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Cours de magnétisme personnel

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THÉRAPEUTIQUE MAGNÉTIQUE

Les erreurs de la médecine actuelle. — La question du terrain doit dominer toute la thérapeutique. — Action physiologique incontestable du magnétisme humain. Expériences du Docteur Liébeault. — L'équilibre organique peut être rompu de deux façons. Comment, dans les deux cas, on peut le rétablir par magnétisme, — L'agent magnétique, n'a aucune vertu particulière; c'est un agent équilibrant. Actions calmantes; actions excitantes.

 

Lorsque l'usine humaine fonctionne normalement, l'organisme se trouve en état de santé parfaite. Mais les causes sont nombreuses qui perturbent le jeu de nos fonctions.

Tout d'abord nos machines ne peuvent fournir qu'un travail déterminé. Si nous dépassons cette quotité, les machines surmenées s'usent rapidement; les rouages se détériorent. Venons-nous à surmener notre estomac par l'ingestion d'une nourriture surabondante ? L'organe perd l'élasticité qui fait son utilité, ses parois se distendent. Notre cœur, véritable pompe aspirante et foulante, est chargé de faire revenir à lui le sang bleu, chargé de cellules usées, qu il envoie se réoxygéner dans les poumons; il répartit ensuite ce sang oxygéné, devenu rouge, dans toute l'économie humaine. Mais si notre cœur est surmené — et les causes de fatigue sont innombrables: efforts physiques, chagrins, soucis, veilles, excès de travail ou de plaisir... — notre pompe ne remplit plus son office, le sang usé ne revient plus aussi vite au cœur, il laisse en chemin des quantités variables qui forment des stases veineuses amenant les maux de tête congestifs, la gêne respiratoire, les fréquents saignements de nez, les varices, les hémorroïdes, les hémorragies abondantes chez la femme. Le sang n'étant plus régulièrement oxygéné, il s'ensuit des intoxications, amenant des migraines et autres troubles. Le cœur, pour compenser ce retard, augmente son rythme; il en résulte des palpitations, prodromes d'accidents cardiaques plus sérieux.

Non seulement la suralimentation dilate notre estomac, mais elle engorge le foie, surmène les reins dont elle entrave le bon fonctionnement.

Les causes sont nombreuses qui portent atteinte à l'équilibre organique, mais c'est par l'inobservance des lois naturelles que surviennent presque toutes les maladies. Il en est ainsi pour toutes les fonctions, pour tous les organes. La plupart des troubles pourraient être évités si nous donnions à notre usine juste ce dont elle a besoin, sans l'encombrer, sans lui imposer un travail supérieur à ses résistances.

L'homme qui suit la loi normale conserve une parfaite santé physique et morale — car les deux sont solidaires; — il est complètement heureux. Celui qui vit de la sorte se préserve des maladies microbiennes. Ceci paraîtra osé à certains, Cependant, cette vérité est démontrée, sinon pour tous les microbes, du moins pour un très grand nombre. Des tuberculeux, des cancéreux, stimulés par le désir de vivre, soutenus par un entourage qui les réconforte, luttent contre l'envahissement microbien et prolongent leurs jours. Et ceux-là cependant se trouvaient déjà dans une condition d'infériorité: leurs organes affaiblis se prêtaient admirablement au développement rapide des éléments pathogènes.

C'est là une question de terrain et la médecine actuelle est trop portée, à notre sens, à s'occuper du microbe. Nous avons tous en nous le microbe de la tuberculose et pourtant il ne se développe que s'il trouve un terrain préparé, des poumons faibles. On ne naît pas tuberculeux, mais prédisposé à la tuberculose. Celui qui naît ainsi, avec un organisme délabré et qui ne fait rien pour combattre cette prédisposition fâcheuse, devient fatalement tuberculeux, car le microbe trouve en lui un milieu favorable à son développement. Mais que le tuberculisable renforce ses résistances par l'hygiène que nous indiquons, par une alimentation saine et limitée (suralimenter un tuberculeux, c'est le tuer à brève échéance), par une force morale sans cesse accrue, le voilà qui digère mieux, retrouve le sommeil, met tous ses organes et spécialement les poumons dans un état de défense qui se fortifie de jour en jour.

