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LE SOMMEIL MAGNÉTIQUE
Comment
on le produit. — Méthode des anciens magnétiseurs: les passes saturantes. — Du
sommeil magnétique instantané. — Le sommeil magnétique produit à travers
un mur. —Autres curieux procédés. Sièges et vêtements magnétisés.
— Méthode des magnétiseurs polaristes. — Emploi de l'aimant. — Le sommeil
naturel transformé en sommeil magnétique. — Le magnétisme devant la conscience.
Nous
avons dit qu'il existait deux méthodes pour produire le sommeil magnétique.
1°.
— Les passes;
2°.
— La polarité.
Les
passes doivent êtres faites très lentement. Exécutées ainsi, elles
sont dites « saturantes » ; elles sont effectuées de la tête à
l'estomac. C'est la méthode dont usaient les anciens magnétiseurs.
La
seconde méthode est de date récente. Elle consiste à mettre en présence deux
mêmes modalités de magnétisme — en pratique, c'est le front du sujet (+)
devant lequel le magnétiseur présente, à faible distance, sa main droite
(+). La mise en présence de ces deux champs de rayonnement détermine une action
isonome, d'où inhibition des centres nerveux et sommeil magnétique.
La
première méthode vise à surcharger le sujet sensitif d'énergie
magnétique; cette surcharge amène une fatigue des centres nerveux qui
détermine le sommeil. La seconde cherche, par les polarités mises en présence,
à provoquer une excitation qui arrive au même but. Dans les deux
cas, les sens du sujet acquièrent une acuité d'autant plus grande que
l'état provoqué est plus profond.
Avant
de préciser les caractéristiques essentielles et les moyens d'action des deux méthodes,
il est bon d'étudier les conditions que doivent réunir magnétiseur et sujet
afin d'augmenter les chances de réussite.
Le
sujet sensitif soumis à l'expérience doit être allongé à
son aise ou assis très confortablement dans un fauteuil, les membres bien
détendus, la tête appuyée. Il doit s'efforcer d'arrêter son travail
cérébral, faire tous ses efforts pour ne penser à rien, pour
n'être distrait par quoi que ce soit. Un sujet qui rit ou qui a peur ne
pourra jamais être endormi, ou très difficilement. Il faut gagner
la confiance de son sujet, afin qu'il ne présente aucune résistance consciente
ou inconsciente. Ce calme physique et cérébral est absolument indispensable.
Pour l'augmenter, expérimenter toujours dans une pièce faiblement
éclairée, éloignée de tout bruit, devant peu de personnes. Il serait
préférable, au début, d'être complètement seul avec le sujet, afin
d'écarter plus encore les possibilités de distractions et d'excitations
sensorielles. Si la pièce est éclairée artificiellement, la
lumière sera atténuée, soit que vous baissiez la lampe, ou le bec de
gaz, soit, en présence de la lumière électrique dont l'intensité ne peut
être modifiée, en tamisant la clarté par l'interposition d'un écran entre
la lumière et le sujet sensitif. La lumière, en aucun cas, ne
sera vacillante comme celle d'une bougie, car les mouvements de la flamme
pourraient distraire le sujet. D'ailleurs, pour diminuer encore les excitations
visuelles, le sujet tournera le dos à la source lumineuse. Vous éviterez
tout bruit, toute trépidation du parquet due au mouvement des voitures, en
choisissant une pièce éloignée de la rue. Aucune conversation entre les
assistants, s'il y en a. Le magnétiseur s'astreindra à ne marcher et ne
parler que le moins possible. Plus le silence et le calme seront grands, plus
les chances seront augmentées.
Le
magnétiseur recommandera à son sujet d'être aussi calme que
possible, de ne penser qu'à dormir, mais, pour ce faire, il ne devra
recourir à aucune suggestion violente et brutale. Pour obtenir un état
magnétique, toute suggestion verbale imposée doit être bannie. Aucun
ordre. Le magnétiseur se borne à dire à son sujet, d'une voix
douée: « Efforcez-vous d'être calme, le plus calme possible et pensez au
sommeil ». Cette recommandation, tout à fait insuffisante pour
déterminer l'hypnose, aidera cependant à créer chez le sujet un
monoïdéisme favorable à la production du sommeil.
