête et l'on descend le
long du tronc. Il ne faut employer aucune force musculaire, présenter la main
et non la tendre en la raidissant, les doigts légèrement séparés les uns
des autres sans être écartés. Elle doit être à plat, la
paume en dessous et comme soutenue en l'air; puis on la laisse descendre, un peu
comme si l'on voulait tracer, à l'aide de ses doigts, cinq lignes
perpendiculaires à la surface du corps ou mieux encore répartir de haut
en bas un quelque chose — disons l'agent magnétique — que l'on aurait versé sur
la tête et sur la poitrine. A l'instant où les mains sont arrivées
en bas, on les ferme comme pour retenir un instant l'agent magnétique qui
continuerait à s'échapper et on les reporte au-dessus de la tête
en ayant soin de les relever, non pas en face du corps, ce qui pourrait
troubler le mouvement imprimé par la passe précédente, mais de côté. Lorsque
les mains ainsi fermées sont arrivées au sommet de la tête, on les ouvre
en écartant légèrement les doigts comme pour verser et éparpiller cette
poignée de quelque chose — pour matérialiser la pensée, disons cette poignée de
son — et l'on redescend plus ou moins lentement, comme je viens de le dire. » (Hector
Durville. — Théories et procédés du Magnétisme. )
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Fig. 127, 128, 129. — Passe longitudinale: 1er
temps
Les figures ci-contre montrent très bien
ces mouvements: fig. I, II, III, le temps de descente, fig. IV, V, VI, le temps
de retour au point de départ. « Dans le premier temps, dit Hector Durville, je
fais comme si je versais l'agent magnétique sur le malade au niveau du front
(fig. I); puis je descends sur les côtés latéraux et sur le devant du corps
(II) et, continuant leur course, mes mains arrivent à la partie
inférieure du tronc (III). Là, le premier temps est exécuté; à
proprement dire, la première passe est faite; mais je dois me préparer
à en faire une seconde. — Pour, cela, comme l'indiquent les figures du
second groupe, je ferme les mains en les rapprochant de moi (IV), puis, portant
le haut du corps en arrière afin de m'éloigner du malade, et rapprochant
les coudes près du corps, je relève les mains (fermées) la face
dorsale du côté du malade (V) et je les élève jusqu'à 8 ou 10
centimètres au-dessus de ma tête (VI). Là, prêt
à exécuter une seconde passe, je n'ai plus qu'à tourner les
mains, la face palmaire vers le malade, et à verser l'agent magnétique (les
anciens magnétiseurs disaient le fluide) sur la région frontale (fig. I) et
à continuer ainsi. »
II y a quelquefois avantage — et nous en
préciserons les cas au cours de notre étude — à faire ces passes sur
toute la longueur du corps en partant de la tête jusqu'à
l'extrémité des pieds. Dans certains cas, une partie seulement du corps est
soumise à cette forme de magnétisation. Exemple: pour en dormir un sujet
ou développer sa lucidité, des passes longitudinales très lentes seront
faites de sa tête à la région de l'estomac; il semble, dans ce
cas, que le magnétiseur vise, en déversant son magnétisme, à
l'entraîner, à l'emmagasiner dans cet accumulateur central qu'est le
plexus solaire.
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Fig. 130, 131, 132. — Passe longitudinale: 2e
temps
Quelquefois même, on exécute la passe
d'une seule main, par exemple, pour localiser son action à une région
(admettons que ce soit le ventre), voire même un seul organe, comme le
cœur. On fait alors le même geste que ci-dessus, en décrivant une
ellipse devant la région à influencer, mais en ayant soin de faire le
mouvement de descente à une faible distance du corps et de revenir au
point de départ en éloignant la main du sujet récepteur. Il faut, en effet,
éviter que le mouvement de descente des mains, qui a pour but de favoriser
l'émission de la force magnétique et de l'entraîner de haut en bas soit
contrarié par le mouvement de retour. Le premier temps de la passe (descente
des mains) crée un courant de force; si on remontait les mains à une
faible distance du corps du malade ou du sujet, il y aurait lieu de craindre
que ce mouvement contrarie, perturbe et peut-être neutralise l'effet du
premier. C'est pourquoi le mouvement descendant doit être fait à
faible distancera à 10 centimètres) tandis que le mouvement de
retour doit être éloigné (30 à 40 centimètres).
Certains auteurs — qui montrent ainsi leur
inexpérience — recommandent de faire des passes en remontant. C'est une
indication qu il ne faut jamais suivre, car elle présente de sérieux
inconvénients. Il faut n'avoir jamais expérimenté sur de grands, nerveux pour
conseiller de telles manipulations car, sur eux, les passes faites des pieds
à la tête ou du ventre à la partie supérieure du corps
amènent souvent des malaises qui peuvent aller jusqu à la nausée
et même au vomissement. Nous déconseillons donc d'utiliser les passes
remontantes.
Les passes sont pratiquées plus ou moins
rapidement selon l'effet désiré.
Exécutées avec une grande lenteur — il faut
dans ce cas environ 30 secondes pour les deux temps d'une passe faite sur la
longueur du corps — elles sont dites saturantes. Elles doivent être
accomplies avec la volonté calme mais soutenue de charger, de saturer
l'ensemble du corps, de renforcer le potentiel nerveux du malade ou du sujet.
Bien faites, ces passes produisent une véritable transfusion de force
magnétique de l'opérateur au magnétisé et celui-ci éprouve après un
quart d'heure ou une demi-heure — d'autant plus vite qu'il est plus sensitif ou
en plus grande dépression nerveuse — une impression agréable de calme, de
bien-être, d’énergie nouvelle. Ces passes saturantes sont pratiquées de
la tête à l'extrémité des pieds ou de la tête au ventre;
dans les deux cas, elles doivent être exécutées le plus lentement
possible.
Les passes longitudinales sont dites stimulantes
lorsqu'elles sont pratiquées un peu plus vite. Mais ici encore il faut procéder
avec calme. Ces passes s'exécutent à la même distance de 15
à 30 centimètres, avec la volonté de stimuler: elles donnent au
malade une impression de bien-être, mais aussi d'énergie, d'activité plus
grande qu'avec les passes saturantes. Le malade ressent souvent, et d'autant
plus nettement qu'il est plus sensitif, un courant de fraîcheur qui, à
l'intérieur du corps, suit le mouvement de descente des mains du magnétiseur et,
souvent même, le précède. Il faut toujours que les gestes
s'accompagnent d'une volonté déterminée dans le sens du résultat à
obtenir. Lorsque vous ferez ces passes stimulantes, vous devez créer en vous,
en vous aidant d'une auto suggestion, d'une attention soutenue, cette
impression de stimulation qui, se communiquant à votre force magnétique,
sera perçue par le magnétisé.
Les passes longitudinales sur toute la longueur
du corps de la tête aux pieds, faites très rapidement, prennent le
nom de passes à grands courants. Pratiquées à 30 ou 40
centimètres du sujet ou du malade, mais le plus rapidement possible,
elles sont dégageantes. Alors que les passes lentes de la tête à
l'épigastre chargent et endorment le sujet, les passes à grands courants
neutralisent l'action, dégagent et réveillent. Au point de vue thérapeutique,
ces dernières décongestionnent et dégagent la tête ou la poitrine,
régularisent la circulation et les fonctions respiratoires. Après une
séance d'entraînement ou de traitement, elles laissent le sujet ou le malade
sous une impression de repos et de bien-être.
