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Cours de magnétisme personnel

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LES ÉTATS SUGGESTIF ET CATALEPTIQUE

Etat suggestif: a), troubles sensoriels, b), troubles psychiques. Production de l'état suggestif. Réveil. — Etat cataleptique. Ses caractéristiques. — L'automatisme musculaire et ses répercussions psychiques. — Production de l'état cataleptique. — Réveil.

 

Etat suggestif

 

L'état suggestif, nous l'avons dit, est l'état le plus superficiel du sommeil. II a passé longtemps inaperçu. Obtenu par des manœuvres hypnotiques, il ressemble, sur bien des points, à l'état magnétique du même nom. Toutefois — et cela est constant pour tous les états hypnotiques — le sujet hypnotisé est toujours plus passif, plus hébété que le sujet magnétisé. Cette différence tient le plus souvent aux procédés employés qui, par leur violence, fatiguent toujours le sujet et lui enlèvent tout contrôle sur lui-même. Au contraire, le magnétisme n'emploie que des moyens doux et, loin de chercher à détruire le contrôle du sujet sur lui-même, il ne vise qu'à le plonger dans un sommeil qui lui procure le repos, qui développe en lui des facultés nouvelles.

En état suggestif, le sujet, présente les apparences de l'état de veille: toutefois, si nous l'examinons de plus près, nous constatons des troubles sensoriels et des troubles psychiques.

a) Troubles sensoriels. — Dans un état nettement caractérisé, le sujet est complètement insensible. Cette insensibilité est assez grande pour qu'on puisse le pincer ou le piquer fortement sans qu'il en soit incommodé. Les muqueuses deviennent insensibles ainsi que les masses musculaires: les piqûres, même profondes, ne sont pas ressenties. Le goût et l'odorat ont le plus souvent entièrement abolis. L'ouïe est très diminuée. La vue demeure, mais il arrive souvent que le champ visuel est considérablement amoindri.

b) Troubles psychiques. — Signe le plus caractéristique de cet état et qui lui donné son nom: le sujet devient très suggestible. Il n'a plus de volonté, ni de jugement, pas même de libre arbitre. On le met dans une position et il y reste. Incapable de raisonner et d'agir, il accepte sans discussion les postulats les plus invraisemblables. Il est un automate parfait aussi bien au physique qu'au moral. Toutes les expériences que vous intentez sur lui réussissent. Vous lui affirmez qu'il est un enfant, un vieillard, un magistrat, un prêtre, une danseuse, un bébé au biberon ou un équilibriste, un animal même, il devient aussitôt tout ce que vous suggérez, incarne le personnage, fait les gestes, dit les paroles, pousse les cris de l'être que l'on substitue à sa personnalité réelle. La liste des expériences à tenter est interminable, puisqu'elle dépend de l'imagination de l'expérimentateur.

Production de l'état suggestif. — On produit l'état suggestif par des manœuvres hypnotiques assez douées, par exemple, la fixation du regard sur un point brillant, à condition toutefois que l'excitation de la vue soit suffisamment courte et douce et que le sujet ne soit pas sensible à l'excès. Un rayon de lumière tombant brusquement sur le sujet dépasse parfois le but que l'on s'est assigné et le plonge dans un état plus profond: la catalepsie, par exemple. Ce fait explique, nous l'avons déjà dit, pourquoi les hypnotiseurs, partisans des moyens brutaux, n'obtiennent jamais l'état suggestif.

Réveil. — Pour faire cesser cet état, le procédé le plus rapide est le souffle froid sur le front. Avant de réveiller le sujet, dégagez-le de toute suggestion et laissez-le toujours sous une impression favorable.

 

Etat cataleptique

 

En continuant l'action hypnogène, le sujet passe de l'état suggestif à l'état suivant: la catalepsie.

A ce stade, le sujet est un automate parfait; il conserve les positions qu'on lui donne. Les yeux sont fixes, les pupilles légèrement dilatées, les paupières largement ouvertes animées de rares battements, la cornée est tellement insensible qu'on peut toucher le blanc de l'œil sans déterminer aucun mouvement réflexe; le sujet demeure les yeux grands ouverts et continue à regarder fixement devant lui.

Bien que les membres présentent une grande souplesse, ils offrent cette propriété de pouvoir conserver, pendant un temps quelquefois très long, des positions même très instables: on peut faire tenir le sujet sur un pied dans l'attitude envolée du génie de la Bastille, sans qu'il présente extérieurement des signes de fatigue. Toutefois, si on n'impose pas une attitude au cataleptisé, ses membres sont parfaitement souples, et nous insistons sur ce point car nombre d hypnotiseurs ont fait de « catalepsie » le synonyme de « contracture ». Il n'en est rien: la contracture peut être constatée dans la catalepsie, mais ce n'est pas le seul phénomène que présente cet état. D'autre part, nous avons vu au chapitre précédent que nous pouvions produire la contracture chez le sujet parfaitement éveillé. Il ne faut donc pas confondre contracture avec catalepsie.