Quant
au magnétiseur, il se placera debout, à une faible distance de son
sujet. Si celui-ci est allongé sur une chaise longue, il se placera à sa
droite. Le magnétiseur doit prendre une position qui lui permette d'accomplir
ses gestes sans aucune gêne, ni contorsion. Nous en avons déjà
donné la raison: toute déperdition inutile de forces nerveuses nuit à la
somme d'énergies dont dispose le magnétiseur; celui-ci ne doit donc pas
gaspiller ses réserves; il doit rester calme en toute occasion. Le sujet, nous
l'avons dit, doit s'efforcer d'obtenir un grand calme cérébral, il doit
arrêter le torrent de ses idées sur une pensée de détente, de sommeil.
Tout au contraire le magnétiseur doit être actif, actif non
musculairement, mais en ce qui concerne les facultés supérieures de l'esprit:
attention, volonté; c'est lui qui donne des forces et c'est le sujet qui les
reçoit. L'opérateur se concentre de son mieux sur l'action à produire.
Cette concentration mentale doit être calme, toute intérieure, ne donner
lieu à aucun geste inutile; pas de contractions, de crispations, de
serrements de poing. Il suffit que la volonté, manifestée intérieurement, soit
ferme et continue. Le sommeil se produira d'autant mieux que votre pensée est
plus complètement accaparée sur le résultat à obtenir. Ne vous
laissez distraire par rien.
Pour
aider à la fixation de votre pensée, regardez votre sujet au centre phrénologique
de l'attention, à la ligne médiane du front, un peu au-dessus de la
racine du nez. En fixant cette région, non-seulement vous trouvez un support
pour votre propre attention, non seulement vous aidez à la concentration
du sujet, mais vous surveillez celui-ci et sur son visage — le cadran des
impressions — vous suivez les effets de votre magnétisation. Ainsi que nous le
verrons au cours de cette étude, chaque fois que le sujet change d'état, ce
passage se manifeste par une inspiration plus forte. Vous constatez cette
inspiration par le mouvement plus intense de la poitrine, par le rejet de l'air
expiré par le nez et par la modification des traits du visage qui l'accompagne
presque toujours; quelquefois, ce changement est léger mais il est toujours visible;
il n'échappe pas à un opérateur exercé. Il y a toujours utilité à
regarder la physionomie du sujet et le mieux est de diriger un regard doux sur
le centre de l'attention. En suivant la méthode des magnétiseurs polaristes, la
main est présentée au front; elle cache donc le centre de l'attention; il
suffit, dans ce cas, de diriger son regard vers le creux de l'estomac.
Lorsqu'on voit qu'une forte inspiration se produit, écartez un instant votre
main et observez les changements d'expression qui se manifestent sur le visage.
Y
a-t-il des heures favorables à l'action magnétique ? Il faut toujours
éviter de magnétiser après un fort repas: il est toujours préférable de
ne pas intervenir — surtout en vue du sommeil, qui nécessite une action
isonome, excitante — tant que la digestion n'est pas faite ou très
avancée. Donc, le mieux est d'attendre deux à trois heures après
l'ingestion des aliments. La meilleure période paraît être après
le dîner entre 10 heures et minuit. A ce moment, les bruits et le mouvement de
la rue ont presque complètement disparu.
Ajoutons
encore une recommandation qui a son importance: Doit-on magnétiser une femme
pendant son époque menstruelle ? En vue d'une action calmante, la réponse est
affirmative, on ne peut attendre que des avantages de l'action magnétique car
celle-ci agissant puissamment sur les nerfs vasomoteurs ne peut être
qu'excellente pour la régularisation du flux menstruel. S'il s'agit d'une
action isonome, il vaut mieux, pendant 3 ou 4 jours à dater du début de
l'hémorragie, ne pas soumettre l'ensemble du corps à une puissante
action excitante. On s'abstiendra donc de produire le sommeil pendant cette
période. Quand nous disons qu'il ne faut pas intervenir magnétiquement durant
la période des règles, c'est au seul point de vue expérimental, car en
thérapeutique cette action —. calmante ou excitante, suivant les cas — ne
présente que des avantages.
Ces
premières indications étant connues de nos élèves, abordons
maintenant la production du sommeil. Deux méthodes, avons-nous dit, s'offrent
à nous, celle des anciens magnétiseurs, celle des magnétiseurs
polaristes. Voyons tout d'abord la première.
Méthode des anciens magnétiseurs
Par
cette technique, l'expérimentateur cherche à transfuser sa propre
énergie magnétique dans l'organisme du sujet. A cet effet, il se sert de
passes, quelquefois d'impositions, procédés toujours renforcés par l'action de
la volonté.
