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Cours de magnétisme personnel

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LES ÉTATS SOMNAMBULIQUE ET LÉTHARGIQUE

Etat somnambulique. Aspect du sujet. — Troubles sensoriels: a), sensibilité. — b), vue. — c), ouïe. — d), olfaction. — Troubles psychiques: a), hyperexcitabilité intellectuelle. — b), mémoire. — Suggestion hypnotique. — Suggestion post-hypnotique. — Production de l'état somnambulique. — Procédés de réveil, — Etat léthargique. Caractères principaux. — Hyperexcitabilité neuromusculaire. — Contractures. — Perturbations sensorielles et psychiques. — Production de la léthargie. — Cessation de l'état léthargique.

 

Etat somnambulique

 

Aspect du sujet. — En état de somnambulisme hypnotique, le sujet paraît inerte, insensible à tout ce qui se passe autour de lui. Cependant, ses sens sont ouverts, il perçoit tout ce qui se dit et se fait, et très souvent ses sens acquièrent une acuité toute particulière. Il n'est pas capable de résister à un ordre donné : il est complètement passif.

C'est surtout en somnambulisme que l'on peut observer les différences profondes qui séparent l'hypnotisme du magnétisme. Comme nous l'avons déjà dit, le magnétisme développe la personnalité du sujet, tandis que l'hypnotisme ne tend qu'à l'annihiler. En somnambulisme magnétique, les sens du sujet offrent une acuité surprenante. C'est dans cet état qu'il voit, soit dans l'obscurité, ou dans une faible lumière, les effluves qui s'irradient du corps humain, des plantes, des aimants, des cristaux...; il voit à travers les corps opaques; il peut souvent décrire les organes internes de son propre corps (autoscopie) et indiquer les remèdes dont il a besoin, ou pratiquer cet examen sur telle personne avec laquelle il est en rapport. Il entend au-delà de la portée ordinaire de ses sens. Il sent, soit par les organes de l'odorat soit par sa sensibilité générale. Il est un instrument merveilleusement réceptif. On peut exalter plus encore ses facultés psychiques. Il entre en extase et en cet état il suit une scène imaginaire qui se déroule devant ses yeux. Il peut se remémorer des choses dont le souvenir est entièrement aboli en lui, à l'état de veille. Sa mémoire prend souvent une acuité insoupçonnable: il se rappelle des faits insignifiants passés depuis 40 ans et plus. Chez des sujets en somnambulisme magnétique on a obtenu des souvenirs de la toute petite enfance.

En hypnotisme — surtout avec les moyens brutaux du grand hypnotisme, — ce sont des phénomènes que nous n'obtenons pas ou très rarement.

Le sujet hypnotique mis en somnambulisme présente les signes suivants:

Ses muscles sont relâchés mais n'offrent pas la résolutions musculaire complète d'un sommeil plus profond. Si on soulève un bras et qu'on l'abandonne, il ne demeure pas étendus dans l'air, conservant la position donnée, comme nous l'avons vu dans la catalepsie, mais il ne tombe pas non plus lourdement comme dans la léthargie : il descend de son propre poids tout naturellement. Chez les sujets très sensibles la tête, souvent, est inclinée sur une épaule, mais cet état d'inertie musculaire n'est qu'apparent. Parlez au sujet, il répond. Dites-lui de redresser la tête, il la relève. Commandez-lui de marcher, de parler, il exécute vos ordres.

Dans l'état somnambulique, on constate une certaine augmentation des forces musculaires. Le sujet lève un poids surpassant de beaucoup ses possibilités coutumières. Chez certains sujets nerveux, l'augmentation est très grande et facile à constater au dynamomètre.

Les yeux du sujet peuvent être ouverts ou fermés. S'ils sont fermés, on les ouvre soit à l'aide de frictions sur les paupières, soit par injonction. Nous trouvons arbitraire la distinction faite par certains hypnotiseurs entre le somnambulisme les yeux ouverts et le somnambulisme les yeux fermés. Ces deux états ne présentant d'autre différence que l'ouverture ou l'occlusion des paupières, il ne nous semble pas nécessaire de les classer sous des noms différents, les autres manifestations de cet état demeurant parfaitement identiques, dans les deux cas.

Les yeux du sujet ne jouent aucun rôle dans le somnambulisme. Ils ne présentent pas la fixité si caractéristique de l'état cataleptique. Le regard est immobile, mais son expression est plutôt celui d'une personne qui rêve ou qui regarde au loin. Les paupières ont peu de battements.

 

Troubles sensoriels. — Ces troubles sont curieux:

 

a) Sensibilité. — Notons d'abord une diminution très grande de la sensibilité. On peut piquer le sujet ou le pincer sans qu'il en souffre: il est encore moins sensible que dans la catalepsie. Aussi peut-on renouveler sans nulle crainte l'expérience qui consiste à traverser le derme et le tissu adipeux avec une épingle à chapeau; il ne sent pas la piqûre.