 

Nous pouvons, par nous-mêmes, nous guérir de presque toutes les maladies ou tout au moins retarder l'évolution des cas estimés perdus.

Comme le dit très justement le Docteur Gaston Durville dans son Art de vivre longtemps:

« Dans la nature, deux principes sont partout inséparables: la matière d'une part, la force de l'autre. Ces deux principes, nous les retrouvons dans l'organisme humain.

« La matière constitue notre charpente, notre terrain. Quant à la force, c'est elle qui fait fonctionner nos organes.

« Ceci étant posé, la question de la santé se résume à cette double proposition:

« 1°. — D'une part, donner un bon terrain réfractaire aux maladies et mon avis est que sa solution est presque entière dans l'alimentation raisonnablement comprise.

« 2°. — D'autre part, entretenir le bon équilibre des forces,

« La maladie, c'est le déséquilibre de nos forces. Pour guérir, il faut donc simplement équilibrer.

« Les drogues ne peuvent équilibrer, parce qu'elles n'agissent pas sur l'ensemble de l'organisme. Elles agissent sur tel ou tel organe, au détriment toujours du voisin. Ainsi tel cachet qui calme une névralgie donne un mal d'estomac; telle poudre qui fait désenfler une articulation détériore le rein, etc.

« Toute la médecine médicamenteuse s'attaque non à la cause, mais aux symptômes, c'est dire qu'elle ne guérit pas. L'opium, par exemple, calme la douleur et laisse intacte la lésion.

« il n'y a qu'un moyen de guérir, c'est d'équilibrer l'ensemble des forces organiques. L'idée du terrain doit dominer toute la médecine. De même qu'un blé ne poussera jamais en terrain aride, de même la maladie ne se développera jamais dans un terrain sain.

« Un être, par conséquent, à qui on aura su donner un bon terrain, résistera vainqueur aux millions de microbes qui l'habitent. Nous portons tous sur la peau l'agent de l'érysipèle, et cependant les affaiblis sont les seuls qui contractent la maladie. J'en dirais de même de cent autres cas.

« S'il est vrai que la thérapeutique efficace se réduise à la question de terrain, la médecine se simplifie singulièrement.

« Oui, la bonne médecine est très simple. Mais la simplicité n'est-elle pas le privilège des grandes vérités ? Plus les découvertes humaines progressent, plus elles se simplifient. Une industrie naissante met dix rouages là où un seul suffira plus tard. Une œuvre d'art, pour être belle et vraie, doit être simple. De même est simple la médecine qui guérit. »

Le premier soin du médecin est de faire comprendre au malade la raison de ses troubles, de le convaincre de la nécessité qu'il y a de se conformer à une ligne de conduite aussi rapprochée que possible de la nature.

Il faut aider le malade à réagir en lui faisant un excellent moral, en lui donnant, par une suggestion discrète, continue, une force de réaction; il faut, par magnétisme, lui donner de nouvelles forces vitales.

La suggestion et le magnétisme sont deux forces différentes, l'une agit psychologiquement, l'autre physiologiquement. Dans le premier cas, c'est l'idée qui détermine la guérison; dans le second, il s'agit d'une transfusion de forces nerveuses. Ces deux éléments se renforcent l'un l'autre.

Le magnétisme, combattu par des négateurs de parti-pris est une force réelle et son action physiologique peut s'exercer à l'insu du malade, ce qui exclut toute possibilité de suggestion et d'auto suggestion.