Le
magnétiseur se place debout devant son sujet — ou sur le côté, si celui-ci est
allongé. S'il est entraîné, il peut tout aussi bien s'asseoir; cependant, la
station debout donne plus d'aisance aux mouvements et évite le balancement du
corps qui peut faire craquer ou glisser la chaise quand on est assis.
L'opérateur, après avoir recommandé au sujet d'être dans un état
de calme physique et mental aussi parfait que possible, en excellente détente
musculaire, exécute des passes saturantes, très lentes, de la tête
au creux de l'estomac. Nous en avons donné la description. Chaque passe doit
être faite très lentement, en 30 secondes environ, et à
faible distance du sujet — 5 ou 10 centimètres. Le magnétiseur fait ces
gestes très régulièrement et avec une volonté soutenue, toujours
égale à elle-même. Persévérez.
Ce
serait une erreur de croire que la première personne venue puisse
être endormie en quelques minutes. Il faut souvent, au début, même
en présence d'un sujet très sensitif, que le magnétiseur, si exercé
soit-il, fasse des passes pendant une demi-heure environ, quelquefois plus.
Cependant, à mesure qu'on renouvelle les tentatives, le sommeil se
produit plus facilement et, en bien des cas, il suffit de 5 à 10 minutes
pour plonger un grand sensitif en somnambulisme. De tels sujets, aussi
sensibles, sont rares. En thèse générale, il faut magnétiser pendant 3/4
d'heure et même une heure. Encore n'obtient-on au début, qu'un état
d'assoupissement: ce n'est pas la veille, car l'activité du sujet est
sensiblement diminuée, il entend faiblement, ses paupières fermées lui
semblent pesantes et, souvent, il ne peut les ouvrir; ce n'est pas non plus le
sommeil car, parle-t-on au sujet sur un ton plus élevé, il se réveille de
lui-même, sort de cet état alourdi, hébété, mais se souvient parfaitement
de ce qui lui a été dit. En persévérant, après un nombre variable de
séances, cet état d'assoupissement fait place au véritable sommeil.
La
rapidité dans la production de l'état d'hypnose, tient, nous l'avons dit, d'une
part à la sensibilité du sujet, d'autre part à la puissance du
magnétiseur. Il est certain que, plus le magnétiseur est volontaire, maître de
ses forces et plus ses chances sont grandes. On ne saurait donc trop ce
perfectionner dans ce sens. D'autre part, le sommeil étant obtenu par une
véritable transfusion de force vitale, une projection de force nerveuse, il y a
avantage, au début des entraînements, à faire des séances assez longues.
Vous devez consacrer à chaque essai 3/4 d'heure à 1 heure, sans
toutefois dépasser ce temps. Avec des séances plus courtes, vous risqueriez de
ne pas produire tout l'effet dont vous êtes capable. Mais au-delà
d'une heure, un magnétiseur novice n'a plus en lui suffisamment d'énergie pour
espérer un résultat heureux. Toutefois des magnétiseurs entraînés peuvent, sans
fatigue appréciable et avec un résultat constant, magnétiser pendant 2 et 3
heures consécutives. On peut même dépasser considérablement cette limite:
en notre Science secrète nous avons montré comment, par souffle chaud,
on peut accomplir de véritables miracles, ramener à la vie des
êtres aux portes de la mort; mais de telles actions exigent une
magnétisation continue qui doit se poursuivre jour et nuit jusqu'à ce
que la phase critique soit passée.
Mais
revenons à la production du sommeil. On devra procéder avec la plus
grande régularité possible et faire les séances d'entraînement, de préférence,
chaque jour à la même heure. Cette habitude crée une accoutumance
toujours favorable au sujet. Le mieux, au cours de la période de développement
est de magnétiser le sujet une fois par jour.
Relativement
à la patience qu'il est souvent nécessaire de montrer à l'égard
des sujets qu'on entraîne au sommeil, voici ce que dit le Docteur Charpignon :
«
La magnétisation répétée plusieurs jours de suite, à la même heure
s'il est possible, est nécessaire, parce qu'il est une loi du système
nerveux qui le porte à répéter périodiquement les sensations qui l'ont
affecté et qu'alors l'organisme a déjà fait seul une partie de l'action
exercée la veille par la magnétisation. Cette remarque a soulevé l'objection de
l'imagination, mais, répond très justement le Docteur Charpignon, il
suffit, pour l'éloigner, de rappeler que les phénomènes nerveux
provoqués par la magnétisation se produisent sur des gens dormant du sommeil
ordinaire, sur des enfants à la mamelle, sur des personnes non prévenues
et dans des circonstances tout à fait différentes de celles où on
les magnétise.