Exceptionnellement, certains sujets — assez rares — accusent une hyperesthésie. Non seulement, ils ne sauraient supporter une piqûre, mais la pression du doigt, un simple contact sur la peau sont perçus jusqu'à la douleur. Parfois, certaines parties du corps sont seules hyperesthésiées, les autres étant insensibles ou présentant une sensibilité normale.

On retrouve souvent, en somnambulisme, l'hyperexcitabilité neuromusculaire, faculté que nous avons déjà étudiée et décrite et qui fait entrer un muscle en contraction dès qu'on l'excite directement ou indirectement par l'intermédiaire de son tendon ou du nerf qui le commande.

Ces contractures sont quelquefois susceptibles d'être transférées. Toutefois, c'est dans l'état léthargique que l'hyperexcitabilité neuromusculaire se rencontre à son degré le plus élevé. Si on cherche à obtenir des contractures, on devra prendre un soin très exact de les faire cesser par friction ou malaxation avant de réveiller le sujet. Après réveil, la remisse des muscles dans leur état normal serait quelquefois très difficile. Nous avons rencontré des sujets qui, si leurs contractures n'avaient pas été résolues en état d'hypnose, ne pouvaient être remis à l'état de veille en possession de leur souplesse naturelle, ni par friction, malaxation ou par tout autre procédé.

Dans ce cas, il suffit de remettre le sujet dans l'état où la contracture a été déterminée et à la faire cesser complètement avant de produire le réveil.

 

b) Vue. — On constate généralement du côté des sens, une acuité particulière, mais nous devons nous rappeler que, dans les états hypnotiques, il y a peu de règles fixes.

L'acuité visuelle peut être mise en valeur par l'expérience suivante. Préparez plusieurs petits cartons de papier blanc huit ou dix, par exemple, et marquez l'un d'eux, au dos, d'un signe imperceptible, reconnaissable pour vous seul. Montrez ce carré à votre sujet en lui suggérant que c'est une photographie, puis mêlez tous les carrés de papier. Beaucoup de sujets retrouvent rapidement le carré qui porte le portrait imaginaire. Ce fait peut s'expliquer par une sensibilité telle de la vue que le sujet reconnaît des imperfections, du papier insaisissables par un œil normal, et qui, pour lui, deviennent des points de repère. Cette expérience réussit beaucoup mieux en somnambulisme magnétique. Dans ce cas, le sujet à qui on a donné à tenir le carton qui porte l'image suggérée l'a chargé de son propre magnétisme et il en distingue les effluves par une acuité particulière du toucher.

De curieux phénomènes sensoriels ont été souvent constatés en somnambulisme. Le Docteur Berger cite le cas d'un étudiant qui pouvait lire dans l'obscurité une page imprimée dont il lui était impossible de déchiffrer une lettre à l'état de veille et dont personne non plus ne pouvait lire un seul mot.

Le Docteur Bottey a vu, dans un des hôpitaux de Paris, un malade atteint de cécité hystérique complète qui, lorsqu'il tombait en état de somnambulisme spontané, recouvrait entièrement la vue, pendant la durée de l'accès.

Citons une autre observation curieuse qui a fait l'objet d'une communication du Docteur Taquet (de Bordeaux) à la Société médico-psychologique, le 24 décembre 1883. Il s'agit d'un cas d'hyperesthésie excessive de la vue, persistant après l'état hypnotique, chez une hystérique somnambule. Voici les» faits: « Après avoir placé un carton devant les yeux du sujet » dit le Docteur Taquet, nous réveillons la malade. Ses yeux ont à peine retrouvé le plan du carton qu'elle s'étonne d'avoir la figure sale et efface une à une les taches dont nous avions macule son visage avant de la réveiller, se servant du corps opaque comme d'une véritable glace. Les empreintes qui ne viennent pas se réfléchir directement dans un point déterminé du miroir ne sont pas perçues, à moins que celui-ci, ne soit élevé ou abaissé, ou que l'on porte la tête de la malade soit à droite, soit à gauche, suivant les cas, le regard restant attaché à l'écran. Nous le tenons au-dessus ou bien en arrière de sa tête, mais de telle sorte qu'il se trouve dans le champ du carton, et nous présentons divers objets tels qu'une bague, une montre, une pipe, etc... elle ne tarde guère à les apercevoir, elle en décrit la forme, la couleur. Nous ferons remarquer, ajoute le Docteur Taguet, qu il existe toujours un certain retard dans la perception des objets: c'est ainsi que, si nous substituons brusquement une pièce de 10 centimes, par exemple, à une montre, le sujet n'en continuera pas moins à chercher à lire l'heure, puis tout à coup, il s'écriera: la montre a disparu... Voilà deux sous. »

