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Cours de magnétisme personnel

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L'HYPNOTISATION DES ANIMAUX

L'être humain n'est pas le seul à subir l'influence hypnotique. — Poules hypnotisées. L'expérience du Père Kircher. Le serpent fascinateur. — Le secret des charmeurs de serpents. L'hypnose provoquée chez les reptiles, les sauriens, les crustacés. — Chez les poissons. — Technique à suivre pour hypnotiser les animaux. — Dangers de l'hypnotisation.

 

L'être humain n'est pas le seul qui puisse subir l'influence hypnotique; cette influence peut se faire sentir sur les animaux de toute sorte: petits mammifères, oiseaux, reptiles, batraciens, poissons. Les expériences de Binet et Féré, Czermack, Heubel, Harting, Preyer, Charles Richet et de bien d'autres le démontrent.

Chez les petits quadrupèdes, ces expériences ont été faites un grand nombre de fois avec un résultat satisfaisant. Le chat, le chien, le lapin, le cobaye se sont montrés sensibles à l'action hypnotique exercée par l'homme.

M. Hachet Souplet, directeur de l'Institut de Psychologie zoologique a hypnotisé une chienne, à l'aide d'un miroir à boules blanches rotatives.

Pour les lapins, il n'est pas d'automobilistes, curieux de voir cet étrange spectacle, qui ne l'aient obtenu. Quand, de nuit, on arrive dans une clairière fréquentée par les lapins et que l'on donne subitement toute la puissance possible à ses phares électriques, on voit les lapins, les jeunes surtout dont les nerfs sont plus sensibles ou moins accoutumés, se rouler à terre, faire des gambades désordonnées, en un mot, montrer une vive agitation. Visiblement, une brutale lumière agit sur eux à la manière d'un miroir et les plonge dans un état d'hypnotisation ou de fascination assez caractérisé.

Les oiseaux, et spécialement les gallinacés sont les êtres que l'on plonge le plus facilement dans un état hypnotique.

 

Est-il nécessaire de rappeler l'expérience déjà si célèbre du Père Kircher ? Il prenait un coq et, le saisissant au niveau de la tête, il l'obligeait à regarder de très près une ligne blanche qu'il avait préalablement tracée sur un tableau noir posé à terre. Il maintenait le coq pendant un certain temps dans cette position, puis le lâchait car il était bientôt en catalepsie, incapable de faire le moindre mouvement.

 

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Fig. 209. — Procédé pour hypnotiser un gallinacé.

 

Charcot a remplacé le tableau noir avec raie blanche par une lumière vive devant laquelle il a présenté, pendant quelques instants, la tête du coq. Celui-ci tombe bientôt en catalepsie. Charcot a renouvelé avec succès cette expérience sur d'autres animaux: des salamandres, des écrevisses, des moineaux, des lapins.

Tous les chasseurs connaissent le moyen de faire venir les alouettes en grand nombre à portée de fusil, à l'aide d'un miroir tournant. Les pauvres bêtes, fascinées par cet éclat, se laissent tomber du haut des airs ou, après s'être posées assez loin, se rapprochent insensiblement et finissent par se livrer au fusil.

Mais aucun exemple n'est plus typique que celui de l'oiseau fasciné par un serpent. C'est dans les lieux pierreux fréquentés par les couleuvres que l'on peut le plus commodément constater ce phénomène, le suivre dans tous ses détails.

Le serpent se place non loin du nid qui lui est inaccessible, mais où le père et la mère ou quelque jeune oiseau inexpérimenté finira bien par rentrer. Quand l'oiseau paraît, surtout quand il se pose sur une branchette, la couleuvre se dresse à demi et commence à balancer environ un pied de sa longueur, quand il s'agit d'une couleuvre de forte espèce. Si l'oiseau attiré par le bruit, se tourne et regarde le serpent, on peut le considérer comme perdu. Le regard du serpent l'attire avec une force irrésistible. Il descend de branche en branche, non sans résister. Il pépie faiblement, ses plumes se hérissent, mais il ne peut détourner sa vue de son redoutable ennemi. Il finit par rouler sur le sol où la couleuvre le saisit et l'engloutit lentement.

 

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Fig. 210. — Coq hypnotisé pur une raie tracée à la craie sur un tableau noir. (expérience du Père Kircher)

 

Naturellement, quand on assiste à ce pénible spectacle, on ne le laisse pas s'achever de la sorte. On fait un bruit assez vif au moment où le serpent va se saisir de l'oiseau. La couleuvre effrayée se sauve. On ramasse alors une boule de plumes hérissées dans laquelle on sent battre à grands coups le petit cœur épouvanté. Les yeux de l'oiseau sont vitreux et sans regard. Ce n'est qu'au bout de quelques minutes de sécurité dans votre main que l'oiseau reprend connaissance; ses yeux se réveillent les premiers; il ouvre le bec comme pour respirer profondément. Ses plumes reprennent leur ordre. Il se dresse enfin sur ses pattes encore un peu vacillantes et finit par s'envoler de toute sa force.