En état cataleptique, le sens musculaire est exagéré au point que le muscle peut proportionner sa contraction à la résistance à vaincre. Ainsi, admettons que le bras du sujet soit allongé. Si l'on charge la main d'un poids, le bras entre en contracture et cette contracture devient d'autant plus forte que le poids est plus lourd. On peut obtenir la contracture générale de tout le corps par le procédé que nous avons indiqué en étudiant les phénomènes à l'état de veille, seulement, dans la catalepsie, cette contracture est plus forte qu'elle ne l'est à l'état de veille. La raison en est que le sommeil rend les muscles plus passifs et par conséquent plus aptes à produire toutes les réactions que l'on en attend, sous des excitations appropriées. Le sujet étant en contracture générale, on peut placer sa tête et le haut des épaules sur une chaise, ses pieds sur une autre, il reste ainsi très longtemps, aussi raide qu'un morceau de bois. Dans l'état cataleptique, les muscles acquièrent une force insoupçonnée à l'état de veille.

Si, en contracture, on constate chez le sujet un tremblement général, il faut faire cesser l'état en soufflant fortement sur les globes oculaires et en procédant à des frictions générales.

Charcot et ses élèves ont cru que l'état cataleptique n'est pas favorable au développement de la contracture. C'est une erreur: on peut provoquer dans cet état des contractures extrêmement puissantes.

Mais, en dehors des contractions violentes, on obtient, en catalepsie, des contractions moins fortes par des excitations très superficielles de la peau. Si l'on frôle légèrement, non seulement la peau mais même les poils, si l'on produit un soufflé léger, avec la bouche ou un soufflet, on provoque une contraction de la partie atteinte, contraction d'autant plus intense que le sujet est plus sensible. Ces contractions se transfèrent soit au même muscle du côté opposé, soit au muscle antagoniste, du biceps au triceps, par exemple. Pour obtenir ce transfert, il suffit de répéter la même excitation (frôlement, souffle, etc.) sur le muscle à influencer et, dès que le second entre en contraction, le premier retrouve sa souplesse primitive.

Le sujet cataleptisé présente la passivité d'une statue; ses paupières, largement ouvertes, ne clignent pas ou très rarement; les larmes s'accumulent et s'écoulent sur les joues. Toutes les activités organiques sont diminuées: la respiration est beaucoup plus lente qu'à l'état de veille et les tracés pneumo graphiques accusent de longues pauses qu'interrompent de loin en loin des dépressions peu profondes.

Il ne faut cependant pas croire que cette immobilité soit due à une contracture générale: bien au contraire, et c'est une particularité de cet état sur laquelle il est nécessaire d'insister, les muscles sont souples et légers, ils se déplacent aisément, mais vient-on à les actionner, puis à les lâcher, ils conservent la position dans laquelle on les a placés. Ils peuvent la conserver pendant un temps considérable parce que la résistance musculaire est très sensiblement augmentée dans cet état.

Un fait à noter encore, c'est que les gestes que vous imposez à votre sujet agissent sur sa physionomie. Joignez ses mains, il tombe à genoux, lève les yeux au ciel prend l'attitude et l'expression de la prière. Tendez violemment son poing, son visage se crispe, il devient menaçant et manifeste toutes les nuances de la colère, depuis l'indignation jusqu'à la fureur. Si vous approchez sa main de ses lèvres, dans le geste d'envoyer un baiser, le sujet continue d'envoyer des baisers dans le vide, avec une expression tendre et sentimentale. Vous pouvez multiplier à l'infini ces expériences en donnant au cataleptisé le sentiment de la peur, de la joie, de la tristesse.

II vous obéit toujours. Comme l'influence du dernier état d'esprit peut persister après le réveil, ayez soin de terminer ces suggestions par une expérience qui laisse le sujet dans une pensée heureuse.