Cette hyper-acuité, très rare en hypnotisme, n'est pas constante chez le même sujet. Non seulement elle varie selon l'état de santé, mais d'heure en heure et plusieurs fois dans la journée, même au cours d'une expérience. Le sujet se fatigue vite, ne voit plus ou voit mal. Sa faculté visuelle peut aussi s'exercer par éclipses, disparaître et reparaître, parfois aux moments les plus inattendus. Ceci tient surtout à la brutalité des procédés hypnotiques qui fatiguent rapidement les sujets. En magnétisme, les résultats sont beaucoup plus stables.

Cette hyper-acuité, qu'on rencontre en général spontanément, est assez difficile à produire en hypnotisme. On y parvient toutefois, mais beaucoup moins souvent et bien moins aisément que ne disent certains hypnotiseurs. Voici la manière de procéder. Prenez un carton sur lequel vous avez écrit un mot en très grosses lettres bien distinctes, et présentez-le à votre sujet endormi, en pleine obscurité. Demandez-lui de faire tous ses efforts pour le lire. Renouvelez l'essai.

 

c) Ouïe. — Le sens de l'ouïe est quelquefois hyperesthésié. Il existe des exemples particulièrement nets:

M. le Docteur Brémaud cite le cas d'un somnambule qui, se trouvant un soir dans son cabinet et regardant à travers les carreaux de la fenêtre, entendait parfaitement un dialogue qui avait lieu à voix basse, à l'autre extrémité de la rue, entre une femme et un ouvrier du port.

D'après les Docteurs Berger et Ladame (de Dambresson), on pourrait faire répéter à un somnambule les mots que l'on prononce dans un tuyau (un stéthoscope, par exemple) posé sur le creux de l'estomac ou dans la région des vertèbres cervicales inférieures. Si l'on pratique cette expérience sur une autre région, le foie, par exemple, la poitrine ou même la tête, le sujet n'entend rien. Cette sensibilité est spéciale à certains sujets. L'essai réussit plus facilement en magnétisme qu'en hypnotisme.

A défaut de ces expériences difficiles, exceptionnelles, on peut constater l'acuité auditive par le procédé suivant: présentez votre montre à une faible distance de l'oreille du sujet et demandez à celui-ci de rassembler toute son attention pour écouter le tic-tac. Reculez alors très lentement votre montre. Le sujet continue à entendre le bruit à une distance beaucoup plus grande qu'à l'état de veille. Nous avons rencontré des sujets qui entendaient le tic-tac de la montre à cinq ou six mètres et quelquefois plus. Plusieurs de nos sujets percevaient ce faible bruit à cinq mètres, à travers une porte fermée. Evitez que le sujet s'auto suggestionne.

 

d) Olfaction. — On rencontre quelquefois une acuité toute particulière du sens olfactif.

M. le Docteur Taguet a entraîné un sujet qui possédait une telle hyperexcitabilité olfactive qu'il pouvait reconnaître, à l'odeur, les propriétaires des objets qu'on lui donnait à respirer. C'était un sujet exceptionnellement doué. Il ne faut pas espérer réussir de telles expériences avec le premier sujet venu. Ce qui est quelquefois possible, c'est de faire reconnaître l'odeur contenue dans un flacon en donnant au sujet un papier qui a été exposé au-dessus du flacon pendant un laps de temps très court. Après entraînement, quelques secondes suffisent.

Il va de soi qu'au début il faut créer des différences sensibles, comme mettre une bonne et une mauvaise odeur. Nous avons vu des sujets discerner les nuances les plus délicates, après une exposition de plus en plus courte.

 

Trouble psychiques. — Ils sont très particuliers à cet état.

a) Hyperexcitabilité intellectuelle. — On constate très souvent un développement inattendu des facultés intellectuelles.

Le Docteur Brémaud cite le fait d'un de ses jeunes parents, élève dans un lycée, auquel les sciences mathématiques, tout en lui étant connues, étaient loin d'être familières, et qui, mis en somnambulisme hypnotique, résolvait très rapidement et très élégamment un problème difficile de trigonométrie dont il était fort embarrassé un certain soir, et qui ne l'embarrassa pas moins, une fois revenu à l'état de veille. Mais ce fait d'hyperexcitabilité intellectuelle est un cas isolé; de pareils faits sont difficiles à produire, en hypnotisme; on les obtient avec plus de facilité en magnétisme.

 

b) Mémoire. — En état de somnambulisme, on constate une reviviscence des souvenirs que l'on croyait depuis longtemps abolis.