 

Comme tant d'autres médecins, le Docteur Liébeault fut amené à se demander si le magnétisme avait à lui seul une action physiologique. Fondateur de la doctrine suggestive, il était porté à expliquer par l'imagination les cures obtenues par les magnétiseurs. Mais, véritable savant, il se dégagea de toute idée préconçue et ne voulut se fier qu'aux recherches expérimentales. Pour écarter tout facteur suggestif, il traita des enfants en très bas âge, qui pouvaient d'autant moins s'auto suggérer que certains étaient endormis au moment de leur traitement.

Il soumît donc à la magnétisation 45 enfants malades et rendit compte des résultats obtenus dans une brochure intitulée: Pour constater la réalité du magnétisme (Docteur A. A. Liébeault. — Pour constata la réalité du magnétisme, extériorisation de la force neurique ). Voici la conclusion de cet intéressant travail:

« Sur les 45 enfants dont nous venons de relater les observations, il y a eu 45 cas d'amélioration ou de guérison, par le simple toucher avec les mains et sans établir la moindre pression. Voilà un résultat qui, au premier examen, semble fabuleux, et cependant ce résultat, nous l'avons obtenu et nous sommes prêts à en montrer toujours un analogue devant quelque contradicteur que ce soit. Nous sommes conduits à croire que les changements organiques produits n'ont été dus qu'à une influence nerveuse transmise de nous à ces enfants; car pour les expliquer autrement on ne peut guère invoquer que l'influence de la chaleur. Or, ils avaient été tous tenus au chaud, et il serait par conséquent absurde que ce qui n'avait causé aucun bien avant notre intervention, en eût causé après. Encore moins peut-on attribuer les résultats acquis sur ces petits êtres à une suggestion quelconque. Si cette influence morale avait eu réellement de l'effet, aurions-nous constaté de l'amélioration chez ceux qui par sauvagerie, pleuraient lorsque nous les touchions, ou qui ressentaient une sensation pénible comme celle du froid de nos mains ? Au contraire, dans ces cas, devant subir une suggestion dans un sens opposé à notre désir, ils auraient dû aller plus mal au lieu d'aller mieux comme ils le firent.

« Admettons même par hypothèse, continue le Docteur Liébeault, qu'il soit possible qu'il y ait eu un effet suggestif dans les changements physiologiques survenus, nous avions encore un moyen d'éclaircir ce doute: c'était d'agir sur des enfants endormis, ce que nous avions déjà fait avec un succès marqué, et pendant son sommeil, sur une enfant âgée de 4 ans. Mais cette expérience n'étant pas assez probante, vu l'âge avancé de cette enfant, nous cherchâmes à la répéter sur un plus jeune, d'après le conseil que nous en donna M. le professeur Bernheim. Et, ce principe, c'est ce même mode d'expérimenter que MM. Dupont et Dumont avaient employé déjà avec avantages sur de très jeunes sujets dans un but exclusivement physiologique, mais au contraire de nous, en agissant à distance. Aussi, frappé de cette idée juste, nous nous mîmes à l'affût d'une occasion d'expérimenter ainsi, et nous ne tardâmes pas à la rencontrer. Une petite, nommée Louise Meyer, âgée de 1 an, nous fut présentée dans la condition que nous désirions. Depuis quatre semaines, cette enfant pleurait nuit et jour, et malgré les soins d'un fort bon médecin, aucun mieux n'était encore survenu. Elle nous parut avoir des coliques continues, effet d'une constipation opiniâtre. A peine si elle dormait de temps à autre cinq à six minutes de suite. Pendant un de ses courts sommeils, et par conséquent à son insu, nous prolongeâmes cet état et nous la tînmes vingt minutes sous nos mains, jusqu'à ce qu'il y eût signe de réveil. De ce moment, comme par enchantement, elle ne pleura plus, dormit même une grande partie de la nuit, et nous revint le lendemain tranquille et commençant à avoir des selles. Trois séances faites les jours suivants, mais sans qu'elle dormit, achevèrent la guérison.

