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EXPÉRIMENTATION SUGGESTIVE
Les trois facteurs d'influence. —
L'erreur commise par les suggesteurs qui ne reconnaissent qu'un seul facteur
hypnogène. — Comment on impose une idée. — Texte de la suggestion
à imposer. — Entraînement du suggesteur. — Cherchez à augmenter
la suggestibilité du sujet.
Les moyens que nous venons
d'exposer permettent de trouver rapidement les personnes accessibles à
la suggestion imposée. Voyons maintenant quelles expériences nous pouvons
tenter sur ces sujets.
Il nous faut, tout d'abord,
revenir sur un point. Que les phénomènes se produisent sous hypnose ou
à l'état de veille, nous devons toujours distinguer trois facteurs
déterminants: magnétisme, hypnotisme ou suggestion. Ces causes, qu'on a quelquefois
avantage à utiliser ensemble, ne peuvent être confondues. Leurs
effets, bien qu'ils présentent quelquefois des similitudes, sont assez
différents pour ne pas induire en erreur un observateur attentif.
Nous sommes donc en présence de
trois modes d'influence:
1°. — Le Magnétisme, action
physiologique, force émanée de l'être humain et dont l'action se produit
dans le sens de la volonté qui le dirige suivant des lois bien définies,
spécialement la polarité. Cette force se retrouve dans tous les corps et agents
de la nature. De tous temps, depuis l'antiquité la plus reculée, l'existence de
ce « fluide » a été affirmée, et, de nos jours, des expérimentateurs ont
confirmé ces croyances anciennes.
2°. —L'Hypnotisme: action
physique. Sous l'influence d'un agent: son retentissant, lumière
éclatante, ou toute autre cause amenant une fatigue profonde des sens, par la
compression de certains organes (qui détermine un épuisement rapide des
réserves nerveuses), l'hypnotisé tombe en sommeil, traversant différentes
phases que nous avons déjà exposées. C'est l'idée de Braid reprise et
développée par Charcot, Dumontpallier, Féré, Binet, Pitres, Paul Richer, Paul
Magnin, Luys et tant d'autres. Nous avons déjà défini les graves
inconvénients de cette méthode.
3°. — Enfin, la Suggestion, action
psychologique. Ici, la pensée seule détermine les perturbations de tout genre,
que le sujet éprouve à l'état de veille ou en sommeil.
Au 1er Congrès
international de Psychologie expérimentale que nous avons réuni à Paris
en 1910, son regretté président, M. Emile Boirac, à ce moment Recteur de
l'Académie de Dijon, a précisé la question en ces termes :
« La suggestion et les actions
purement hypnotiques sont incapables d'expliquer tous les phénomènes de
l'hypnose: un certain nombre d'entre eux reconnaît pour causes les forces
émises par l'être humain. » (
Henri Durville. — Compte rendu des travaux du 1er Congres International
de Psychologie expérimentale, Paris, 1910. )
Ces quinze dernières
années, en raison du bruit qui fut fait autour des premières expériences
de suggestion imposée, l'opinion la plus généralement admise était celle de
l'Ecole de Nancy (professeur Liébeault, Bernheim) n'admettant qu'un seul
facteur hypnogène: l'idée. Pour ces expérimentateurs, c'est l'idée qui
provoque toutes les perturbations, qu'elle vienne du sujet lui-même (auto
suggestion) ou qu'elle lui soit imposée par le suggesteur (hétéro-suggestion).
Cette opinion a été tellement ancrée chez les premiers suggesteurs qu'ils ont
nié l'influence magnétique, sans même vouloir étudier cet ordre de
phénomènes.
Ainsi, le professeur Bernheim a
pu dire:
« Le mot magnétisme, né d'une
interprétation erronée des phénomènes, n'a plus raison d'être.