Fait intéressant à signaler: les radiations de l'aimant peuvent servir de moyen de transfert aux attitudes du cataleptique. Si, par exemple, vous lui avez donné le geste de la colère en projetant vivement son poing droit, vous pouvez par le contact d'une lame magnétique, placée en position excitante sur le bras gauche, obtenir la détente du bras droit et le transfert de l'attitude menaçante sur le bras gauche. Pour cette expérience, servez-vous d'une lame magnétique de Hector Durville, portant le numéro 2 qui affecte exactement la forme de la partie à influencer et appliquez-la en position isonome, c'est-à-dire le pôle + dirigé vers le côté du petit doigt. Changez ensuite la lame de bras, le geste changera de côté. Vous pouvez transférer la contracture au muscle antagoniste, par exemple, en déplaçant votre aimant du biceps au triceps. Ces expériences de transfert sont plus nettes lorsque le sujet est en sommeil magnétique.

 

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Fig. 202. — Dispositif utilisé par Charcot pour contrôler les mouvements du membre supérieur et les mouvements respiratoires chez les sujets cataleptiques

M, tambour de Marey.— P, pneumographe. — C, cylindre rotateur. — T, T, pointes enregistrant sur le cylindre (C) les mouvements transmis par le tambour de Marey .(H) et par le pneumographe (P).

 

Il n'y a pas que l'activité musculaire qui soit perturbée. Comme les activités physiques, l'acuité visuelle est très amoindrie. Le sujet a les yeux fixés sur un point de l'espace et ne s'en écarte pas. Si vous présentez un objet devant ses yeux, le regard du sujet s'attache à l'objet et le suit dans ses mouvements.

 

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Fig. 203. — Tracés obtenus par Charcot avec le pneumographe

Les trois lignes du haut montrent l'activité respiratoire chez un sujet hypnotique en état cataleptique; les trois lignes du bas, tracés obtenus avec un homme qui essaie de simuler l'attitude cataleptique.

 

A propos des gestes, nous avons vu la répercussion du physique sur le moral dans l'état de catalepsie. L'esprit du sujet prend les états que lui suggèrent les gestes et attitudes imposés par vous à son corps. Nous voyons cela mieux encore avec le regard. Présentez un doigt devant les yeux du cataleptisé jusqu'à ce que son regard s'y soit fixé. Si vous déplacez votre doigt dans tous les sens, le regard du sujet le suit sans cesse. Vous pouvez tirer de ce fait des expériences curieuses. En voici quelques-unes. Avec votre main que le sujet suit obstinément du regard, imitez, même sommairement, le vol de l'oiseau, le sujet ne voit plus votre main, mais seulement l'oiseau dont vous avez créé l'image dans son esprit. S'il aime les oiseaux, il appellera celui-ci, lui offrira à manger et même le poursuivra. Faites le geste de saisir l'oiseau au passage et de le poser sur la main du sujet endormi, celui-ci caressera l'oiseau, lui parlera, manifestera son contentement. Passez alors votre main entre cet oiseau imaginaire et les yeux du sujet et celui-ci ne pense plus à l'oiseau. A terre, mimez la reptation du serpent, le sujet voit le reptile, en témoigne de l'horreur, s'enfuit, et même, s'il en a une réelle phobie, tombe en léthargie en poussant un cri. Il est bon que vous connaissiez les répulsions vives de votre sujet lorsqu'il est éveillé, afin de ne pas l'y soumettre en sommeil, car cela amène des scènes pénibles pour l'hypnotisé et pour le public. Il va de soi que vous pouvez multiplier à l'infini les expériences en substituant au serpent et à l'oiseau toute autre image, des fleurs, du vin, un enfant, une poupée: le sujet respire les fleurs, s'enivre avec le vin, joue avec les enfants ou la poupée, suivant ses goûts.

 

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Fig. 204. — Tracés obtenus par Charcot avec le tambour de Marey.

Les trois premières lignes ont été obtenues chez un sujet en état cataleptiques elles montrent que le membre supérieur auquel était fixé l'appareil enregistreur était immobile. Les trois lignes du bas ont été données par un homme qui essayait de simuler l'immobilité cataleptique.

 

Le cataleptique est un automate parfait. Faites-lui exécuter le geste de battre les tapis, de tirer la langue, de bercer un enfant, de pêcher à la ligne, il le continue jusqu'à ce que vous lui imposiez une autre idée. Vous pouvez donner à votre auditoire le spectacle amusant d'une femme timide se frisant la moustache avec des airs de hussard ou celui d'un vieux monsieur respectable berçant un poupon ou tirant la langue comme un écolier. Il vous est possible, si vous avez plusieurs sujets, de combiner des scènes plaisantes en ordonnant à chacun une action différente, contradictoire ou complémentaire, qui sera jouée avec d'autant plus de naturel qu'elle est pour chaque sujet, à ce moment, l'expression de sa pensée la plus sincère. Vous leur ferez croire qu'ils sont en luge sur la neige, que l'un est voyageur dans un omnibus et que l'autre est contrôleur, enfin tout ce qui vous viendra à l'idée.