« D'après les effets curatifs que nous venons de relater et d'après ce dernier fait surtout, nous sommes conduit à admettre une action directe de la neuricité se transmettant d'homme à homme, et à conclure que cette action a ce caractère essentiel, irréductible et sui generis, celui de rétablir le fonctionnement physiologique des organes. »

A dater de ce jour, la conviction du Docteur Liébeault était faite. Tout en alliant magnétisme et suggestion, il obtint un grand nombre de guérisons par cette méthode. Malgré l'opposition systématique du monde médical, il affirme ses convictions dans la brochure citée plus haut. Il dit notamment:

« Quoique magnétiste psychologue et longtemps adversaire de la théorie du fluide par externation, il ne m'est plus possible de soutenir que certains phénomènes ne soient pas dus à l'action d'un organisme sur un autre, sans aucune intervention de la pensée consciente du sujet mis en expérimentation, Une part de vérité est dans les deux camps, et il est temps qu'on cesse de s'y accuser tour à tour d'être dupes de convictions imaginaires, et qu'on finisse par s'entendre. Les vrais savants, reconnaissant enfin du bon sens aux magnétiseurs, cesseront sans doute de nier eux-mêmes ce que ceux-ci contestent encore entre eux. Puisse-je concilier ces derniers et rendre les autres moins absolus dans leur négation ! Qu'il en soit ainsi; je ne regretterai pas ma peine. »

Tous ceux qui se sont dégagés de leurs idées préconçues, qui ont vérifié les affirmations des magnétiseurs en prenant toutes précautions possibles pour éviter toute erreur ont été convaincus de la réalité du magnétisme et de son importance comme agent curatif. Depuis une quinzaine d'années le magnétisme est d'ailleurs reconnu comme un agent thérapeutique par les congrès médicaux.

Il est prouvé que l'énergie magnétique agit directement sur les microbes dont elle retarde le processus d'évolution.

 

Nous avons dit que la maladie était la conséquence d'un déséquilibre; mais l'équilibre peut être rompu de deux façons; les fonctions peuvent être au-dessus ou au-dessous de la normale.

Au-dessus de la normale, l'organe, ou l'ensemble d'organes fonctionne avec exagération et, si le fonctionnement est trop rapide, c'est bientôt l'inflammation.

Au-dessous de la normale, c'est une diminution de l'activité, le ralentissement, l'atonie, pouvant aller jusqu'à la paralysie.

Cette division est toute schématique, mais elle sert à faire comprendre les principes qui servent de base à la thérapeutique magnétique. Prenons, par exemple, l'estomac. Nous lui imposons un surmenage; ses contractions deviennent plus rapides; les sécrétions gastriques se font plus abondantes. Il en résulte des tiraillements, des crampes, des fringales pouvant aller jusqu'à la gastralgie, la gastrite ou pis encore. Au contraire, si l'estomac a moins de force, c'est l'atonie stomacale, la gêne qui en résulte, le manque d'appétit, les digestions pénibles. Il est évident que, dans le premier cas, il faut calmer, dans l'autre, il faut stimuler.

Le principe directeur de la thérapeutique magnétique peut donc se formuler ainsi: chaque fois qu'un organe ou une fonction sont en dépression, il est nécessaire d'exciter; lorsqu'un organe ou une fonction sont en suractivité, il faut calmer.

Toutefois, dans un certain nombre de maladies passées à l'état chronique, comme le rhumatisme, la goutte, qui occasionnent des douleurs aiguës, il y a avantage, tout en calmant la partie douloureuse, à exciter l'ensemble du corps et spécialement les fonctions digestives et rénales afin de rétablir les fonctions normales et favoriser les éliminations. Plus vite le malade éliminera les produits qui encombrent ses articulations, plutôt il sera rétabli.