«
La répétition des magnétisations est quelquefois très longue avant
d'amener le somnambulisme; elle peut durer des semaines, des mois, et, à
la fin, couronner de succès la patience du magnétiseur. D'autres fois,
ou l'on espère beaucoup d'un état cataleptique et d'isolement complet,
on attend en vain pendant des mois entiers sans obtenir plus au dernier jour
qu'au premier. Pour nous, ajoute le docteur Charpignon, quand la
cinquième magnétisation ne nous a rien donné d'apparent du côté du
système nerveux, nous cessons d'espérer aucun phénomène; quand,
à la trentième, un sommeil magnétique avec isolement n'est pas
devenu somnambulisme, nous ne l'attendons plus. Une fois pourtant, nous avons
eu une somnambule très lucide à la cinquantième séance. »
On
le voit, le magnétiseur doit s'armer de patience. Il est nécessaire de le
savoir, car trop de débutants, illusionnés par des expériences truquées,
s'imaginent, par un simple regard, pouvoir plonger en hypnose la première
personne venue. Quelle désillusion les attendrait ! Le magnétisme,
convenablement dirigé, est certes une force, mais il ne faut pas lui demander
au-delà de ce qu'elle peut donner.
Du sommeil magnétique
instantané.
Dans
des cas exceptionnels, le sommeil magnétique peut être obtenu
instantanément.
Il
faut, bien entendu, que le magnétiseur soit sûr de lui-même et
très entraîné. Le sujet doit être très sensible et avoir
été endormi profondément, jusqu'à la léthargie, un assez grand nombre de
fois.
Ces
conditions remplies, voici comment on procède:
Le
sujet est debout, les bras tombant le long du corps. Tout en causant avec lui,
très naturellement, de manière à ne pas éveiller son
attention, vous vous placez devant lui, à une distance de 1 mètre
50 à 2 mètres. Pour ne pas attirer l'attention du sujet, vous
continuez machinalement à entretenir la conversation. En ce faisant,
vous concentrez votre pensée sur l'idée du sommeil que vous voulez produire. En
vous-même, vous rassemblez toutes vos énergies magnétiques. Après
quelques instants, bien maître de vous, fermant votre main droite, vous
l'élevez et la projetez très énergiquement vers le creux épigastrique
(plexus solaire) de votre sujet. L'effet est instantané: sous cette projection
le sujet s'écroule littéralement. Il s'affaisse d'autant plus lourdement que
l'état du sommeil dans lequel il est entré est plus profond. Votre geste doit
être énergique: c'est lui qui, soulignant votre effort mental, vous
permet d'extérioriser instantanément votre force. Ce geste est comparable au
coup de poing de la colère, mais, ici, vous ne tendez pas le poing,
c'est plutôt le geste de jeter violemment quelque chose. Imaginez que vous
tenez dans la main une poignée de sable et que vous la jetez d'un geste
énergique, rapide, au creux de l'estomac de votre sujet. Naturellement, vous
aurez eu soin de placer votre sujet auprès d'un fauteuil et d'avoir
prévenu quelqu'un d'avancer ce siège au moment précis où vous
projetterez votre magnétisme. Faute de cette précaution, le sujet s'écroulerait
à terre et risquerait de se contusionner très sérieusement.
Le
sujet sera endormi d'autant plus profondément qu'il est plus sensitif et que
votre projection psychique aura été considérable. L'état le plus profond que
vous puissiez espérer est la léthargie, le sujet étant dans un état complet de
prostration. Il ne saurait aller au-delà car, ainsi que nous le verrons
bientôt, après la léthargie, c'est l'extériorisation de la sensibilité,
prélude du dédoublement et, pour obtenir ces états, il faut procéder avec
beaucoup de douceur. Mais si l'action a été moins vivement ressentie, le sujet
peut entrer ou dans l'état suggestif — état le plus superficiel du sommeil
magnétique, — ou dans les états qui y font suite: la catalepsie ou le
somnambulisme. D'ailleurs, le sujet étant dans un état superficiel, il vous est
possible de le faire passer dans un état plus profond; il vous suffit de
renouveler le procédé.