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Fig. 133 et 134. — Passe transversale: début du
1er temps
II. — Passes transversales.
Ces passes s'exécutent non plus dans le sens de
la longueur du corps, mais transversalement. Dans le premier temps, les bras
étant croisés devant la poitrine, on les étend en suivant un plan horizontal;
dans le second temps et par un mouvement inverse, les bras étendus reviennent
à leur point de départ.
Voici la description de ces passes telle que la
donne Hector Durville dans ses Théories et procédés du Magnétisme auquel nos
élèves pourront recourir utilement pour toutes explications
complémentaires. « Dans le premier temps, représenté par les quatre figures
ci-contre, on voit la position des bras, des avant-bras et des mains. Dans la
fig. I, les avant-bras sont croisés l'un sur l'autre, à hauteur de la
partie moyenne de la poitrine, les mains sont largement ouvertes, la face
palmaire dirigée vers le malade, les pouces en bas, les doigts légèrement
séparés sans être écartés. Fig. II: les bras s'allongent et les mains,
avec les avant-bras, commencent à exécuter un mouvement de rotation qui
va tourner la main de telle façon que, les bras étant allongés, la face
palmaire reste dirigée vers le malade, les pouces en dessus. Fig. III: les bras
s'étendent., les mains et les avant-bras tournent et le mouvement commencé se
continue. Fig. IV: les bras sont complètement étendus et forment une
ligne horizontale, la face palmaire des mains est présentée au malade et les
doigts sont toujours séparés les uns des autres sans être écartés. »
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Fig. 135 et 136. — Passe transversale : fin du
1er temps.
Dans le deuxième temps, les bras étant
dans la position de la fig. IV, il n'y a plus qu'à ramener les
avant-bras l'un au devant de l'autre en tournant les mains pour revenir
à la position de départ.
En exécutant une série de ces passes
transversales assez vivement à une distance de 20 à 30
centimètres du sujet — pas trop près de crainte de le toucher —
les mains font office d'éventail agitant l'air devant la figure du sujet ou du
malade et cette action les dégage et les calme. Cette action est comparable
à celle des passes longitudinales très rapides (dites à
grands courants).
Les passes transversales se pratiquent de
préférence autour de la tête et de la poitrine. Elles sont excellentes
pour dégager, soit un malade après une séance de traitement, soit un
sujet sensitif après une série d'expériences. En même temps qu'on
exécute les passes transversales, souffler froid avec les lèvres. Ces
passes sont particulièrement indiquées lorsque le malade ou le sujet est
oppressé, lorsqu'il se sent la tête lourde, congestionnée. Quelques
minutes suffisent pour que la personne se retrouve en possession de toute sa
lucidité, d'un corps dispos, d'un esprit calme.
Les Impositions.
L'imposition des mains a pour but de canaliser
vers un organe ou une région déterminée la force du magnétiseur. Cette
manipulation a donc une très grande importance. Pour l'exécuter, on
présente, à quelque distance du malade ou du sujet, vers la région
à influencer, soit la paume de la main (imposition palmaire), soit
l'extrémité des doigts (imposition digitale).
Hector Durville dit, dans ses Théories et
procédés du Magnétisme: « L'imposition palmaire se fait en présentant la paume
de la main à une distance de 5 à 10 et même 20
centimètres de la partie que l'on veut actionner et en la maintenant
dans cette position pendant un temps qui peut varier de 1 à 5 minutes.
Cette imposition se fait généralement avec une seule main comme l'indique la
figure ci-contre, mais on peut la faire avec les deux en même temps. »
En tenant compte de la polarité, cette
imposition devient calmante ou excitante. Nous verrons bientôt comment procéder
pour obtenir à volonté l'un ou l'autre de ces effets.
Il est utile de dire — et ceci s'applique
à tous les procédés magnétiques, quels qu'ils soient, — que le
magnétiseur doit toujours s'efforcer de mettre ses muscles en état de détente,
de calme. Jamais — en aucun cas — il ne faut se contracter violemment. Passes,
impositions ou tout autre procédé doivent être faits avec des muscles
souples; aucune raideur, aucune contracture. S'efforcer de faire les mouvements
avec la plus grande souplesse possible. Les gestes en sont d'abord plus élégants.
Mais c'est là une considération de détail, l'essentiel c'est que votre
force nerveuse ou magnétique ne doit pas être gaspillée inutilement, or,
contracter les muscles occasionne une dépense d'influx et ici cette dépense est
sans profit pour personne. Il y a donc tout avantage à épargner vos
réserves. C'est pour éviter toute dilapidation des énergies que le magnétiseur
doit être parfaitement maître de soi. Plus d'impulsions irraisonnées,
plus de colères, d'impatiences. Sachons d'abord être économes de nos
forces; cherchons ensuite à en accroître les réserves, et il n'est pas
d'autre moyen qu'une bonne hygiène.
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Fig. 137. — Imposition palmaire devant le front
L'imposition, digitale se fait le plus souvent
avec la main droite, les doigts allongés, immobiles, légèrement séparés
les uns des autres et dirigés à une distance de 10 à 15
centimètres vers la partie que l'on veut actionner. La figure ci-contre
montre ce procédé.
L'imposition digitale est stimulante. Elle peut
devenir excitante par un effort volontaire du magnétiseur. Veut-on produire une
action plus énergique ? On réunit ses doigts en pointe et, tout en intensifiant
l'action volontaire, on décrit avec la main des cercles réguliers devant
l'organe que l'on désire exciter. C'est l'imposition circulaire. Son action est
nettement excitante. On exécute cette imposition devant un organe — l'intestin,
par exemple, dans le cas de constipation — quand on désire en activer les
fonctions. Pour intensifier plus encore l'action il est utile de tenir compte des
lois de polarité. Sans entrer ici dans de longs développements qu'il nous
suffise de dire que cette imposition circulaire agit plus puissamment lorsque
nous présentons la main droite devant la partie antérieure du corps. Nos
lecteurs en ont compris d'eux-mêmes la raison: deux polarités de
même nom (la main droite et la partie antérieure du corps sont positifs)
donnent une action excitante. On pourrait, de même, présenter la main
gauche (négative) vis-à-vis du dos (négatif) et on obtiendrait le
même effet d'excitation, mais l'action de la main droite est beaucoup
plus intense. Seuls, les gauchers — dont la polarité latérale est inversée —
ont avantage à se servir de la main gauche.
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Fig. 138. — Imposition digitale devant la
poitrine
Encore un point à observer: il est
nécessaire d'effectuer le mouvement de rotation de la main en tournant de
gauche à droite — dans le sens des aiguilles d'une montre qui serait
posée sur le malade et dont le cadran ferait face au magnétiseur. En procédant
ainsi, on ajoute à la polarité du dynamisme humain une force
supplémentaire née du mouvement que nous accomplissons. En effet, on sait que
tout mouvement polarise le magnétisme. En tournant dans le sens des aiguilles
d'une montre, la modalité qui naît est positive, que la main qui exécute le
mouvement soit positive ou négative peu importe. En tournant en sens inverse,
on crée du magnétisme négatif.
En pratique, on se sert de l'imposition
circulaire pour exciter: force est donc de l'exécuter avec la main droite (+)
et de décrire un cercle dans le sens des aiguilles d'une montre (+). Il y a
toujours avantage à réunir le plus de chances de succès.
Enfin, signalons une imposition dont l'action
est encore plus énergique que celle de l'imposition rotatoire, c'est
l'imposition perforante. La main étant dans la position de l'imposition
digitale « au lieu d'exécuter un mouvement de rotation, dit Hector Durville, on
tourne et on retourne les doigts — qui restent toujours légèrement
séparés les uns des autres — comme pour perforer ». Imaginez que vous tenez
à la main une grosse vrille et que vous cherchez à l'enfoncer
dans une planche; vous décrivez, avec votre main droite qui tient l'outil, un
mouvement de rotation à droite, puis, lâchant l'appareil, vous revenez
à la position de départ afin de recommencer le premier mouvement et
ainsi de suite. Faites ce mouvement sans avoir d'outil dans la main, mais en
ayant soin d'étendre les doigts les uns à côté des autres, en les
écartant légèrement, sans raideur. C'est votre imposition perforante.