Le Docteur Braid cite le fait d'une femme qui, en somnambulisme hypnotique, récitait de longs chapitres de la Bible hébraïque et d'autres livres, alors qu'elle n'avait jamais étudié les langues dans lesquelles elle récitait et qu'elle n'en pouvait dire un mot à l'état de veille. On découvrit à la longue que ce qu'elle récitait elle l'avait entendu lire à haute voix par un ecclésiastique chez lequel elle avait résidé étant jeune fille.

Le Professeur Charles Richet rapporte le fait d'une somnambule qui chantait un air de l'Africaine, alors qu'elle n'avait entendu cet opéra qu'une fois seulement. A l'état de veille, elle était incapable d'en dire le moindre fragment.

Voici un fait que rapporte le Docteur Bottey et qui lui a été communiqué par un de ses confrères, fait qui dénote une hyper-acuité de la mémoire et du sens de la vue en état hypnotique. « On met sous les yeux du sujet, dit-il, une série de feuilles de papier superposées et on lui commande d'écrire sous la dictée. Lorsqu'il a écrit quelques lignes sur la première feuille, on la retire subitement: le sujet continue sur la deuxième feuille sans remarquer l'enlèvement de la première. On lui enlève de même la seconde, la troisième et la quatrième, lorsqu'une série de quelques lignes a été écrite sur chacune de ces feuilles. A chaque fois le sujet reprend son écriture au point exact où il en est resté sur la feuille précédente. Enfin, la quatrième feuille étant épuisée, on lui remet la cinquième entre les mains, en lui disant de relire à haute voix tout ce qu'il a écrit et de ponctuer aux endroits nécessaires, ce qu'il fait avec une exactitude et une régularité vraiment surprenantes, aucun mot n'étant omis et chaque correction correspondant exactement aux points divers des quatre feuilles successivement enlevées.» C'est là un phénomène qu'il ne faut pas s'attendre à rencontrer chez tous les sujets: il est, au contraire, excessivement rare sous cette forme.

Le choc brutal produit, par l'hypnotisation donne, en certains cas, les effets produits par une grande émotion ou une forte tension cérébrale.

On a vu des personnes sur le point de se noyer, revoir toute leur vie en un éclair.

Le Docteur Bottey cite le fait d'un homme qui, traversant la voie ferrée au moment où le train arrivait à toute vitesse, n'eut que le temps de s'étendre entre les rails. Pendant que le train roulait à toute allure au-dessus de lui, la frayeur lui remit en mémoire tous les incidents de sa vie, parmi lesquels nombre de faits insignifiants qu'il croyait avoir oubliés.

Sous l'influence de l'hypnotisme, la mémoire peut être exaltée. Demandez à votre sujet de se rappeler ce qu'il a fait antérieurement. Par exemple, s'il a 25 ans, faites-lui se rappeler ce qu'il a fait à 24, à 23, 22, 21 ans, etc. Des souvenirs précis lui reviendront sur ses années d'enfance, souvenirs profondément oubliés à l'état de veille.

Voici une expérience facile à faire que suggère le Docteur Bottey. On lit à haute voix, devant un sujet, deux ou trois fois de suite, un passage d'un journal ou d'un livre quelconque. Plusieurs jours après, on endort le sujet, et on lui fait répéter textuellement les phrases lues, alors qu'à l'état de veille il est incapable de s'en rappeler un mot.

 

Suggestion hypnotique. — En somnambulisme, le sujet est très suggestible. Toutes les suggestions que nous avons indiquées comme pouvant être acceptées à l'état d'e veille, se réaliseront bien mieux encore en somnambulisme.

Dites à votre sujet que tel assistant est un arbre et commandez-lui d'y monter, il fera de son mieux pour grimper, sans souci pour ses vêtements. Affirmez-lui que le tapis est une mare, il fera des détours prudents pour ne pas mouiller ses pieds ou il se jettera dedans pour sauver une victime hypothétique. Veillez à ce qu'il ne se précipite pas trop fort, car il agit avec une conviction entière et risquerait de se blesser, mais, s'il peut se pencher du bord et ramener en sûreté la prétendue victime, il vous donnera la scène complète d'un sauvetage où personne ne court aucun danger.

Vous pouvez lui faire jouer des scènes plus divertissantes. Dites-lui que la table est une voiture. S'il se croit le cocher, il montera dessus, fouettera ses chevaux absents et s'impatientera contre eux. S'il est voyageur, il se placera sous la table, passera la tête parfois, se plaignant que les chevaux n'avancent pas ou que son automobile à une panne, se mettant dans une colère d'autant plus réjouissante qu'elle est sans objet et sans effet.