De même que le sujet a répété tous vos gestes, il reproduit fidèlement toutes vos paroles. Si vous lui parlez une langue qu'il ignore, il répétera les mots qu'il ne comprend point avec un accent souvent impeccable.

Annoncez que votre sujet est en état de lucidité et que ses réponses sont stupéfiantes de vérité: il ne manquera pas d'amateur pour le consulter, mais ils n'en tireront que leur propre question répétée avec la fidélité de l'écho. Pour réussir cette expérience, il vous suffit de prendre, comme nous l'avons dit, le regard de votre sujet et de le fixer sur les lèvres du consultant ou sur les vôtres: il ne perdra pas une seule des paroles prononcées devant lui, ni une seule inflexion de voix sans en donner aussitôt la fidèle reproduction.

Vous priez alors la personne consultante de vous ramener le sujet. Le curieux donnera l'ordre d'aller vers vous, mais le sujet, sans bouger, répétera la même injonction. Si on lui offre le bras, il arrondira le sien dans un mouvement identique. On les verra même tourner l'un autour de l'autre et si l'intermédiaire entre vous et le sujet, ennuyé de ce malentendu qui se prolonge, veut regagner sa place et se rasseoir, le sujet le suivra partout et s'assiéra sur la même chaise, ce qui prête à des scènes divertissantes.

Affirmez à votre sujet que la personne auprès de laquelle il est assis est un malfaiteur et qu'il est, lui, le gendarme chargé de l'arrêter: il le fera avec autorité. Vous aurez même besoin de modérer son zèle un peu brusque si le pseudo coupable fait mine de résister. Par contre, si vous inversez les rôles, que le sujet devienne la personne à incarcérer, vous le verrez s'enfuir, trembler et pâlir de crainte ou, si son tempérament l'y pousse, protester de son innocence avec la plus forte indignation. Dans le premier cas, pour que le faux gendarme laisse en repos le criminel supposé, vous n'avez qu'à passer la main ou n'importe quel objet entre les yeux du sujet et sa victime, aussitôt le regard est dérivé et l'action cesse. Les yeux du sujet s'attachent au nouvel objet et le suivent.

En état cataleptique, la sensibilité superficielle est abolie, mais les autres sens conservent une certaine acuité de perception. Cependant, il est des exceptions et vous rencontrez des sujets qui deviennent à peu près sourds et même complètement, au point que l'on peut tirer auprès d'eux un coup de revolver sans en être entendus. Si le sujet est sous le coup d'une suggestion — par exemple, s'il suit avec plaisir le vol d'un oiseau dans l'air — ce bruit ne le détournera pas de cette idyllique contemplation. Par contre, chez les sujets qui conservent l'usage de l'ouïe, la musique a une influence, influence d'autant plus grande qu'ils l'aiment à l'état normal. Selon que la musique est guerrière, pathétique ou folâtre, votre sujet prend les attitudes et expressions des sentiments rendus par la mélodie; il charge les ennemis au son de la Marseillaise, pleure aux marches funèbres et met son chapeau en bataille, en prenant une expression égrillarde, pour les airs de café concert. Cette suggestion musicale a des prises très variables selon le caractère et les aptitudes musicales du sujet. De plus, ces phénomènes sont moins parfaits en sommeil hypnotique qu'ils ne sont en sommeil magnétique. Lina, le sujet du colonel de Rochas, et Magdeleine, le sujet de M. Magnin, en sommeil magnétique interprétaient la musique et la poésie avec un bonheur de gestes et d'expressions, avec une spontanéité que vous ne trouverez jamais chez les sujets hypnotisés.

Un des signes de la catalepsie est encore la diminution de la mémoire. Cette suppression d'une quantité de faits primitivement enregistrés donne lieu à des expériences très amusantes. Mettez un verre dans les mains de votre sujet, il est un moment avant de reconnaître la nature de l'objet et l'usage qu'il en peut faire; quand, après quelques minutes, il a reconnu l'objet, il le porte à ses lèvres imaginant de lui-même qu'il est plein d'un excellent et capiteux breuvage. Vous lui offrez un second verre, puis un autre, il fait le geste de les vider tous et présente bientôt les états progressifs de l'ivresse, bien que tous les verres aient été vides. Arrêtez-vous à temps, car le sujet peut ne pas se contenter de dire des incohérences et de tituber, il accuse souvent des troubles digestifs consécutifs à l'ivresse et cela cesse tout à fait d'être plaisant.