Vous l'exécutez devant un organe que vous désirez exciter vivement. Sur des
sujets sensitifs ou des malades affaiblis, son effet est très intense.
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Fig. 139. — Imposition circulaire devant la
poitrine
Il est des sujets sensitifs qui, sous l'effet
d'impositions perforantes pratiquées en face du ventre, sentent leurs intestins
se contracter. Il y a réveil des mouvements péristaltiques et anti
péristaltiques. La preuve en est que les malades très sensitifs — et non
prévenus, de façon à éviter tout effet suggestif — dont l'intestin était
paresseux et même obstrué se sentent, par suite de ces impositions, pris
d'un besoin presque immédiat.
Les Applications
Les applications consistent à poser la
main ou les mains bien à plat sur la partie à influencer. La pose
est plus ou moins prolongée selon l'intensité de l'action à produire.
Sur une partie large, comme la poitrine, le
ventre ou le dos, il y a avantage à faire les applications avec les deux
mains : celles-ci seront posées légèrement, sans appuyer. Elles devront
être bien détendues, car, ainsi que nous l'avons dit, il ne faut aucun
muscle contracté dans un geste magnétique. Les contractions dépensent de la
force nerveuse, et c'est autant d'influx dont on ne peut disposer pour les
soins.
Lorsqu'on veut localiser son action à un
seul organe (cœur, œil, estomac) ou à une région très
restreinte (comme le front ou la nuque) on se sert d'une seule main.
Les applications sont calmantes ou excitantes
selon la polarité des parties mises en présence. Nous avons dit déjà que
deux parties du corps, en contact ou présentées à une faible distance,
si elles sont de même polarité (toutes deux positives ou toutes deux
négatives) déterminent une action excitante, stimulante. Au contraire, deux
régions de polarité différente (positive-négative ou inversement) créent une
action calmante.
Selon cette loi, toujours constante, on conçoit
que, pour calmer le front, le cœur ou l'estomac, en agissant au-devant du
corps — dont la polarité est, comme nous l'avons dit, positive, il est
nécessaire d'y appliquer la main gauche qui est négative. Pour exciter les
mêmes régions utiliser la main droite. Désire-t-on calmer une région plus
large, comme la poitrine ? La personne étant assise, ses muscles bien détendus,
le dos appuyé à la chaise, on se placera assis devant elle et on posera
doucement les mains sur la partie à influencer: la main droite reposera
sur le côté gauche et la main gauche sur le côté droit, d'où action
calmante, d'autant plus nette qu'une volonté calme la soutiendra et la
dirigera, que cette action sera plus prolongée et le sujet plus réceptif. Pour
exciter la poitrine, il suffit, en gardant le malade et vous-même dans la
même position, face à face, que vous croisiez les mains de telle
sorte que votre main droite repose sur le côté droit de la poitrine et la main
gauche sur le côté gauche. Dirigez constamment votre volonté dans le sens du
résultat à obtenir.
Les Effleurages.
Effleurer, c'est frôler très doucement
la partie que l'on désire influencer. La main restant bien souple, sans aucune
contraction, est posée sur une partie du corps et on cherche,. avec les doigts,
à épouser le plus possible la forme de cette partie. On fait ensuite
descendre la main sans cesser le contact. Ces effleurages se pratiquent sur toutes
les parties du corps et de haut en bas, comme tout procédé magnétique —
à moins que l'action soit faite circulairement, dans le sens d'une
fonction, par exemple, sur l'intestin.
L'effleurage est un procédé commun au massage
et au magnétisme, mais, dans le massage, toutes les manipulations doivent
êtres faites à nu, en contact direct avec la peau, tandis que la
magnétisation s'effectue au travers des vêtements. Les vêtements ne
sont pas un obstacle. Au contraire, ils jouent souvent le rôle de corps
absorbants qui, rendant progressivement la force emmagasinée, permettent une
magnétisation plus prolongée. Nous y reviendrons en parlant des objets
magnétisés.
Un point qu'il convient de ne pas oublier,
c'est que le massage, tel qu'il est conseillé par la plupart des médecins, se
fait des parties éloignées (tête ou extrémité des membres) vers le
cœur, dans un mouvement centrifuge. Au contraire, la magnétisation, qui a
pour but d'agir sur le système nerveux et par lui sur toutes les
fonctions, donc aussi sur la circulation, doit toujours être faite de
haut en bas, de la tête à l'extrémité des pieds.
Les effleurages ont une action régulatrice: ils
dégagent. Après une séance de magnétisation, quand on veut dégager de
toute gêne la tête et la poitrine du sujet et rendre au corps toute
la souplesse de ses mouvements, voicr comment on procède ainsi que le
conseille Hector Durville: « Pour effleurer le corps tout entier, on s'y
reprend à deux fois, d'abord de la tête jusque vers la ceinture,
ensuite de la poitrine aux extrémités. Placé debout devant le malade assis, on
exerce l'effleurage avec les deux mains, et la pratique peut se décomposer en
deux temps:
« Premier temps. — Appliquer les deux mains sur
les tempes, les pouces dirigés verticalement au milieu du front, à 3 ou
4 centimètres l'un de l'autre, tandis que les doigts, légèrement
écartés, reposent au-dessus du pavillon de l'oreille, comme l'indique la figure
ci-contre.
« Deuxième temps. — En ayant soin
d'incurver les mains pour leur permettre de passer sur le pavillon de
l'oreille, en frôlant néanmoins les côtés latéraux du cou, l'épaule, le bras et
l'avant-bras jusqu'à l'extrémité des doigts. Replaçant les mains dans la
position du premier temps, on descend sur le cou (en suivant la direction du
muscle sterno-cléido-mastoïdien) puis sur la poitrine, jusqu'à la
ceinture. Après avoir répété cette opération cinq à six fois, on
s'assied devant le malade et, appliquant les mains sur le devant de la
poitrine, on les abaisse jusqu'aux extrémités, en passant sur l'estomac, l'intestin,
les cuisses et les jambes. Pour exercer, l'effleurage partout ou presque
partout, on applique de nouveau les mains sur les parties latérales de la
poitrine et on les abaisse jusqu'aux extrémités, en passant (à droite)
sur la région du foie et (à gauche) sur celle de la rate, sur les reins,
les hypocondres et le côté externe des cuisses et des jambes. Lorsque le malade
est au lit, l'effleurage se pratique d'une manière analogue. »
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Fig. 110. — Position de départ pour
l'effleurage du corps
Ajouter des effleurages sur toute la longueur
de la colonne vertébrale. Voici comment on procède: Le malade, ou le
sujet, est assis, le buste bien droit afin que votre main puisse passer entre
son dos et le dossier de la chaise. Vous vous placez debout à sa gauche
et, tandis que votre main gauche repose sur le front ou sur la poitrine, vous
faites, avec la main droite, une série d'effleurages en partant de la nuque
jusqu'à la région lombaire. Ayez soin, lorsque vous avez effleuré
l'épine dorsale dans toute sa longueur de ne garder aucun contact avec le
corps. Vous éloignez votre main et la placez de nouveau à la nuque pour
la manipulation suivante. Il ne faut, en aucun cas, que le mouvement de retour
contrarie le mouvement d'aller: c'est ce dernier seul qui doit avoir une
action.