C'est la suggestion qui domine la plupart des manifestations de l'hypnose; les
prétendus phénomènes physiques ne sont, suivant moi, que des
phénomènes psychiques. C'est l'idée conçue par l'opérateur qui, saisie
par l'hypnotisé et acceptée par son cerveau, réalise le phénomène
à la faveur d'une suggestion exaltée, produite par la concentration d'esprit
spéciale à l'état hypnotique. La suggestion est la clef du braidisme. »
Bernheim affirme donc qu'il n'y a
qu'un seul facteur hypnogène: l'idée. Selon cette théorie, si les sujets
de Braid ou de Charcot s'endormaient en regardant une source lumineuse, c'est
parce qu'ils avaient la certitude que la fixation de cet objet brillant leur
produirait cet effet. Ceci est en contradiction complète avec l'histoire
même de la découverte de l'hypnotisme, puisque ce fut au retour d'une
séance magnétique que Braid, persuadé que l'hypnose provenait de la fatigue
oculaire et non de l'influx magnétique, réveilla en pleine nuit sa femme et sa
servante pour les endormir en leur faisant fixer un objet brillant, expérience
qui réussit, bien que ni l'une ni l'autre de ces personnes ne connut même
de nom l'hypnotisme qui n'était encore qu'une idée vague dans la pensée de
Braid, et dont il ne leur avait nullement parlé. Bernheim dit encore:
« Tout peut réussir chez un sujet
pourvu qu'il soit prévenu, C'est qu'un seul élément intervient en réalité dans
tous ces procédés divers: la suggestion. Le sujet s'endort ou est hypnotisé
lorsqu'il sait qu'il doit dormir. »
Raisonner ainsi, c'est partir
avec une idée préconçue et aller contre les faits eux-mêmes. Ceux-ci
démentent ce raisonnement. Il suffit d'éliminer toute cause de suggestion pour
voir des phénomènes se produire, phénomènes d'ailleurs différents
de ceux qui sont amenés par magnétisme ou suggestion. Certes, comme nous allons
le démontrer, la suggestion a un pouvoir énorme. Chez certaines personnes, elle
amène des modifications très profondes de la personnalité, de la
motricité, des sens. Mais la suggestion n'est qu'un moyen d'influence: elle
n'est pas le seul et n'explique pas tout. Bernheim, lui-même, ne dit-il
pas d'ailleurs: « La suggestion domine la plupart des manifestations de
l'hypnose. » II admet donc que d'autres de ces manifestations peuvent provenir
de certains autres agents.
En réalité, tout chercheur
impartial est obligé de reconnaître trois causes hypnogènes. Le magnétisme,
l'hypnotisme et la suggestion sont des phénomènes nettement différents
qui ne sauraient être confondus.
D'ailleurs, les sujets
eux-mêmes — magnétisables, hypnotisables et suggestibles — présentent des
différences notables. « Le sujet à suggestion, a dit très
justement le Docteur Gaston Durville, peut très bien ne pas être
sensible au magnétisme: il n'est influençable que par le moral et accepte, avec
plus ou moins de résistance, selon qu'il a plus ou moins de contrôle psychique,
l'idée que vous lui imposez. »
Soumettez un excellent sujet
magnétique à une hypnotisation brutale et vous lui faites perdre ses
facultés. Non seulement, il ne fera jamais un bon sujet hypnotique, mais vous
lui ôtez ses facultés magnétiques. S'il s'extériorisait, ou s'il était doué de
phénomènes de lucidité ou de prévision, la commotion violente que lui
impose le processus hypnotique fausse ou détruit ces dispositions.
II est donc primordial de
chercher à connaître les aptitudes de chaque sujet et d'employer la
méthode qui lui convient.
Comment
on impose une idée.
Au point de vue expérimental, il
ne saurait être question que de suggestion imposée. On cherche à
accaparer l'attention du sujet, de telle sorte que toute son activité cérébrale
converge sur un seul point. Pour que le succès soit complet, il est
indispensable que l'action suggestive soit nette, intense, rapide.
Il faut, de propos délibéré,
éliminer de la pensée du sujet tout ce qui peut être cause de doute ou
d'atermoiement. Les formules de politesse, si elles peuvent être une
cause d'hésitation, seront même supprimées. En tout cas, il ne faut pas
qu'elles laissent dans la pensée du suggéré l'idée qu'il est libre de faire ce
qui lui est commandé. Ne dites pas: « Voudriez-vous avoir la complaisance de faire
ceci ou cela », mais « Faites ceci » ou, tout au plus: « Veuillez le faire
». Que votre parole soit un ordre bref, impératif, dont vous cherchez
immédiatement à assurer l'exécution. Plus votre action est intense et
rapide, moins le sujet s'aperçoit de votre pression morale sur sa pensée,
moins, par conséquent, il cherche à s'y opposer.