Vous pouvez aussi lui faire prendre l'ammoniaque pour un parfum délicieux ou, réciproquement un excellent parfum pour une odeur fétide. Mais, ici encore, agissez avec prudence. Si vous donnez de l'ammoniaque à respirer au sujet, rappelez-vous que, si pendant le sommeil hypnotique, les sens fonctionnent à votre volonté, les organes et les tissus peuvent rester affectés et que vous ne devez pas faire payer le divertissement de votre auditoire par une incommodité du sujet. Vous pouvez créer de même des illusions du goût, faire manger à votre sujet une pomme de terre ou une carotte crue en lui disant que c'est de l'ananas ou une pêche délicieuse, il mangera son légume avec une conviction parfaite et le trouvera succulent. Faites-lui respirer une boîte à poudre de riz en disant que c'est une tabatière, il éternuera. De même, il se grisera avec une boisson enivrante représentée par de l'eau claire. Non seulement vous pourrez lui faire jouer des personnages humains, le chef de gare, la nourrice, le contrôleur des omnibus, mais encore les animaux. S'il croit être chat, il miaulera, griffera, se roulera, à terre, etc.

Il vous est facile de limiter la suggestion à un seul organe, le sujet vous verra beau d'un œil et laid de l'autre et son impression le surprendra vivement. Vous pouvez aussi lui faire trouver une odeur exquise par une narine et désagréable par l'autre. Il vous est encore possible d'abolir un sens totalement ou partiellement, par exemple, de permettre au sujet de vous voir de l'œil gauche et non de l'œil droit.

Vous pouvez suggérer à votre sujet n'importe quel mouvement, il l'exécutera aussitôt, que ce soit applaudir, battre les tapis, piétiner, répéter toujours une même phrase, accomplir continuellement tel geste ou le faire alternativement avec un autre. Vous pouvez donner une suggestion qui persistera au réveil. Ces actes seront accomplis soit immédiatement après le réveil, soit à une échéance plus ou moins longue.

 

Suggestion post-hypnotique. — La suggestion donnée en sommeil peut s'accomplir après le réveil. Elle se réalise à l'échéance fixée, que ce soient des heures, des jours, des semaines, des mois même après l'expérience.

Commencez par des suggestions à brève échéance. Dites à votre sujet: « lorsque vous serez éveillé, telle idée vous viendra, vous ferez tel geste, vous direz tel mot ». Il est bon de rattacher le moment où il doit accomplir l'acte suggéré par vous à un fait tangible qui le lui rappelle : par exemple : « Quand je frapperai dans mes mains, vous ôterez vos manchettes. » Tout autre mode de rappel peut convenir: le moment où la pendule sonnera telle heure, où tel objet tombera, où vous frapperez contre un verre, lorsque telle personne dira « bonjour » au sujet... Mais il est utile de fixer un moment précis. Soutenu par un rappel de mémoire, votre sujet exécutera tous vos commandements.

Vous pouvez supprimer au sujet l'usage entier ou partiel d'un sens, faire disparaître de son champ visuel telle personne ou telle chose. Ceci donne des expériences faciles à réaliser et qui sont toujours d'un grand attrait. Ainsi, dites à votre sujet qu'une fois à l'état de veille, il ne vous verra plus. Sitôt éveillé, votre corps s'efface de sa vue: il vous entend, vous touche et est étonné de ne vous voir nulle part. Supprimez tel ou tel objet. La table, la chaise, ou toute autre chose s'effacera de ses yeux. Si vous lui ordonnez de marcher dans ce sens, il se heurte contre les objets qu'il ne voit pas. Vous pouvez faire durer cette suggestion des jours entiers. Nous avons suggéré à de bons sujets hypnotiques de ne plus voir la moustache, les souliers ou le chapeau de telle personne pendant un laps de temps déterminé, quelquefois des semaines, et cette suggestion a toujours été obéie. Toutefois, comme ces expériences pourraient être simulées, elles gagnent en intérêt lorsqu'on les réalise sur des personnes incrédules et qui n'ont aucun intérêt à les faire réussir.

Vous pouvez contracturer un membre à échéance et, selon le degré de suggestibilité de votre sujet, l'échéance pourra être longue et la contracture plus puissante. Dites, par exemple: « lorsque vous serez éveillé, je vous dirai: comment allez-vous ? A ce moment, vous aurez le désir de vous en aller et, quand vous toucherez le bouton de la porte, votre bras entrera en contracture. »

Vous pouvez créer des illusions de tous les sens et toutes les hallucinations que vous désirez. Ordonnez au sujet de ne pas voir, de ne pas entendre, de ne pouvoir articuler un son. Affligez-le de daltonisme, c'est-à-dire supprimez de sa vue la notion de certaines couleurs, le rouge et le vert, par exemple. Vous pouvez même lui ordonner de prendre ces couleurs l'une pour l'autre. Certains sujets à qui j'avais supprimé la perception du vert ne voyaient pas les pelouses des squares et se promenaient dessus croyant être sur une grande étendue de sable.