Lorsqu'il est limité à un organe,
l'effleurage doit toujours être fait dans le sens physiologique. Prenons
deux exemples: effleurage de l'estomac et de l'intestin. Pour les soins
à donner à ces deux organes, le malade est assis ou allongé, bien
à son aise et les muscles détendus. Vous vous placez à sa droite,
de manière à lui donner vos soins avec la main droite.
L'estomac est situé immédiatement au-dessous
des côtes, à la région épigastrique (ceux de l'estomac). C'est une poche
musculaire où les aliments séjournent et dont une partie est transformée
sous l'action du suc gastrique. La sortie de l'estomac, appelée pylore, se
trouve à droite: il faut donc faire l'effleurage de cet organe en
partant du côté gauche du malade et en allant vers sa droite, en décrivant le
long de la grande courbure de l'organe (au niveau de l'ombilic) un demi-cercle
à concavité supérieure. En agissant ainsi, vous augmentez le travail
stomacal et vous favorisez le cheminement des aliments dans le tube digestif.
Etes-vous en présence d'un intestin paresseux ?
Effectuez vos effleurages dans le sens physiologique du gros intestin. Partant
de la fosse iliaque droite, remontez jusqu'au niveau de l'ombilic (nombril),
passez au-dessus de lui et redescendez du côté gauche du ventre pour revenir
à votre point de départ. Sans arrêt, continuez le mouvement
rotatoire. Si les effleurages sont effectués avec le désir de réveiller les
mouvements intestinaux, ils deviennent excitants; exécutés très
lentement avec le désir d'apaiser, de détendre, ils sont calmants: sous leur
influence, les coliques les plus violentes cessent généralement très
vite.
Les Frictions.
Exécuté plus énergiquement, l'effleurage prend
le nom de friction. Dans l'effleurage, la main passe très
légèrement sur les parties à dégager; dans la friction on exerce
une légère ma-laxation des masses musculaires.
Hector Durville distingue deux sortes de
frictions: la friction traînante et la friction circulaire:
« La friction traînante se pratique lentement,
en suivant, de haut en bas, le trajet des nerfs et des muscles. La main doit
être largement ouverte, les doigts écartés et légèrement
recourbés, de façon que la main toute entière, jusqu'à
l'extrémité des doigts, traîne sur la partie que l'on actionne. En traînant la
main, il faut mouvoir toutes les articulations, en exerçant une série de
pressions légères, comme si, de place en place, on voulait détacher et
ensuite entraîner quelque chose qui adhérerait à la peau ou aux parties
sous-jacentes. »
Les frictions traînantes sont stimulantes.
Elles activent très puissamment les fonctions organiques. Pratiquées sur
le trajet des côtes, en suivant les muscles et les nerfs intercostaux, elles
font cesser rapidement toute oppression, toute gêne respiratoire. Elles sont
donc indiquées contre l'essoufflement, l'asthme, l'emphysème; on les
utilisera avec avantage après une séance d'entraînement, lorsque le
sujet éprouve quelque lassitude ou se sent la tête un peu lourde.
Pour pratiquer ces frictions traînantes, le
sujet ou le malade est assis bien à l'aise. Ses muscles sont détendus.
Vous vous placez devant lui, debout ou assis, et vous passez vos mains sous ses
bras de façon à ce qu'elles se rejoignent derrière son dos. Vos
manipulations partent de la colonne vertébrale pour finir à la partie
antérieure de la poitrine, à la ligne du sternum. Vous vous efforcez de
faire ces frictions en suivant le trajet des côtes: les doigts passant entre
les côtes agissent ainsi directement sur les muscles intercostaux, augmentent
leur contractilité et facilitent, par conséquent, la respiration. Il est bien
rare qu'après quelques minutes de ces frictions, la personne la plus
oppressée — à moins qu'il ne s'agisse d'une lésion ancienne qui ne
saurait céder aussi vite — ne soit entièrement dégagée.
Quant à la friction circulaire, il
suffit de décrire, avec la main posée bien à plat, sans raideur, un
cercle sur la partie à influencer: intestin, cœur, foie, reins,
etc... Les frictions circulaires sont, elles aussi, excitantes. Elles
permettent de localiser l'action sur une petite partie du corps. Nous ferons
ici la même recommandation pour les effleurages que pour les impositions
circulaires: le mouvement doit être fait dans le sens des aiguilles d'une
montre (la montre étant posée sur le malade et le cadran vous faisant face); le
magnétisme engendré par ce mouvement étant positif renforce l'effet stimulant
de la friction.
Nous pouvons encore ranger dans les mouvements
le souffle et le regard, le premier étant dû à un mouvement des
muscles inspirateurs et expirateurs et le regard pouvant être considéré
comme un mouvement des muscles du globe de l'œil.
Souffle chaud et Souffle froid.
Le souffle a une action magnétique très
intense. Il a, de tout temps, été l'image de la transfusion de la vie ou de la
communication des pouvoirs initiatiques. Les théogonies affirment que c'est par
le souffle que Dieu donna à l'homme une âme qui le différencie des
animaux et c'est par le souffle que les théurges de tous temps et de tous les
temples opéraient les guérisons les plus miraculeuses. Sans en promettre
d'aussi extraordinaires à nos élèves, nous pouvons leur affirmer
que le souffle est un agent particulièrement puissant et que ce n'est
pas à tort qu'on appelle quelquefois « souffle de vie » son application
en thérapeutique, en souvenir de la création de l'esprit humain.
Il ne saurait, en magnétisme, être
question de l'éventail ou du soufflet usités en hypnotisme. Ici, il s'agit
uniquement du souffle produit avec la bouche et ce souffle peut être
chaud ou froid. Le premier est de modalité positive, le second de modalité
négative, mais, lorsque le souffle est très puissant, le souffle chaud
est excitant sur n'importe quelle partie du corps et le souffle froid est
toujours calmant, dégageant.
Le souffle chaud se fait soif à distance,
soit au contact. Dans les deux cas, la bouche doit être entrouverte et
l'air qu'on a fait entrer au préalable dans les poumons est rejeté lentement
par une expiration prolongée. On peut faire cette insufflation à une
faible distance de la peau — 1 ou 2 centimètres — mais il est préférable
de l'effectuer au contact même, en ayant soin d'appliquer sur la région
à magnétiser un tissu absorbant, un mouchoir plié en deux ou en quatre,
une flanelle, une couche d'ouate. La bouche entrouverte est posée sur ce tissu
et on projette tout l'air contenu dans ses poumons. On les remplit de nouveau
à fond, puis on recommence. L'action est énergique, mais le procédé est
épuisant, et il ne faut l'employer qu'à bon escient. Sur le cœur,
pour en augmenter les mouvements, ce procédé a une action considérable : les
syncopes cessent rapidement, quelquefois sous 2 ou 3 insufflations chaudes.
Plus on est entraîné à la respiration profonde, plus la capacité
thoracique est grande et plus le souffle est long et puissant.
En raison de l'action très énergique de
ce procédé, Hector Durville déconseille de l'employer dans les cas de lésion
profonde du cœur ou des gros vaisseaux (anévrisme de l'aorte), et contre
la phtisie pulmonaire parvenue à son 3e degré. Pour des malades de ce genre,
une action douce est indispensable, car leurs organes ne seraient pas en mesure
de soutenir une violente réaction. Le souffle chaud dans une tuberculose
très avancée ramènerait des hémoptysies; on doit donc le
déconseiller.