Les éléments que nous avons exposés au début de notre étude du magnétisme et de ses procédés d'action donnent déjà une idée de la technique à suivre dans la cure magnétique. En se souvenant de la polarité générale du corps, il sera facile de produire des actions hétéronomes (calmantes) ou isonomes (excitantes). Les deux figures ci-jointes rappelleront à nos élèves la polarité d'ensemble des différentes régions. La partie antérieure et le côté droit sont positifs; la partie postérieure et le côté gauche négatifs.

Rappelons encore qu'une action calmante (hétéronome) est obtenue par présentation ou contact de deux parties ayant une polarité différente (+ et — ou vice versa). Une action isonome (excitante) est obtenue par contact ou présentation à faible distance de deux parties de polarité identique (+ et + ou  — et —).

De ces indications forcément superficielles on peut déduire la conduite à tenir dans les cas assez simples.

Avant toute action, il est indispensable d'établir le rapport. Ce rapport n'est pas la phase du somnambulisme que nous avons envisagée en étudiant les états du sommeil magnétique; ce rapport, qui doit précéder toute séance de magnétisation, a pour but d'équilibrer l'organisme du malade sur celui du magnétiseur et de le mettre dans un état de calme physique et mental. Pour l'établissement de ce rapport, le malade est assis bien à son aise, les membres détendus, les mains reposant sur tes cuisses (les membres ne doivent jamais être croisés), le dos appuyé au dossier de la chaise, afin d'éviter toute fatigue. Le malade doit s'efforcer d'arrêter tout travail cérébral; il se recueillera doucement, sans contrainte, sur l'idée de guérison. Assis devant lui, le magnétiseur pose ses mains sur les siennes — qui reposent, nous l'avons dit, sur ses cuisses — en ayant: bien soin de placer la face intérieure de chacun de ses pouces contre la même partie de chaque pouce du malade. Il applique ses deux genoux et ses pieds contre ceux du malade et reste ainsi pendant 10 à 15 minutes. Ce rapport est renouvelé au début de chaque séance, mais en diminuant progressivement sa durée.

 

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Fig. 182. — Polarité des organes du corps (face antérieure)

1. Tempes. — 2. Gorge et Larynx. — 3. Poumons. — 4. Cœur. — 5. Foie. — 6. Estomac. — 7. Rate. — 8 et 9  Intestins. — 10. Ovaires. — 11. Vessie et Utérus. — 12. Bras. — 13. Avant-bras et poignets. — 15. Cuisses.

 

Le rapport étant établi, commencez votre action. Celle-ci sera calmante ou excitante.

Prenons, pour exemple, un mal de tête. Se plaçant à la gauche du malade on appliquera la main gauche (—) au front (+) du malade et la main droite (+) à la nuque (—). Chaque fois qu'il est possible, il y a toujours avantage à se servir des deux mains. Après 10 ou 20 minutes de cette action, on exécutera des frictions traînantes avec la main droite sur toute l'étendue de la colonne vertébrale.

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Fig. 183. — Polarisé des organes du corps (face postérieure)

1. Nuque. — 2. Colonne vertébrale. — 3. Poumons. — 4. Cœur. — 5. Foie. — 6. Estomac. — 7. Rate. — 8. Reins. — 9. Bras. — 10. Avant-Bras. — 11. Poignets. — 12. Cuisses.

Au contraire, êtes-vous en présence d'un sujet atteint d'anémie cérébrale ? Vous le stimulerez. Pour ce faire, placez-vous en position inverse, à la droite du malade, votre main droite (+) au front (+), votre main gauche (—) à la nuque (—).

En fin de séance, ayez soin de dégager votre malade : usez, durant quelques minutes, de passes à grands courants sur la longueur du corps et complétez par des passes transversales et du souffle froid autour de la tête et de la poitrine.

Il nous est impossible de nous appesantir plus longuement sur cette thérapeutique. La technique pour chaque cas pathologique a d'ailleurs été indiquée par Hector Durville dans ses brochures: Pour combattre... (tel cas ou tel groupe de maladies). On s'y reportera pour détails (  Hector Durville. — Collection des Pour combattre comprenant une cinquantaine de brochures sur les maladies les plus fréquentes. ).