Pour donner là votre
suggestion le plus de chances possible de s'incruster dans l'esprit du sujet
vous devez considérer trois facteurs :
1°. — Le texte même de
votre suggestion;
2°. — La manière d'imposer
votre ordre;
3°. — Les circonstances
favorables qui développent la suggestibilité du sujet et le font plus perméable
à votre volonté. Envisageons ces points successivement:
Texte
de la suggestion à imposer
Votre but est de fixer sur un
seul point toute l'attention du sujet soumis à l'expérience. Il faut que
toute son activité cérébrale converge vers l'idée que vous voulez lui
inculquer, celle du sommeil ou de quelque perturbation psychologique, motrice
ou sensorielle.
C'est précisément parce que vous
tendez à rassembler toutes les forces mentales du sujet vers une seule
idée que les déments ne peuvent être suggérés. Ces malades ne sont pas en
état de fixer leur attention. Votre suggestion peut aider une force en état de
dépression, mais elle ne saurait se substituer à une qualité qui fait
défaut. Chez le sujet normal ou seulement nerveux, cherchez à accaparer
l'attention, à la rassembler tout entière sur le phénomène
à réaliser. Plus le monoïdéisme sera complet et plus le résultat
sera obtenu avec facilité et rapidité.
Ce qui démontre que la suggestion
est, en somme, un phénomène d'attention, c'est qu'une personne maîtresse
d'elle-même peut, en concentrant ses pensées, arriver parfaitement
à l'autosuggestion complète: elle crée un monoïdéisme, celui
du sommeil, par exemple, et elle arrive à s'endormir à volonté
d'un sommeil normal et profond. Or, ce phénomène du sommeil que chacun
peut, après entraînement, créer en soi-même, il vous est plus
facile encore de l'obtenir sur un grand nerveux car, sous l'influence de la
suggestion, son travail cérébral diminue, il fait de moins en moins
d'associations d'idées.
Voulez-vous, chez un sujet
nerveux, obtenir l'hypnose ? C'est la seule idée de « sommeil » qui doit
remplir tout le champ de la conscience. Préférez-vous à l'état de
veille, contracturer le bras ? C'est l'idée de « raideur », de « contracture » qui
doit s'incruster dans le cerveau, l'occuper complètement, en chasser
toute pensée étrangère.
Afin que cette idée s'impose en
maîtresse dans le champ mental de votre sujet, il est toujours préférable de
concentrer votre action le plus possible, de préférence en un seul mot, que
soit « sommeil », « paralysie » ou tout autre, selon ce que vous désirez
obtenir. L'attention se rassemble mieux sur un seul mot que sur une phrase,
même la mieux construite. L'essentiel est de donner une seule pensée, et
un seul mot, souvent répété, empêche l'esprit de s'égarer.
Rappelons, à cet égard,
les préceptes formulés par le professeur Aug. Voisin et dont nous devons nous
souvenir pour toute séance de suggestion imposée: les ordres doivent être
exprimés avec netteté, conviction et autorité, en phrases brèves,
concises, martelées, réduites au strict minimum. Chacune des syllabes sera
nettement distincte des autres et articulée, autant que possible, suivant le
rythme des mouvements respiratoires.
La première condition pour
réussir est donc que votre ordre soit bref.
Ne faites pas comme un
hypnotiseur que nous avons vu opérer dans un café et qui, voulant frapper
l'esprit de son sujet, afin d'obtenir la chute en avant, disait avec une
emphase qui le faisait bredouiller: « Vous ne pouvez pas ne pas résister ». La
personne était prise d'un fou rire, non sans cause ! Il ne faut pas
s'embrouiller.
Au lieu de chercher des phrases
ridicules, dites avec force et autorité: « Vous tombez en avant, vous tombez...
tombez... irrésistiblement... » Et répétez inlassablement la même phrase
sur un ton de plus en plus en plus énergique, convaincu: « Vous tombez...
tombez... irrésistiblement... » Le mot « tombez » s'empare de l'esprit du
sujet, y forme une image d'autant plus nette que la suggestion est faite avec
conviction et assurance. Avoir soin de toujours compléter une suggestion
verbale par une suggestion du geste, de l'attitude. Ainsi, voulant faire tomber
quelqu'un, il faut vous-même esquisser le mouvement que vous désirez
imposer et mimer la chute, synchroniquement à la suggestion.