J'ai montré dans la Science secrète que
le souffle chaud pratiqué dans des cas jugés désespérés pouvait ramener
à la vie des malades agonisants. On trouvera dans ce travail deux
observations (scepticémie puerpérale après accouchement malheureux
compliquée d'un phlegmon du ligament large et broncho-pneumonie double). Il
s'agit de véritables transfusions vitales. Ces relations serviront d'exemples
à tous ceux qui voudraient tenter de telles actions (Henri Durville. —
La Science seerète. 1923, page 626. Ces deux observations ont été tirées
à part sous le titre: La Transfusion vitale. ).
Le souffle froid se fait toujours à
distance. On souffle en serrant les lèvres, comme pour éteindre une
bougie. Ce souffle est dégageant. On s'en sert après une séance pour
remettre le malade ou le sujet en possession de soi-même, dissiper toute
gêne de la tête. Ce procédé est très actif.
Action des yeux
Nous avons déjà consacré un chapitre au
regard magnétique et aux moyens qui permettent de l'obtenir. Nos élèves
feront bien de s'y reporter avant de commencer l'application des conseils qui
vont suivre, car cette action de l'œil a plus ou moins d'énergie selon
l'intensité du regard, selon le temps de fixité que l'on peut soutenir.
Nous nous sommes élevés contre les moyens
brutaux et spécialement contre la fascination qui utilise l'œil comme
moyen hypnotique. La fascination, qui eut un moment de vogue au temps des
représentations de feu Donato et du Docteur Brémaud est à déconseiller,
car elle provoque chez le fasciné une grande fatigue oculaire, un état congestif
des yeux qui peut amener des troubles, dont les moindres sont des
éblouissements, des mouches volantes, une sensation de chaleur, de picotement
au fond des orbites, des maux de tête Souvent violents et quelquefois des
étourdissements. Toute action brutale doit être rejetée délibérément:
nous ne saurions trop insister pour recommander la douceur. Brutaliser ne sert
d'ailleurs absolument à rien pour la réussite des expériences car le
sujet malmené, résiste, se défend. Restant toujours maître de sa personnalité
s'il le désire, on n'obtient rien de lui. Seules, les méthodes douces
permettent d'obtenir des phénomènes sans apporter aucun préjudice
à l'équilibre physiologique et psychique de la personne influencée. La
fascination, qui se fait à une très faible distance — le nez de
l'hypnotiseur et celui du sujet se touchant ou presque — crée un strabisme
convergent (fait de loucher vers le nez), trouble qui fait proscrire le procédé
de toute bonne méthode. Sous cette action, nous avons vu des sujets névropathes
tomber en quelques secondes en des crises convulsives et des hypnotiseurs peu
expérimentés se trouver dans le plus grand embarras en présence de l'état
qu'ils avaient involontairement provoqué.
Les yeux furibonds du fascinateur ont des
effets brutaux. Tout autre est le regard du magnétiseur; celui-ci est solide,
énergique mais il se maintient avec une douce fixité.
Il est des sujets qui, quoique désireux
d'être plongés en hypnose, se laissent distraire par la moindre chose, ce
qui retarde la production des phénomènes. Dans ce cas, regardez votre
sujet, avec une douce fixité. Ne cherchez pas à rouler des yeux
terribles, qui ne sont souvent que ridicules et pourraient faire rire votre
sujet, au grand détriment de votre action ultérieure. Dirigez votre regard au
milieu du front, au-dessus de la racine du nez, à l'endroit reconnu par
Hector Durville comme le centre phrénologique de l'attention (Pour le détait de
ces localisations voir: Hector Dnrville: Pour faire le diagnostic des maladies
par l'examen des centres nerveux. ).
Outre que votre regard agit sur l'attention du
sujet, le procédé est excellent pour vous éviter toute distraction. Le point
que vous fixez doucement devient pour vous un support d'attention. C'est un
très bon moyen pour aider à votre concentration mentale en vue du
résultat que vous désirez produire. Si c'est le calme que vous cherchez
à imposer, que votre volonté, votre pensée soient douces. Au contraire,
êtes-vous auprès d'un malade à stimuler — un neurasthénique,
un déprimé ? Cherchez par votre concentration mentale à donner à
votre influx magnétique ce « ton de mouvement ».
Le regard peut encore être très
calmant. « L'action du regard qu'on laisse tomber doucement sur un malade placé
de face, devant soi, à une distance de 2 à 3 mètres, exerce,
dit Hector Durville, une action calmante très profonde, pouvant
être employée avec succès dans les maladies aiguës, et aussi
lorsqu'il y aura seulement énervement, agacement, excitation du système
nerveux. »
Le malade étant couché, on se place au pied du
lit ou, si ce n'est pas possible, près des pieds du malade et, soutenu
par une volonté très calme, on regarde à la racine du nez ou au
creux de l'estomac (région du plexus solaire). Il faut sentir en soi une
détente générale, un calme de tout son être. Le regard doucement posé,
semble porter directement ce calme, ce bien-être, chez le malade agité.
L'effet est d'autant plus rapide qu'on est bien maître de soi. Des malades
agités, en proie au délire, qui se tournent et se retournent dans leur lit, sont
calmés après un quart d’heure, une demi-heure et, quelquefois tombent
dans un sommeil réparateur, dont ils sortent bien reposés, en possession d'un
meilleur contrôle,
Les objets magnétisés.
Certains corps absorbent la force magnétique et
la conservent. Ils peuvent donc servir d'accumulateurs et, portés sur le corps
ou ingérés — si c'est d'aliments qu'il s'agit, solides ou liquides — ils
transmettent à l'organisme l'action dont ils sont chargés.
L'emploi de cette magnétisation intermédiaire
s'impose en thérapeutique. Le malade peut ainsi, entre deux séances de
magnétisation, appliquer sur l'organe ou la région dont il souffre, des linges,
des pansements magnétisés qui continuent et renforcent l'action déjà
accomplie par le magnétiseur. Porté à l'intérieur par les aliments, le
magnétisme agit directement sur les fonctions et les affections du tube
digestif s'en trouvent particulièrement bien. On obtient de la sorte des
guérisons remarquables, non seulement dans les affections de l'estomac et de
l’intestin, mais encore dans celles du foie, de la rate, des reins, de la
vessie. Cette médication interne est tout indiquée dans les maladies invétérées
comme la constipation opiniâtre, l'atonie stomacale, l'ictère, les
fièvres paludéennes qui reviennent périodiquement. Dans ces cas, le
malade doit être soumis à un régime naturiste et l'on magnétisera
ses boissons qui seront toujours de l'eau ou des tisanes appropriées à
la fonction que l'on veut traiter. Ces boissons magnétisées influent grandement
sur les fonctions, contribuent à les rétablir, à les régulariser
et activent les éliminations. On emploie aussi avec succès l'eau
magnétisée en lavements, injections, lavages, compresses, etc.
Tous les corps ne conservent pas le magnétisme
et ceux qui l'absorbent s'en imprègnent à des degrés très
divers. Les liquides, l'eau surtout, sont parmi les plus absorbants et l'eau
magnétisée, prise à la dose d'un demi-verre, soit à jeun, soit au
cours des repas, est tout indiquée dans les affections du tube digestif et de
ses annexes. Les tissus de laine et de coton, la flanelle et l'ouate viennent
ensuite parmi les meileurs absorbants; magnétisés, on les utilise sur le corps
en compresses sèches, en pansements, en bandages, pour continuer
l'action magnétique jusqu'à la prochaine séance. Des traitements peuvent
être institués par le seul emploi de linges et de corps magnétisés
lorsque l'action directe n'est pas possible; quoique moins actif, ce traitement
donne cependant, dans certains cas, des résultats heureux. Les corps gras:
huile, cire, stéarine, vaseline, glycérine, etc... sont d'excellents corps
absorbants. On se rappelle que la cire et l'huile consacrées faisaient partie
de l'antique théurgie qui n'est, aux yeux des initiés, que la mise en pratique
d'un magnétisme transcendant.