 

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Fig. 184. — Action magnétique calmante sur le genou. Imposition digitale de la main droite (+) vers le genou gauche (—)

 

La volonté a une grande influence sur nos émissions magnétiques. Elle est susceptible de leur donner des qualités, ce que les anciens magnétiseurs appelaient un « ton » de mouvement. En thérapeutique, on doit utiliser cette action de la volonté. Par exemple, si nous voulons calmer, il faut nécessairement produire dans notre personnalité psychique le ton de mouvement que nous voulons imposer. Une parfaite maîtrise de soi, une volonté réfléchie, puissante sont donc de toute nécessité.

 

L'agent magnétique n'a aucune vertu thérapeutique propre; c'est un agent équilibrant. Hector Durville dit très judicieusement:

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Fig. 185. — Action excitante sur les oreilles. Impositions digitales devant l'orifice externe de l'oreille.

 

« L'agent magnétique ne possède par lui-même aucune propriété thérapeutique. Dans l'organisme, il agit seulement comme principe équilibrant. Le magnétiseur ne doit donc jamais chercher qu'à équilibrer le mouvement du malade sur le sien: et, pour cela, il doit pouvoir à volonté augmenter ou diminuer l'activité du mouvement qui lui est propre et donner à celui-ci un ton convenable. C'est là le secret de tous les bons magnétiseurs qui peuvent traiter successivement un certain nombre de malades atteints d'affections les plus opposées et donner à chacun d'eux le ton de mouvement qui leur convient. Le praticien bien doué s'habitue très facilement, même au début de sa pratique, à se mettre de lui-même, promptement, dans ces états vibratoires spéciaux qu'il veut communiquer.»

Devant un malade agité, fiévreux, vos efforts doivent tendre à vous mettre dans un état de calme aussi grand que possible. Au contraire, auprès d'un anémié, d'un neurasthénique, d'un paralysé, ayez la pensée de donner à votre influx un ton de mouvement plus prononcé. Cet état vibratoire que vous communiquez à votre organisme s'ajoute à l'action des polarités et facilite d'autant mieux votre traitement. C'est ce qui explique pourquoi des magnétiseurs entraînés, sachant donner à leur influx le ton de mouvement, arrivent à produire des guérisons si rapides. C'est aussi cette action de la volonté sur le magnétisme qui explique comment les guérisseurs de campagne calment ou excitent à leur gré, sans jamais tenir compte de la polarité dont ils ignorent les premiers principes. Leur volonté impriment à leur force nerveuse la qualité calmante ou excitante qu'ils désirent.

Etant un agent équilibrant, le magnétisme agit d'autant plus que l'équilibre est rompu. Plus le malade est gravement atteint, en dépression physiologique ou nerveuse, et plus il est sensible à la magnétisation. Cette sensibilité diminue à mesure que le malade recouvre la santé. De lui-même, le malade sent donc à quel moment il est utile de cesser tout traitement.

Dans les cas à toute extrémité, on peut employer le souffle chaud pour donner à l'organisme défaillant un sursaut de vitalité. Dans notre Science secrète, nous avons indiqué la technique à suivre et relaté très en détail deux cures obtenues par transfusion vitale (septicémie puerpérale et broncho-pneumonie double). On verra par cet exposé que souvent, même aux portes de la mort, un malade abandonné de la thérapeutique courante peut retrouver la santé.

Beaucoup de personnes, confondant suggestion hypnotique et magnétisme s'imaginent que le malade doit être en hypnose. C'est commettre là une erreur profonde. Le malade n'a aucunement besoin de dormir pour bénéficier des bienfaits du magnétisme. Il lui suffit de se mettre dans un état de calme physique et psychique, de détente musculaire et de se soumettre volontiers aux soins.