On
conçoit que, faite en public, cette expérience est d'un grand effet. On est
saisi, étonné de voir le sujet tomber à terre, sans passes. Cependant,
étant donné sa brutalité, nous ne saurions le conseiller. Il ne peut d'ailleurs
servir qu'à titre démonstratif et il fatiguerait le sujet si on le lui
imposait constamment. Mieux vaut toujours procéder avec douceur car, si vous
fatiguez un sujet, vous lui faites perdre l'acuité de ses facultés. Le sujet en
éprouve des inconvénients qui peuvent être assez sérieux et vous
restreignez considérablement votre champ d'expériences.
Le Sommeil magnétique produit
à travers un mur.
Nous
avons dit que la soie est un isolant du magnétisme et que certains corps sont
des absorbants de cette force (liquides, corps gras, etc.) Mais, exception
faite de ces corps, le magnétisme traverse tout. Il rencontre, selon la nature
du corps, — il en est de plus ou moins bons conducteurs, comme pour
l'électricité — plus ou moins de résistance.
Un
magnétiseur entraîné peut influencer un sujet à distance, même
à travers une porte, un mur.
Cette
dernière expérience est signalée par du Potet et vous pourrez la
renouveler à volonté.
Faites
asseoir un premier sujet près du mur. Derrière ce mur, juste dos
à dos avec le premier sujet, placez, dans la même situation, un
second sujet. En magnétisant fortement le premier sujet, votre influx le pénètre,
traverse le mur et vient influencer le second sujet. S'ils sont également
sensitifs, tous deux entreront en hypnose: celui qui est le plus près de
vous s'endormira le premier, mais le second ne tardera pas à le suivre.
Vous
pouvez renouveler l'expérience au travers d'obstacles de toute autre sorte,
d'un grand rideau, par exemple, à la condition qu'il ne soit pas de
soie, à travers une porte qui, étant moins épaisse qu'un mur, vous
permettront d'agir avec plus de puissance sur le second sujet.
Si
vous ne disposez que d'un seul sujet, vous pouvez l'endormir en le magnétisant
à travers le mur. Il est nécessaire de prévenir toute auto suggestion.
Ne mettez personne au courant de votre expérience. Sous un prétexte ou un autre
placez le sujet exactement à l'endroit où vous désirez qu'il soit
et faites vos magnétisations, à son insu, de l'autre côté de la
pièce.
Vous
serez étonné du résultat. De telles expériences démontrent que l'influence
magnétique agit Sans suggestion ou autosuggestion. La présente expérience est
une des meilleures qui soient pour développer aussi bien la force magnétique
que la volonté.
Autres curieux procédés
Voici
une expérience que vous pouvez tenter avec un sujet très sensitif:
image
Fig.
156. — Le sommeil magnétique produit à travers un mur.
Magnétisez
un fauteuil pendant 1/4 d'heure ou 20 minutes en usant, vis à vis de ce
meuble, des mêmes procédés que vous emploieriez à l'égard d'un
sujet, c'est-à-dire des passes très lentes, saturantes. Votre but
est de charger le fauteuil de votre force magnétique: les parties rembourrées
vont faire office d'accumulateur. L'opération terminée, faites entrer votre
sujet. Celui-ci ne sera pas mis au courant de votre expérience. Priez-le
seulement, pour un motif quelconque, de s'asseoir dans le fauteuil magnétisé.
Le mieux serait de lui conseiller de s'y mettre bien à l'aise et de le
laisser un moment sans lui adresser la parole. S'il vous parle, répondez-lui
doucement. Evitez de l'entretenir d'un sujet qui l'oblige à réfléchir.
Le mieux est de ne pas s'occuper de lui. Causez avec une autre personne ou
paraissez vous absorber dans une lecture, dans la recherche d'un document.
Moins votre sujet sera distrait et plus il subira votre influence.
Votre
sujet est-il très sensitif ? Il n'est pas sitôt assis qu'il éprouve de
la gêne. Une sensation de chaleur désagréable, d'engourdissement, une
lassitude l'envahit et le voici qui s’endort profondément. Les moins sensitifs
peuvent ne ressentir que les signes précurseurs du sommeil: leurs idées
s'obscurcissent, leurs forces diminuent et, dans un temps plus ou moins long,
un état de lassitude les envahit. Ils perdent quelquefois le contrôle sur
eux-mêmes: vous les questionnez, ils ne savent où ils sont. C'est
le début de l'hypnose, l'état suggestif, dans lequel le sujet n'a plus la
possession de ses facultés et accepte sans discussion les suggestions que vous
lui proposez. Si vous laissez l'influence continuer son action, votre sujet
entre dans un sommeil de plus en plus profond et vous voyez apparaître la catalepsie,
le somnambulisme, voire la léthargie.