Les métaux sont aussi d'excellents auxiliaires
des magnétiseurs, mais il est bon de les choisir selon leur polarité. Il y a
des métaux positifs et des métaux négatifs: le fer est le type des premiers, le
cuivre, celui des seconds.
Pour magnétiser un objet, il faut tout d'abord
le tenir dans ses mains pendant quelques minutes, puis faire sur lui des passes
ou des impositions digitales, voire même des insufflations. En une
dizaine de minutes, l'objet est saturé. Si l'on veut magnétiser un liquide contenu
dans une bouteille, poser ce récipient sur une table de bois ou de marbre, mais
non sur un métal par où le magnétisme risquerait de s'échapper. Tenir la
bouteille dans ses deux mains pendant 5 à 10 minutes, puis faire des
passes sur toute la hauteur de la bouteille et terminer par des impositions
digitales; celles-ci seront faites avec la main droite dont les doigts seront
réunis en pointe et présentés en face du goulot, pendant que l'autre main sera
appliquée sur la paroi de la bouteille. Si l'eau est destinée à un usage
externe, on intensifiera l'action en soufflant dans le goulot de la bouteille.
Un quart d'heure ou vingt minutes suffisent généralement pour magnétiser un
litre de liquide: Si le liquide est dans un vase, choisir de préférence un vase
rond, cuvette, seau, saladier, car le magnétisme, ainsi que l'électricité, a
tendance à s'échapper par les angles. On procède comme plus haut,
mais en choisissant la surface libre pour y pratiquer des passes; tout corps
interposé, que ce soit le verre, la porcelaine ou le métal est toujours un
obstacle qu'il vaut mieux éviter. La durée de la magnétisation est
proportionnée à la quantité du liquide, en se basant sur ce principe
qu'un excellent magnétiseur peut saturer un seau d'eau en 10 à 15
minutes,
II y a quelquefois avantage à charger un
corps avec un magnétisme d'une seule modalité: on magnétise donc positivement
en se servant de la main droite seule et du souffle chaud, ou négativement en
utilisant la main gauche et le souffle froid.
Une personne éloignée d'un magnétiseur ou un
magnétiseur qui ne se sent pas bien sûr de lui peuvent substituer au
magnétisme humain le magnétisme minéral. L'aimant est un accumulateur de
magnétisme dont on tire le plus grand profit. Hector Durville a construit,
à cet égard, au point de vue thérapeutique, un barreau et une série de
quatre lames ayant des courbures différentes selon la place où elles
doivent être appliquées (Voir pour détails au sujet de ces appareils
magnétiques: Hector Durville: Pour combattre les maladies par application de
l'aimant. ). Ces lames sont même réunies en plastrons de 2, 3 et 4 lames
pour agir avec plus d'efficacité dans les maladies de la poitrine et du ventre.
Pour magnétiser les corps (aliments solides et liquides, flanelle, huile, etc.)
on se sert du barreau magnétique. Cet objet est un fort aimant de 25
centimètres de longueur. Un fil métallique flexible se fixe à
chaque pôle au moyen d'une agrafe spéciale comme on le voit sur la figure.
L'extrémité libre du fil se termine par une aiguille d'argent que l'on
introduit dans la substance à vitaliser.
image
Fig. 141. — Barreau magnétique et ses fils
conducteurs
L'usage de ce barreau magnétique est infiniment
simple. Pour magnétiser un corps positivement, on se sert du pôle positif (+)
de l'appareil que l'on présente à une faible distance (1 à 2
centimètres) du corps à saturer ou, s'il s'agit d'un liquide, on
utilise le fil souple adapté au pôle positif. Pour magnétiser négativement, on
se sert du pôle négatif (—) ou du fil conducteur fixé à ce pôle et l'on procède
de la même façon.
Dix a vingt minutes suffisent pour magnétiser
un objet ou un litre de liquide, avec un aimant en pleine force. Si la masse du
liquide est plus importante, on augmente la durée de la magnétisation de
quelques minutes.
L'aimant, comme l'être humain, à
mesure qu'il perd ses forces, cherche à les réparer, à en puiser
de nouvelles dans l'ambiance. Hector Durville conseille, lorsqu'on se sert de
l'aimant, de le placer horizontalement sur un corps non conducteur, bois ou
marbre, le pôle positif dirigé vers l'est et le pôle négatif vers l'ouest.
Lorsqu'on ne se sert pas de l'aimant, le mieux est de le suspendre
horizontalement ou de le poser à plat dans la direction du courant
magnétique de la terre, le pôle positif (+) vers le nord et le pôle négatif (—)
vers le sud. De cette manière, le courant magnétique de la terre donne
une nouvelle force au barreau. En prenant cette précaution, l'appareil conserve
sa force pendant environ trois mois d'usage journalier. Sa force va ensuite
décroissant. Il est d'ailleurs possible de le recharger.
Nous avons dit que l'eau magnétisée agit par la
force qui lui est communiquée. Certes l'auto suggestion peut augmenter l'action
curative, mais il est facile d'éliminer tout facteur psychologique et de se
rendre compte ainsi que l'eau magnétisée a un pouvoir réel.
Pour le prouver, Hector Durville a fait de
curieuses expériences. En voici une qu'il a relatée dans sa Physique
magnétique:
« II y a quelques années, dit-il, à la
clinique de l'Ecole pratique de Magnétisme, fréquentée le jeudi et le dimanche
par un nombre de malades variant de 20 à 35, à chaque séance, je
proposai à ceux-ci de leur donner de l'eau magnétisée sous l'action de
l'aimant, afin de hâter leur guérison. Je ne leur vantai pas du tout les
propriétés de cette eau, me contentant de dire que j'en avais souvent observé
de bons effets sur les malades. Presque tous acceptèrent ma généreuse
proposition; et contre la promesse de me rendre compte des effets qu'ils
pouvaient observer, j'en remis une bouteille à chacun d'eux.
« L'eau, placée dans une grande bassine dans
mon cabinet de travail, était soumise pendant une nuit entière à
l'action d'un aimant en fer à cheval portant de 100 à 117 kilos.
Pendant la séance, je faisais remplir les bouteilles apportées par les malades;
elles leur étaient remises ensuite pour employer le contenu chez eux. Les uns,
affectés de plaies, de maux d'yeux ou de maladies de peau, l'employaient en
lotions, en lavages et en compresses; ceux qui souffraient de maladies
organiques la prenaient à l'intérieur, soit pure, soit mélangée au vin
des repas; d'autres enfin l'utilisaient en gargarisme, en lavements, en
injections.
« Dès les premiers jours, les effets les
plus salutaires furent observés par presque tous les malades. Dans les maladies
internes, la digestion se faisait mieux, l'appétit se régularisait, les
malaises cessaient, les douleurs diminuaient et des effets laxatifs étaient
souvent observés, en dehors de toute cause extérieure chez ceux qui étaient
constipés. Dans les maux extérieurs, les plaies se cicatrisaient mieux, les
maux d'yeux étaient sensiblement améliorés; et tous les malades,
reconnaissaient avoir là l'un des plus précieux médicaments qu'ils
n'avaient jamais employé. Aussi, chacun d'eux ne manquait pas d'apporter une
bouteille à chaque séance, et parfois de venir en redemander entre deux
séances. Plusieurs, se contentant même de l'usage de l'eau qu'ils
envoyaient chercher, cessèrent de venir aux séances pour être
magnétisés.