Il n'est nullement nécessaire que le malade soit convaincu de la réalité du magnétisme pour en ressentir les effets. Nous l'avons dit: le magnétisme est un agent physique qui agit indépendamment de toute suggestion ou auto suggestion.

Certaines personnes ne ressentent, sous la magnétisation, aucune impression spéciale., Cependant l'action physiologique n'en est pas moins réelle. D'autres, au contraire, plus sensitifs, perçoivent sous l'application ou la présentation des mains du magnétiseur des impressions variables: frissons, chaleur, fraîcheur, bâillements, lourdeur de tète, somnolence, etc...

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Fig. 186.

Action magnétique excitante sur la poitrine

Imposition digitale de la main droite (+) vers la partie médiane de la poitrine (+).

 

Les anciens magnétiseurs avaient noté ces différentes impressions ressenties par les personnes magnétisées. Ainsi Deleuze dit: « Lorsqu'on passe la main le long des bras ou des jambes, l'impression de chaleur ou de froid ne se fait pas sentir uniquement sous la main, elle la précède. Très souvent » le malade éprouve de l'assoupissement, il a les yeux appesantis,  la tête lourde, sans pourtant que cela le gène. Très souvent encore, si on n'a conduit la main que jusqu'aux jambes, sans aller jusqu'à l'extrémité des pieds, les jambes s'engourdissent. »

On pourrait croire que ces impressions ressenties par les magnétisés ne sont dues qu'à une illusion. Il n'en est pas ainsi et il est facile de s'en rendre compte. Le Docteur Gaston Durville a noté ce qu'éprouvaient les malades soumis à la magnétisation. Ses observations ont porté sur 219 personnes. Parmi ces 219, il n'a tenu aucun compte de celles qui provenaient de gens sachant qu'il peut émaner quelque chose de l'organisme humain (malades déjà en cours de traitement magnétique, gens ayant étudié la question, etc...). En outre, avant d'accorder une valeur au dire de quelqu'un, il s'est assuré qu'il n'avait jamais entendu parler de la question, ou tout au moins qu'il ignorait totalement ce que les procédés magnétiques provoquent. Il n'a jamais posé de questions analogues, par exemple, à celle-ci: « Eprouvez-vous quelque chose sous l'influence de ma main ? », car il est évident qu'une telle question suggère une réponse. Enfin, il a éliminé la suggestion et l'autosuggestion en agissant sur des enfants et en se plaçant dans des conditions qui empêchaient le malade de voir les gestes du magnétiseur. Dans ces conditions, sur 219 cas observés, 101 ont ressenti un effet bien net sous l'influence de l'imposition de la main, presque toujours du froid, ou bien de l'engourdissement, des picotements, des fourmillements, moins souvent de la chaleur.

L'un de ces malades, M. N..., était atteint de sciatique double rhumatismale; il ignorait totalement le magnétisme; il venait se faire masser. Le malade était couché sur le ventre et on lui frictionnait les reins, puis les cuisses, on pratiquait l'élongation des sciatiques. Mon frère couvre le corps de la chemise et du drap et fait des passes à distance : le malade qui ne peut voir ce qui se passe puisqu'il est couché sur le ventre éprouve dans le dos et les jambes une sensation comparable à celle que produirait un « courant d'eau froide pénétrant jusqu'à l'os ». Il ajoute: « c'est très drôle, d'ordinaire, après un massage, j'ai toujours chaud et aujourd'hui, je suis gelé. »

Dans une autre observation, il s'agit d'une jeune fille de 5 ans, Mlle X..., hydrocéphale, atteinte de cécité complète.

L'observation est due à un magnétiseur M. P... « Un jour qu'il impose les mains immobiles devant les yeux de l'enfant, celle-ci s'écrie tout à coup: « Monsieur, pourquoi donc tu me souffles comme cela dans les yeux ? »

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