Quelquefois, sur les grands
impressionnables, un seul mot proféré énergiquement, suffit à déterminer
le résultat cherché. Après un moment de silence, qui augmentait la
sensibilité du sujet suggestible, l'abbé Faria prononçait le mot « dormez ! ».
Il le prononçait avec une énergie farouche et cette seule suggestion, entrée
avec force, suffisait souvent pour déterminer l'hypnose.
Dans d'autres cas, il y a
avantage là faire la suggestion sur un ton monotone. La monotonie endort
l'attention. C'est grâce à elle que le bercement endort le jeune enfant.
Il peut donc y avoir avantage à répéter, sur un ton doux, toujours le
même, le seul mot en quoi se concentre votre effort suggestif: «
sommeil... profond sommeil... sommeil... profond sommeil... sommeil... profond
sommeil... » Augmentez ensuite la monotonie en scandant les syllabes « som..
.meil... som.. .meil... som. . .meil... », en les prononçant sur un rythme
parfaitement régulier. Cette continuité fatigue l'ouïe et entraîne le
sommeil.
Entre ces deux méthodes, l'une
énergique et rapide, l'autre plus lente et plus douce, il y a des étapes que
seule la pratique apprend à discerner.
Entraînement
du suggesteur
La plus grande part du
succès provient donc de la manière dont la suggestion est faite.
Elle ne doit laisser aucun doute
sur le calme et l'autorité de celui qui suggère, non plus que sur sa
pleine confiance dans le succès final. Il ne faut pas douter et, si le
succès paraît devoir être long et difficile à acquérir,
n'en laissez rien paraître.
Plus le suggesteur est maître de
lui, maître de sa pensée et de la façon de l'exprimer — paroles et gestes — et
plus il augmente ses chances de réussite. C'est ce qui explique pourquoi un
suggesteur entraîné réussit là où un débutant échoue.
C'est une raison de plus pour
s'entraîner chaque jour davantage à la maîtrise de soi. Le mieux, nous
l'avons dit, est de s'éduquer devant une glace qui reflète toute la
personne ou, faute de mieux, tout le buste. Après avoir préparé avec
soin le texte de votre suggestion émotionnelle, parlez avec autorité devant la
glace, jouez votre rôle. Seul, à l'abri des regards qui pourraient peut-être
vous décontenancer, dites, comme si votre sujet était devant vous, avec une
autorité calme, le texte que vous devez suggérer.
Au début, il y a lieu de ne pas
formuler de suggestions trop en désaccord avec la réalité ordinaire. Ne
cherchez pas à faire croire à votre sujet qu'il est un éléphant.
Cette idée vous semble à vous-même difficile à admettre;
vous ne l'imposerez pas d'abord avec la conviction qu'il faut. Cherchez un
effet plus facile: par exemple, tentez de mettre en contracture le bras de
votre sujet.
Devant votre glace, agissez comme
si le sujet était devant vous et affirmez avec autorité à ce personnage
idéal: « votre bras se raidit de plus en plus... il devient rigide... rigide...
rigide... de plus en plus rigide... rigide... rigide.. . de plus en plus
rigide. » Ne faites pas de temps d'arrêt: c'est une des raisons pour
lesquelles vous devez vous entraîner au début.
Tout arrêt dans votre
suggestion permet au sujet de penser, de se reprendre, de dériver son
attention, d'échapper à votre influence à laquelle il doit céder.
Parlez, parlez sans arrêt, d'un ton convaincu, autoritaire et que le mot
« rigide », qui synthétise votre action, repasse continuellement. II aura ainsi
plus de force pour s'imposer. Ne perdez jamais de vue que votre suggestion
imposée doit être très simple, concrétisée le plus possible en un
seul mot qui se répète continuellement.
Si vous avez un camarade qui se
prête à votre entraînement, la tâche en sera plus aisée. Vous vous
entraînerez devant lui.
Cherchez
à augmenter la suggestibilité du sujet.
Non seulement il faut
arrêter le texte de la suggestion, savoir imposer sa volonté, mais il est
encore utile de placer le sujet dans les conditions où il est le plus
accessible à votre influence. C'est un point important.