L'oiseau de proie agit de même sur sa victime; mais, et c'est une preuve de la résistance que le sujet peut opposer à l'hypnotisation quand elle lui est préjudiciable, la couveuse résiste presque toujours à la fascination tandis que, dans tous autres cas, l'oiseau le plus faible est hypnotisé. Ce fait a été observé sur des poules qui, lorsqu'elles ont à défendre leurs poussins, mettent en fuite la buse qui les fascine en toutes, autres occasions.

 

C'est également par fascination que l'on dompte les serpents.

Il y a là, très probablement, une grande partie du secret des charmeurs qui les manient sans aucun danger.

M. Kullan, à Delhi, aux Indes, a endormi des serpents par la fixation du regard et aussi en balançant la tête du reptile. Cette expérience a été renouvelée par divers autres expérimentateurs et toujours avec plein succès.

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Fig. 211. — Lézard en état d'hypnose

Les sauriens subissent de même l'hypnotisation. En 1889, M. Danilewski, de Karkoff, après avoir agi sur des salamandres et des lézards de petite taille, a expérimenté la fascination sur des crocodiles et a réussi à les influencer. Les batraciens sont également sensibles à ces expériences. On endort assez facilement les grenouilles en leur frictionnant la région dorsale.

Bernacki en 1890 et Gley en 1895 ont tenté avec succès ce genre d'hypnotisation.

Les crustacés subissent également ces effets. On a pu hypnotiser des écrevisses, des langoustes, etc. Un zoologiste anglais, M. F. Martin Duncan, a hypnotisé un homard en lui frictionnant la région dorsale avec la main. Une fois hypnotisé, le homard est placé sur le dos ou la tête en bas; tant que dure l'hypnotisation, il ne fait aucun mouvement pour prendre une posture plus commode.

Les poissons sont très facilement hypnotisés par la lumière. De tout temps, dans la Méditerranée, on a péché aux flambeaux certains poissons, spécialement les thons et les lamproies que l'on prenait alors avec une sorte de trident appelé thys. On allumait des torches à l'avant du bateau, et les poissons, comme charmés, suivaient le bateau à portée de la main. On fait de même avec des phares d'automobile pour les poissons de rivière qui, saisis par l'éclat violent de ces lumières, s'y jettent tête baissée comme des papillons contre une lampe. Ils sont tellement fascinés qu'on peut les saisir à la main. Cette pêche est d'ailleurs interdite.

 

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Fig. 212. — Grenouilles hypnotisées.

 

Quelle est la technique à suivre pour hypnotiser les animaux ?

Nous avons déjà vu que M. Danilewski a pu plonger dans l'hypnose: poules, cobayes, serpents, crocodiles, écrevisses, langoustes, grenouilles.

Voici la méthode qu'il emploie, telle qu'il nous l'a décrite :

« Pour y arriver, dit-il, il suffit d'immobiliser l'animal pendant un certain temps par une pression douce, après l'avoir mis dans une position anormale, sur le dos, par exemple. Au bout de peu dé temps on voit survenir une anesthésie complète, la perte des mouvements volontaires et l'absence de réaction à l'occlusion des voies respiratoires. »

Joly a hypnotisé des poules, des cochons d'Inde, différents oiseaux (moineaux, mésanges, tourterelles, etc...), des grenouilles, des crapauds en procédant ainsi:

« L'opérateur, dit-il, se place en face du sujet couché et se sert de ses pouces pour produire la compression, les autres doigts entourent la portion inférieure de la tête et la fixent fortement. La pression doit se faire sur la paupière de façon à amener la convergence forcée du globe oculaire, être ferme au début pour faiblir progressivement. Quand le calme a été obtenu, les pouces diminuent leur pression avec la plus grande circonspection. »

De son côté, le professeur Richet donne la technique suivante :

« Si, dit-il, l'on saisit brusquement un cochon d'Inde de manière à le maintenir de force dans l'immobilité, le ventre en l'air, au bout d'une ou deux minutes il restera tout à fait stupide, inerte et sans mouvement. Avec une poule, un coq, même avec un lapin, la même expérience réussit très bien. On peut alors l'exciter en soufflant sur lui, en l'éclairant vivement, en faisant vibrer un timbre à côté de lui, sans que ces excitations fassent sortir l'animal de sa stupeur. En liant rapidement avec un fil le bec d'un coq ou la patte d'une grenouille, on peut provoquer le même état de cataplexie.

« Les excitations tactiles semblent être plus aptes que toutes les autres excitations à provoquer la cataplexie. Ainsi l'éclat de la lumière électrique, un bruit strident et soudain, restent sans effet. »

Preyer a montré que des excitations fortes produisent chez certains petits animaux un état de catalepsie. Exemple, si l'on pince brusquement la queue d'un triton ou la patte d'une grenouille, l'animal reste pétrifié pendant quelque temps, quelquefois pendant plusieurs minutes; il ne peut remuer les membres.