Vous pouvez fixer la durée de la suggestion. Dites: « vous serez aveugle, ou muet, ou sourd pendant 10 minutes », le sujet retrouvera l'usage de son sens après ce laps de temps. II en sera de même pour la suggestion des actes que vous avez ordonnés: « vous danserez, chanterez ou ferez telle autre chose pendant 10 minutes ». Les 10 minutes écoulées, le sujet s'arrêtera.

Il est également possible de produire une action sur les organes. Dites à votre sujet: « Vous avez faim ou soif, ou envie d'uriner, ou vous êtes en sueur «..Bientôt son état physiologique sera celui que vous avez indiqué. C'est une expérience que produirez avec facilité. Agissez tout de même avec prudence: ne faites pas se succéder deux expériences qui pourraient donner un changement trop brusque. On a vu un expérimentateur, peu au courant des actions qu'il produisait, suggérer successivement à son sujet la pensée qu'il était en sueur, et tout de suite après, qu'il se plongeait dans une piscine glacée. Le sujet, saisi par un si brusque changement de température, souffrit plusieurs jours d'une telle action.

Soyez également très prudent, si vous ordonnez à votre sujet d'avoir des nausées ou des vomissements. Par contre, il vous est loisible de vous rendre très utile à votre sujet en le suggérant dans le sens qui est profitable à son organisme. On a vu des sujets très nerveux, atteints de constipation, guéris, après suggestion en état hypnotique, par des pilules de mie de pain, administrées avec l'ordre de les sentir faire leur effet à une heure déterminée.

Si votre sujet ne présente aucun trouble cardiaque, vous pouvez lui suggérer qu'il subit une saignée: vous le voyez pâlir et tomber en défaillance. On a même vu des sujets tomber en syncope. Ne renouvelez toutefois pas l'expérience faite à Copenhague sur un condamné à mort qui, à l’état de veille, subit la suggestion qu il allait mourir les veines ouvertes. On fit une très légère piqûre aux points de saignée; on fit, au même moment, couler de l'eau tiède sur le sujet qui, les yeux bandés, croyant que c'était son sang qui s'échappait, mourut promptement.

Vous pouvez donner à votre sujet une suggestion à échéances successives, par exemple, celle-ci: « Vous reviendrez tous les mardis à pareille heure ». Le sujet se présentera chez vous, laissant ses occupations, tant la décision de sa volonté sera nécessitée par vos ordres. Cette suggestion réussit d'autant mieux que le sujet est plus sensible à l'hypnotisme.

Nous l'avons dit: si la suggestion porte atteinte aux intérêts, aux sentiments ou aux convictions du sujet, elle n'a pas ou peu de prise. Si elle est imposée violemment, elle produit une telle lutte que le sujet se réveille. On voit, dans des séances publiques d'hypnotisme des sujets poignarder une personne de l'assistance avec un couteau en papier ou voler la montre de l'expérimentateur. Soyez assuré que le sujet sait parfaitement que le couteau est sans danger et que la montre sera restituée à la fin de la réunion. Si vous essayez de produire les mêmes effets, dans des circonstances où ils seraient répréhensibles et dangereux, le sujet n'obéit pas. Nous en avons déjà donné les raisons, et il est heureux qu'elles existent, sans quoi les plus honnêtes gens pourraient devenir des criminels aux mains d'un expérimentateur sans scrupules. Mais il n'en est rien.

 

Production de l'état somnambulique. — Tous les procédés que nous avons précédemment indiqués sont bons pour produire le somnambulisme. Si le sujet est en catalepsie, on obtient le somnambulisme par simple occlusion dés paupières. Il suffit d'abaisser doucement les paupières supérieures avec les deux pouces. Si les paupières présentent une résistance, si légère soit-elle, la surmonter en les frictionnant légèrement.

Le somnambulisme s'obtient également en soufflant doucement sur les globes oculaires: le regard' perd sa fixité et les paupières se ferment. Même résultat en frictionnant le sommet de la tête avec un ou plusieurs doigts.

Sur des sujets très entraînés, on obtient d'emblée le somnambulisme hypnotique par pression des globes oculaires ou d'une zone hypnogène. Le tact de l'expérimentateur consiste à savoir doser sa pression, car si l'action hypnogène est trop forte, on dépasse le stade et le sujet tombe en léthargie.

 

Procédés de réveil. — Tous les procédés de réveil dont nous avons déjà parlé sont bons: souffle léger mais prolongé (le souffle violent arriverait à un résultat opposé, en plongeant le sujet en léthargie), frictions douces, etc. Le simple, fait de soulever les paupières détermine le réveil chez les sujets très sensibles, mais, ici encore, il faut agir avec douceur, car, si vous releviez les paupières avec brusquerie, ce mouvement créerait la catalepsie.