« Cette première partie de l'expérience
dura deux mois. J'écoutais attentivement les observations des uns et des autres
sans partager leur enthousiasme, car je pensais que leur imagination devait
jouer, sinon le principal rôle, du moins concourir dans une large mesure
à augmenter les effets réels devant naturellement se produire sous
l'action du liquide magnétisé. Il n'était pas difficile de faire la part des
deux actions: pour cela, voici ce que je fis pour constituer la seconde partie
de l'expérience.
« Un beau matin, sans rien dire, je remis la
même eau à chaque malade, mais sans être magnétisée. Si
l’imagination jouait un rôle dans la production des phénomènes observés,
ceux-ci devaient continuer à se produire d'une façon presque analogue;
car, ne se doutant pas que je faisais une expérience, la confiance restait la
même envers moi. Il n'en fut pas ainsi. A la séance suivante et sans que
je leur demandasse rien, pour éviter tout soupçon, les deux tiers au moins des
malades me dirent qu'ils n'avaient pas trouvé dans l'eau la saveur particulière
qu'elle présentait d'habitude, et que les effets avaient été nuls ou
insignifiants. Chez quelques-uns, dont l'imagination pouvait concourir à
l'efficacité du remède — un quart environ — les résultats avaient été
plus ou moins bons, mais tous étaient absolument certains que si l'eau de la
dernière séance était magnétisée, elle l'était moins que celle des
séances précédentes.
« Je leur affirmai qu'elle devait l'être
dans les mêmes conditions; et que si les effets paraissaient moins
importants, cela ne devait tenir qu'à leurs dispositions. Admettant ce
raisonnement, ils consentirent sans peine à se charger encore d'une
autre bouteille qui n'était pas plus magnétisée que la précédente. Ce qui
pouvait rester du rôle de l'imagination disparut complètement, et tous les
malades furent absolument d'accord pour affirmer qu'elle ne leur avait rien
fait du tout. Je les engageai à continuer encore, en leur donnant les
arguments les plus suggestifs; mais quelques-uns seulement consentirent
à continuer cet essai qui leur avait pourtant, pendant deux mois, donné
les meilleurs résultats.
« A la cinquième séance, satisfait de ce
résultat, je me proposais de continuer l'expérience, en fournissant aux malades
de nouveaux arguments pour les engager à prendre de l'eau qui, cette fois,
était plus magnétisée qu'elle ne l'avait jamais été, car je l'avais laissée 24
heures sous l'action de l'aimant. Tous mes arguments ne servirent à
rien; et aucun malade ne voulut emporter cette eau, qui, disaient-ils, ne leur
faisait plus rien.
« J'étais déçu, car j'aurais beaucoup désiré
continuer cette expérience si bien commencée; mais, quoique suffisamment
concluante, elle resta inachevée...»
Cette expérience est facile à
renouveler. Elle montre que le magnétisme peut agir indépendamment de toute suggestion
ou auto suggestion.
S'il est des corps absorbants, il en est, par
contre, qui sont imperméables ou à peu près à la force
magnétique. Le meilleur des isolants pour le magnétisme est la soie. Un tel
tissu est, pour ainsi dire, un obstacle infranchissable au magnétisme, aussi ne
doit-on jamais magnétiser un, malade ou un sujet vêtu de cette étoffe.
Par contre, on placera dans la soie les objets magnétisés car ce tissus
empêche toute déperdition d'énergie.
Pour un motif inverse, l'eau, qui absorbe parfaitement
le magnétisme, peut être de ce fait un obstacle à la
magnétisation. Si l'on veut magnétiser un sujet au travers d'un grand drap
mouillé tenu verticalement, on n'arrivera pas à l'endormir, parce que
l'eau absorbera au passage tout votre magnétisme. On peut tirer de cette
expérience l'indication qu'il vaut toujours mieux magnétiser une personne dont
les vêtements sont parfaitement secs.
Tous les procédés du magnétisme étant bien
connus de nos élèves, enseignons-leur à les utiliser dans un but
expérimental. Après avoir indiqué les lois qui président aux actions
magnétiques et précisé les moyens et les signes qui permettent de découvrir les
sujets magnétiques, nous envisagerons les expériences que l'on peut faire
à l'état de veille, puis dans lous les états de l'hypnose.
Lois qui régissent les Actions magnétiques.
Nous avons dit qu'entre deux personnes placées
en contact ou à une faible distance, un équilibre tend toujours à
s'établir: la force magnétique du plus fort rayonne au profit du plus faible. Un
même équilibre se produit entre deux corps de températures différentes :
le corps chaud perd de sa chaleur au bénéfice du corps froid.
Cet équilibre s'effectue d'autant plus vite,
plus nettement qu'il y a d'écart entre les deux sources de magnétisme. Donc,
plus le magnétiseur est puissant et la personne magnétisée plus faible, plus
l'action magnétique est nettement perçue. C'est pourquoi, en raison de cette
loi d équilibre, le magnétiseur doit chercher à accroître sa réserve
d'énergie magnétique.
Les nerveux, qui n'ont pas un parfait contrôle
sur eux-mêmes, qui éprouvent des sympathies ou des antipathies qu'ils
subissent sans les raisonner sont, de par leur nature, et justement parce
qu'ils n'ont pas un excellent contrôle sur leur force nerveuse, des êtres
sensibles aux actions magnétiques. De même, les malades, dont l'organisme
est en déséquilibre, les convalescents, sont des « absorbants » de force
magnétique: près d'un magnétiseur, ils se saturent de son énergie vitale
et l'accumulent dans leurs plexus pour les besoins de leur économie.
Le premier principe qui doit vous guider en
magnétisme expérimental ou thérapeutique, c'est que la magnétisation a pour
objet une véritable transfusion de force nerveuse ou magnétique. On donne
d'autant mieux qu'on est plus riche et la personne influencée reçoit d'autant
plus abondamment et plus vite qu'elle est en dépression.
Les anciens magnétiseurs n'avaient que cette
seule idée: transfuser au malade, au moyen de la volonté appuyée par certains
gestes — passes, applications, frictions, souffle, etc. — leur énergie
magnétique. Restait à l'organisme du malade à répartir cette
énergie aux régions du corps qui en avaient besoin. Encore aujourd'hui, c'est
un principe dont on s'inspire pour amener le sommeil magnétique chez nn sujet
sensitif: on effectue très lentement des passes de la tête
à l'épigastre (région du plexus solaire). Cette surcharge d'énergie
magnétique, agit sur les plexus nerveux et amène l'inhibition désirée.
Pour réveiller, on dégage cette surcharge à l'aide de frictions
traînantes pratiquées sur la colonne vertébrale, de passes transversales
effectuées devant la partie supérieure du corps, de passes à grands
courants sur toute ]a longueur du corps, de souffle froid autour de la
tête. A mesure que le dégagement s’opère, le sujet reprend
possession de lui-même.
Classons en un tableau, qui les rende
très présents à l'esprit, les procédés qui chargent un sujet et
l'endorment et les procédés qui dégagent et réveillent. Nous les inscrivons par
ordre de puissance, en commençant par les plus efficaces.
Procédés pour surcharger.
— Passes longitudinales très lentes de
la tête à l'épigastre, avec intention excitante.
— Impositions des mains: perforante,
circulaire, digitale, palmaire, exécutées avec une volonté active.
— Souffle chaud.
— Regard magnétique dirigé avec une volonté
énergique.
— Frictions circulaires.
— Applications avec l'intention de stimuler.
Procédés de dégagement.