Vous
pouvez amener le sommeil en vous servant d'objets magnétisés. Par applications
et passes, magnétisez un morceau d'étoffe assez gros (une serviette, un paquet
d'ouate, un fichu) avec la volonté de le saturer de votre force, et donnez-le
à tenir à votre sujet sans le mettre au courant de votre
expérience. S'il est très sensitif, il sentira bientôt les effets de
votre magnétisation, éprouvera les phénomènes d'excitation désirés et tombera
en sommeil.
Dans
le même ordre de faits, vous pouvez tenter encore une très
curieuse expérience: magnétisez pendant 1/4 d heure environ, avec volonté, le
manteau ou la jaquette de votre sujet. Faites-le à son insu, pendant
qu'il est en état d'hypnose, par exemple. Après avoir accompli les
expériences que vous vous étiez proposé de faire, réveillez le sujet. Une fois
bien dégagé, aidez-le à passer sa jaquette ou son manteau. Comme il
arrive fréquemment quand on reconduit un visiteur, retenez-le pendant quelques
minutes dans votre appartement. Examinez attentivement votre sujet. Vous le
voyez changer de physionomie: ses traits diminuent de vivacité et tendent
à se fixer; il éprouve une sensation de gêne qu'il ne s'explique
pas. Vous lui parlez, il ne saisit pas avec autant de rapidité le sens de vos
paroles; il fait effort pour suivre vos pensées. Il était éveillé il y a
quelques minutes à peine et le voici qui passe insensiblement en état
suggestif. Si vous lui parlez, il vous répond avec difficulté, peine à
rassembler ses idées qui le fuient. Vous lui dites qu'il est au bal, il en est
bientôt persuadé; il entend l'air que vous lui suggérez d'entendre.
Cette
expérience est curieuse, mais elle ne réussit que sur des sujets très
sensitifs et ayant déjà été endormis nombre de fois.
On
comprendra aisément pourquoi nous conseillons de retenir le sujet après
qu'il a endossé le vêtement magnétisé. En effet si l'action magnétique se
produisait dans la rue, le sujet, privé de son contrôle sur lui-même,
pourrait être en butte aux pires inconvénients. Il se peut que la
fraîcheur de l'air extérieur le mouvement des passants et des voitures soient
suffisants pour le tirer de son sommeil, mais il se pourrait aussi que ce
fût un motif de plus de somnolence. Même si le sujet ne ressentait
aucune influence, il ne faudrait pas le laisser partir sans dégager le
vêtement. Pour cela, il suffit de faire, à l'égard de l'étoffe ce
que vous feriez pour le sujet en sommeil: des passes transversales et du
souffle froid. De la sorte, vous n'aurez pas à craindre un effet
à longue échéance, quand le sujet se trouvera seul.
image
Fig.
157. — Production du sommeil magnétique par polarité
Autre
recommandation importante. Lorsque vous magnétisez le vêtement, ayez soin
que votre sujet, s'il est endormi, soit dans un état suggestif, cataleptique ou
léthargique, mais non dans le somnambulisme, au cours duquel il pourrait, s il
est lucide avoir connaissance de vos intentions, voir et suivre vos gestes. Il
serait informé de votre projet, ce qui fausserait votre expérience.
Etudions
maintenant les moyens de provoquer le sommeil en suivant les lois de la
polarité.
Méthode des magnétiseurs
polaristes.
Nous
avons dit qu'une action isonome (deux pôles du même nom — positif et
positif ou négatif et négatif — mis en présence à faible distance ou par
contact) détermine une excitation. Cette excitation, si elle est suffisante,
provoque une suractivité des centres nerveux amenant le sommeil.