Doit-on craindre que le sujet ne se réveille pas ? Non. Laissé à lui-même le sujet sort naturellement de l'hypnose comme il sort du sommeil naturel. Il faut quelquefois un certain nombre d'heures. Voulant être fixé sur cette durée, le Docteur Bottey a tenté plusieurs expériences: un de ses sujets s'est éveillé de lui-même après 7 heures, un autre après 22 heures seulement.

Au réveil, le sujet ne conserve aucun souvenir des événements qui se sont passés au cours du somnambulisme. Il oublie également les suggestions qu'il a reçues.

 

Etat léthargique

 

Dans cette phase du sommeil, la résolution musculaire est complète. La volonté n'a plus aucun pouvoir directeur sur les muscles. La tête du sujet est inclinée sur une épaule, les membres sont flasques et, si on vient à les soulever, ils tombent lourdement. Le sujet est hors d'état de se tenir debout, aussi, avant de le placer dans cet état, faut-il avoir grand soin de l'allonger ou de le faire asseoir.

Lorsque l'état léthargique n'est pas franc, soit que le sujet soit peu entraîné, ou qu'il n'ait que de faibles qualités hypnotiques, la résolution musculaire peut n'être pas aussi complète. Quelquefois le sujet fait entendre des ronflements, mais c'est très rare.

Les muscles élévateurs des paupières sont en résolution et les paupières tombent de leur propre poids sur les globes oculaires. Lorsque l'état léthargique est nettement accusé, les paupières sont complètement immobiles. Quelquefois, elles sont animées d'un léger frémissement plus ou moins continuel. On peut même noter quelques battements, mais ceux-ci disparaissent rapidement à mesure que la léthargie se précise. Si nous soulevons les paupières, nous voyons les globes oculaires révulsés, les regards dirigés en haut. Ils sont complètement immobiles en cette position.

 

Hyperexcitabilité neuromusculaire. — C'est surtout en léthargie qu'on note une hyperexcitabilité neuromusculaire très nette. On sait en quoi elle consiste. Vient-on à exciter un muscle ? Il entre en contraction. Cette excitation peut être provoquée par frictions, pincements, percussions faits sur la masse musculaire, sur le tendon, ou sur le nerf qui commande le muscle. On peut mettre en valeur cette hyperexcitabilité neuromusculaire par des malaxations profondes, en frappant les masses musculaires avec les doigts, la paume de la main, un percuteur, ou un vibrateur mécanique, soit encore par une forte compression exercée avec les doigts ou un objet dur. Chez les grands nerveux, les contractures sont extrêmement puissantes.

La contracture d'un muscle peut être transférée dans le même muscle du côté opposé, ou d'un muscle à son antagoniste. On peut encore la transférer par action croisée, du bras droit à la jambe gauche, et vice versa. Le visage se prête à des transferts d'un effet curieux. Par exemple, donnez à un côté de la face l'expression de la douleur et faites rire l'autre moitié. Il suffit d'exciter le muscle commandant l'expression désirée.

Le transfert de la contracture s'obtient en répétant sur le second muscle une action identique à celle qui a déterminé la contracture du premier. Chez les grands nerveux, cette contraction est pour ainsi dire instantanée. On peut comme nous l'avons déjà dit, provoquer le transfert au moyen d'un aimant.

La contracture cède par une friction ou une malaxation assez énergique du muscle contracté. Au réveil, s'assurer que le sujet a retrouvé la souplesse de tous ses membres.

 

Contractures. — Bien que le sujet soit en parfaite résolution musculaire, on peut, comme nous venons de le voir, produire des contractures très puissantes. En dehors du processus que nous venons de décrire, il est possible de produire des contractions par un mouvement violent. Vient-on à élever brusquement le bras d'un sujet très sensible ou à retendre avec force dans le geste d'un coup de poing, le membre garde la position donnée. Mais c'est la un phénomène exceptionnel. En général, les muscles n'entrent en contraction que sous l'influence d'une excitation directe. Si on renouvelle le même geste avec l'autre bras, celui-ci reste aussi en contracture; il n'y a pas nécessairement transfert.

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Fig. 205

Points  moteurs  des  principaux muscles de la face.

1, frontal. — 2, sourcilier. — 3, orbiculaire palpébral supérieur — 4, pyramidal du nez. — 5, palpébral inférieur. — 6, grand zygomatique. — 7, petit zygomatique. — 8, élévateur commun de l'aile du nez et de la lèvre supérieure. — 9, transverse du nez. — 10, triangulaire des lèvres.