Donnez-lui un chapeau: il le manie longtemps, puis il le met sur sa tête, que ce soit un chapeau d'homme ou de femme. Si vous lui en donnez un autre, il le place sur le premier, ne se souvenant pas qu'il est déjà coiffé et il en superposera autant que vous lui en présenterez. A ce moment, réveillez-le, il est malheureux, confus, intimidé, ne sait où se mettre et sa brusque retraite fait la joie de l'assistance.

Pour que le sujet fasse quelque chose de l'objet que vous lui confiez, il est toutefois nécessaire qu'il en connaisse l'usage quand il est à l'état de veille, sans cela sa mémoire, déjà diminuée, ne parvient plus à lui suggérer l'usage d'un objet nouveau. Le sujet ne présente, en catalepsie, aucun phénomène de lucidité.

 

Production de l'état cataleptique. — L'état cataleptique est un état transitoire qui passe souvent inaperçu. On le reconnaît, avec un peu d'expérience, au moment où les yeux deviennent fixes. Dès que la fixité se manifeste, levez un bras: si le sujet est réellement en catalepsie, le membre ne retombe pas de son propre poids comme dans les autres états, mais il conserve la position donnée, sans toutefois qu'il se produise de contracture. La contracture n'apparaît qu'au cours d'un mouvement violent, par exemple, dans le geste du coup de poing, mais, si vous agissez doucement, le bras conserve toute sa souplesse, bien qu'il ne puisse pas quitter la pose où vous l'avez fixé.

Dès que le sujet est en catalepsie, supprimez la cause hypnogène; si vous avez agi sur la vue, enlevez la source lumineuse qui a amené l'état voulu ou détournez-en le sujet. Si vous ne prenez pas cette précaution, la continuité de la cause amène votre sujet à des états de plus en plus profonds: somnambulisme, puis léthargie. Si vous avez agi par d'autres procédés, faites de même. Avez-vous pressé une zone hypnogène — le sommet de la tête ou les poignets ? Cessez cette pression dès que les yeux deviennent fixes et l'état produit reste constant.

Il importe de toujours mesurer l'énergie des procédés hypnogènes à la résistance de chaque sujet: tel bruit violent où-telle lumière intense plongeront dans la léthargie un sujet nerveux, alors qu'un autre, avec la même cause et dans un même temps, ne se trouvera porté qu'au somnambulisme ou à la catalepsie. Il y a là une question de dosage qui demande du tact et ne s'acquiert qu'avec l'expérience. Tenez encore compte de ce fait que la répétition des expériences crée un entraînement qui rend le sujet de plus en plus sensible.

Si le sujet est très nerveux, il suffît, pour déterminer la catalepsie, d'une faible lumière projetée devant les yeux, du bruit d'un papier qu'on froisse, d'un choc léger sur un verre, d'une légère pression, de l'ouverture des paupières obtenue par injonction.

Sur des sujets de sensibilité moyenne, on obtient la catalepsie par des procédés du même ordre, mais plus intenses..

La pression de zones hypnogènes ou d'organes, (spécialement les globes oculaires) détermine l'état cataleptique, mais il faut savoir arrêter la pression à temps. Pendant qu'on exerce la pression, avoir soin de regarder le sujet et dès qu'il a un soubresaut, — qui quelquefois est si faible qu'il peut passer inaperçu, — prendre un bras et le lever; s'il garde la position, cesser toute action hypnogène. Dans bien des cas, au début des expériences, l'état n'est pas très net: le sujet conserve les yeux fermés. Ouvrez-les avec les deux pouces, en élevant doucement les paupières supérieures et, si elles s'abaissent, ouvrez-les d'un mouvement brusque, ce qui détermine une contraction des muscles élévateurs des paupières.

On peut produire la catalepsie secondairement, c'est-à-dire en ramenant à cet état un sujet en léthargie ou en somnambulisme, simplement en lui soulevant les paupières. Si la catalepsie n'était pas très nette, présentez une source lumineuse devant les yeux du sujet jusqu'à ce que vous constatiez la fixité du regard particulière à cet état.

 

Réveil. — On fait cesser l'état cataleptique par tous les procédés de réveil déjà indiqués. Le souffle froid, dirigé fortement sur les yeux, est le procédé de choix. La contracture cède en frictionnant doucement les muscles affectés: pour les yeux faites ces frictions très doucement sur les paupières, en prenant appui des quatre doigts de chaque côté de la tête au-dessus des oreilles et dirigeant les frictions, exécutées par le pouce, de la racine du nez vers les tempes. Pour toute autre partie du corps, faites cesser la contracture par une friction. ou une malaxation d'autant plus énergique que vous vous trouvez en présence d'une masse musculaire plus importante,

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