Selon
cette méthode, voici comment il est préférable d'agir pour amener l'hypnose. Le
sujet est assis ou allongé, bien à son aise et dans un état de calme le
plus grand possible. Présentez la paume de votre main droite à 5 ou 10
centimètres de son front (+) et maintenez-la ainsi jusqu'à la
production du phénomène désiré. Il ne faut pas contracter votre main,
mais la présenter et la maintenir doucement, calmement, sans contraction
musculaire. Si votre sujet est allongé, le mieux est de vous asseoir
près de lui, à sa droite; vous pouvez ainsi présenter votre main
sans fatigue. Regardez votre sujet au creux de l'estomac car, à moins de
vous placer un peu de côté, votre main cache son visage et suivez attentivement
le processus de votre action en observant le mouvement respiratoire. Un grand
sensitif entre en sommeil en quelques minutes, d'autant plus rapidement qu'il
est plus entraîné et que sa sensitivité est plus grande. Souvent, au début, il
faut de longues séances, 3/4 d'heure et plus, avant d'obtenir un état profond.
Quelquefois, le sommeil ne se manifeste qu'après un grand nombre de
séances répétées. Il faut toujours s'armer de patience.
On
peut obtenir une position isonome en présentant la main gauche (—) à la
nuque (—), mais, pour une action excitante, la main droite étant plus active,
il est toujours préférable de mettre en présence deux polarités positives. Le
mieux, donc, est d'agir au front du sujet (+) en présentant la main droite (+).
Ce seul procédé suffît pour amener l'hypnose chez les grands sensitifs, mais il
faut maintenir la main près du front, à une très petite
distance, pendant toute la durée de la séance d'entraînement (3/4 d'heure
à une heure). L'opérateur doit montrer une patience infinie s'il veut
que ses efforts soient couronnés de succès.
On
peut encore obtenir le sommeil par une double action isonome que le magnétiseur
obtiendra en se plaçant à la droite du sujet et en plaçant sa main
droite (+) au front (+), sa main gauche (—) à la nuque (—).
Emploi de l'aimant.
L'aimant
peut aider à provoquer le sommeil magnétique. Hector Durville a fait
construire dans ce but une lame magnétique dont la courbure affecte la forme du
front (lame n° 3); elle est maintenue à cette partie du corps à
l'aide d'un caoutchouc spécial qui se fixe à la nuque.
Placé
en position isonome, c'est-à-dire le pôle + de l'aimant posé sur le côté
droit (+) du front, et le pôle — sur le côté gauche (—), cet appareil
amène lé sommeil magnétique d'autant plus rapidement que le sujet est
plus sensitif. L'action est certes moins rapide qu'avec le magnétisme humain,
mais l'aimant présente cet avantage qu'il peut être appliqué très
longtemps, sans causer aucune fatigue au magnétiseur. D'autre part, l'usage de
l'aimant n'exige de l'opérateur aucune qualité particulière, aucune
étude préparatoire. Tous les sujets sensitifs qui ont déjà été induits
au sommeil, peuvent ensuite s'endormir et se réveiller eux-mêmes en
utilisant une de ces lames magnétiques (n° 3). Le sommeil amené par l'aimant
est, en tous points, comparable à celui provoqué par le magnétisme
humain.
Quels
avantages réciproques présentent les deux méthodes, celle des anciens
magnétiseurs — les volontistes — et celle, plus récente, des magnétiseurs
polaristes ? La première est certes, dans la majorité dés cas, beaucoup
plus rapide, mais la seconde donne des états infiniment plus nets. Nous
conseillons donc d'employer la première, de préférence dans les débuts,
mais, dès que les états du sommeil apparaissent avec une certaine
netteté, il y a avantage réel à n'utiliser que la polarité. Cette
méthode permet, en effet, de mieux doser l'action, de l'arrêter
dès qu'on le désire, puisqu'il n'y a qu'à retirer sa main. Il
n'en est pas ainsi avec les passes: le sujet est saturé, entouré de champs de
forces; il continue à assimiler le magnétisme quelque temps encore
après que les gestes ont cessé.
Le sommeil naturel transformé en
sommeil magnétique
II
est des sujets sensitifs qui ne peuvent, par suite d'une résistance consciente
ou inconsciente, être endormis. Il est cependant possible de les plonger
en hypnose. Il suffit de transformer leur sommeil naturel en sommeil magnétique.
Voici comment on procède:
Pénétrer
sans bruit dans la chambre où le malade sommeille et prendre le plus
grand soin de ne pas troubler son repos. Etablir le rapport en se plaçant
debout auprès de lui et présenter la main droite au niveau du creux de
l'estomac (plexus solaire.) Demeurer dans cette attitude une dizaine de
minutes, toujours avec la volonté calme, soutenue, d'équilibrer sur le
magnétisme du sujet votre propre magnétisme. Le rapport étant établi, en
évitant toujours de faire aucun bruit capable d'interrompre le sommeil naturel,
employer les procédés déjà indiqués comme susceptibles de provoquer
l'hypnose. Au début, il est préférable d'utiliser les passes. On les exécutera
très lentement, avec les deux mains, du sommet de la tête à
la région du ventre.