Comment peut-on augmenter la
suggestibilité ? Les moyens en sont nombreux. Si vous vous êtes fait
présenter comme un suggesteur habile, la pensée de votre pouvoir agit
déjà sur le sujet; on vous sait puissant dès avant que vous aviez
parlé. Une certaine mise en scène est utile. Sur une scène de
théâtre, la personne qui monte vers vous est déjà fortement gênée,
intimidée par les regards des auditeurs. Elle est donc plus accessible
qu'à tout autre moment à l'emprise d'une volonté calme sur la
sienne. Dans un café, dans une réunion, il en est de même.
Vous pouvez montrer votre pouvoir
suggestif en effectuant, sur un sujet déjà entraîné, un certain nombre
d'expériences qui étonneront la personne sur laquelle vous expérimenterez
ensuite. Le fait d'avoir eu des preuves de votre influence la prédispose
à la subir. C'est pourquoi beaucoup de personnes qui font de
l'hypnotisme dans un but thérapeutique font des expériences en commun. Voir des
personnes dormir prédispose au sommeil. La pensée, surtout, qu'il n'y a là
rien de mystérieux ou de dangereux enlève chez beaucoup de sujets le
désir de résister qui se produirait s'ils se croyaient en proie à
quelque puissance occulte ou mystérieuse.
Il est toujours bon — que vous
agissiez dans un but thérapeutique, éducatif ou simplement expérimental, — de
prévenir votre sujet qu'il ne court aucun danger, qu'il peut se laisser
influencer en toute confiance. Vous devez démontrer, surtout par des
expériences faites sur d'autres sujets, que chacun, une fois réveillé et
même en état de sommeil, conserve sa propre personnalité et qu'on serait
hors d'état de lui faire accomplir une action en contradiction avec ses
intérêts ou avec ses principes. Cette confiance est indispensable car
beaucoup, parmi ceux qui se prêtent volontiers à vos essais, peuvent
conserver, gravée dans leur inconscient, une crainte qui les empêche de
s'abandonner entièrement à votre suggestion. Efforcez-vous de
combattre cette autosuggestion en méritant de toute manière la confiance
de vos sujets. Mettez ceux-ci en rapport les uns avec les autres, afin qu'ils
échangent leurs impressions et s'affirment à leur réveil qu'ils n'ont
éprouvé aucune impression pénible. Leur confiance vous viendra et vous les
suggérerez ensuite aisément.
L'étonnement est un moyen dont se
servent quelques hypnotiseurs pour développer la suggestibilité. Des
prestidigitateurs-hypnotiseurs qui font, avant leur séance d'hypnotisme, des
tours de passe-passe exécutés avec habileté augmentent leurs chances de
succès lorsque viennent les expériences réelles ( Voir à ce sujet
la série des Trucs de la prestidigitation que nous avons éditée et ou sont
dévoilés les subterfuges employés par les faux sujets et le faux médiums. )
Bien entendu, il faut, durant vos
essais, éviter au sujet toute cause de distraction. Il est bon qu'il soit bien
à l'aise, assis ou allongé, les muscles détendus, que sa respiration
soit ample et régulière. Que la pièce où vous expérimentez
soit éloignée de tout bruit; que les personnes présentes observent un silence
complet; point de mouvement; peu de lumière. Telles sont les meilleures
conditions pour exercer votre influence.
Sachant reconnaître les personnes
accessibles à la suggestion imposée et vous sentant assez sûr de
vous-même pour imposer cette suggestion, vous pouvez aborder sans crainte
l'expérimentation.
Que pouvez-vous chercher à
obtenir ?
Les phénomènes sont
nombreux. Sous l'influence d'une idée introduite dans la conscience du sujet,
nous voyons celui-ci perdre possession de ses facultés. Il reste tout d'abord
éveillé ou paraît tel, mais ce n'est plus sa pensée qui le guide, c'est la
vôtre. Cherchez-vous à changer sa personnalité ? Il se croit plus jeune
ou plus âgé qu'en réalité; il incarne tel ou tel personnage que vous lui
suggérez d'être, que ce personnage soit bon ou mauvais, célèbre ou
obscur, du même sexe que le sujet: ou d'un sexe différent. Tout en le
maintenant à l'état de veille, vous pouvez lui imposer des troubles de
la motricité ou des perturbations sensorielles.
Votre sujet peut même
perdre complètement le contrôle de sa personnalité: c'est alors le
sommeil qui, ainsi que nous le verrons, est très différent du sommeil
ordinaire.
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