Pour obtenir l'hypnose, Preyer dit qu'il faut se servir d'excitations douces et prolongées; en serrant légèrement, avec une pince à pression, les narines d'un cochon d'Inde, on constate, dit-il, au bout d'un temps assez long, qu'il est hypnotisé. La stupeur de l'animal serait telle qu'on peut le placer, sans le réveiller, dans les positions les plus bizarres.

Heubel a montré que si l'on tenait une grenouille agile entre les doigts, le pouce sur le ventre et les quatre doigts sur le dos, sans la serrer, au bout de deux ou trois minutes l'animal devient complètement immobile; on peut l'étendre sur le dos et lui communiquer les positions les plus bizarres, sans qu'il fasse aucun mouvement. On obtient le même résultat en grattant doucement le dos du batracien.

Binet et Féré citent une curieuse pratique hypnotique en usage au pays de Caux:

« Lorsqu'une poule, disent-ils, a pondu un certain nombre d'œufs dans un nid de son choix et qu'elle a commencé à couver, si, pour des raisons particulières, on veut lui faire couver d'autres œufs dans un autre nid, on lui place la tête sous une aile et on la balance un certain nombre de fois jusqu'à ce qu'elle dorme, ce qui arrive rapidement, puis on la place dans le nid qu'on lui destine; à son réveil, elle ne songe nullement à son propre nid, elle a adopté les œufs étrangers. Quelquefois, on peut, par le même procédé, faire couver des poules qui n'ont pas encore manifesté l'intention de le faire. »

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Fig. 213. — Chien (fox) hypnotisé par une source électrique intense

 

Czermack a mis en catalepsie des oiseaux, des salamandres, des écrevisses, des lapins, par simple fixation d'un objet (doigt, allumette...) devant leurs yeux ou seulement en maintenant l'animal immobile.

 

Naturellement, tous les animaux ne sont pas également sensibles à l'action hypnotique. Il en est même qui y sont absolument réfractaires. D'autres sont féroces et les expériences avec un tigre, par exemple, présenteraient plus de danger que de profit.

On peut cependant supposer, sans crainte d'erreur, que la fascination du dompteur, la fascination par le regard a une grande importance dans le dressage des fauves. Mais il ne faudrait pas généraliser et faire une loi de ce qui n'est qu'une constatation expérimentale.

De même chez l'homme, tous les individus ne sont pas également accessibles à la fascination. Il en est qui ne la subissent pas.

On a des raisons de supposer que la fascination et d'une façon générale l'hypnotisation sont plus facilement subies par des êtres en état de moindre résistance, soit qu'ils ne soient pas encore à l'état adulte, soit qu'ils soient épuisés par la maladie.

Ce fait a été vérifié par Gley en ce qui concerne les grenouilles.

Ce sont les très Jeunes et celles qui viennent d'être malades qui acceptent le plus facilement l'hypnotisation; les êtres sains et robustes sont parfois réfractaires et souvent très difficiles à endormir.

Chez l'homme, on a signalé maintes fois les dangers que ces expériences présentent pour l'hypnotisé. Il en va de même pour les animaux, ainsi que le constate très justement M. Harting, professeur à l'Université d'Utrecht:

« Si l'hypnotisation est plusieurs fois répétée sur le même individu, dit-il, son système nerveux s'en trouve fortement ébranlé. J'avais six poules, qui à des intervalles de deux ou trois jours furent soumises à l'hypnotisation. Après trois semaines environ, une poule commençait à boiter; bientôt une hémiplégie se déclara et l'animal mourut. II en fut de même de cinq autres poules: toutes furent atteintes d'hémiplégie les unes après les autres, bien qu'après des espaces de temps très différents. »

Cette expérience, ajoute M. Harting, doit nous rendre très circonspects lorsqu'il s'agit d'appliquer l'hypnotisme à l'espèce humaine !

On ne saurait mieux exprimer notre avis personnel. Nous avons mille fois répété combien l'hypnotisme nous paraît dangereux par sa brutalité. Ce que nous affirmons pour les hommes, nous le redisons pour les animaux qui ont le droit, comme tout être vivant, d'être menés avec douceur.

Les animaux sont aussi sensibles à la magnétisation qu'à l'hypnotisation, et le magnétisme ne leur fait subir aucune douleur, ni courir aucun danger. La place nous fait défaut pour citer des expériences qui ont été faites sur des lions, des éléphants, des chevaux, des chiens, des chats, des écureuils, des oiseaux, des lézards, des poissons et toute sorte de bêtes, par des passes, par l'action du regard, le souffle, en un mot par tous les procédés habituels de la magnétisation, à l'exclusion des procédés hypnotiques.

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