Le
sommeil magnétique est toujours un peu lent à se manifester. Il se
produit, d'ailleurs, par étapes successives dont on ne se rend pas toujours un
compte parfait. Donc, s'armer de patience et ne pas brusquer les choses. Dans
les meilleures circonstances, il faut, pour un débutant, compter une bonne
demi-heure avant que le sommeil soit complet. A ce moment, il est bon de
vérifier si le sujet est sous votre influence.
Voici
un procédé qui permet de s'assurer si le sujet est passé du sommeil naturel au
sommeil magnétique:
En
sommeil magnétique, le sujet est passif. Vous pouvez agir sur toutes ses
fonctions et spécialement sur sa respiration. C'est en partant de ce fait que
vous contrôlez l'effet produit. Cherchez à rythmer votre respiration sur
celle du sujet endormi: aspirez l'air en même temps que lui, rejetez-le
quand il rejette celui qui remplit ses poumons. Ayez soin d'établir un
synchronisme parfait entre sa respiration et la vôtre; un à peu
près ne vous donnerait pas le moyen de contrôle qui vous est utile pour
suivre l'expérience intentée. Il vous faut au moins une quinzaine de
respirations synchroniques pour adapter complètement votre rythme
respiratoire sur celui du sujet. Cela fait, modifiez progressivement votre
manière de respirer. Augmentez graduellement la rapidité de votre
souffle. Emplissez vos poumons dans un laps de temps un peu plus court et
rejetez l'air avec un peu plus de promptitude. Continuez cette augmentation par
une progression lente. Si la respiration de votre sujet est complètement
rythmée sur la vôtre, vous pouvez être assuré qu'il est en sommeil
magnétique. Au contraire, si le sujet est encore en sommeil naturel, vous
êtes sans action sur lui et il conserve son rythme respiratoire sans la
moindre altération.
Le
sujet ne peut que gagner à dormir du sommeil magnétique qui est plus
reposant que le sommeil naturel. Vous pouvez sans crainte le laisser toute la
nuit dans l'état provoqué. Il vous suffit de lui donner, sur un ton très
doux, de plus en plus doux, l'ordre d'être calme et de continuer à
dormir. Vous le quittez sans faire de bruit. Au cours de la nuit, le sujet
repasse insensiblement du sommeil magnétique au sommeil naturel. Si vous lui
donnez le conseil de ne s'éveiller qu'à telle heure, votre suggestion se
réalisera. Sinon votre sujet s'éveillera de lui-même à son heure
habituelle, ne conservant aucun souvenir de ce qu'il a pu dire ou faire en
hypnose.
Le Magnétisme devant la
conscience
Ces
expériences ne sont pas sans amener quelque objection.
Certaines
personnes s'imaginent que l'on peut, sous l'influence magnétique forcer un
sujet à commettre une action qu'il réprouverait à l'état de
veille. Ceci est faux. Il vous est facile d'en avoir la preuve. Changez le
sommeil naturel d'un sujet en sommeil magnétique. Ayez soin de procéder
à cette expérience de telle sorte qu'il ne puisse s'en douter, afin que
sa conscience n'ait pas la moindre idée de votre tentative et ne puisse pas le
mettre instinctivement sur ses gardes. Une fois le sommeil magnétique obtenu,
ordonnez à un honnête garçon d'aller voler un objet précieux ou
à une femme estimable de commettre des actes contraires à la
pudeur, votre sujet échappera à votre emprise et s'éveillera. En aucun
cas, vous ne réussirez à pervertir un être normalement équilibré,
à le conduire dans des voies défendues.
Nous
insistons sur ce fait, parce que c'est une critique que les personnes peu au
courant du magnétisme font contre l'emploi de cet agent naturel. On croit
couramment que la magnétisation est un acte immoral. Il n'en est rien. Le
sujet, quoique profondément endormi, conserve toujours l'exercice de sa volonté
et sa personnalité reste entière. Il peut toujours se réveiller par un
sursaut de sa conscience. Il ne s'abandonne à son magnétiseur que s'il a
la plus entière confiance.
Le
magnétisme aide au développement complet de l'être humain. Il ne saurait
en aucun cas lui être contraire.
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