— Passes longitudinales dites à grands
courants, pratiquées de la tête à l'extrémité des pieds.
— Passes transversales.
— Souffle froid.
— Frictions tramantes sur l'épine dorsale, les
côtes, les membres.
— Effleurages sur la tête, la colonne
vertébrale, les côtes et les membres.
— Regard très doux posé au centre
phrénologique de l'attention (au milieu du front, un centimètre environ
au-dessus de la racine du nez) ou au plexus solaire.
— Applications avec une intention de calme, de
détente, de bien-être.
Les Actions isonome et hétéronome
En employant ces procédés, les anciens
magnétiseurs ne connaissaient pas la polarité du corps humain qui en augmente
l'efficacité. Depuis que Hector Durville a précisé les lois qui président
à la répartition de l'énergie magnétique dans le corps, une seconde
méthode d'influence nous est offerte.
Nous avons dit que le magnétisme se répartit en
nous, comme il ferait dans un système composé de deux aimants en fer
à cheval dont l'un part des pieds (une branche de l'aimant pour chaque
pied), longe les membres inférieurs, le tronc, passe également par les bras que
l'on suppose tombant le long du corps avec son point neutre au sommet de la
tête.Cet aimant fait tout le côté droit positif (+) et tout le côté
gauche négatif (—). Le deuxième aimant part du front, descend le long du
tronc, passe entre les deux jambes où il a son point neutre (au
périnée), remonte le long de la colonne vertébrale et se termine à la
nuque: cet aimant fait la partie médiane et antérieure du corps positive (le
pôle le plus actif étant le front) et toute la colonne vertébrale négative. Dans
le premier aimant (latéral), les pôles (extrémités de l'aimant, parties les
plus actives) sont aux pieds et aux mains; dans le second aimant
(antéro-postérieur) ces pôles sont au front et à la nuque. Nous avons
dit que chez les gauchers la polarité est inversée: il n'est question que de la
polarité latérale, la polarité antéro-postérieure demeurant la même dans
presque tous les cas.
Connaissant la polarité du corps, il est aisé
de prévoir comment se comportent deux êtres placés en contact direct ou
à une faible distance. Mettez en présence deux aimants de force
analogue: si les pôles placés en face l'un de l'autre sont de nom contraire
(positif en face de négatif et réciproquement), ils s'attirent, s'appliquent
l'un sur l'autre et, si vous en soulevez un, l'autre le suit, est supporté par
lui. Si, au contraire, les pôles qui se regardent sont de même nom
(positif en face de positif et négatif en face de négatif) il n'y a plus
attraction, mais un phénomène inverse, une répulsion: les deux aimants
ne s'attachent plus l'un à l'autre.
Le phénomène est encore plus apparent
avec une aiguille aimantée placée sur un pivot — une boussole, un
galvanomètre, par exemple. Devant le pôle positif de l'aiguille,
présentez le pôle négatif de l'aimant, vous obtenez une attraction; si vous
déplacez votre aimant, le pôle positif de l'aiguille est dérivé et obéit
à la force attractive. Présentez le pôle opposé de l'aimant (positif)
devant la même partie de votre aiguille, vous avez un phénomène de
répulsion.
Une action analogue se produit dans le corps
humain; lorsque les deux parties en présence sont de même nom, main
droite (positive) présentée au front (positif), vous obtenez une répulsion.
Pour constater cette action, il faut que le sujet soit un excellent sensitif et
que le magnétiseur soit entraîné; il est indispensable aussi de laisser la
polarité agir seule sans que la volonté cherche à modifier la production
du phénomène. Dans les faits de polarité, il y a une action physique
indépendante de la volonté, mais celle-ci venant à s'exercer peut en
intensifier ou en contrarier l'évolution. Si vous avez un sujet très
sensitif et qu'à son front (pôle positif) vous présentiez votre main
gauche (négative) vous obtenez l'effet inverse: l’attraction est d'autant plus
forte et plus nette que votre sujet est plus sensitif et votre magnétisme plus
abondant.
Ajoutons à ces données une notion
très importante: deux pôles de même nom (positif-positif ou
négatif-négatif) mis en présence, non seulement se repoussent, mais encore
produisent une action excitante, endorment le sujet sensitif. Deux pôles de nom
contraire (positif-négatif, négatif-positif), en face l'un de l'autre,
s'attirent, calment et réveillent. Hector Dnrvilte appelle la première
position isonome (du préfixe grec iso, le même) et la seconde hétéronome
(de hétéro, différent).
Le sommeil magnétique est dû à une
surcharge des centres nerveux du sujet. Vous obtiendrez cette surcharge en
agissant en position isonome. Pour ce faire, présentez votre main droite
positive, au front qui est de même polarité. Suivant cette méthode, vous
réveillerez votre sujet en lui présentant votre main gauche (—) au front (+).
Si, dans un but thérapeutique, vous cherchez,
avec les deux mains, à influencer la poitrine, placez-vous debout devant
votre malade assis: vous êtes en position hétéronome (calmante) en
présentant votre main droite, positive, devant le côté gauche de sa poitrine et
votre main gauche devant le côté droit. Pour obtenir une action excitante, vous
vous placez en position isonome, ce qui vous est très facile, en
croisant les mains. Les figures ci-contre montrent les deux positions.
Pour nous résumer, nous disposons de deux
méthodes pour magnétiser :
1° — Celle des anciens magnétiseurs qui
considère le magnétiseur et le magnétisé comme deux êtres chargés
magnétiquement de façon inégale, l'opérateur (générateur et accumulateur
puissant de force magnétique) cherchant à infuser son excédent de force
dans les plexus affaiblis du magnétisé. Cette projection de force est facilitée
par l'emploi des passes, applications, frictions, etc.; elle doit être
soutenue par une volonté nettement déterminée, en vue du résultat à
produire. La volonté agit sur la force du magnétiseur et lui donne le ton de
mouvement, le calme ou l'excitation qu'il désire communiquer.
2°. — La méthode des magnétiseurs modernes qui
utilise la polarité du corps humain. Hector Durville a réduit au nombre de
trois les lois générales qui régissent le magnétisme humain. Il les a formulées
en ces termes:
image
Fig. 142. — Action hètéronome Fig. 143. — Action isonome
1re
loi. — Le corps humain est polarisé ; le côté droit est positif; le
gauche est négatif. La partie antérieure est positive; la partie postérieure
est négative.
2e loi.
— La polarité latérale est inverse chez les gauchers (très rarement la
polarité antéro-postérieure).
3e loi.
— Les pôles de même nom mis en présence excitent (action isonome) ; les
pôles de nom contraire calment (action hétéronome).
Les deux méthodes sont très utiles
à connaître, car on a souvent avantage à les substituer l'une
à l'autre. Au point de vue expérimental, la méthode des anciens
magnétiseurs est préférable au début d'un entraînement, mais, dès que le
sujet présente des états assez nets, il vaut toujours mieux se servir de la
polarité. Si la première méthode est plus rapide lorsque le sujet est
peu entraîné, la seconde offre l'avantage de déterminer les états et les phases
avec plus de netteté. Donc, au début, on s'efforcera d'endormir le sujet par
des passes très lentes, dites saturantes — de la tête à l'épigastre
— mais, dès qu'on obtiendra les états suggestif, cataleptique,
somnambulique et léthargique, il y aura toujours avantage à n'utiliser
que la polarité.
Pour produire l'extériorisation et le
dédoublement, phénomènes qui nécessitent une très grande dépense
de force magnétique, il est cependant préférable de recourir aux passes. Nous y
reviendrons d'ailleurs en abordant les hauts phénomènes de l'hypnose.
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