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Fig. 206

Phénomène  d'hyperexcitabilité neuromusculaire

En excitant simultanément les muscles grand zygomatique (n° 6 de la fig. ci-contre) et orbiculaire palpébral inférieur (n° 5) d'un sujet en léthargie on obtient l'expression du rire franc. (d'après Duchenne).

 

On a pu produire des contractions de toute la moitié du corps par une action très indirecte. Le Docteur Bottey dit qu'en soufflant fortement dans une oreille ou en chatouillant avec insistance une des narines, on fait entrer en, contracture les membres de ce côté, mais c'est un fait exceptionnel. Pour faire céder la contracture, il suffit d'exercer au même endroit une action analogue, mais plus douce.

Le Docteur Erb a déterminé quelques mouvements des membres d'un côté du corps en faisant passer un courant galvanique sur la moitié opposée du crâne.

 

Perturbations sensorielles. — En léthargie, le sujet n'a plus l'usage de ses sens : il n'entend plus, ne voit plus, ses paupières sont fermées. Si l'état est nettement caractérisé, on peut tirer un coup de revolver à ses côtés sans qu'il manifeste aucune émotion. Le sens du goût est aboli: on peut placer dans la bouche du sujet les substances les plus amères, de l'aloès, par exemple, sans qu'il en soit le moins du monde incommodé. Il en est de même pour l'odorat. Les odeurs les plus vives ne sont pas perçues.

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Fig. 207

Phénomène  d'hyperexcitabilité neuromusculaire

A gauche, expression de la réflexion, obtenue par la contraction du muscle orbiculaire palpébral supérieur (n° 3).

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Fig. 208

Phénomène  d'hyperexcitabilité neuromusculaire

A droite, expression de l'agression, obtenue par la contraction du muscle pyramidal du nez (n° 4). D'après les travaux de Duchenne.

 

La sensibilité du sujet a disparu. Elle est tellement obnubilée qu'on a pu faire, dans cet état, des accouchements et des opérations chirurgicales, sans que le patient éprouve une douleur quelconque. La peau, en particulier, est insensible.

Perturbations psychiques. — Le sujet est passif. Il semble avoir perdu toute notion de sa personnalité et cette perte est plus profonde qu'en tout autre état du sommeil. Comme ses sens, ses facultés sont abolies. Il n'est plus apte à subir de» suggestions.

 

Production de la léthargie. — Cet état s'obtient secondairement en transformant l'état somnambulique. On peut user de tous les procédés dont nous avons déjà parlé; occlusion des paupières, souffle sur les yeux, friction du sommet de la tête, pression d'une zone hypnogène ou d'un organe (globes oculaires, lobes des oreilles, etc.), son assez fort et continu, etc...

On peut déterminer d'emblée la léthargie en usant d'un procédé violent: fixation des yeux du sujet sur une très vive source de lumière, occlusion des paupières accompagnée d'une pression assez forte sur les globes oculaires, forte pression exercée sur un organe ou sur une zone hypnogène, etc. Mais ce sont là des procédés brutaux et par conséquent dangereux. Il est de notre devoir d'en détourner nos élèves.

Si nous cherchions à endormir un sujet au-delà de la léthargie, que se produirait-il ? En hypnotisme, on ne saurait produire d'état nouveau: si l'on poursuit l'action, on amène le réveil. Au contraire, en magnétisme, après la léthargie apparaît toute une série de phénomènes: extériorisation de la sensibilité, dédoublement. On le voit, les sommeils sont très différents et ne sauraient être confondus.

 

Cessation de l'état léthargique. — Tous les procédés de réveil que nous avons déjà étudiés peuvent être mis en œuvre: souffle léger mais continu sur les yeux, friction d'une zone hypnogène, son doux, aspersion d'eau froide sur le visage ou contact sur une partie découverte du corps d'un linge mouillé, etc. Il est de la plus grande imprudence de réveiller brusquement. Il faut donc proscrire complètement le procédé qui consiste à soulever brusquement les paupières du sujet en léthargie et à lui souffler fortement sur les globes oculaires mis à découvert. En procédant ainsi, le sujet a un sursaut, il semble réveillé, mais il conserve une sorte d'hébétude. Ce réveil en sursaut peut amener des troubles congestifs de la tête, des maux de tête, des migraines, qui persistent parfois assez longtemps. Il faut agir doucement.

Chez des sujets très sensibles, nous avons souvent amené le réveil simplement en ouvrant très doucement les paupières.

Eveillé, le sujet doit être parfaitement à son aise. S'il accuse une lourdeur de tête, si légère soit-elle, la faire cesser avec du souffle froid au front. S’il a les membres endoloris du fait des contractures provoquées, frictionner doucement les muscles un temps suffisant pour que toute trace de raideur et de fatigue disparaisse complètement.

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